Spiritualité

Homélies, réflexions et spiritualité

Spiritualité

Jos. Deschênes

Jos. Deschênes

"Elle a choisi la meilleure part." Qu'est-ce à dire? Nous avons longtemps réduit cette phrase à la vocation religieuse. Cependant Marthe et Marie sont deux aspects de la vie chrétienne et vie en Église qui sont d'une égale importance. Laissons ce texte nous instruire.

Marie assise au pied de Jésus symolise notre état de disciple à l'écoute de la Parole de Jésus; l'état du disciple à l'école d'un maitre. Elle vient nous dire l'importance pour nous de nous laisser façonner par le Maitre Jésus si nous voulons être envoyé. Le témoin est d'abord quelqu'un qui fut disciple, qui s'est laissé pétrir par le main du Maitre. Le Pape François nous invite à être des contemplatifs de la Parole pour avoir la lumière nécessaire et du peuple chrétien pour en connaitre les désirs et les besoins.

Marthe est le symbole du témoin qui travaille à l'oeuvre du Seigneur. Elle s'affaire à son travail d'hôtesse sans s'occuper des personnes et laisse Jésus dans un état passif. Elle fait son projet et non celui du Maitre. Alors le Seigneur lui rappelle l'essentiel: avant d'être envoyé, il est nécessaire d'être disciple. La personne que l'on accueille est plus importante que le devoir d'hôtesse.

Ce texte nous rappelle le début de l'Évangile de Jean: "Le Verbe était en Dieu, il était tourné vers Dieu et fut envoyé dans le monde." Ce sont là les deux mouvements de toute vie chrétienne et de vie en Église: Êtr d'abord à l'écoute de Jésus pour accueillir son projet de vie pour ensuite être envoyé le réaliser. Si nous n'écoutons pas d'abord Jésus nous risquons de faire nos propres projets et non celui du Maitre. A l'exemple des disciples d'Emmaüs laissons-nous nous réchauffer le coeur par le parole du Seigneur.

C'est la situation fondamentale de la vie en Église. Savoir écouter le Seigneur, savoir écouter les chrétiens autour de nous afin de bâtir le projet ecclésial du Seigneur et non le nôtre. Le Père Grün écrit: "Il arrive trop souvent, en pastorale, que nous figions les gens dans un rôle prédéterminé. Nous poursuivons une activité pastorale en pensant qu«'elle correspond aux attentes des personnes. En réalité, elles passent totalement à côté." Nous vivons et travaillons comme Marthe sans nous occuper des personnes.

Concernant les projets en Église, le prophète aggée rejoint nos deux personnes d'aujourd'hui dans l'Évangile. Lorsque le peuple voulu rebâtir le temple, Aggée s'adressa au peuple: "Réfléchissez en votre coeur aux chemins que vous avez pris, vous avez semé mais peu engrangé (...) Eh bien, montez à la montagne et rapportez le bois pour construire le temple."  Aggée rappelle aux gens l'importance de se placer à l'écoute de la Parole pour bien comprendre la mission. Aller sur la montagne, c'est se mettre à l'écoute de Jésus Christ comme Marie. Depuis un certain temps, nos églises se sont vidées, nous avons multiplié les projets pastoraux qui se sont avérés inefficaces. Avons-nous oublié Marie? le peuple chrétien est toujours à la recherche de spiritualité, de valeurs et sens de la vie, le temps est venu de nous placer à l'écoute du Maitre et à l'écoute du peuple si nous voulons poursuivre la mission du Christ.

Marthe et Marie font partie de notre vie chrétienne, elles sont les deux volets indispensables à toute vie en Église. Il est important d'équilibrer ces deux aspects tant dans notre vie personnelle que vie en Église. Souvenons-nous que lorsque nous écoutons, nous apprenons des choses nouvelles et lorsque nous parlons, nous disons simplement ce que nous savons. Nous avons souvent besoin de secouer notre léthargie spirituelle, notre indifférence religieuse et nous mettre en route avec le Seigneur. C'est ce que nous vivons dans chaque célébration eucharistique.: Écouter et communier au christ dans la parole et dans l'Eucharistie pour être envoyés le dire au monde.

 

lundi, 15 juillet 2019 19:28

Il ploie.

Avez-vous remarqué quand un arbre fruitier est chargé de fruits ses branches ploient vers le sol. C'est l'image du chrétien chargé de la présence du Christ en lui. Plus nous sommes chagés de l'amour, de la joie du Christ, plus nous nous rapprochons de l'humain. Plus nous sommes près de Dieu, plus nous sommes près de la vie, de la nature, près de l'homme.

 

dimanche, 14 juillet 2019 14:22

Idée à réfléchir.

Maurice Zundel écrivait: "Un rat qui mange une toile de Rembrant goûte le chiffon comme s'il mageait un chiffon car il ne connait pas l'oeuvre." Je me disais que souvent nous lisons la Parole de Dieu comme le rat sans goûter vraiment le message parce que nous ne connaissons pas la Parole. Nous savons qu'il ne peut y avoir de renouveau de notre vie chrétienne comme de l'Église sans  cette dégustation savoureuse de la Parole de Dieu. Cette Parole est inscrite au fond de notre coeur, elle fait partie de notre vie, elle est un moment de communion profonde avec le Seigneur. C'est la Parole qui convoque, rassemble, convertit et nous met en état de célébrer. Sans cette démarche nos célébrations risquent de demeurer des rites. Apprenons à manger la Parole de Dieu comme une oeuvre d'art, et la qualité de l'oeuvre est proportionnelle au silence et à la paix qu'elle fait descendre en nous.

 

samedi, 13 juillet 2019 17:59

En réfléchissant.

Quand Mgr Lebel fut nommé évêque auxiliaire à S. Jean de Longueil, un de ses élèves lui dit: "Vous montez d'un barrea dans l'échelle ecclésiastique." Il lui répond: "Je change de barreau mais mon échelle est paer terre, horizontale.

En lisant ce texte, des souvenirs me snt remontés à la mémoire. En 1971 lorsque je fus nommé coordonnateur diocésain de la pastorale et vicaire général, un prêtre m'a écrit un mot me disant: Tu es passé à l'évêché mais tu es reste du même côté de la clôture que nous." Mon échelle était à l'horizontale. Ce premier terme prit fin en 1977.

En 1994, je reviens à l'évêché comme vicaire général responable à la vie des prêtres et séminaristes. Je n'avais plus affaire à la pastorale. Le même prêtre m'écit un petit mot en disant: Cette fois tu es de l'autre côté de la clôture. J'ai eu bien du plaisir avec ce bon monsieur, mais cette fois j'ai réalisé que mon échelle était à la verticale. En relisant ce temps aujourd'hui, je réalise que je  venais d'être happé par le système clérical; pour préserver des prêtres, j'ai blessé des gens et ne suis pas resté fidèle à moi-même. 

 

samedi, 13 juillet 2019 17:56

Pensée.

Nous devons faire naitre le désir. Le besoin est de l'ordre de la nécessité; le désir de l'ordre de la gratuité. M. Zundel.

 

samedi, 13 juillet 2019 17:47

J'ai lus.

Rober Lebel: Mon Église que j'aime. Anne Sigier. Témoignage d'un évêque face à une Église en changement après le Concile et la Révolutin tranquille. Il fu tun témoin des efforts d'ajustement de l'Église devant notre société en voie de changement. Lecture intéressante et riche de leçons.

Christian Bobin: Le très bas. Gallimard. La vision de François d'Assise.

François d Darbois: Oraison sur la vie. Naissance de Dieu en l'homme cehez Maurice Zundel. Dans ses écrits, Zundel a privilégié la voier de la pauvreté, de l'humilité et de la désappropriation comme chemin d'accès au Dieu intérieur.

 

 

samedi, 13 juillet 2019 16:59

Un bon Monsieur. Lc 10, 25-37.

Dernièrement dans mon patelin, un homme a fait une chute du toit d'une maison et est devenu paraplégique. Pendant son hospitalisation, des personnes habiles en menuiserie, se sont réunis pour aménager la maison de l'homme blessé de sorte qu'il soit confortable à son retour. Des commerçants ont fournis gratuitement des matériaux, le bénévolat s'est exercé de sorte que la maison était souriante à l'arrivée de son propriétaire blessé. De qui ces hommes généreux sont-ils le prochain?

L'Épisode de l'Évangile d'aujourd'hui se vit encore souvent dans nos communautés chrétiennes,  et c'est un signe que nos communautés comme la foi ne sont pas mortes. Cela rejoint la phrase de Jésus: "Va toi aussi et fais de même." Notons au point de départ que l'homme de loi est au niveau de la raison et du faire: Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle? Jésus le rejoint sur ce terrain et le conduit plus loin. Il le conduit au niveau de l'être. L'homme est au niveau du précepte à respecter, Jésus le conduit au niveau de la vie et de la disposision du coeur. Jésus rejoint l'homme de loi là où il et  le conduit plus loin. Quel bel exemple pour notre volonté de tournant missionnaire: Savoir rejoindre l'autre sur son terrain, là où il est pour cheminer avec lui. Nous voulons trop souvent leur inculquer ce que nous voulons ou croyons.

Jésus enseigne d'abord en  paraboles. Il ne donne pas de théories mais des exemples de vie. Nous pourrions renverser la question: Qui dois-je être pour avoir la vie Éternelle? A la religion du respect des lois et des préceptes,  Jésus nous envoie à la religion du respect des personnes et du service de Dieu dans les autres. Notons que celui qui s'arrête auprès du blessé est un samaritain, un étranger et non un juif bon pratiquant.  Le samaritain n'est pas nommé, c'est chacun ou chacune de nous qui rencontrons un blessé sur notre route.

Ce texte nous amène une question. Beaucoup de chrétiens ont quitté  la route de la pratique sacramentelle, mais la majorité sont restés sur la route de la pratique de la charité chrétienne au quotidien. Ces gens posent souvent des gestes magnifiques de charité à  l'égard des autres. Nous ne devrions pas minimiser la présence des ces gens dans nos communautés, il ne faudrait pas non plus réserver le salut aux pratiquants du dimanche que nous sommes. Jésus nous envoie sur le terrain de la vie au quotidien.  La parole qu'il faut dire, parole qui éclaire notre vie "Elle est dans ta bouche et dans ton coeur", nous dit le Deutéronome.

La route de Jérusalem à Jéricho est la route de ma vie, cette route où je rencontre les gens blessés. Que notre Eucharistie d'aujourd'hui nous mette en état de service sur cette route où le Seigneur m'attend.

vendredi, 21 juin 2019 21:25

Salutation amicale.

Je serai absent quelque temps, je vous reviendrai en juillet. bon été à vous toutes et tous.

 

vendredi, 21 juin 2019 21:05

A l'unversité.

"Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et votre Père céleste les nourrit." Jésus nous invite à regarder la nature, et la nature est l'université où Jésus enseigne. Prenons conscience que dans l'Évangile, Jésus se sert souvent de la nature comme livre de catéchèse pour faire connaitre le dessein du Père. La catéchèse que l'on donne est souvent des choses apprises, mémorisées que l'on oublie; la nature est une expérience de vie qui reste au fond du coeur. Devant ma porte des oiseaux viennent se nourrir dans des mangeoires, ils jettent de la nurriture sur le sol. Les petits se nourrissent des ces graines tombées et les plus gros en profitent également. alors non seulement les oiseaux se nourrissent mais ils partagent avec les autres qui n'ont pas la même facilité. Ils nous apprennent en même le sens ou le goût du partage.

Les oiseaux viennent à la nourriture. Elle est là à leur disposition. Ils n'ont qu'à la découvrir et s'en nourrir. Dieu a donné à l'être humain tout ce dont il a beosin pour sa vie spirituelle comme temporelle. Les biens sont en nous ou à notre portée. Comme les oiseaux nous devons les découvrir et à nous nourrir. Accepter cette gratuité de Dieu est parfois difficile pour l'être humain. Nous aimons bien être artisans de nos affaires. Les premiers habitants de la terre nous en servent une bonne leçon en Genèse. L'université du bon Dieu nous dit: tu as une source qui t'alimente, fie-toi à ta source comme le ruisseau qui coule fidèle à la source que le nourrit. Être fidèle à sa source, mais pour cela il nous faut avoir fait l'expérience de cette source en nous.

Quand nous avons compris cela. notre vie devient action de grâce, notre prière devient louange. Et il est possible de dire en vérité: La vie est belle.

 

vendredi, 21 juin 2019 13:52

Vivre le moment présent. (30 juin 2019)

La vie est un perpétel moouvement qui va de plus en plus vite. Peut être que vieillir fait paraitre que le temps  fuit plus vite. Les personnes âgées disent souvent: tout change si vite que nous ne nous reconnaissons plus dans la société ou dans l'Église. On nous a tout changé la religion. La société est devenue laïque et on parle avec le bonhomme sur la lune.

L'Évangile d'aujourd'hui, Lc 9, 51-62, nous invite à cette réflexion. Jésus invite des gens à le suivre et ceux-ci veulent retourner en arrière. Jésus leur dit: La vie est en avant. "Ceux qui mettent la main à la charrue et regarde en arrière ne sont pas dignes du royaume des cieux." On ne conduit pas la voiture en regardant dans le rétroviseur. Nous n'avançons pas dans la vie ou dans l'Église en regardant en arrière. La vie est en avant. L'Évangile nous invite aujourd'hui à regarder non ce que nous perdons mais ce que nous gagnons. La vie change mais nous apporte des choses nouvelles. La vie de l'Église change pour nous faire découvrir des choses nouvelles. Le vieux proverbe dit; "Quand je parle, je répète ce que je sais, quand j'écoute j'apprends des choses nouvelles." Si je parodie un peu: Quand je regarde en arrière, je vois toujours ce que j'ai fait, quand je regarde en avant, je découvre des choses neuves.

Il me semble que l'Évangile me pose une question: Quelles sont les valeurs qui te font vivre? Quelles sont les valeur qui ont bâti ta vie jusqu'ici? Ce seront ces mêmes valeurs qui bâtiront ton avenir, mais comme la vie change, la façon de le faire sera différente. Si je répète la même façon de faire, je deviendrai étranger au monde. C'est un peu ce que nous vivons aujourd'hui. Nous sommes devenus étrangers au monde qui nous entoure et les gens ont quitté l'Église.

Si tu mets la main à la charrue, dit le Seigneur, ne regarde pa en arrière mais en avant le sillon que tu dois tracer dans le monde où tu es placé. Dans ma vie chrétienne, je vais changer mes façons de faire,  de prier, de célébrer parce que la vie est autre. Il en est ainsi dans la vie de l'Église. Laissons le passé reposé en paix, cueillons l'héritage et les leçons qu'il nous donne pour bâtir aujourd'hui en vue de demain. Euripide disait: "Moissonner la vie comme une épi chargé de grains." Cueillir le moment présent avec ses richesses et le vivre pleinement est la meilleur façon de préparer l'avenir.

La vie est comme le sculpteur qui a chaque coup de burin enlève les morceaux de trop pour découvrir la statue à l'intérieur. Chaque jour nous découvrons dans la vie et dans l'Évangile des choses neuves qui nous permettent de découvrir le divin qui nous habite. C'est vrai aussi dans notre vie d'Église. Les gens sont partis, si nous regardons en arrière avec le désir de les ramener, il est fort possible que nous perdions notre temps. Forts de notre expérience chrétienne, allons avec eux au coeur de la vie bâtir une maison nouvelle pour le Seigneur. Des feuilles neuves sont arrivées sur les arbres ce printemps parce que les arbres ont puisé dans leurs racines la sève nécessaire pour bâtir du neuf. C'est en puisant dans notre expérience chétienne que nous ferons monter la sève nécessaire pour bâtir une nouvelle façon de vivre en Église. Le passé n'est pas là pour le répéter, mais pour s'en inspirer.

L'Eucharistie n'est pas une répétition du geste de Jésus mais un hymne d'action de grâce au Dieu de la nouveauté, au Dieu de la vie, au Dieu qui marche avec nous sur les routes de notre vie d'aujourd'hui.

 

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