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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

vendredi, 06 avril 2018 14:43

Le dimanche 2

Écrit par

Ne sommes-nous pas assis entre deux chaises? Une partie sur la chaise de la pratique religieuse et l'autre partie sur le création de nouvelles façons de vivre et célébrer sa foi. C'est une position inconfortable. Comment sanctifier le jour du Seigneur aujourd'hui?

Il nous faut comprendre d'abord que nous ne sommes pas seulement des êtres matériels qu'il faut nourrir. Nous sommes aussi des êtres spirituels qu'il faut également nourrir. Cette dimension spirituelle est moins évidente et nous devons partir d'une expérience personnelle. De même qu'il faut nourrir mon corps, ll me faut aussi nourrir ma vie spirituelle. Mon corps me dit son besoin auquel je réponds. Quand je suis attentif à ma vie spirituelle, elle me dit aussi son besoin et j'essaie d'y répondre.

Je visite un parent ou un ami parce qu'il y a une relation d'établit entre nous, je n'y vais pas par obligation. Je rencontrerai le Seigneur à partir d'une expérience de vie et non à partir d'une obligation. Aujourd'hui les gens n'avancent plus par imitation mais par expérience personnelle. C'est le défi que nous avons à regarder, comment faire cette epérience dans notre monde d'aujourd'hui. Il n'y a pas de recettes comme dans la cuisine des chefs. Là où je suis planté, c'est là que je dois découvrir le Ressuscité et vivre de cette présence.

Pour ma part, c'est dans la nature que j'ai découvert le divin et que j'ai appris à respecter son jour. C'est la plus belle université pour édcouvrir le Créateur et le vénérer. L'hiver en raquette, j'allais écouter le silence de la forêt et j'écoutais sa leçon. Souvent les branches des arbres ployaient sous le poids de la neige, et soudain à cause du soleil ou du vent, la neige tombait et les branches se relevaient. Elles venaient me dire: toi  aussi quand tu ploies sous le poids de la vie, de la peine, des deuils, laisse le soleil de l'amour ou le vent de l'esprit faire tomber ce fardeau dans le Seigneur et relève-toi. L'été su rle bors d'un ruisseau j'apprenais à demeurer fidèle à ma source. Dans ces expériences répétées, j'ai découvert toute la dimension spirituelle que l'université du bon Dieu me révélait.

Pour découvrir cette dimension spirituelle et la présence du ressuscité, nous devons favoriser les activités familiales ou communautaires. C'est à l'intérieur d'une communauté que l'expérience spirituelle peut se vivre plus en profondeur. La première communauté est la famille, l'Église domestique. le repas est un moment privilégié pour faire une expérience spirituelle. Nous vivons la dimension de partage, de communication, de communion et nous pouvons faire le lien avec la dernière cène. Dans ce temps d'expérience spirituelle nous devons éviter d'escamoter ces moments précieux. C'est le point de départ.

Favorisons aussi des activités communautaires où nous apprenons à créer des liens, vivre des partages, de l'entraide. Ce sont des lieux d'apprentissage extrêment importants. Nous pouvons du camping à des rencontres de musique -des chansonniers nous livrent souvent des messages remplis d'Évangile- des temps de lecture spirituelle. tous ces moments de vie, d'expérience communautaire nous conduiront ensemble à vouloir célébrer ce vécu. Ces célébrations nous conduiront à l'Eucharistie.

"Il nous faut aujourd'hui faire preuve d'imagination  et surtout d'audace pastorale pour accueillir chacun tel qu»'il est, et lui permettre de cheminer à son rythme et de faire avec une communauté le bout de chemin dont il est capable." Le Père Gélineau a écrit de belles pages sur le sujet il y a 30 ans déjà, et le Père Boras a suivit quelques années plus tard.

C'est un cheminement auquel nous ne sommes pas habitués et qui demande à nous prêtres et bons chrétiens pratiquants un temps de conversion. Beaucoup de nos assemblées liturgiques ne sont pas prêtes à se signer du signe de la croix en commençant la célébration. Nous devons retrouver le Jésus de l'Évangile avec qui la religion part d'en bas en mntant et non d'en haut en descendant.  Les disciples se sont réunis après la résurrection à cause de leur expérience du Christ ressuscité et non parce qu'ils étaient obligés. 

La désaffection de nos églises et célébrations, je la médite avec Isaïe: "Entendez la Parole de Yahvé, écoutez l'ordre de notre Dieu: Que m'inmporte vos innombrables sacrifices, Je suis rassasié de vos holacauste (...) quand vous priez je détourne les yeux,, ce que je veux c'est votre coeur." I, 11 ss. Isaïe crie l'impuissance des rites,  célébrations et des prières commandées. Nous sommes invités à l'Église en sortie, sortir de nos façons de faire pour vivre l'audace de l'Évangile au coeur du monde d'ici. Je bénis le Seigneur de nous faire vivre ces beaux moments d'expérience, de découverte, d'audace qui ouvre sur la vie.

jeudi, 05 avril 2018 12:54

Le dimanche.

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Le dimanche pose question à bien du monde aujourd'hui, surtout les vieux chrétiens habitués à la sanctificaiton du Jour du Seigneur par l'assistance à la messe dominicale. Nous devrions prendre le temps de se tirer une chaise et s'asseoir confortablement pour méditer cette question.

Quand j'étais jeune, nous travaillions du lundi matin au samedi soir. Le dimanche était un jour de repos où nous allions à la messe, nous visitions des familles, la parenté, d'autres jouaient à la balle ou faisaient de la raquette selon les saisons. Les plus âgés allaient voir les filles. C'était un jour pour se rencontrer et créer des liens, chose que nous n'avions pas le temps de faire la semaine. Notre société a changé. Les uns arrêtent de travailler le vendredi soir, d'autres travaillent le dimanche; la vie du dimanche ressemble à celle de la semaine. Alors comment réinventer notre sanctification du Jour du Seigneur dans ce nouveau contexte vu que comme chrétiens nous ne pouvons plus imposer nos directives ou nos valeurs à la société. Il me semble que l'important n'est pas la façon de sanctifier le dimanche mais le contenu, le dimanche en lui-même.

Il y a trois paliers il me semble à considérer. Au point de départ, il y a la conscience individuelle qui prend plus de place aujourd'hui et qui fait que les chrétiens veulent devenir plus responsables de leur décision et donc plus autonomes, et alors donnent moins de place à la participation d'activités religieuses communautaires. Notons que dans nos paroisses rurales, la participation aux activités communautaires est encore très forte.

Il y a aussi l'étage de la famille. Dans notre contexte où les deux parents travaillent à l'extérieur, le dimanche devient le jour pour vivre en famille. Cette dimension prend une importance qu'elle n'avait pas hier. Le niveau de foi n'est plus très fort et donc explique l'absence aux liturgies dominicales. La priorité n'est plus la même.

Il y a l'étage de la communauté. Comme nous n'avions pas ou presque pas de communautés,  cette dimension est faible ou inexistante. A ce niveau la sanctificaiton du dimanche se  réduit souvent a  la messe dominicale. Pour bien des raisons les chrétiens sont devenus étrangers à cette pratique.

Comment réinventer la sanctification du dimanche dans ce nouveau contexte où les chrétiens vivent maintenant? Comment sanctifier le dimanche pour les gens qui travaillent leur huit heures? Comment le faire aussi pour les familles qui n'ont que ce jour pour se retrouver, alller aux sports avec les enfants? Comment aussi réinventer nos rites liturgiques pour donner le goût d'y participer?  La question est conplexe et importante, elle devrait faire l'objet de bonnes discusisons en paroisse. Nous y reviendrons...

samedi, 31 mars 2018 13:47

Méditation d'un matin de samedi saint.

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Hier, vendredi saint, je suis allé participer à la célébration de la Passion dans une église. Pendant 45 minutes nous avons écouté une lecture déformée d'un événement vécu il y a plus de 2000 ans. Au retour chez moi, la télé m'a raconté la passion du même Jésus aujourd'hui: des hommes et des femmes sont morts dans des attentats en Syrie, Iran, Lybie, des enfants meurent de faim et de froid par centaines chaque jour, des gens vivent blessés par la pédophilie, etc .. C'est le même Jésus qui est crucifié encore aujourd'hui dans ces personnes que l'on tuent sans raison, ces enfants dont la vie est crucifiée depuis des années par les pédophiles ...  Ne serait-ce pas la passion d'aujourd'hui et on se contente de dire: c'est de valeur, le monde est méchant ...

En méditant cela, je lis et relis l'homélie du Pape François aux prêtres à la messe chrismale: "Si tu te sens loin de Dieu, approche-toi de son peuple qui te guérira des idéologies qui ont refroidi ta ferveur. Si tu te sens loin des gens, rapproche-toi du Seigneur, sa parole. Dans l'Évangile Jésus t'apprendra sa manière de regarder les gens, quelle valeur a, à ses yeux, chacun de ceux pour qui il a versé son sang sur la croix."  Je ne peux donc m'approcher du peuple sans m'approcher ce Dieu et vice versa. J'entendais un prêtre me dire un jour: Je ne sais plus comment prendre la paroisse, les gens ne sont plus là. Le Pape vient de nous donner une réponse. J'entends aussi notre ancien évêque Mgr Dumais, un bon pasteur, me dire souvent au retour de rencontre en secteur: Mais où est-ce qu'ils sont les prêtres? Nous étions là physiquement, mais ...

Je relisais aussi le message du prêtre Guy Gilbert  parlant de son expérience auprès des jeunes. Il est proche des personnes. Le Pape François insiste beaucoup sur la proximité, être proche des gens. Je constate que depuis que je suis retraité, je vis beaucoup le sacrement du pardon sur la rue, faisant le plein d'essence, à l'épicerie. Les gens se sentent libres de me dire leur doute et leur déception.  Et je me rappelais ce qu'un de mes professeurs de liturgie à l'Institut Catholique nous disait, il nous faudra un jour sortir les sacrements du corset liturgique dans lequel nous les avons enfermés.

En ce samadi saint de 2018, je me disais: Est-ce que nous ressusciterons un petit peu cette année? Est-ce que nous vivrons une résurrection ou simplement une célébration? Je crois que les chrétiens nous attendent nous prêtres et vieux chrétiens pratiquants. Hosanna! Viens Seigneur nous délivrer ce qui nous empêche de ressusciter.   

 

lundi, 26 mars 2018 14:10

Communauté BIO.

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"Le prédicateur doit toujours se mettre à l'écoute du peuple pour découvrir ce que les fidèles ont besoin de s'entendre dire. Devenir contemplatif du peuple, et contemplatif de la Parole."La Joie de l'Évangile, no 154. C'est ce que j'ai vécu hier soir  en écoutant une émission de télé.

Une june fermier qui vit une expérience intéressante nous a dit quelques phrases qui m'ont fait réfléchir. "J'aime ce que je fais, la terre, la liberté, faire des exériences; je veux donner le  goût aux jeunes de vivre la même expérience, je veux aider ceux qui le veulent à réaliser leur rêve, et je vends mes produits pour avoir un contact avec l'acheteur et créer des relations vraies." Ils sont beaux nos jeunes, et quel beau programme pastoral ne vient-il pas de nous donner!

Écouter sa terre pour lui donner ce dont elle a besoin. Je me souviens lorsque je travaillais sur la ferme paternelle et que nos récoltes étaint moches, un vieux voisin nous disait: Vous n'avez pas écouté votre terre. En voyant nos églises vides, je me fais la même réflexion: Je n'ai pas écouté ma terre pour lui donner ce dont elle avait besoin.

J'aime ma terre et mon travail et je veux donenr le goût à d'autres. Je crois que la mission d'évangélisation est de donner le goût de vivre en communion, de célébrer ensemble dans la joie. Nous avons connu un temps où le péché mortel et la peur de l'enfer nous conduisait à l'église et au confessionnal; tout cela est fini,  pourrions-nous aujourd'hui donner le goût? Le goût de Jésus Christ, le goût de célébrer dans la joie et l'amour, le goût de faire des expériences qui nourrissent? J'ai rêvé et je rêve encore que des secteurs pastoraux deviennent des laboratoires de liturgie, de célébrations pour sortir de sentiers battus et donner le goût de célébrer.

Je vends mes produits pour étalbir un contact avec l'acheteur, bâtir des relations. Je me disais comme prêtre, il me faudrait descendre du CHOEUR pour aller au COEUR de la communauté. Aller écouter les personnes dans la rue, sur le guai, à l'épicerie, créer de liens, ne serait-ce pas une belle mission. Si on le fait pour vendre des carottes, pourquoi ne le ferions-nous pas pour la vie chrétienne? je me souviens encore du président de RONA qui nous disait«;  Nous on vend des clous et des marteaux et quand un client arrive on s'intéresse  a son besoin. Trop souvent à l'église on nous reçoit avec des normes, des lois ou des façons de faire qui nous déroutent et nous éloignent. Écoutons notre terre.  

Ils sont beaux nos jeunes, ils nous évangélisent. Il est beau notre peuple chrétien sur le terrain, il nous parle et vit de  Jésus Christ sans le savoir. Écouter ma terre. Je me souviens quand je suis arrivé en paroisse avoir trouvé dans des tiroirs bien classés des documents avec des projets en pastorale que j'avais envoyés quelques années auparavant. Et même certaines lettres n'étaient pas ouvertes. Je n'avais pas écouté ma terre. Et comme sur la ferme paternelle, la récolte a été moche. Quand on ne respecte pas la vie, un jour ou l'autre elle nous fausse compagnie. J'en ai fait  l'expérience.

La leçon qui m'est restée entre les deux oreilles et dans le coeur hier soir est que nos communautés pousseront d'en bas; animées par l'Esprit du Seigneur. Tant que nous ferons de projets dans nos bureux, la récolte sera moche. Je bénis le Seigneur de nous envoyer des jeunes qui vibrent à la vie, à la liberté, et qui donnent le goût d'aller plus loin et ailleurs que dans les sentiers battus.

vendredi, 23 mars 2018 17:08

L'Éveil.

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Ce matin, en m'éveillant, j'ai pensé à cette belle journée qui m'était donnée pour m'enrichir de valeurs et de beauté. Je me suis dis, l'évangélisation ce doit être cela aussi, s'éveiller à la beauté et la bonté de Dieu qui vit en moi.

En vieillisant, je m'éveille à les réalités de l'adolescence, puis de l'âge adulte, puis à la vieillesse. Cela s'apparente à s'émerveiller. En même temps je m'éveille à la réalité divine qui m'habite. Cette force de l'Esprit Saint qui m'anime. Évangéliser, c'est grandir dans mes valeurs spirituelles, découvrir ces puissances spirituelles qui m'habitent; c'est de s'émerveiller de cet être merveilleux que je suis, que nous sommes tous.

J'entends souvent les gens qui animent les parcours catéchétiques pour les jeunes obliger les jeunes à assister à la messe de temps en temps sinon il ne pourornt vivre leur Eucharistie. Nous revenons au temps ancien de l'obligation. Une fois la célébration faite, on ne les revoit plus. Nous sommes encore dans un système qui oblige et non dans une Église qui accompagne.  Est-ce que nous les avons éveillés aux merveilles qui les habitent? Évangéliser, c'est simplement accompagner une croissance dans la découverte et l'émerveillement. Le Pape François nous invite à ce tournant missionnaire ou on ne marche plus par obligation, mais pas attraction.

 

Dans le texte de la Passion chez MArc dimanche prochain, nous voyons Jésus se tromper de porte en s'approchant de Jérusalem. Au lieu d'aller saluer ses amis Marthe, Marie et Lazare, il s'arrête chez Simon, un exclus. Et en plus une prostituée vient lui verser du parfum sur les pieds. Pauvre Jésus, on dirait qu'il fait exprès pour se mettre les pieds dans les plats. Imaginez si aujourd'hui Jésus arrivant dans notre paroisse au lieu d'aller au presbytère, irait s'asseoir à la table d'un vendeur de "pote," quelle serait notre réaction? Jésus vient nous dire: Ce qui compte pour moi, c'est ce que tu es et non ce que tu fais. Pouvons-nous apprendre à l'école de Jésus? Il pourrait nous redire: "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font." C'est l'entrée en matière de la semaine sainte.

 

dimanche, 18 mars 2018 15:51

Les funérailles.

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Les célébrations d'adieu au salon  funéraire deviennent de plus en plus nombreuses dans notre coin de pays. Ces célébrations sont asusrées par des équipes de bénévoles qui accomplissent bien leur tâche. Le dernier numéro de la revue Prêtre et Pasteur faisait une étude de cette réalité. M'en inspirant, j'ai présidé l'un de ces célébrations en concert avec la famille. IL me semble que nos célébrations ont besoin d'être rafraichies pour rejoindre le vécu des gens d'aujourd'hui. La forme comme le vocabulaire date d'une autre mentalité et souvent les chants religieux sont d'un langage douteux. Quand j'entends, comme chant d'entrée, lors d'une funérailles d'une mère de famille victime d'un accident; "C'est le Christ qui t'a rappelé," j'ai la "chair de poule". J'ai peine à croire que nous ferons aimé le Seigneur qui vient arracher une mère à ses enfants à un moment crucial de leur vie.  Je veux simplement partager mon expérience.

Le temps de la mémoire, temps au niveau de la tête.

Les disciples sur la route d'Emmaüs se remémoraient leurs souvenirs avec Jésus mis à mort deux jours au paravant. Quelqu'un les rejoint sur la route et leur demande: De quoi parliez-vous en chemin? Nous sommes comme eux sur la route depuis le décès de N... de quoi parlons-nous? C'est le termps de se rappeler les bons souvenirs vécus avec la personne. Les parents et amis ont partagé  leurs souvenirs.

Le temps du coeur: Les disciples sur la route on fait l'expérience d'une présence, d'une force qui les habitait et ils sont retournés à Jerusalem.

Temps de la reconnaissance. Quelles valeurs, quel héritage la personne nous laisse. Chacun recueille l'héritage qui lui est propre selon la relation vécue avec la personne. Temps pour reconnaitre ce qu'elle a étét pour nous et ce qu'elle est devenue pour nous. C'est sur la route de la vie au  quotidien que maintenant nous ferons l'expérience de la présence de la perosnne décédée. Jean Cocteau disait: Le vrai tombeau des morts est le coeur des vivants. La personne ne sera jamais plus là où elle était, elle sera désormais partout là où nous serons.

"Père, je remets ma vie entre tes mains." Père je suis prêt à aller vivre avec toi. Le Christ n'est pas mort, il est allé vivre avec le Père autrement. La personne n'est pas morte, elle vit autrement. La mort est comme la naissance, c'est le passage vers une autre forme de vie. La mort est aussi belle que la naissance; le coucher de soleil est aussi beau que le lever. Ce qui est du souvenir pourra s'effacer doucement, mais ce qui est du coeur vivra avec nous toujours.

Le temps de la vie au quotidien, et temps de dire MERCI. Les disciples sont arrivés à Jérusalem: nous avons vu le Seigneur.

 Dans un instant le visage de cette personne disparaitra à nos yeux. Vous confierez son corps à la terre dans un geste de respect en lui disant merci. N'enterrons pas nos morts. Confions leur corps à la terre et ces personnes repartent avec nous sur la route du quotidien. Cette affirmation des disciples nous pourrons la redire à notre compte. Nos défunts sont entrés dans le monde de Dieu, monde de lumière. Doris Lussier disait: Un humain qui meurt n'est pas un mortel qui s'éteint, mais un immortel qui commence. C'est dans cet esprit que chacun et chacune de nous retournerons au quotidien de la vie.

Ceci était accompagné de musique méditative et de prières.

jeudi, 15 mars 2018 14:34

Un lièvre en panne d'essence.

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Nous avions chez nous dans la forêt un petit lièvre qui chaque jour se balladait dans le bois. Il passait par les mêmes chemins et vivait heureux. Un jour, une tornade passe, les arbres tombent, les chemins du lièvre sont bouchés. Alors notre jeune lièvre se désole et allongé près d'un arbre tombé, il pleure. Arrive un vieux hibou à la tête blance qui lui dit:" Mon jeune, ne te désole pas ainsi, la terre est encore là, la forêt aussi, fais-toi d'autres chemins. Tu découvriras des choses nouvelles et étonnantes."  Reprenant son courage, notre lièvre se relève et commence une randonnée. Sortant des ornières, il découvre des fleurs qu'ils ne connaissaient pas, des couchers de soleil splendides. Il découvre un univers nouveau et va d'émerceillement en émerveillement.

En suivant mon petit lièvre, je me disais: C'est un peu cela que j'ai vécu comme prêtre depuis 50 ans. Après la révolution tranquille au Québec et le Concile Vatican 11, Les chemins traditionnels de la vie chrétienne en Église se sont trouvés bouleversés. Les gens n'étaient plus sur la même route que moi ou moi, je n'étais plus sur leur route. J'avais l'impression d'être à la gare, le train de la vie passait et je restais là à le regarder passer avec ma grosse valise d'expérence et de projets en pastorale. J'aurais aimé que le train de la vie rentre dans ma valise, il était trop gros; et moi, je ne me sentais pas prêt à monter dans ce train. Je me sentais isolé du monde.  Alors il m'a fallu trouver d'autres chemins, sortir de mes sentiers battus pour marcher sur la même route que mes frères et soeurs dans la foi et ensemble découvrir l'action de l'Esprit dans ce monde nouveau. 

Les gens m'ont fait mieux comprendre l'appel de Jésus: Allons sur l'autre rive. C'est là qu'avanceau large.com est né. Je devais prendre la route où je pouvais cheminer avec l'âge qui ne cessait pas d'avancer. Et comme le peitit lièvre j'ai découvert de belles fleurs près du quai de chez nous, des fruits nourrissants au Centre d'Action Bénévole, des coeurs aimants à la Maison Louise Amélie ... Les fleurs et les fruits étaient  là à portée de main, soutenus par l'Esprit Saint. Avec le petit lièvre, J'ai dit MERCI. Les chemins du Seigneur ne sont pas nos chemins. J'ai retrouvé mon Église égrenant le chapelet de la vie au service des gens d'ici. J'ai rigolé quand le Pape François a parlé de l'Église en sortie ou de l'Église hôpital de campagne.  Je te bénis, Seigneur, pour ces routes nouvelles où tu m'invites à avancer avec ton Esprit d'audace et de nouveauté.

 

samedi, 10 mars 2018 15:06

Un souvenir.

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En sirotant mon café ce matin, un souvenir qui m'a fait réfléchir m'est venu à l'esprit. A la fin de mes études en 1969, j'avais eu des cours de théologiens du concile, les Pères Chenu, Gy, Jounel,  qui nous parlaient de l'Église Épiscopale au lieu de l'Église diocésaine. J'aimais beaucoup cette apellation. De retour en Gaspésie, encouragé par Mgr Ouellet notre évêque, j'utilisais l'Église Épiscopale au lieu de l'Église diocésaine.

L'Église diocésaine fait référence à un territoire qu'il faut administrer comme la paroisse. Elle devient vite un lieu de services du religieux: service liturgique, pastoral et administratif avec le bureau de la Fabrique. Et comme prêtre, nous étions facilement des adminsitrateurs, l'homme de la liturgie et des sacrements.

L'Église épiscopale vient de "épiscope", pasteur au coeur de l'Église et fait référence à un rassemblement de communion, fraterntié autour de Jésus Christ. Il ne s'agit pas d'un territoire à administrer mais d'une communauté à animer et acompagner.

Mais à l'Époque, j'ai été vite taxé de ne plus être catholique  mais devenu épiscopalien parce que l'Église épiscopalienne existe. Alors nous avons décidé de revenir au diocèse pour éviter les frictions.

Ce matin, regardant le vécu de ces 50 dernières années, je me pose une question. Nos églises se sont vidées, nos paroisses sont des lieux de services religieux, nous fermons des fabriques et faisons disparaitre des paroisses en plaçant l'accent sur la communauté. On dit que l'avenir de l'Église sera dans les petites communautés. Nous revenons à l'Église lieu de communion, rassemblé autour du Christ, lieu de fraternité, nous passons du territoire à la communauté. Le rôle du prêtre sera davantage de faire découvrir le Christ agissant dans le milieu et de rassembler dans la communion.

Je notais aussi que lors de mon départ de Ste-Anne, il y avait trois services communautaires sur le territoire et la pratique sacramentelle était encore forte. Quinze ans plus tard, les églises sont presque vides et il y a 16 services communautaires dans le milieu qui travaillent au mieux être de la vie des gens. Je vois là l'oeuvre de l'Esprit. Les chrétiens sont passés du lieu  de services religieux au lieu du service de la vie. Ne serait-ce pas ce qu'on appelle "lire les signes des temps?" La difficulté pour nous prêtres est de vivre le même passage. Laissons aller l'Esprit.

samedi, 10 mars 2018 15:06

Un souvenir.

Écrit par

En sirotant mon café ce matin, un souvenir qui m'a fait réfléchir m'est venu à l'esprit. A la fin de mes études en 1969, j'avais eu des cours de théologiens du concile, les Pères Chenu, Gy, Jounel,  qui nous parlais de l'Église Épiscopale au lieu de l'Église diocésaine. J'aimais beaucoup cette apellation. De retour en Gaspésie, encouragé par Mgr Ouellet notre évêque, j'utilisais l'Église Épiscopale au liu de l'Église diocésaine.

L'Église diocésaine fait référence à un territoire qu'il faut administrer comme la paroisse. Elle devient vite un lieu de services du religieux: service liturgique, pastoral et administratif avec le bureau de la Fabrique. Et comme prêtre, nous étions facilement des adminsitrateurs, l'homme de la liturgie et des sacrements.

L'Église épiscopale vient de "épiscope", pasteur au coeur de l'Église et fait référence à un rassemblement de communion, fraterntié autour de Jésus Christ. Il ne s'agit pas d'un territoire à administrer mais d'une communauté à animer et acompagner.

Mais à l'Époque, j'ai été vite taxé de ne plus être catholique  mais devenu épiscopalien parce que l'Église épiscopalienne existe. Alors nous avons décidé de revenir au diocèse pour éviter les frictions.

Ce matin, regardant le vécu de ces 50 dernières années, je me pose une question. Nos églises se sont vidées, nos paroisses sont des lieux de services religieux, nous fermons des fabriques et faisons disparaitre des paroisses en plaçant l'accent sur la communauté. On dit que l'avenir de l'Église sera dans les petites communautés. Nous revenons à l'Église lieu de communion, rassemblé autour du Christ, lieu de fraternité, nous passons du territoire à la communauté. Le rôle du prêtre sera davantage de faire découvrir le Christ agissant dans le milieu et de rassembler dans la communion.

Je notais aussi que lors de mon départ de Ste-Anne, il y avait trois services communautaires sur le territoire et la pratique sacramentelle était encore forte. Quinze ans plus tard, les églises sont presque vides et il y a 16 services communautaires dans le milieu qui travaillent au mieux être de la vie des gens. Je vois là l'oeuvre de l'Esprit. Les chrétiens sont passés du lieu  de services religieux au lieu du service de la vie. Ne serait-ce pas ce qu'on appelle "lire les signes des temps?" La difficulté pour nous prêtres est de vivre le même passage. Laissons aller l'Esprit.

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