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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

mercredi, 30 mars 2016 14:03

Accompagner

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Hier, ma méditation invitait à accompagner une naissance. Ce matim, ma méditaiton me conduit à penser ce que veut dire accompagner. J'y réfléchis avec et pour cette Église que j'aime. Quand un enfant nait, il est entouré de beaucoup d'amour. On le met au chaud, on l'enserre dans ses bras et surtout on lui donne ce dont il a besoin. L'amour maternel comme la médecine est attentif aux besoins du nouveau-né. Mais cette nouvelle présence n'enlève rien à l'amour des parents pour les autres enfants déjà nés. C'est le miracle de l'amour.

Nous avons aussi des nouveaux-nés dans nos communautés chrétiennes, des nouveaux-nés qu'on appelle des recommençants. Des personnes qui occasionnellement viennent chercher un sacrement ou célébrer un événement important de leur vie. Nous avons aussi des recommençants qui cherchent une spiritualité qui les nourrisse intérieurement. Ces recommençants ont des besoins particuliers.

Je pense à mon ami Osée: "C'est pourquoi je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son coeur. Je la fiancerai à moi pour toujours, je la fiancerai dans la tendresse et dans l'amour et dans la fidélité tu connaitras ton Dieu." Os. 2, 16 et 21. Et dans Isaïe, le Seigneur nous dit: "Vois donc, je t'ai gravé sur les paumes de mes mains." Is. 49, 16. L'Église qui est en train de naitre dans la Galilée de nos paroisses est la fiancée du Seigneur, celle que Dieu a gravée sur les paumes de ses mains.

Accompagner la renaissance de notre Église,c'est lui faire découvrir que nous sommes tous des fiancés de Dieu, que notre nom est inscrit sur les paumes des mains du Seigneur et que le Christ ressuscité nous a élevé avec lui à la gloire de la résurrection. Accompagner la renaissance de notre Église, c'est lui offrir ce dont elle a besoin. Comme l'écrit Julie Sant bris, savoir rejoindre la quête de sens de l'homme d'aujourd'hui.

Si nous offrons encore des liturgies qui nourrissent les habitués de l'Église, nous devons inventer des célébrations qui accompagnent les chercheurs de Dieu qui questionnent notre agir. Nous avons des routes nouvelles qui s'ouvrent avec les parcours catéchétiques qui devraient conduire à des styles de célébrations mieux adaptées; nous avons également le chemin des célébrations funéraires au salon qui permettent une adaptation plus facile que dans le rituel à l'église.

Accompagner, c'est faire expérimenter la situation de fiancé que le Seigneur nous invite à partager. Comme les parents sont attentifs aux cris de l'enfant, nous devons aussi comme chrétiens et comme pasteurs être attentifs aux cris des hommes et des femmes de nos Galilée paroissiales. Ne serait-il pas intéressant de faire un travail en amont? Nous travaillons toujours en aval avec les sacrements là où les gens devraient être, je crois qu'il nous faut travailler en amont là où les gens sont et d'où ils partent pour les conduire aux fiançailles avec le Ressuscité. Dans cette Église que j'aime comme je voudrais que ce soit l'orientation et le travail de notre année de la miséricorde. D'ailleurs notre priorité diocésaine de Gaaspé nous invite à aller vers nos frères et soeurs, allons leur faire découvrir qu'ils sont les fiancés de Dieu. 

mardi, 29 mars 2016 17:57

Nous sommes invités!

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Nous sommes le mardi de Pâques 2016. Les Évangiles de Pâques nous invitent tous à une naissance ou renaissance. Nous sommes invités par l'Évangile et le monde à accompagner une naissance: Une Église nouvelle est en train de naitre. Il ne s'agit plus de proposer une tradition ou une façon de faire et de célébrer, mais d'accompagner une nouvelle façon de faire Église qui peine à voir le jour. Ce sera une façon nouvelle de méditer les Évangiles ces prochains dimanches.

Nous avions rêver il y a 50 ans après le Concile que nous verrions naitre une nouvelle Église. Mais je crois que nous avons mis l'accent trop sur les structures et non sur la communauté. Vingt ans plus tard, nous avons rêvé encore avec les secteurs où les baptisés deviendraient responsables de l'animation de la communauté et de la vie chrétienne. Ce ne fut qu'un rêve. Aujourd'hui on essaie de faire des secteurs en rassemblant les chrétiens de plusieurs paroisses en une seule église, mais je crois que ce n'est pas ça l'Église. Nos églises se sont vidées et les fabriques sont en difficulté financière. Il n'y a plus de chrétiens intéressés et capables de prendre en charge la vie communautaire. Tout est encore misé sur le prêtre et la messe.

Le Québec ploie sous le poids des systèmes: système d'éducation, de santé, politique, économique, religieux. Et nous savons pas expérience qu'un système défend un pouvoir, des doctrines, structures , façons de faire. Les systèmes font naitre de  l'insatisfaction, de la colère, du rejet. La télévision nous en apporte chaque jour l'image. Un jour ou l'autre ces systèmes éclatent.

Il me semble que les Évangiles de Pâques nous conduisent ailleurs. Jésus a vaincu les systèmes par l'amour, et a prêché la communion, la communauté. Aujourd'hui notre système ecclésial au Québec ne provoque plus beaucoup d'intérêt. Une autre vie d'Église est en train de naitre. La grosse question qui me vient sur les lèvres: Comment faire découvrir la présente du Ressuscité et les valeurs de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui? Alors que le monde devant nous demande le chemin, nous leur proposons des solutions, nous faisons de la catéchèse alors qu'il demande qui est Jésus.

Joseph Ratzinger a écrit un jour: "Une grande partie de l'humanité d'aujourd'hui ne trouve plus dans l'évangélisation permanente de l'Église une réponse à la question: Comment vivre?" Accompagner une Église naissante est aussi de lui faire découvrir le sens de la vie, découvrir l'Esprit qui l'anime. Ne cherchons pas au dehors ce que nous avons au dedans.

L'invitation à accompagner la naissance de l'Église d'aujourd'hui et de demain, c'est ausi une invitation à nous convertir. Nous convertir à l'Église de Jésus Christ. Il nous faut nous mêmes faire l'expérience de cette Église de communion, de fraternité et de coresponsabilité devant la découverte du salut. Nous devons laisser Jésus marcher avec nous comme il l'a fait pour les disciples d'Emmaüs pour nous aider à comprendre ce qui se passe. Nous devons nous situer non pas au niveau de la religion mais de la spiritualité. Nous devons sortir d'un système qui a réponse à tout  pour cheminer ensemble dans l'inconnu à la recherche du chemin ouvert par l'Esprit. C'est la voie du Pape François.

vendredi, 25 mars 2016 14:34

De quoi mon Église a-t-elle besoin?

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Hier soir, l'animatrice d'une émission télévisée posait la question: De quoi le Québec a-t-il besoin? C'était intéressant d'écouter les analystes tant politiques qu'économiques donnés leur point de vue. Hier soir, je présidais l'Eucharistie du Jeudi Saint dans une paroisse devant 4 personnes.

Ce matin, Vendredi Saint, devant ma tasse de café je me pose la question: De quoi mon Église d'aujourd'hui a-t-elle besoin? Les rites de la Grande Semaine n'intéressent presque plus personnes. Cet après midi quelques personnes âgées se rassembleront pour écouter la Passion d'il y a 2000 ans. Ce matin dans mon téléviseur, la passion du Christ de 2016 est entrée dans mon salon. Devant l'indifférence religieuse face aux rites, je me suis posé la question: De quoi mon Église communauté a-t-elle besoin?

"Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites" nous a dit Jésus. La passion de Jésus entre dans mon salon tous les jours. Il y a encore des Pilate qui se lavent les mains devant la crucifixion du Christ dans les femmes et les enfants, les pauvres victimes d'un système sans coeur; il y a encore des Judas prêts vendre les femmes et les enfants pour quelques pièces d'argent; il y a encore des Pierre qui ont des pertes de mémoire, la commission Charbonneau en a fait défiler un certains nombre.  C'est le vendredi saint de 2106. Les chrétiens sont indifférents devant des rites d'hier même d'une grande valeur mais ils ont soif de Jésus Christ.  De quoi mon Église a-t-elle besoin?

J'entendais hier un prêtre me dire, dans une paroisse, il n'y a que 4 ou 5 perosnnes à la messe, faut fermer et aller ailleurs. C'est exactement ce que l'Épicerie fait ici, on ferme un magasin pour envoyer les gens chercher leur épicerie ailleurs. Serions-nous devenus un commerce? De quoi mon Église a-t-elle besoin?

Les croyances ne sont pas de la foi, les rites ne sont pas une célébration, des dévotions ne sont pas une prière; que sera la porte de la miséricorde dans nos paroisses? C'est la question que tous les chrétiens qui resteront à la maison aujourd'hui posent à l'Église célébrante. "La forme est devenue le fond" écrit Mgr Rouet. Le rite et le juridique a pris la place de la vie et du théologal. De quoi mon Église communauté a-t-elle besoin aujourd'hui? C'est la question que je porte comme prêtre et que nous devons tous nous poser.

jeudi, 24 mars 2016 14:10

Laver les pieds

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Aujourd'hui, jeudi saint, en sirotant mon café, je médite le lavement des pieds. Qu'est-ce que Jésus vient me dire ce matin dans ce geste? Jésus vient dire à ses apôtres: toute ma vie avec vous je vous ai lavé les pieds, je vous le signifie à travers un geste qui vous parle pour que vous fassiez la même chose. le lavement des pieds est le don d'une mission.

A l'époque de Jésus, le serviteur lavait les pieds du maitre à son arrivée du travail pour enlever la poussière, la saleté et poser le baume nécessaire pour guérir les plaies. A cette époque aussi le pouvoir religieux était très fort et controlait la vie des gens. Alors Jésus vient dire aux siens:

Votre mission est de laver les pieds, c'est à dire de poser dans la vie et le coeur des chrétiens le baume de l'amour et de la tendresse, le baume du pardon et de la miséricorde pour guérir les plaies que la vie, les pouvoirs y ont creusées. Votre mission sera d'écouter pour enlever le mal, la poussière qui recouvre la vie des gens et rend malheureux. Vous serez maintenant une oreille pour écouter, un coeur pour aimer, des mains pour servir,...

Jésus veut aussi renverser la pyramide. Le pouvoir deviendra une service avec autorité, C'est à dire avec vérité. Vous n'êtes pas des gens pour commander et vous faire servir, mais des gens qui accompagnent la vie, qui crée la communion entre les personnes, des gens qui bâtissent la paix, la tendresse de Dieu, non pas des gens du rite mais de la vie dans la communion et l'amour.

Alors cette année, quand les prêtres s'agenouilleront pour laver les pieds, ils viendront vous signifier ce qu'ils essaient de vivre au milieu de la communauté et qu'ils nous invitent à vivre avec eux. Ma prière ce matin est pour que ce geste posé aujourd'hui soit vrai et non un rite. Qu'il soit vrai afin que la pyramide de pouvoir encore trop présente dans notre Église soit transformée en communion, en service, en accompagnement de la vie et que notre année de la miséricorde ne soit pas seulement un moment de prière à l'église mais un changement radical dans notre façon de faire Église. Jésus dira à Pierre, si je ne te lave pas tu n'auras pas de part avec moi. Avoir part avec Jésus, c'est vivre au mieux le lavement des pieds dans notre quotidien.

mercredi, 23 mars 2016 17:10

Condamné!

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Jésus qui est amour et tendresse est condamné à mort parce qu'il dérangeait les hommes de pouvoir. Le pouvoir d'aujourd'hui ressemble à celui d'hier. Combien de victimes du pouvoir circulent sur nos trottoirs ou reposent dans nos cimetières. La peur de Pierre qui refuse de se compromettre au jardin de Pilate est toujours vivante, la peur des pouvoirs religieux attachés à la lettre et aux doctrines se ballade toujours sous notre ciel, la peur des pouvoirs politiques qui leur fait considérer leur siège avant les personnes figure enconre au fronton de ces amants du pouvoir. Jésus continue aujourd'hui d'être condamné par la peur des hommes de pouvoir.

Ces peurs nous habitent tous et toutes à différents niveaux. L'histoire nous montre que ceux qui vivent par l'épée périssent pas l'épée et que ceux qui vivent par la justice et la vérité se lèvent un jour dans la justice et la vérité: Martin Luther King, Ghandi, .....

Malgré deux millénaires d'Évangile, le pouvoir continue de jouer de l'épée meurtrière de la terreur ou de l'excommunication. Pour les uns c'est une vengeance méritée, pour d'autres c'est la sécurité et le pouvoir. Ainsi l'annonce de la tendresse de Dieu, du pardon, de la miséricorde reste sans écho.

Nous avons sans doute oublié que nous sommes tous frères et soeurs en Jésus Christ. Celui qui fait éclater une bombe réduit en charpie ses frères et soeurs. C'est également un frère ou une soeur que l'on excommunie ou prive de l'Eucharistie au nom de réflexions spéculatives. Nous sommes tous frères et soeurs en Jésus Christ que cela plaise ou non.

Mon chemin de croix cette année, je le farai devant les stations vivantes du chemin de Jésus. Là où mes frères et soeurs sont méprisés, malmenés, condamnés; là où ces femmes et ces enfants sont blessés au plus profond d'eux-mêmes, là où des Simon de Cyrène aident à porter la croix avec le Christ. Ma prière aujourd'hui est que le chemin de croix de 2016 ne soit pas seulement des images fixées au mur des églises, mais une raélité quotidienne que nous devons accompagner.

dimanche, 20 mars 2016 13:59

Venez voir

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"Deux disciples suivaient Jésus. (...) Ils lui demandèrent: "Où demeures-tu?" Il leur répondit: "Venez et vous verrez." Jn 1, 36. En ce début de la semaine sainte, j'ai le goût de reprendre la même expression: "Venez et vous verrez." Les disciples sont allés voir et sont restés. Ils n'ont pas vu seulement avec leurs yeux physiques mais surtout avec les yeux du coeur. Ils ont expérimenté du dedans ce que leurs yeux voyaient. Il nous est impossible de comprendre le vécu de la semaine sainte sans voir avec les yeux du coeur.

J'ai eu l'impression toute ma vie de manger mes parents. Lorsque je m'assoyais à la table familiale pour prendre le repas, cette nourriture gagnée par la sueur de leur travail, préparée avec amour par ma mère me donnait l'impression que c'était un morceau d'eux-mêmes que je prenais. Toute ma vie j'ai eu cette impression. Aujourd'hui encore dans mon quotidien, j'ai l'impression de manger les valeurs que mes parents m'ont données. Il me semble qu'il en est ainsi pour le Jeudi Saint. Jésus s'assoit à table avec les siens et leur donne tout ce qu'il a été avec eux et pour nous. Venez vous nourrir de ma parole, de mon témoignage de vie; venez vous abreuver de ma vie, de ma tendresse, pour en vivre et le faire vivre autour de vous. Jésus nous a donné une mission, une façon de vivre et non seulement un rite à célébrer.

N'avons-nous pas un peu trop oublier la vie de Jésus pour nous accrocher seulement au divin. D'ailleurs notre credo ignore la vie de Jésus pour ne retenir que sa naissance et sa mort. Le Jeudi Saint, Jésus nous invite à entrer au Cénacle avec lui: "Venez voir." Venez vivre de l'intérieur ce qui va se passer. Je vous donne ma lutte contre l'injustice, ma défense des pauvres et des orphelins, je vous donne ma contestation des pouvoirs religieux et civils qui oppriment les personnes et briment les libertés. Jésus nous a donné une eucharistie à vivre au quotidien et à célébrer en communauté   et non une célébration qui s'arrête aux portes de l'église. Quand je regarde la vie de notre Québec aujourd'hui, la vie de nos communautés chrétiennes, je me pose la question: Qu'avons-nous fait du Jeudi Saint?

Le Vendredi Saint, Jésus accepte par fidélité à sa mission de se laisser clouer sur le bois de notre nature humaine pour nous hisser avec lui vers le Père et nous conduire à la résurrection. Jésus aurait pu dire non à la mort et retourner négocier avec les autorités. La croix est le réponse d'une fidélité amoureuse à une passion de toute sa vie. Sur la croix Jésus nous dit: Par amour et par fidélité, je ne reculerai devant rien même la mort. Venez voir, venez lire le message que nous adresse le Seigneur cloué sur notre nature humaine par amour et fidélité.

Jésus ne nous  a pas donné une religion à pratiquer, il nous a donné un amour à vivre, une mission à réaliser, une communion à développer.  Cette année, allons voir davantage avec les yeux du coeur lire le message que Jésus nous donne pour aujourd'hui. Allons voir avec les yeux du coeur pour pemettre aussi à d'autres de faire la même lecture. Et nous pourrons peut être dire comme les disciples d'Emmaüs: Notre coeur n'était-il pas tout chaud  assis à la table avec Lui?

jeudi, 17 mars 2016 16:04

J'ai voulu impressionner Dieu

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J'ai voulu impressionner Dieu. Voila ce que découvre ce matin dans ma méditation. J'ai connu un Dieu qui se laisse impressionner par nos bonnes ou mauvaises actions. Si tu agis bien, Dieu te récompense, sinon il te punit. Cette vision de Dieu a marqué une bonne partie de ma vie. En lisant les Évangiles, j'ai découvert que Dieu n'est pas impressionnable. Il nous aime trop pour se laisser impressionner par nos actions. Dieu nous aime tel que nous sommes d'un amour infini qui n'a pas de rapport avec ce que je fais mais avec ce que je suis.

Dieu m'a fait, nous a fait, comme Lui et pour Lui. Dans la mesure où je découvre et vis cette réalité ma vie sera de plus en plus conforme à ce que je suis: L'enfant bien-aimé du Père. Dans toute vie humaine, il y a des erreurs de parcours, des crises de croissance que nous appelons des péchés. Sans minimiser la place du péché, j'aime parler de difficultés de croissance, d'erreurs de parcours, de blessures qui causent du mal de vivre, mais Dieu m'aime comme cela et me conduit plus loin si je veux bien le suivre.

Quoique je fasse n'ajoute rien à Dieu, ne change pas ses relations avec moi; cela peut changer quelque chose en moi, c'est moi qui  change. Je ne peux rien faire pour que Dieu m'aime davantage, comme rien de ce que je fais ne diminue l'amour de Dieu pour moi. L'être humain est au coeur du plan de Dieu avec une grande dignité et une grande valeur. Si nous comprenions cela vraiment, y aurait-il encore tant d'enfants maltraités, de femmes violentées, d'écoles insalubres, ... Est-ce que nous continuerions à juger l'être humain seulement à son rendement et non aussi à sa valeur humaine, Est-ce que nous ne prendrions pas un peu plus soin des mal gommés de la société même s'il ne sont pas rentables économiquement ou politiquement? N'essayons plus d'impressionner Dieu, mais levons-nous pour proclamer et défendre ce que nous sommes: Des êtres humains objets d'un amour infini et d'une valeur sans égale. C'est le premier pas de l'évangélisation.

vendredi, 11 mars 2016 14:51

En méditant

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L'année de la miséricorde va bon train. En méditant, ce matin, je m'arrête aux sacrements. Il me semble que durant cette année nous devrions reformuler nos sacrements spécialement celui du pardon. si les chrétiens ont délaissé les sacrements, ce devrait être une invitation à en revoir le sens et la célébration.

Nous avons tous appris le définition du petit catéchisme: "Un signe sensible institué par Jésus Christ pour donner la grâce." L'accent est mis sur des choses: signes et grâce. Ceci a contribué à développer la célébration, le rite et nous avons mis l'accent sur le législatif, sur la validité, et le juridique a pris le dessus sur le théologal et la conscience.  Comme nous le disent certains théologiens: nous avons chosifié (rite) et instantifié (célébration) le sacrement. Comme le sacrement n'était pas une expérience spirituelle et humaine, les chrétiens s'en sont écartés.

Le sacrement est une action du Christ dans ma vie signifée par des signes puisqu'il s'agit d'une expérience spirituelle. C'est une expérience que je fais avec le Christ et que je célèbre en Église. Dans le sacrement, il y a un temps et un moment. Le temps est le vie et le moment est la célébration. Ma vie est eucharistique que je célèbre un moment en communauté. Ma vie est une expérience de pardon avec Dieu et les autres, je m'arrête un moment pour célébrer cette réalité. Parce que je suis un pécheur pardonné, je vais célébrer le pardon et cette rencontre avec le Christ me donne des forces pour avancer sur la route du pardon et de la communion avec Dieu et les autres en Église. Je suis au niveau d'une relation qui me nourrit et me conduit plus loin.

Les hommes n'ont pas fait la terre ronde, ils ont découvert qu'elle était ronde. Je ne vais pas voir mes parents pour devenir leur enfant, mais parce que je le suis. Il devrait en être ainsi pour le ssacrements. Nous n'allons pas voir Dieu  "pour" mais "parce que." C'est ce que Mgr Charbonneau écrivait«: "Nous avons aujourd'hui à nous mettre en état de conversion afin de passer d'une Église de définitions scholastiques (intellectuelles) à une Église d'expériences spirituelles et humaines." L'année de la miséricorde ne devrait-elle pas nous permettre de faire un petit pas dans cette conversion? Nous devons sortir du tribunal de la pénitence pour célébrer le "baiser d'amour du seigneur" comme dit le Pape François. J'en suis là ce matin dans ma méditation.

mardi, 08 mars 2016 17:57

Un beau moment de grâce

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Ce matim, "journée des femmes," j'ai présidé l'Action de Grâce avec un groupe de personnes venues partager ce moment de fraternité et de communion. Il y avait des jeunes, des moins jeunes et des personnes âgées, des veufs, des célibataires, des religieuses et des couples en amour.

J'ai proposé comme Évangile la lecture et méditation des béatitudes écrites par le Pape François. "Heureux les miséricordieux. Heureux ceux qui savent se mettre à la place de l'autre pour le mieux comprendre. Heureux ceux qui sont capables d'embrasser, de pardonner. Heureux ceux qui sont porteurs d'une nouvelle vie, nouvelles opportunités. Heureux ceux qui travaillent, luttent pour que la Bonne Nouvelle arrive. Heureux ceux qui sont capables d'aider les autres dans leurs erreurs au lieu de les juger. Heureux ceux qui voient  ce qui est bon en l'autre. 

Je me disais aussi, si nous savions méditer le texte de la création où Dieu les créa  homme et femme à son image et ressemblance. Donc des êtres égaux qui forment l'être humain. C'est ensemble que nous formons l'image de Dieu et sa ressemblance. Et Jésus dira en Mathieu 19: "Ce que Dieu a unit que l'homme ne le sépare pas." Je crois aussi que le sacerdoce du Christ n'est vécu et exercé pleinement que dans l'exercice en cooresponsabilité et en complémentarité du ministère de l'homme et de la femme au service de la communauté.

Heureux ceux et celles qui sauront voir et développer en cooresponsabilité ces charismes déposés dans le coeur de frères et soeurs en Église. En relisant ces textes, je méditais mes années de ministère et je me disais nous avons fait un "très petit bout de chemin." Demain en me levant je dirai: Il y a encore un autre bout à faire..... 

samedi, 05 mars 2016 15:45

Ce matin, j'ai le coeur à la tendresse.

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Ce matin, j'ai le coeur à la tendresse. Il me semble que malgré les difficultés, nous vivons un moment fort intéressant parce que nous sommes à la recherche du sens et de la vérité de la vie et des choses. J'écoute la vie de l'Église et nous sortons doucement du ritualisme pour retrouver le sens de ce que nous célébrons.

Quelqu'un écrivait un jour concernant la liturgie, "le prêtre préside la prière d'une communauté rassemblée par le Christ". C'est le Christ qui rassemble les chrétiens à l'église le dimanche et je suis mandaté pour accompagner la prière du peuple de Dieu. Hier, j'apprenais à faire de beaux rites ou à bien respecter les lois liturgiques; aujourd'hui, je suis davantage centré sur le sens et la valeur de ce que je fais. Et c'est pour cette raison que bien souvent je dis: "Le Seigneur est avec vous" pour ouvrir la célébration. Je pose un acte de foi en la présence du Christ dans la communauté. Celle-ci est le premier lieu, le premier sacrement de la présence du ressuscité. C'est une façon de dire aux gens qu'ils sont le sacrement du Christ ressuscité. Ça me met le coeur à la tendresse.

Beaucoup de chrétiens aujourd'hui essaient de se bâtir une spiritualité au quotidien qui corresponde à leur vécu. Nous sommes moins tournés vers la religion et plus sur la spiritualité. Pour moi, c'est une bonne nouvelle. Je pense aux funérailles où les gens cherchent une célébration qui les rassemble et les fait prier. Ils sont davantage tournés vers le sens du geste que vers le rite. Ça me met le coeur à la tendresse.

Je regarde les parcours catéchétiques dans les paroisses, ils sont des moments privilégiés pour aider les chrétiens  à  se bâtir en famille une spiritualité qui les nourrissent. Ensemble pendant quelques mois, ils vivent des temps de fraternité où une communauté se bâtit autour de Jésus Christ. Ensemble ils découvrent ce qu'est l'Église et ne sont pas toujours prêts venir à la grande communauté paroissiale, mais ils vivent ensemble la communauté et devraient apprendre à célébrer ensemble pour un renouveau de l'Église. Ça me met le coeur à la tendresse.

Il s'agit là d'une vision d'Église à développer et d'une mentalité à vivre. Les chrétiens reprennent le cri de Jésus: J'ai soif. Oui, j'ai soif  d'amour, de bonté, d'accueil, j'ai soif de voir le visage de la miséricorde dans le miroir de mon Église. Ça me met le coeur à la tendresse.

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