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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

samedi, 01 avril 2017 09:49

Lazare, sors dehors!

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Dans l'Évangile de notre dimanche du carême, Jn 11, 1-45, Jésus commande à Lazare de sortir de son tombeau. J'entends résonner à mon oreille ce cri de Jésus, que veux dire pour moi aujourd'hui: sortir de notre tombeau.

Notre Église du Québec depuis la révolution tranquille s'est refermée sur elle-même comme un coquille. L'État a repris ce qui lui appartenait: la santé, l'éducation, les services sociaux et nous nou s sommes repliés sur notre structure intérieure: les sacrements, la liturgie. Les chrétiens ont quitté cette Église et nous nous sommes refermés comme dans un tombeau. Je remarque que dans beaucoup de paroisses les oeuvres de charité sont sorties de l'église et sont demeurées vivantes. Pris dans l'étau des factures à payer et des entretiens de bâtiments, il n'y a plus de place pour le partage. Nos églises se sont vidées et l'Église est ailleurs.

Ce matin, dans ma méditation, j'entends ce cri de Jésus; "Viens dehors!" Hier je présidais une funérailles et je me sentais presque dans un tombeau. Quelques personnes dispersées dans l'église dont la majorité étaient étrangères à tout ce qui s'y passait. Je préside rarement des célébrations paroissiales maintenant, mais j'ai le sentiment que notre cadre liturgique ne réponds plus aux besoins des chrétiens. Comme le peuple juif au retour de l'éxil était étranger dans son propre pays, nous sommmes étranger dans notre propre milieu. Il me semble que le cri de Jésus retentit à mes oreilles plus fort que jamais et prends un tout autre sens. Ce cri de Jésus nous revient aujourd'hui par la voix du Pape François dans une "Église en sortie."

La situation nous obligera à fermer des églises et à éloigner de plus en plus le service religieux des personnes. Un peu comme fait IGA quand un magasin n'est pas suffisamment rentable. C'est peut être le chemin obligé pour retrouver l'Église. Mes pensées ne sont pas vos pensées, nous a dit Jésus. Voila le propos d'un vieux grincheux qui réfléchis......

jeudi, 30 mars 2017 18:28

Il était une fois...

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Il était une fois dans mon village, un bon monsieur qui ne faisait presque rien à ce qu'on disait. Il se berçait souvent sur la galerie, ou paresser à regarder couler la rivière, et parfois il semblait dormir. Tout le monde le disait   paresseux.

Nous, les jeunes, arrêtions souvent chez lui piquer une jasette; il avait tant de choses merveilleuses à nous dire. A partir des fleurs de son jardin, il nous parlait de la beauté et de la générosité de Dieu qui donnait tant de belles choses. Appuyé à la clôture de son jardin, il nous initiait à la patience. Regardez, disait-il, ces petits plants de carotte qui se pointent le nez, il faudra quelques mois avant d'en manger. Laissons-les pousser à leur rythme. Il en est de même avec vous les jeunes; il faut vous laisser pousser à votre rythme avec patience acceptant que certains poussent tout croches. Il ajoutait: pour avoir de bonnes récoltes, il faut connaitre sa terre, savoir ce dont elle a besoin. Il est tellement facile de s'imaginer le besoin de l'autre. C'est comme cela dans la vie. Nous devons répondre aux besoins de l'autre et non aux besoins que l'on s'est imaginé.

Il était cordonnier ce bon monsieur et en souriant il disait: il faut poser la bonne "patche" sur le bon trou, sans cela rien ne tient. Dans la vie c'est comme cela, "poser la bonne patche sur le bon trou" pour faire grandir. Non seulement cet homme était efficace dans son métier, il était fécond dans sa vie par sa sagesse de vie. L'image de ce vieux m'est souvent trottée dans la tête quand je m'impatientais contre la lenteur de la vie. Savoir attendre le bon moment, ne pas tirer sur le plant de carotte, avoir la patinece de laisser la vie grandir à son ryrhme. Aujourd'hui je dirais que ce bon monsieur était un évangélisateur sans le savoir. Trop souvent nous bâtissons des projets pour dire aux autres quoi faire alors qu'ils le savent mieux que nous. Alors ce bon monsieur n'était pas paresseux, il était très actif et fécond.

jeudi, 23 mars 2017 16:11

Nazareth

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L'évangéliste Luc situe l'annonciation à Marie à Nazareth, 1, 26. Nathanaël parle de Nazareth d'une façon pas très élogieuse, Jn 1, 46. Les auteurs du livre "Athènes, Jérusalem" mentionnent que Nazareth n'existait pas au temps de Jésus et qu'il n'y a pas de colline où jeter Jésus en bas. Les archéologues ont découvert à l'emplacement de l'actuel Nazareth les restes d'une petite bourgade, inconnue alors, et trop petite pour avoir une synagogue. Alors je me suis amusé à méditer et approfondir Nazareth.

Nazareth, ne serait-il pas plutôt un état d'esprit et de coeur qu'un lieu géographique? Ce petit village de Galilée est l'opposé de Jérusalem, lieu du pouvoir religieux du temps où Jésus fut mis à mort.

Pour que la nouveauté de l'Évangile soit accueillie, il fallait un coeur et un état d'esprit réceptif et ouvert à cette nouveauté. Il fallait un état d'esprit libre des lois et obligations des pratiques religieuses et des traditions du temps. Alors le lieu géographique  de la naissance et de la vie de Jésus a moins d'importance, c'est davantage au message proposé qu'il faut s'arrêter.

Aller à Nazareth, c'est entrer dans cet état d'esprit et de coeur qui nous libère des contraintes des lois et traditions à observer pour entrer dans cette vision présentée par le Christ et centrer notre vie sur l'Évangile. Nazareth est plus qu'une question de pauvreté matérielle mais pauvreté du coeur qui ouvre à l'Évangile.

Nazareth, ne serait-ce pas tous ces chrétiens et chrétiennes de la périphérie qui ont quitté le centre religieux avec ses pratiques et ses traditions; Nazareth, ne serait-ce pas tous ces chrétiens et chrétiennes simples, travailleurs qui vivent leur foi et la charité au quotidien au milieu de leur famille et amis; Nazareth, ne serait-ce pas toutes ces femmes et tous ces hommes qui sont au niveau de la spiritualité et non de la religiosité, Nazareth, ne serait-ce pas cet état d'esprit et de coeur dont le pouvoir est celui de l'Évangile et non d'un système religieux? Une autre question me vient à l'esprit: Nos fraternités Charles de Foucauld,  réunion de prêtres seuls, ne sont-elles pas encore celles des hommes du temple et non de Nazareth? Ne devraient-elles pas devenir des fraternités sacerdotales et non seulement presbytérales? Jésus ne nous a-t-il pas dit: Allez en Galilée, c'est là que vous me verrez.  Je contiue de méditer sur le sujet ....

mardi, 21 mars 2017 23:04

Le sang de l'alliance

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Cette expression "Le sang de l'alliance" nous est relatée par trois synoptiques et Paul avec des nuances.

Mathieu et Marc écrivent: "Ceci est mon sang, le sang de l'alliance". Mth 26,28. Ils font référence à l'alliance avevc Moïse où le sang des victimes étaient versés à la fois sur l'autel des sacrifices et sur le peuple. L'alliance avec Dieu est présenté a l'image de celle de Moïse donc extérieure à l'homme et conclue dans des sacrifices. L'être humain devient comme consanguin de l'alliance. Ceci a marqué notre théologie de l'Eucharistie sacrifice et dans laquelle célébration nous demandons beaucoup le pardon des péchés.

Luc et Paul écrivent: "Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang."  Lc 22, 15. Ils s'inscrivent davantage dans la ligne de Ézéchiel et Jérémie: "J'inscrirai ma loi au fond de leur coeur, je changerai leur coeur de pierre en coeur de chair, Je mettrai en eux mon Esprit." L'heure est venue où je conclurai avec la maison d'Israël une alliance NOUVELLE."  Et Osée dira: "Je la fiancerai à moi dans la tendresse, la fidélité, l'amour." Os. 2, 22..   L'alliance annoncée par les prophètes n'est plus conclue dans des sacrifices, mais inscrite au fond du coeur de l'être humain.

L'alliance du Christ est nouvelle en ce sens qu'elle est inscrite au fond du coeur de l'être humain. elle fait partie de notre vie comme si l'homme était "enceint" de l'alliance. Dans cette alliance et donc dans l'Eucharistie  l'homme est tiré vers le haut dans la vie trinitaire. Depuis la création de l'être humain, les gens ont cheminé avec Adam, noé, Abraham, Moïse et les prophètes vers l'alliance conclue par le Christ. Dans la communion, c'est la vie même de Dieu qui nous est transmise et nous y sommes incorporés. Cette annonce des prophètes donnerait une autre vision à notre Eucharistie.

Inspiré de: François You, D'Alliance en alliance, Dieu se donne.

 

mercredi, 15 mars 2017 18:15

Un cadeau à vivre.

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Dernièrement nous avons médité "Un cadeau à découvrir", aujourd'hui je voudrais méditer avec vous un autre aspect de l'Eucharistie: "Un cadeau à vivre." Après avoir découvert le sens, le dynamisme de l'Eucharistie, il nous faut la vivre afin de la célébrer avec toute sa puissance d'amour et de grâce.

La vie de Jésus est une vie totalement eucharistique, à son exemple, la nôtre le sera aussi.

Une des caractéristique de cette vie de Jésus est le repas. Dans l'Évangile de Jean, la vie de Jésus Christ est encadrée par le repas: à Cana, 2, 1ss; puis suite à la résurrection sur le bord du lac, 21, 1sss. Le repas est ce temps de communion, de partage, d'intimité, un temps d'action de grâce.

Dès le début de sa vie publique, Jésus inscrit sa vie dans ce climat d'alliance. Il le marque à Cana en offrant le vin de la nouvelle alliance. Toute sa vie sera l'annonce de cette allliance et indiquera comment la vivre.

Jésus mange avec les pécheurs, Mth 9, 10-13.

Pour bien comprendre l'Eucharistie, il nous est nécessaire de ne jamais oublier l'itinéraire de la vie du Christ. Le repas pascal fut la clôture cette vie où il mit tout le sens de sa vie et de sa mort. Le repas est ce lieu de communion où le Christ accueille les pécheurs, guérit les lépreux, les exclus de la société. Jésus avait réalisé que le peuple avait changé le visage de son Père, il avait trahi son intention sur le monde en s'affoublant de titre d'honneur et de pouvoir, méprisant les femmes et les enfants, culpabilisant les malades, alors il veut remettre le monde à l'endroit.

Jésus multiplie les pains: Mc 6, 32 sss.

Jésus voit la foule qui l'a suivi et il l'a prend en charge en répondant à sa faim: faim de nourriture pour le coeur et l'âme et pour le corps. Il donne le pain aux disciples pour qu'ils le distribuent. Ceux-ci deviennent partie prenante de nourrir la foule. Dans la multiplication des pains, notons que la parole rassemble et met en état de communion, puis le Christ donne le pain. C'est la démarche de toute Eucharistie. Ce n'est pas l'Eucharistie qui convoque et rassemble mais la Parole et l'Eucharistie fait communauté avec le peuple rassemblé.

L'évangéliste Jean a un long chapitre sur le Pain de Vie. Jn 6 sss

"Je suis le pain de vie" dira Jésus. Il est la nourriture du pèlerin. Toute la vie de Jésus a été une vie donnée, partagée, offerte symbolisée dans les repas de communion.

François Varillon écrit: "L'Eucharistie est le sacrement de la divinisation de notre activité humanisante. elle est le signe efficace de ce passage au Christ de ce que je fais de ma vie. L'Eucharistie ce n'est pas le Christ qui tombe du ciel dans un morceau de pain, et on ne met pas du pain sur l'autel pour que le Christ qui veut être présent sache où se mettre. C'est l'histoire de l'homme qui devient corps du Christ. L'hostie consacrée ce n'est pas le Christ tout court, c'est l'homme christifié."

Le Jeudi Saint, Jésus nous a donné sa vie eucharistique pour que notre vie devenant eucharistique comme la sienne nous la rendions présente dans le monde au quotidien. "Faites ceci en mémoire de moi." Ma vie est une eucharistie au quotidien que je célèbre pour faire corps avec les autres  membres de la communauté et en même temps je dis  ma volonté de vivre cette communion jusqu'au bout comme le christ l'a fait lui-même, et ma communion au Christ me donne la force de réaliser cette mission donnée par le Christ lui-même. La fin de la célébration est la mission.

L'humanité de Jésus était un piège pour ses apôtres parce que leurs yeux n'étaient pas capables de voir au delà de l'humanité. L'hostie peut aussi être un piège pour nous en nous imaginant que l'on met Jésus dans sa bouche en communiant. Communier, c'est devenir un peu plus chaque fois CORPS du Christ. C'est devenir un peu plus Christ. Dans  une prochaine visite, nous méditerons un cadeau à célébrer.

samedi, 11 mars 2017 15:06

Une crise de vocation.

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Nous parlons de crise des vocations dans notre Église. Nous parlons du manque d'intérêt des jeunes pour les vocations. Nous parlons d'une pastorale des vocations. Le Pape François nous invite à une pastorale d'innovation et de conversion et non de conservation.

Nous vivons une crise de vocation depuis le Concile de Trente au 16e siècle. La crise que nous vivons n'est pas celle d'abord des vocations, mais de la vocation. Depuis le Concile de Trente, nous avons fait disparaitre de la vie de l'Église la vocation baptismale, le sacerdoce des baptisés. Et pourtant le sacerdoce des baptisés qui est participation au sacerdoce du Christ est la base même de la vie de l'Église. Le sacerdoce du baptême nous fait participer au sacerdoce du Christ dans ses trois dimensions essentielles; prêtre, prophète, pasteur (roi). Le sacerdoce ordonné un jour dans l'histoire a happé tous les ministères des baptisés qui sont devenus des spectateurs dans l'Église. Un évêque de France écrivait que ces minstères des baptisés étaient devenus des échelons qu'il fallait monter pour parvenir au trône du presbytérat.

Jean-Paul 11 écrit dans Exhortation Dabo pastores de 1992:

Le sacerdoce minstériel, en effet, ne signifie pas en soi un degré plus élevé de sainteté par rapport au sacerdoce commun des fidèles; mais, par le sacerdoce ministériel, les prêtres ont reçu du Chirst un don spécifique, afin de pouvoir aider le peuple de Dieu à exercer fidèlement et pleinement le sacerdoce commun qui lui est confié.

Le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun des baptiés. D'ailleurs le document conciliaire sur L'Église, no 30 à 36, présente bien cette participation des chrétiens au sacerdoce du Christ dans se strois dimensions.De plus le texte sur la vie et le ministère des prêtres est clair sur cette question:

Les prêtres ont à reconnaitre sincèrement et à faire progresser la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l'Église. (...) Ils sauront  découvrir et discerner dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes, des plus modestes aux plus élevés, ils les reconnaitront avec joie et les développeront avec ardeur. P.O. 9

Ainsi je crois que nous sommes invités tant par le Concile que par notre Pasteur François à revitaliser la vie de foi et l'exercice du sacerdoce commun des baptisés. Notez que je parle de baptisés et non de laïcs parce que je crois que cette distinction est malheureuse. Alors imaginons notre action pastorale dans une vision de conversion et non de conservation. Cette dans cette vision que je continue ma préflexion et ma prière.

jeudi, 09 mars 2017 14:47

Un cadeau.

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Un jour, Jésus dit à ses disciples: "Allez à la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau, suivez-le, il vous montrera la salle toute prête où je veux manger la Pâques, faites les premiers préparatifs." Mc 14, 12 ...

Jésus à Jérusalem se prépare à célébrer la Pâque avec les siens. Il envoie ses disciples au coeur de la ville rencontrer un homme portant une cruche d'eau. Il veut donner l'Eucharistie aux siens et ne va pas au temple, étrange! Jésus envoie les siens au coeur de la vie rencontrer quelqu'un au coeur de sa vie. Jésus se situe au coeur de la vie là où les gens travaillent, luttent, pleurent, rient, suent. Au coeur de la vie est le lieu privilégié de l'Eucharistie.

La salle est prête, faites les derniers préparatifs. La salle est d'abord le coeur de l'être humain et cette salle est préparée par l'action de l'Esprit saint. Ceci pose une question à notre catéchèse, est-ce que l'on prépare la salle qui est le coeur des chrétiens ou si l'on fait les derniers préparatifs? Ne sommes-nous pas comme les disciples qui font découvrir la salle toute prête pour célébrer la Pâque.

Jésus entre dans la salle avec les siens. Il sait que sa vie est terminée, demain il sera mis à mort. Sa mission n'est pas terminée. Il doit donc passer le flambeau. Durant ce repas de la Pâque, Jésus va donner sa mission aux siens qui l'entourent. Jésus le fait durant un repas pour bien signifier qu'il donne une communion à réaliser. Il ne donne pas un rite à faire, mais une communauté à former.

Alors Jésus prend du pain, nourriture du nomade, le chrétien est un être toujours en marche, jamais arrivé, et le donne en disant aux siens de se nourrir à sa personne. je me donne à vous avec tout ce que j'ai été, enseigné, ce dont j'ai témoigné, et rendez cette vie présente dans le monde. Je serai avec vous comme un pain, une nourriture pour vous donner la force de réaliser cette mission. Puis Jésus prend du vin, signe de la vie et de la tendresse du Père, le donne et leur dit de s'abreuver à cette vie et cette trendresse de Dieu. S'en abreuver pour la rendre présente partout dans le monde. "Faites ceci en mémoire de moi." Faire mémoire, ce n'est pas se souvenir, ou répéter le geste de Jésus, c'est rendre présent ce que ce geste signifie.

Ainsi Jésus prend sa vie, son amour, son enseignement, ses pardons, sa miséricorde, toute sa mission et la donne à ses disciples. Les enfants autour de la table familiale prenant le repas, mangent un peu des parents, de leur amour, de leur dévouement, de leur tendresse ... Ce que Jésus nous a donné ce soir là est une mission à réaliser, une communion à faire entre nous et avec Dieu, une communauté à former. La fin de nos célébrations eucharistiques est donc la mission du Christ à réaliser dans notre monde. La communion est le moyen ou la force que Jésus donne pour continuer la mission. La célébration est le moment où les envoyés se retrouvent pour célébrer dans la joie et l'action de grâce, dans le mystère pascal du Christ ressuscité, afin de nourrir leur force pour continuer la mission de faire découvrir l'amour et la miséricorde du Père.  Continuer ma mission en mémoire de moi, en la rendant présente et vivante autour de vous.

 

 

dimanche, 05 mars 2017 21:35

La fête des retrouvailles.

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J'allais faire une petite célébration de funérailles au salon funéraire et en méditant la préparation, m'est venu à l'idée la parabole des retrouvailles du fils cadet et de son Père dans l'Évangile de Luc. Ça m'est apparu une bonne idée pour cette célébration. La pointe de cette parabole est la joie des retrouvailles du fils et du Père.

La mort, c'est un peu les retrouvailles d'un enfant avec son Père. Le Père lui passe la robe du membre de la famille,  lui met au doigt l'anneau de l'alliance, lui passe les sandales de l'homme libre et fait la fête. Le ciel est en fête. Festoyons car mon enfant est revenu. J'ai partagé avec la famille sur cette réalité et nous nous imaginions la fête au ciel.....

Ceci m'a rappelé combien la vie est une réalité féconde. De la naissance à la mort, elle ne cesse de grandir, de s'approfondir, elle va de découverte en découverte jusqu'au jour de la grande découverte, dernier acte fécond des retrouvailles avec le Père. Et nous avons chanté: "Ce qui me restera de toi." Ce qui restera de nos défunts, c'est ce qu'ils auront semé qui fleurira dans la vie des autres, ce qu'ils auront donné qui grandira dans la vie des autres. Je suis revenu en me disant: Je veux que ma mort soit la fête des retrouvailles et que le ciel et la terre soient en fête. La mort est un acte de profonde fécondité. 

dimanche, 26 février 2017 18:35

Convertissez-vous et croyez à l'Évangile.

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"Convertissez-vous et croyez à l'Évangile." Voila bien campé le projet de carême de cette année. Le carême est un temps privilégié pour découvrir de l'intérieur notre relation à Dieu. Il est appel à la converison.

On dit souvent que le feu couve sous les cendres, c'est signifier que le feu de l'amour de Dieu couve sous les cendres de nos vies. Le carême nous permet de laisser ce feu animer et réchauffer notre vie. C'est aussi l'occasion pour laisser monter ce cri de Paul: "Nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu." Dieu nous a fait la grâce d'être ses enfants bien aimés; il a remis entre nos mains la mission de le faire connaitre dans le monde. Ne laissons pas le conformisme, la routine,  les coutumes endormir la grâce du Seigneur en nous.

"Nous sommes les ambassadeurs du Christ" nous dit encore notre pasteur Paul. Un ambassadeur n'est pas un vendeur de camelote ou un colorteur de rêve, mais un témoin qui laisse passer le Christ. Un ambassadeur transmet le projet de celui qui l'a envoyé. Si nous présentons le projet de Dieu, il est important de le bien découvrir. "Baptisés en Jésus, nous vivons de sa vie"   chantons-nous parfois. Notre carême est ce temps pour découvrir mieux encore ce que signifie être baptisé en Jésus. Notre jeûne sera davantage un jeûne de nos idées, nos coutumes, nos traditions pour nous laisser prendre par la force de l'amour de l'Évangile. Il sera un temps pour mieux écouter nos frères et soeurs dans leur recherche d'une spiritualité qui les nourrit. Un temps pour aller dans la Galilée de nos vies et de nos  communautés paroissiales pour écouter et découvrir l'action de l'Esprit au cour du monde. Ce carême sera un temps pour aller dans nos Galilées découvrir et accompagner ces pousses neuves d'Évangile qui seront l'Église de demain.

Notre temps de carême devrait être moins un temps de chasse aux péchés qu'un temps de découverte et d'éclatement de la grâce de l'amour de Dieu déposé en nous. Pâques sera alors moins un soulagement de sortir des pénitences qu'une apothéose de la résurrection du Christ.  Nous partons à la découverte de notre baptême dans ses trois dimensions comme nous le présente l'Évangile du mercredi des cendres et celui du 1er dimanche du carême. Bon carême ensemble comme ambassadeurs du ressuscité.

jeudi, 23 février 2017 15:10

Silence ....

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Silence, la plus belle des paroles de Marie-Thérèse Nadeau, chez Médiaspaul, 2017. Ce tout dernier livre de Mme Nadeau c.n.d. nous parle du silence, les valeurs du silence pour l'être humain et au plan spirituel, les difficultés du silence, le silence qui n'est pas simplement absence de bruit. Quelques pages m'ont fait réfléchir. L'auteure nous parle d'entendre et d'écouter. Il ne faut surtout pas assimiler les deux mots.

Entendre réfère à l'oreille: on entend des bruits, des paroles; Écouter réfère au coeur, à l'intérieur, on entend un message. On peut entendre sans écouter et nous pouvons écouter sans entendre. deux textes de Luc m'ont invités à la méditation: L'annonce faite à Zacharie et à Marie.

Zacharie dans son office religieux a entendu l'annonce de Dieu mais ne l'a pas écoutée, n'y a pas crue et il est devenu muet, c'est à dire qu'il est devenu étranger à ce qui se passait et sa parole ne pouvait plus transmettre le message nouveau qui se présentait. Marie au contraire a écouté avec les oreilles du coeur et aussitôt elle s'envole vers Élisabeth transmettre la nouveauté qui se présente. Lc 1, 5 ss, 20 ss.

Ces textes viennent me questionner: Suis-je comme Zacharie ou comme Marie. J'entendais dernièrement une vieille dame me dire: Moi, j'écoute la messe à la télévision et au moment de l'homélie, je ferme le son. Qu'est-ce qu'elle voulait me dire? Je me souviens d'une visite à une famille lors de la visite paroissiale qui me questionne encore. La dame à mon entrée me désigne un fauteuil, elle s'assoit devant moi et commence avec colère à me parler des prêtres, de l'église, des Évêques, des sacrements, tout y passe. Je ne savais pas comment réagir. Au but d'une bonne demi-heure, je devais partir. Je me lève, lui donne la main en lui disant: Vous avez certes souffert beaucoup de l'Église pour avoir autant de colère et d'agressivité dans le coeur. Le couple m'a regardé avec un peu d'étonnement et l'homme me dit: Monsieur, revenez donc nous voir, on aimerait cela parler avec vous. Aujourd'hui je comprends que sans le savoir j'avais écouté.

Chaque jour, la télévision nous apporte des scènes où l'écoute est absente. Nous entendons beaucoup de bruit et de mots, mais nous oublions d'écouter et ainsi grandit la colère, l'agressivité, les agressions de toutes sortes. Quand je vois nos églises vident et l'indifférene s'instaler rapidement dans la vie des chrétiens, je me pose la question: Savons-nous écouter? ou si nous ne faisons qu'entendre? Qu'est-ce que cette absence massive des chrétiens, qu'est-ce que leur indifférence vient me dire? "Le silence est la plus belle des paroles."

Nous vivons dans un monde de systèmes: politique, économique, de la santé, de l'éducation et même religieux. Un système n'a pas souvent les oreilles du coeur. Dieu ne se fait pas entendre dans le bruit, les lois, mais dans la liberté du coeur silencieux. A la lumière de l'Évangile nous pourrions faire surgir ce trésor en étant davantage des Marie que des Zacharie. O Vierge de l'écoute, apprends-moi ton silence.

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