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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

vendredi, 03 mai 2019 13:51

Rite ou Mission.

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La liturgie, de ce temps pascal, nous fait méditer le texte des Actes des Apôtres. A cause du contexte où les apôtres se trouvaient, ils mirent l'accent dans leur prédication sur la résurrection du Christ et la mission du Christ s'est trouvé mis un peu en veilleuse. Mgr Durocher écrit:"La Bonne Nouvelle du règne de Dieu qui approche a cédé la place à la Bonne Nouvelle que le Christ est ressuscité." Ceci a marqué toute la vie de l'Église de sorte que l'accent fut mis sur le rite liturgique qui a mis la valeur des sacrements un peu en veilleuse.  Ainsi nous avons catéchisé, sacramentalisé,  ritualisé et lors de l'évolution des sociétés, le peuple délaissant ces pratiques se retoruve devant un vide spirituel profond. L'important est que le rite liturgique soit bien fait. Nous avons développé des dévotions et le culte eucharistique et la mission du Christ fut oublié.

L'Eucharistie est devenue une célébration et quand la célébration est terminée, on entre chez soi jusqu'au dimanche suivant. Je l'ai vécu longtemps de cette façon. On ne  part pas de l'église parce que la messe est terminée, mais parce que la messe commence.  Jésus nous a donné une misison a réalisée. Devant les enfants qui meurent martyrs, ou de faim, devant les vieillards seuls devant la fin de vie, devant les jeunes découragés pour qui le suicide parait la seule issue, je me pose de réelle questions sur ma  façon de vivre et annoncer la mission du Christ. Quelle fut la passion de Jésus? Qu'est-ce qui la fait vivre et conduit à la mort? On met l'accent sur la passion du vendredi, mais celle de chaque jour de sa vie terrestre? Je renocntrais un dame qui depuis 17 ans, chaque matin, va servir les petits déjeuners à l'école aux enfants qui arrivent le ventre vide. Les chrétiens sont là sur le terrain, mais je constate que mon Église n'est plus là. J'ai mal à mon Église. Pourquoi notre Église n'est-elle plus présente aux problèmes quotidiens du monde? Nous avons rencontré le Christ dans le tabernacle devant lequel nous fléchissons les genoux, mais avons-nous rencontré le Christ ressuscité et blessé du quotidien. Je pense au chant: Que restera-t-il de toi? Il restera ce que tu as semé, donné. ...   Derrière une église qui ferme, il y a une communauté qui a soif et faim de sens à la vie et de spiritualité ... Marie gardait ces événements dans son coeur ...

 

lundi, 29 avril 2019 14:50

Une inondation.

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Nous vivons présentement au Québec une période difficile qui cause des torts considérables tant finansiers qu'humains. les inondations détruisent des années de travail et de sueurs. L'entraide et la charité. sont au rendez-vous et montrent que la nature humaine est encore vivante avec ses valeurs profondes. Actuellement, l'urgence nous fait travailler sur les conséquences, mais un jour faudra bien s'attaquer aux causes. Quand quelqu'un est souffrant, on lui donne un médicament pour soulager sa douleur et par la suite on s'attaque à la cause du mal pour le guérir.

Nous avons vécu dans notre Église un autre genre d'inondation qui ne semble pas terminée. Nous avons découvert un genre de tsunami de scandales sexuels qui inonde le monde entier. Actuellement l'urgence nous fait travailler sur les conséquences dans le soin des victimes et même des abuseurs qui sont d'une certaine façon des victimes. Un jour faudra bien s'attaquer aux causes. tout agir à une cause. Spinoza écrivait au 17e sieècle: Il faut chercher à comprendre et à expliquer. Dans les comportements humains: plutôt que de s'en moquer, de les juger, de s'en plaindre ou de les haïr, cherchons à les décrypter, à en comprendre les causes, à les analyser en se référant aux lois immuables de la nature. Une colère s'explique aussi bien qu'une tornade, et la jalousie à des causes aussi rationnelles qu'une éclypse de soleil. Il ne suffit pas à mon humble avis de s'occuper seulement des conséquences et ou bien d'ignorer les causes ou de les projeter sur la société ou les autres.

Ceci me fait faire un clin d'oeil au sacrement du pardon qui dans sa formule actuelle s'occupe plus des conséqences que des causes. Le sacrement du pardon est d'abord, selon ce que certans biblistes et théolgiens nous ont appris,   un sacrement de guérison et de libération. Si nous voulons libérer quelqu'un de son péché, il nous faut voir les causes et non seulement  les conséquences. C'est ainsi qu'a la suite  de rencontres individuelles vraies, beaucoup de péchés sont disparus dans la vie de chrétiens et chrétiennes. Je l'ai vécu dans ma propre vie personnelle et dans l'exercice du ministère avec mes frères et soeurs dans la foi. Le Seigneur nous dit: ceux que vous aurez libéres et guéris de leurs péchés le seront pour l'éternité.  Est-ce que le terme péché que l'on traduit de la bible a le sens pécamineux qu'on lui donne ... Je réfléchis, je me questionne sur le fait que des personnes se confessent pendant des années des mêmes péchés sans que rien ne change. Pourtant Jésus nous a dit guérir et de libérer..... 

mercredi, 24 avril 2019 15:02

Si j'étais ...

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En lisant l'Évangile de Jean 20, 19-31, où Jésus rencontre l'ami Thomas qui demande des preuves de la résurrection, je me suis posé la question: Si j'étais à la place de Jésus, comment réagirais-je? Thomas est la perosnne que nous rencontrons souvent sur notre route et qui nous dit: vos messes et commandements, je n'y crois pas, ça ne me dit rien.  Ce Thomas est peut être mon voisin, un  de mes enfants, un ami, comment je réagis aujourd'hui? Suis capable de provoquer une réponse de foi, ou un plus grand éloignement? Nos contemporains ont quitté la pratique religieuse et deviennent indifférents devant notre façon de présenter Jésus Christ et la foi. Nous sommes souvent dépourvus et au lieu de vivre ensemble une expérience de foi, nous essayons avec des théories et des enseignements  à provoquer une adhésion. Méditons bien l'attitude de Jésus. Nous voulons évangéliser, les Évangiles de la résurrection nous enseigne une formidable pédagogie à la condition de se placer à l'école de Jésus. 

 

dimanche, 21 avril 2019 21:24

La loi divine.

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Moïse nous a donné la loi de Dieu écrite sur des tables de pierre, des commandements qu'il fallait observer; Jésus est venu et a nous a donné les béatitudes, une expérience de vie qui se situe au niveau du coeur. La loi divine n'est pas des prescriptions à observer mais une connaissance de l'amour de DIeu au niveau du coeur. J'ai appris les commandements de Dieu par coeur, mais je n'ai pas entendu parler des béatitudes. C'est pas grave, je n'étais pas encore arrivé au nouveau testament.

 

samedi, 13 avril 2019 18:45

Parlons des prêtres.

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Dans quelques jours, ce sera le Jeudi Saint et on nous dit que ce jour-là Jésus créa le sacerdoce. Le prêtres se font plus rares et l'animation pastorale des paroisses en soufffre. Aujourd'hui je veux parler des prêtres. C'est qui ou quoi pour moi un prêtre aujourd'hui?

Un prêtre aujourd'hui, pour moi,  dans notre contexte d'Église et de société, doit être un contemplatif:

Un contemplatif du monde dans lequel il vit pour être proche, l'écouter, comprendre ses besoins, ses rêves, ses désirs, ses doutes et surtotu pour l'aimer. Aimer les gens tels q'ils sont et les accompagner non leur dire quoi faire.

Un contemplatif de la Parole,  du Christ ressuscité vivant dans le coeur des chrétiens d'ici. Cette Parole qui éclaire et donne l'attitude et le mot qui convient pour accompagner et soutenir les chrétiens dans leur marche vers le royaume.

Un contemplatif de la nature, l'université du Bon Dieu, comme disait le Père Bujold. Contempler le message de l'eau qui coule pleine de vie, écoute la sagesse  et le silence des arbres qui enseignent comment vivre les uns à côté des autres dans l'harmonie et nous rappelle le commandement de l'amour. Contempler la vie qui bouge, se renouvelle et nous invite à toujours avancer. Plus on se rappeoche de l'humain, de la nature, plus on se rapproche du Divin, de Dieu présent à son oeuvre.

Un prêtre aujourd'hui, pour moi, doit être un être passionné comme le Christ:

Le jeudi Saint, Jésus sachant que c'était son dernier repas avec les siens prit du pain -symbole de son humanité, de sa vie- et dit aux siens, Je suis venu vous annoncer un Père plein de tendresse et d'amour,; je suis venu vous présenter le seul commandement qui tienne, celui de l'amour; je suis venu défendre la veuve, le petit, le pauvre, l'opprimé; je suis venu vous dire que les personnes sont plus importantes que les lois ou les structures; je suis venu vous enseigner la miséricorde; je suis venu vous enseigner une façon de vivre selon le plan du Père.   Ce fut la passion de ma vie. Ce soir, cette passion, je vous la donne pour que vous en soyez témoins jusqu'aux confins de la terre. Je serai avec vous comme un bon pain, une nourriture, une force pour vous aider à la réaliser. Un prêtre, pour moi est ce passionné de la passion même du Christ.

Nous parlons souvent de la passion du Christ le vendredi saint, nous aimerions peut être entendre les coups de mateau enfonçant les clous, mais nous ne parlons  pas souvent de cette passion du coeur qui l'a fait vivre, qui était sa raison de vivre et qui l'a conduit au Calvaire. Le jeudi saint au soir, sachant qu'il allait mourrir, Jésus donna cette passion aux siens. Passion pour la vie, passion pour l'être humain, passion pour l'amour. le prêtre aujourd'hui ne se définit plus par les rites, les pratiques sacramentelles, mais par cette passion du Christ au coeur du quotidien. Je traduirais autrement: le prêtre doit être un contemplatif et un passionné au coeur de l'Église et non au choeur de l'église. Au lieu d'écouter les coups de mateau, écoutons les battements de son coeur de Dieu.

Parler de vocation aujourd'hui nécessite une démarche de conversion pour sortir des sentiers battus de formation et découvrir les chemins du Seigneur aujourd'hui. Notre défi aujourd'hui est de recevoir cette mission du `Christ dans le même esprit que lui, comme celui qui sert, accompagne, relève et fait grandir. Parler du prêtre aujourd'hui c'est parler de celui qui a reçu l'autorité du service à l'Écoute des pauvres et des mal pris de la société. Devant une société où grandit la violence, l'agressivité, où le Seigneur devient presqu'un inconnu, présentons les défis actuels et donnons aux jeunes la passion du Christ  qui leur permettra de relever les défis d'aujourd'hui. Les jeuens ont besoin de défis  qui les mettent en mouvement, et il me semble que notre société leur en offre.

mardi, 09 avril 2019 14:43

De quoi parlez-vous?

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De quoi parlons-nous au Québec? C'est simple, on parle de laïcité. quand j'entends les discours qui se tiennent sur ce sujet, j'ai l'impression d'entendre  la chanson: Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir. Tout le monde veut la laïcité, mais personne ne s'accorde pour la mettre en pratique. On complique les choses simples et nous n'apprenons pas à simplifier les choses compliquées. De toute façon quand nous les vieux seront morts, les religions auront aussi disparues. J'enternds beaucoup de "placotting" sur les signes religieux, c'est édifinat, pas toujours. Mais si on mettait l'accent sur les personnes, sur la qualité des relations humaines, le respect des personnes, ce serait sans doute moins problématique et sans doute plus intéressant. La religion, c'est pas des signes, des rites, mais un vécu quotidien qui donne du goût à la vie, qui fait tomber les pbarrières, qui fait respecter les autres, etc ... Il y a beaucoup trop de gens qui aiment s'agenouiller devant le Grans Crucifié, mais lève le poingt devant les petits crucifiés de la vie.   Parlons moins de laïcité, mais de "laics cités" qui vivent l'amour au quotidien.

 

jeudi, 04 avril 2019 14:20

J'ai un demi siècle.

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Le 13 juillet 1969, la paroisse de Gaspé vivait un moment important. La communauté chrétienne entrait dans sa cathédrale neuve. Depuis longtemps les célébrations se vivaient dans la crypte qui est devenue le sous-sol de l'église actuelle. Au départ, Mgr Ross  avait préféré bâtir le Séminaire avant la cathédrale et ensuite la crise économique a fait retarder le projet. Alors, ce matin de juillet, c'était jour de fête et de joie.

Ce matin là, nous pouvions lire des sentiemnts divers dans les yeux et le visage des paroissiens. Les uns étaient heureux: "Enfin nous avons notre église comme les autres paroisses." D'autres par contre affichaient des sentiments plus mitigés: cette église ne ressemblait pas à un église, surtout pas à une cathédrale. Mais la joie de s'y retrouver en famille a vit fait oublier ces  nouveautés.

Un autre événement se produisait aussi ce matin là qui piquait un peu la curiosité. Un nouveau vicaire arrivait en même temps. C'étatit un inconnu et les gens se demandaient bien quelle "bébite" leur arrivait. Je faisais aussi ce jour là mon entrée comme vicaire à Gaspé. J'arrivais des études en Europe et c'étairt mon premier jour de ministère dans le diocèse.  Je me souviens encore du thème de l'homélie que nous avions développé le curé Michel Lemoignan et moi-même. A partir des textes de Saint Paul, nous avions exploité le thème du temple. Nous sommes le temple de l'Esprit Saint, la communauté est le temple de Dieu et cette église où nous entrons est la maison de Dieu, c'est à dire le temple où la famille chrétienne se rassmenble pour fêter et célébrer.

La cathédrale m'a beaucoup parlé. On a répété a satiété que l'architecte avait imaginé la strcuture de l'église à partir de la nature environnante. Il avait adapté l'archetecture à l'environnement. Cette réalité me révélait l'importance d'adapter ma présence pastorale aux gens avec qui je vivais. Nous étions à la sortie du concile, la société quebécoise se transformait rapidement, les défis étaient autres, ceci exigeait une présence pastorale différente répondant à ces besoins nouveaux. La cathédrale me donnait une leçon à ce sujet. L'architecture de cette église m'invitait ailleurs au coeur du monde qui m'entourait.

L'intérieur de l'église me livrait aussi son message. En entrant nous étions accueillis par une grande salle de rencontre et de célébration. La réserve eucharistie était située dans une chapelle latérale favorisant la prière et le silence; le choeur de l'église nous présentait les trois lieux importans d'animation de la célébration: le lieu de la Présidence, le lieu de la Parole, et le lieu de l'Eucharistie. L'importance était placée sur la célébration  et l'assemblée. C'était vraiment la maison de Dieu, maison de la famille des enfants de Dieu. Ce lieu où les enfants de Dieu sont heureux de se retrouver pour créer des liens, fraterniser et célébrer.

Mais l'intérieur de l'église m'a envoyé un autre message qui m'a souvent chambouler intérieurement. Chaque dimanche avant l'Eucharistie, nous étions, le curé et moi, à l'arrière de l'église pour accueillir les gens, créer des liens qui favorisaient la célébration. Nous entrions ensuite et montions au choeur pour célébrer. Le choeur est haut et la lieu de la présidence est loin au fond du choeur. Les gens nous disaient souvent: "Nous avons l'impression que vous n'êtes plus avec nous." Vous êtes au-dessus de nous et loin. Cette remarque m'a souvent chatouillé et je me disais est-ce que ma présence pastorale donne l'impression que je ne suis plus avec eux?  Que je suis au-dessus d'eux,  loin et que je ne les écoute pas? Cette église m'invitait, nous invite encore ailleurs. Nous étions invités à descendre du CHOEUR pour être au COEUR de la communauté. J'ai essayé de vivre cela au mieux, mais je n'ai pas toujours bien réussi.

Je me suis souvent assis le jour pour écouter le silence de ce lieu. Nous mettions parfois de la musique douce et des étudiants venaient souvent s'asseoir pour lire et méditer dans le silence chaud de cette église. Noua avions ainsi l'occasion d'avoir avec certains une rencontre pastorale très intéressante. Nous n'avions pas l'impression du sacré devant le tabernacle comme dans les autres églises. Nous avions l'impression d'être au coeur du divin. C'était la maison de Dieu, c'était notre maison. La simplicité du milieu nous envahissait d'une présence chaude, silencieuse et qui invitait à la louange. Non seulement elle est une église, un cathédrale ou peut être demain un basilique, elle sera toujours un message d'Évangile au coeur de la Gaspésie. Je crois ,naïvement sans doute, que le retard à sa construction était un clin d'oeil de l'Esprit Saint qui voulait nous inviter  ailleurs. Je souhaite que notre cathédrale demeure longtemps une parole d'Évangile qui nous invite à adapter notre présence pastorale à la vie des femmes et des hommes de chez nous, une parole d'Évangile qui nous invite à mettre l'accent sur le rassemblement des chrétiens au coeur de la fraternité humaine à l'instar de Mgr Ross le bâtisseur de chez nous.  Alleluia.

jeudi, 21 mars 2019 14:26

En avant marchons.

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S'amorce dans notre Église diocésaine une démarche de regroupement des fabriques paroissiales. Ce mouvement déjà enclenché ailleurs voit le jour chez nous. Évidemment cela ne se fera pas sans heurts et gincements de dents. C'est tout à fait normal. J'entends l'appel lancé à Abraham: "Quitte ton pays et va dans le pays que je te montrerai." tout être humain est appelé un jour ou l'autre à quitté son pays: lorsque nous quittons l'enfance vers l'adolescence puis vers l'âge adulte et la vieillesse, c'est un perpétuel changement de pays. Ce changement nous oblige à laisser des choses que nous aimions pour en trouver d'autres plus conformes à notre état. Comme Abraham a quitté son pays pour en trouver un autre.

Voir disparaitre sa paroisse, son lieu d'attache, ses repères est un détachement difficle et laborieux mais nécessaire dans notre contexte actuel. Mais perdons-nous quelque chose? Ou trouverons-nous quelque chose d'autres? Nous avons été habitué à une Église territoriale: Diocèse, paroisse. Ne sommes-nous pas invités à retrouver une Église basée davantage sur les personnes, ce que certains appellent une "paroisse liquide". L'important ne sera plus la paroisse territoriale, mais la paroisse communauté humaine. J'avais dans le passé parlé parfois d'une Église épiscopale, c'est à dire une Église communauté rattachée à l'Épiscope, l'Évêque. Ne sommes-nous pas en route vers cette Église communauté, Église communion de personnes? Ne serait-il pas important de mettre l'accent sur ce que nous allons retrouver et moins sur ce que nous allons perdre?

La paroisse territoriale comme nous l'avons connu est un instrument de l'époque de chrétienté qui a fait son temps. L'Église est une communion de personnes autour de Jésus Christ. Nous sommes en route vers cette réalité sous la mouvance de l'Esprit Saint. le temps de l'église au coeur du village avec son presbytère et Monsieur le Curé qui récite son brévaire sur le perron est terminé. La vie nous invite à passer à autre chose. Il s'agit certes moins de structurer une paroisse que de passer à une mission.

Devant cette situation, nous pouvons avoir l'attitude de Zacharie, sourire et dire c'est pas possbile et risquer de devenir muet. Ou encore l'attitude de Marie, être ouvert à la nouveauté et se fier à l'Esprit qui nous guidera  surement sur le bon chemin. Bâtirons-nous une Église du modèle Zacharie prisonnière de ses structures, ou celui de Marie qui part vers les autres sous la motion de l'Esprit.  Cette nouveauté nous obligera à revoir notre notion de l'Église et du minstère presbytéral. Si nous voulons créer cette nouvelle vision d'Église avec nos conceptions actuelles, nous courrons certainement vers un échec. "Le prêtre ne se définit plus en des termes cutuels liés à l'exercice d'un sacerdoce mais dans les termes dyanmiques et conciliaires qui définissent l'évangélisateur." C.F. Réinventer la paroisse, P. 136. Nous l'avons répété souvent dans le passé: La paroisse territoriale deviendra une communion de communautés. L'animation pastorale sera bien différente, c'est pourquoi il sera nécessaire de revoir nos conceptions des ministères. Le tournant missionnaire et l'évangélisation  nouvelle demandé par le Pape ouvre devant nous un immense chantier difficile mais combien emballant. Il ne s'agit plus de rammasser de l'argent pour chauffer un bâtiment, il s'agit de réchauffer l'Église communauté qui grelotte et se sent abandonner. Ceci nécessitera beaucoup d'information, de rencontres, de discussion entre nous pour cheminer le plus sereinement possible. Faut qu'on en parle et reparle.... "Quitte ton pays et va vers le pays que je te montrerai. Abraham partit ..." 

vendredi, 15 mars 2019 17:21

La violence.

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Chaque jour, les bulletins de nouvelles nous apportent leur lot d'actes de violence posées dans notre monde. Pourquoi tant de violence? Pourquoi ne sommes-nous plus capables de résoudre nos problèmes sans violence? Il y a beaucoup de raisons. Je me permets de penser que cela résulte en partie d'une réaction d'impuissance devant les systèmes qui sacrifient trop souvent les personnes sur l'autel du pouvoir ou de l'argent. Il apparait aussi que l'être humain a de la difficulté à accepter les différences. Il faut lutter contre les féministes, abattre les juifs ou les musulmans, les non chrétiens ... Nous voyons facilement ce qui divise ou ce qui est différent, mais moins facilement ce qui unit ou qui fait la richesse de l'humanité. Je constate avec plus d'étonnement l'agressivité montante à l'intérieur même des Églises. Je reçois des commentaires, des messages même de la France qui véhiculent à la fois de l'insatisfaction et de la colère qui conduisent très facilement à la violence. Hier encore des chrétiens me parlaient des difficultés vécues face à la célébration des premiers  sacrements de leurs enfants à cause du travail et des obligations familiales. je sympathise bien avec eux, mais je n'y peux rien. Je ne dis pas cela comme une critique, mais comme une invitation à réfléchir.  Et pourtant, Jésus est venu déposer dans le coeur des humains des germent de paix, d'amour, de pardon. Que se passe-t-il? 

Je me tourne souvent vers la Bible pour essayer d'éclairer ma lanterne. Les premières pages de la Bible me parlent d'un meurtre: Caïn tue son frère Abel par jalousie. Au lieu de se laisser questionner sur ses motivations en offrant les sacrifices, Caïn s'en prend à son frère. Incapacité d'accepter la différence. Souvent dans notre agir au lieu de profiter des talents des autres pour améliorer notre propre agir, on les fait taire. L'ouvrier qui vit des difficultés d'apprentissage est méprisé et souvent remercié. L'être humain est évalué et apprécié à son rendement. Pourtant la différence et la diversité des personnes font la richesse de l'humanité.

A mon humble avis, nos Églises sont trop négatives dans leur enseignement. Je regarde le carême actuellement, on parle beaucoup de péchés, du diable, faire des sacrifices etc ... L'Évangile au contraire me parle de beauté de l'être humain -la transfiguration-,  de son appel à dépasser le simple plan humain pour découvrir la force et la grandeur de l'Esprit qui nous animent  -la tentation au désert, la loi de l'amour inscrite au fond de notre coeur. le sculpteur découvre à l'intérieur d'un bloc de bois une statue. Il sait que la statue est là cachée au coeur de la bûche. Il enlève qui est de trop pour la découvrir. J'ai en moi l'image de Dieu, j'enlève ce qui est de trop pour la découvrir. Ce qui m'anime n'est pas d'enlever des choses mais de découvrir ce qui est beau et bon en moi. Ma vision devient positive et non négative: courir après les péchés, les faiblesses. 

Il me semble que si on essayait ensemble à découvrir l'image de Dieu,  découvrir que nous sommes animés du souffle même de Dieu, que nos différences sont essentielles pour bâtir un monde de beauté et de justice, apprendre que nous sommes frères et soeurs en humanité et non en opposition   notre monde pourrait devenir un jardin aux multiples fleurs pour décorer de joie l'humanité. Je crois aussi que les besoins financiers de nos églises sont en train d'étouffer tout ce qui reste de vie chrétienne. Les paniers de quête et les troncs sont devenus de petits tabernacles qui abritent leur petit dieu par la force des choses. La violence et la situation de nos Église ne sont-elles pas des défis posés à notre vie chrétienne? Oserons-nous les regarder en face? Je ne suis qu'un vieux grincheux, mais mon Dieu que je trouve que nous sommes devenus passifs face à un monde en pleine ébullition.

 

jeudi, 14 mars 2019 16:00

L'homme qui écoutait ses rêves.

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Il existe un homme dans la Bible dont on parle très peu et qui cependant nous parle beaucoup. On ne cite aucune parole de lui, était-il muet? Il a prêché en action. Il suivait ses rêves même s'ils étaient en contradiction avec ses propres désirs. Écoutons-le discrètement.

Ce saint homme fut obligé de prendre chez lui sa femme enceinte avant même d'avoir habités ensemble. Mais son rêve lui dit: "Ne crains pas de prendre chez toi ce qui vient de Dieu." Mth 1, 20. Quelle belle leçon de foi. Découvrir dans nos vies ce qui vient de Dieu pour le faire nôtre. C'est à moi, à nous, que cette parole est adressée. Descend en toi pour découvrir ce qui vient de Dieu pour le faire tien même si cela va à l'encontre de tes ambitions et de tes propres rêves. Suivre nos rêves, c'est discerner en nous ce que la parole de Dieu vient révéler. En ce temps où nous parlons de tournant missionnaire, d'évangélisation, l'exemple de cet homme est précieux. Évangéliser, c'est faire découvrir le Christ dans la vie autour de nous. Écouter nos rêves, c'est découvrir cette vie de Dieu en nous pour la répandre. Nous sommes invités à sortir de nos structures, de nos rites pour être au diapason de nos frères et soeurs en humanité.

En deuxième lieu, il est invité le pauvre homme à quitter sa boutique, son travail, sa paix pour passer en Égypte. Mth. 2, 15. Joseph, puisqu'il s'agit de lui, écoute son rêve. Partir en Égypte aujourd'hui, c'est partir vers l'inconnu, sortir de ses sécurités, pour se rapprocher de l'autre face à nous en vue d'engager un dialogue. Il part en Égypte pour protéger Jésus. Dans ma vie personnelle comme dans la vie de l'Église que signifie partir en Égypte pour protéger Jésus. J'ai besoin de vivre un discernement profond pour découvrir mon égypte intérieure, pour découvrir l'égypte de notre Église afin d'engager un vrai dialogue avec l'autre. Si je reste prisonnier de mes convictions, de mes façons de faire je risque de ne jamais attendre le but.

Peu de temps après son installation en Égypte, son rêve lui ordonne de retourner en Galilée. Mth. 2, 20. Fort de son expérience en Égypte, Joseph peut maintenant dans son propre pays êtee témoin d'une autre vision de la foi et de la vie en Église. Fort de son expérience, il n'y avait plus de danger de retomber dansn ses routines antérieures. Joseph le silencieux est témoin et gardien d'une nouvelle façon de vivre sa foi. L'exemple de Joseph est essentielle à ma vie chrétienne. Avec cette expérience de déracinement, une nouvelle forme de vie chrétienne va prendre racine.

Joseph vient m'inviter à suivre nos rêves, c'est à dire:

à découvrir en nous ce qui vient de Dieu afin d'éviter de bâtir nos projets  et non ceux de l'Esprit, si je ne sais pas écouter, je serai toujours un étranger dans mon milieu.

à prendre la route guidés par l'Esprit afin de sortir de mes structures,  d'entrer en contact avec le monde et d'établir un dialogue constructif.

à devenir témoin de Quelqu'un et non un prêcheur, afin de mettre l'autre en contact avec Quelqu'un et non des rites ou des doctrines.

Voila où Joseph, mon saint patron, m'a conduit. Joseph veut dire: être en croissance. Joseph fut un homme en croissance devant ses propres forces intérieures, devant la présence de l'Esprit en lui. Il me dit aujourd'hui: Prends chez toi ce qui vnet de Dieu et va ....

 

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