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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

jeudi, 15 mars 2018 14:34

Un lièvre en panne d'essence.

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Nous avions chez nous dans la forêt un petit lièvre qui chaque jour se balladait dans le bois. Il passait par les mêmes chemins et vivait heureux. Un jour, une tornade passe, les arbres tombent, les chemins du lièvre sont bouchés. Alors notre jeune lièvre se désole et allongé près d'un arbre tombé, il pleure. Arrive un vieux hibou à la tête blance qui lui dit:" Mon jeune, ne te désole pas ainsi, la terre est encore là, la forêt aussi, fais-toi d'autres chemins. Tu découvriras des choses nouvelles et étonnantes."  Reprenant son courage, notre lièvre se relève et commence une randonnée. Sortant des ornières, il découvre des fleurs qu'ils ne connaissaient pas, des couchers de soleil splendides. Il découvre un univers nouveau et va d'émerceillement en émerveillement.

En suivant mon petit lièvre, je me disais: C'est un peu cela que j'ai vécu comme prêtre depuis 50 ans. Après la révolution tranquille au Québec et le Concile Vatican 11, Les chemins traditionnels de la vie chrétienne en Église se sont trouvés bouleversés. Les gens n'étaient plus sur la même route que moi ou moi, je n'étais plus sur leur route. J'avais l'impression d'être à la gare, le train de la vie passait et je restais là à le regarder passer avec ma grosse valise d'expérence et de projets en pastorale. J'aurais aimé que le train de la vie rentre dans ma valise, il était trop gros; et moi, je ne me sentais pas prêt à monter dans ce train. Je me sentais isolé du monde.  Alors il m'a fallu trouver d'autres chemins, sortir de mes sentiers battus pour marcher sur la même route que mes frères et soeurs dans la foi et ensemble découvrir l'action de l'Esprit dans ce monde nouveau. 

Les gens m'ont fait mieux comprendre l'appel de Jésus: Allons sur l'autre rive. C'est là qu'avanceau large.com est né. Je devais prendre la route où je pouvais cheminer avec l'âge qui ne cessait pas d'avancer. Et comme le peitit lièvre j'ai découvert de belles fleurs près du quai de chez nous, des fruits nourrissants au Centre d'Action Bénévole, des coeurs aimants à la Maison Louise Amélie ... Les fleurs et les fruits étaient  là à portée de main, soutenus par l'Esprit Saint. Avec le petit lièvre, J'ai dit MERCI. Les chemins du Seigneur ne sont pas nos chemins. J'ai retrouvé mon Église égrenant le chapelet de la vie au service des gens d'ici. J'ai rigolé quand le Pape François a parlé de l'Église en sortie ou de l'Église hôpital de campagne.  Je te bénis, Seigneur, pour ces routes nouvelles où tu m'invites à avancer avec ton Esprit d'audace et de nouveauté.

 

samedi, 10 mars 2018 15:06

Un souvenir.

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En sirotant mon café ce matin, un souvenir qui m'a fait réfléchir m'est venu à l'esprit. A la fin de mes études en 1969, j'avais eu des cours de théologiens du concile, les Pères Chenu, Gy, Jounel,  qui nous parlaient de l'Église Épiscopale au lieu de l'Église diocésaine. J'aimais beaucoup cette apellation. De retour en Gaspésie, encouragé par Mgr Ouellet notre évêque, j'utilisais l'Église Épiscopale au lieu de l'Église diocésaine.

L'Église diocésaine fait référence à un territoire qu'il faut administrer comme la paroisse. Elle devient vite un lieu de services du religieux: service liturgique, pastoral et administratif avec le bureau de la Fabrique. Et comme prêtre, nous étions facilement des adminsitrateurs, l'homme de la liturgie et des sacrements.

L'Église épiscopale vient de "épiscope", pasteur au coeur de l'Église et fait référence à un rassemblement de communion, fraterntié autour de Jésus Christ. Il ne s'agit pas d'un territoire à administrer mais d'une communauté à animer et acompagner.

Mais à l'Époque, j'ai été vite taxé de ne plus être catholique  mais devenu épiscopalien parce que l'Église épiscopalienne existe. Alors nous avons décidé de revenir au diocèse pour éviter les frictions.

Ce matin, regardant le vécu de ces 50 dernières années, je me pose une question. Nos églises se sont vidées, nos paroisses sont des lieux de services religieux, nous fermons des fabriques et faisons disparaitre des paroisses en plaçant l'accent sur la communauté. On dit que l'avenir de l'Église sera dans les petites communautés. Nous revenons à l'Église lieu de communion, rassemblé autour du Christ, lieu de fraternité, nous passons du territoire à la communauté. Le rôle du prêtre sera davantage de faire découvrir le Christ agissant dans le milieu et de rassembler dans la communion.

Je notais aussi que lors de mon départ de Ste-Anne, il y avait trois services communautaires sur le territoire et la pratique sacramentelle était encore forte. Quinze ans plus tard, les églises sont presque vides et il y a 16 services communautaires dans le milieu qui travaillent au mieux être de la vie des gens. Je vois là l'oeuvre de l'Esprit. Les chrétiens sont passés du lieu  de services religieux au lieu du service de la vie. Ne serait-ce pas ce qu'on appelle "lire les signes des temps?" La difficulté pour nous prêtres est de vivre le même passage. Laissons aller l'Esprit.

samedi, 10 mars 2018 15:06

Un souvenir.

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En sirotant mon café ce matin, un souvenir qui m'a fait réfléchir m'est venu à l'esprit. A la fin de mes études en 1969, j'avais eu des cours de théologiens du concile, les Pères Chenu, Gy, Jounel,  qui nous parlais de l'Église Épiscopale au lieu de l'Église diocésaine. J'aimais beaucoup cette apellation. De retour en Gaspésie, encouragé par Mgr Ouellet notre évêque, j'utilisais l'Église Épiscopale au liu de l'Église diocésaine.

L'Église diocésaine fait référence à un territoire qu'il faut administrer comme la paroisse. Elle devient vite un lieu de services du religieux: service liturgique, pastoral et administratif avec le bureau de la Fabrique. Et comme prêtre, nous étions facilement des adminsitrateurs, l'homme de la liturgie et des sacrements.

L'Église épiscopale vient de "épiscope", pasteur au coeur de l'Église et fait référence à un rassemblement de communion, fraterntié autour de Jésus Christ. Il ne s'agit pas d'un territoire à administrer mais d'une communauté à animer et acompagner.

Mais à l'Époque, j'ai été vite taxé de ne plus être catholique  mais devenu épiscopalien parce que l'Église épiscopalienne existe. Alors nous avons décidé de revenir au diocèse pour éviter les frictions.

Ce matin, regardant le vécu de ces 50 dernières années, je me pose une question. Nos églises se sont vidées, nos paroisses sont des lieux de services religieux, nous fermons des fabriques et faisons disparaitre des paroisses en plaçant l'accent sur la communauté. On dit que l'avenir de l'Église sera dans les petites communautés. Nous revenons à l'Église lieu de communion, rassemblé autour du Christ, lieu de fraternité, nous passons du territoire à la communauté. Le rôle du prêtre sera davantage de faire découvrir le Christ agissant dans le milieu et de rassembler dans la communion.

Je notais aussi que lors de mon départ de Ste-Anne, il y avait trois services communautaires sur le territoire et la pratique sacramentelle était encore forte. Quinze ans plus tard, les églises sont presque vides et il y a 16 services communautaires dans le milieu qui travaillent au mieux être de la vie des gens. Je vois là l'oeuvre de l'Esprit. Les chrétiens sont passés du lieu  de services religieux au lieu du service de la vie. Ne serait-ce pas ce qu'on appelle "lire les signes des temps?" La difficulté pour nous prêtres est de vivre le même passage. Laissons aller l'Esprit.

vendredi, 09 mars 2018 15:16

Écoute ...

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Écoute Israël fut le premier commandement donné par Dieu au peuple, Dt 6, 5. Ce premier commandement est repris par Jésus Christ. Nous l'avons en Marc 12, 28-34. Écouter le Seigneur qui nous parle chaque jour dans nos vies. Qu'est-ce à dire?

Le Seigneur nous parle intérieurement à chacun et chaucne. "Je parlerai à son coeur, Je la fiancerai à moi dans la tendresse, l'amour et la fidélité." Osée. 2, 16 et 19-20. La loi de Dieu est inscrite au fond de notre coeur, écouter Dieu c'est laisser monter cette loi du dedans qui éclaire notre agir.

Écouter le Seigneur, c'est aussi écouter la voix du peuple de Dieu autour de nous. Le Pape François nous invite à être des contemplatifs du peuple parce que Dieu parle encore par son peuple. Le peuple dira ce dont il a besoin, il dira ses faims et soifs et nous pourrons lui donner la bonne nourriture. Une qualité essentielle du pasteur est l'écoute. La pastorale de l'oreille du coeur. Autrement nous risquons de donner notre nourriture et que le peuple chrétien reste sur sa faim et demeure indifférent. C'est ce que j'entends autour de moi: les gens ne croient plus, ne veulent plus rien savoir de s'engager. Avons-nous d'abord écouté leurs besoins ou leur faim.  Écoutons la voix du peuple et notre tournant missionnaire aura une base plus solide. Avant de jeter la semence, le cultivateur prépare la terre et lui donne l'engrais dont elle a besoin pour produire. Écoutons le peuple pour ne pas risquer de rester à l'époque de chrétienté et vouloir ramener les gens à l'église. Écoutons les gens de la Gaspésie, le peuple a faim et soif. Si nous aimons le peuple chrétien, nous lui donnerons sa nouriture et non la nôtre. Écoute Israël. C'est ce que m'inspire l'Évangile de ce matin.

Le document de l'Assmblée des Évêques du Québec publié en 2016 affirme à la suite du Pape François:

"Si l'on veut, dans une démarche synodale, conduire une révision missionnaire des pratiques et des structures ecclésiales, il sera important d'écouter les jeunes. Cela signifie que nous aurons souvent à écouter des gens qui se trouvent au-delà de nos cercles habituels." Le Pape avait écrit: "Les jeunes, nous appellent à réveiller et à faire grandir l'espérance, parce qu'ils portent en eux les nouvelles tendances de l'humanité et nous ouvrent à l'avenir, de sorte que nous ne restions pas ancrés dans la nostalgie des structures et des habitudes qui ne sont guère porteuses de vie dans le monde actuel." (EG 108).

Écouter est ce que j'ai essayé de faire chaque fois que je changeais de paroisse dans mon travail. Il y avait là une vie différente que je devais écouter. Je n'étais pas toujours habile à le faire, mais au moins j'essayais. Et quand je ne l'ai pas bien fait, j'ai rencontré l'indifférence. Un vieux missionnaire disait un jour à un jeune prêtre: "Quand vous entrez dans une nouvelle culture, enlevez vos souliers, car vous entrez dans un lieu sacré. Le Seigneur est déjà présent dans cette culture particulière. Vous n'apportez pas le Seigneur à cette culture. Le Seigneur vous précède en elle." voila ce que veut dire Écouter pour découvrir l'action de l'Esprit dans le monde d'aujourd'hui..

 

mercredi, 07 mars 2018 14:39

Écoute la mer.

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"Écoute la mer et va plus loin" dit le chant de l'alpec. Autrefois chez nous, il y avait des maisons du côté notrd de la route près du fleuve. Chaque jour la mer est venu flatter le rivage, faire reculer la berge et aujourd'hui les maisons  sont disparues. La mer a pris la place. Plus loin, les hommes ont érigé un mur de béton pour empêcher la mer d'avancer.

Ce qui fait la force de la mer, c'est la PATIENCE,  écrit un sage. Le tsunami, la rage de la puissance détruit. La force de la patience bâtit. Je pensais à l'Esprit Saint. Chaque jour l'Esprit revient dans ma vie, dans notre vie, patiner le rivage et avec patience se faire de plus en plus de place dans nos vies. Ce qui fait la force de l'Esprit, c'est la patience. Doucement, l'Esprit érode  mes caprices, mes défauts, mes doutes pour se faire un peu plus de place dans ma vie, me faire découvrir l'Éternel en moi. Le danger est d'ériger un mur de béton pour enrayer l'avancée de l'Esprit.  Le mur des mes peurs, de mes préjugés, de mes insécurités, de mes routines, de mes lois, etc ...

C'est vrai aussi pour la vie en Église. Chaque jour l'Esprit vient flatter la berge de l'Église pour éroder les obstacles à l'avancée de la foi, de la mise en route des ministères des baptisés et batisées. La force de l'Esprit est la patience. Le danger est d'ériger un mur de béton pour enrayer les avancées de l'Esprit et ainsi obliger l'Esprit à se frayer un autre chemin. La force d'un pasteur dans une communauté est la patience et l'écoute. Écoute la mer et va plus loin. Écoute l'Esprit en toi et va plus loin. Écoute l'Esprit dans l'autre près de toi et va plus loin.

Écoutons autour de nous et prenons conscience que l'Esprit est là en action dans nos commuanutés chrétiennes. Nous érigeons trop souvent nos murs de béton que sont nos lois, nos traditions, nos coutumes, nos doctrines; la force de l'Esprit est sa patience. L'Esprit travaille au coeur de nos communautés avec tous ces bénévoles qui oeuvrent auprès des gens en difficultés pour améliorer leur qualité de vie. Écoute et va plus loin. Il sait où il nous conduit et si ce n'est pas avec nous, ce sera sans nous. Le tournant missionnaire, l'Église en sortie que nous demande notre Pasteur François exigera ce temps d'écoute et de patience avec l'Esprit du Seigneur. UN grand maitre de vie et de spiritualité est la nature. Et la force de la nature est la patience.

lundi, 05 mars 2018 15:23

Se laisser questionner.

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"Au temps du prophète Élie, il y avait beaucoup de veuves en Israël et pourtant le prophète fut envoyé chez une veuve étrangère. (...) Au temps du  prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël, mais ce fut Naaman qui fut guérit, un étranger."  Lc 4, 24-30.

Les juifs étaient certes mécontents de voir Jésus se tourner ainsi vers les étrangers, eux le peuple élu. Ça m'a fait penser au frère ainé de la parabole qui état resté à la maison et se croyait avoir tous les droits. Ça m'a fait penser à tous nos bons chrétiens à la messe qui trop souvent jugent les gens selon la pratique sacramentelle. Le Pape François nous invite à devenir contemplatifs du monde et de la Parole. Contemplatif du monde pour en connaitre les besoins, les faims et contemplatifs de la Parole pour avoir la bonne nourriture à donner.

Ce pourrait être un bon jeûne du carême, de jeûner de nos critères d'évaluation de bons chrétines pour contempler le monde pour en découvrir les beautés et les richesses. Contempler le monde pour les aider à guérir leurs blessures afin parvenir à des relations plus humaines et donc plus chrétiennes, plus  évangéliques. Des relations qui ne jugent pas mais accompagent et font grandir.

Dans l'Évangile, ce sont des étranger qui furent guérit. Aujourd'hui si je regarde autour de moi, si j'en juge d'après les critères que l'on m'a enseignés, ce sont des étrangers qui font vivre l'Église sur le terrain, qui animent les oeuvres caritatives dans nos communautés. Hier je participais à un déjeuner communautaire organisé dans ma paroisse et tous ceux qui animaient étaient des étrangers. Ils donnaient du temps pour rassembler les gens, créer des liens de fraternité. Ils étaient comme le Bon Pasteur au milieu de ses brebis. Il y avait là des familles entières, des petits enfants que j'avais baptisés que les parents me présentaient avec chaleur. Je vivais un beau  moment d'Église. Est-ce que ces gens savaient qu'ils faisaient Église? Je ne crois pas. Dans l'Évangile de Mathieu, les gens ne savaient pas aussi qu'ils faisaient Église. Et pourtant Jésus leur a dit: ce que vous avez fait à l'un de ces petits d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait, il aurait pu ajouter: même si vous ne le saviez pas.  Je souhaite donc que notre temps de carême fasse de nous des contemplatifs qui nous permette de voir l'action de l'Esprit, l'action de l'Éternel au coeur de notre monde et que nous arrêtions de juger le monde d'après la pratique sacramentelle. Je bénis ce temps de carême qui nous conduit plus loin.

J'entends mes vieux amis du dimanche me dire: Alors, Jos, ça ne vaut plus la peine d'aller à la messe. Restons chez nous. Mais non, cette situation nous invite à redécouvrir l'Eucharistie. L'Eucharistie est une vie. Ma vie, votre vie est eucharistisque comme celle de Jésus Christ. Cette vie eucharistique je la célèbre en communauté dans le mystère pascal du Christ. Au jugement, le Seigneur ne me demandera pas si je suis allé à la messe, mais si j'ai vécu la messe au quotidien; c'est ma foi. Le lavement des pieds le Jeudi Saint devra nous permettre de mieux comprendre la finalité de l'Eucharistie. C'est mon espérance.

 

mercredi, 28 février 2018 15:24

La passion de Jésus.

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Le second Moïse sur la montagne va indiquer clairement sa passion, ce qui le fait vivre. Il donne au monde le contenu de la loi nouvelle. Moïse avait écrit la loi sur des tables de pierre et cette loi était des façons de faire: tu ne tueras, tu ne   ... tu feras ... c'était des commandement. Les hommes étaient là dans leur connaissance de Dieu. Avec les prophètes, ils découvriront la loi inscrite au fond de leur coeur; une loi non plus écrite sur des tables de pierre mais sur des coeur de chair. Avec Osée, ils découvriront un Dieu qui parle au coeur et fiance l'humanité avec lui. "Je la conduirai au désert et parlerai à son coeur, je la fiancerai à moi dans la fidélité ..."

Avec Mathieu sur la montagne, Jésus nous présente la loi conduite à sa perfection. Elle est intérieure à l'homme, elle devient une motivation qui fait agir. Heureux êtes-vous si vous allez sur le chemin de la paix, de la miséricorde,  de la justice, de l'amour, et comme conséquence de votre décision vous connaitrez la joie du fils ou fille de Dieu, vous vivrez  au royaume du Père, etc ... La passion de Jésus fut d'instaurer le royaume du Père, c'est ce qui l'a fait vivre et l'a conduit au Calvaire.

Le disciple du Christ doit aussi être animé de la même passion du royaume. Emprunter le chemin de la paix, du respect des autres, de la charité, de la miséricorde. Mais l'être humain est un être en croissance, c'est chaque jour que nous devons reprendre la route et continuer d'avancer. Le chrétien est un nomade sur la route de la vie qui expérimente chaque jour la beauté de son être. Chaque jour nous devons découvrir le divin en nous, que nous sommes fait à l'image de Dieu.

J'écoute souvent à la télé des gens parler de leur travail, de leur engagement, de leur passion et ça nous donne goût de se lever et de partir à leur suite.  Être chrétien, être enfant de Dieu doit aussi être une passion qui nous habite et donne le goût d'avancer et entraine avec nous. Notre carême devrait être ce moment de notre année où l'on découvre et laisse monter en nous cette passion qui rassemble, fait grandir et donne le goût de la vie. Sommes-nous vraiment rendus au Nouveau Testament?

vendredi, 23 février 2018 14:37

Le carême, qu'ossa donne?

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Le carême, qu'ossa donne? C'est la question que j'entends souvent et que je me pose parfois. Hier soir j'écoutais Xavir Dolan nous parler de son travail et même des oppositions qu'il rencontre et disait, je le fais parce que j'aime ça, je le fais par goût. J'entendais cette phrase de Jésus: "Vous êtes le sel de la terre." Mth 5, 13. Être le sel, c'est peut être un mot que l'on oublie trop souvent.

Le sel donne du goût à la nourriture et fait ressortir la saveur de chaque aliment. L'Évangile, la vie de foi doivent être aussi ce qui donne du goût et de la saveur à ma vie quotidienne. L'amour et la charité, l'accueil des autres donne de la saveur à leur vie. Ma rencontre avec mes frères et soeurs en Jésus Christ doit faire ressoritr la saveur de leur vie. Ma rencontre me permet de découvrir les valeurs des autres et de donner de la saveur à nos vies.

En ce temps de carême, je suis invité à aller au désert découvrir le sel de l'Évangile jeté dans ma vie, découvrir le goût de la rencontre de l'autre et de l'Autre. Un temps pour donner du goût à notre vie. Quand je vois tant de bénévoles autour de moi qui chaque jour essaient de donner du goût à la vie des pauvres, des malades, des mal gommés de la société, ça me donne le goût de l'action de grâce. Je suis convaincu que ces personnes qui le font depuis plusieurs années le font avec goût et par amour. Ils nous imspirent et nous donnent le goût d'avancer.

Notre carême se résume trop aujourd'hui, il me semble,  à des pratiques liturgiques. Dans le désert, le peuple ne faisait pas seulement des rites liturgiques. Le carême, ça donne du goût à la vie parce qu'il nous permet de retrouver les saveurs de notre vie de foi et d'amour. Comme chrétiens, nous sommes devenus passifs   pour ne pas dire amorphes.  En écoutant Xavier hier soir, j'avais le goût de me lever et d'agir, il était dynamique et emballant. Ai-je le même goût quand je sors de la messe le dimanche? Le vieux prêtre que je suis est fortement questionné. Nous devrions écouter davantage ces jeunes qui nous lancent le goût de la vie avec enthousiasme.

 

samedi, 17 février 2018 13:34

J'ai eu peur.

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"J'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché." Gen. 3, 10. Ce cri du premier homme retenti encore dans notre monde. Hérode eut peur de Jésus et fit mourrir plusieurs jeunes innocents, Hitler eut peur des juifs et en massacra un grand nombre, l'Église eut peur des gens qui ne pensaient pas comme elle et inventa les croisades et l'inquisition. La peur mène le monde encore aujourd'hui.

De qui ou de quoi avons-nous peur? Nous avons peur de perdre le pouvoir. Ceux qui sont en haut ont peur des pauvres, des gens qui questionnent, ils ont peur de perdre du pouvoir. Les riches ont peur des pauvres qu'ils gardent dans la pauvreté pour les contrôler. Nous avons peur de passer du pouvoir à l'autorité. Nous qui sommes en haut nous savons ce que les gens d'en bas ont besoin.

Nous avons peur des différences. Les premiers habitants au lieu de créer des relations fraternelles à partir des richesses de leurs différences se sont fait des pagnes, ils ont érigé des murs pour s'isoler et se garder dans leur différence. Il nous est difficile de voir les différences  comme une richesse au lieu d'une opposition. les pauvres sont souvent parqués dans des logements un peu à l'écart parce qu'ils dérangent. J'ai parfois évité des personnes par peur de leur différence et d'être contesté. Nous sommes tous envahis par la peur des différences et nous excluons au lieu d'inclure. Nous sommes en année d'élection où la peur de ne pas être réélu fera dire de belles insanités.

Le jeune qui a tué  des étudiants aux États Unis était un exclus, un blessé de la vie qui l'a conduit à poser un geste criminel. Nous pouvons pleurer avec les familles, nous pouvons nous demander aussi si nous ne sommes pas un peu responsables, comme société et comme Église, à cause  de la peur qui a empêché de prendre acte des signes donnés par ce jeune homme?

Nos églises sont vides, nous sommes questionnés par cet appel silencieux des chrétiens, beaucoup de célébrations funéraires se font dans les salons, je reste fermé devant mes rites et formes de célébrations sans écouter le cri de  mes frères et soeurs. De quoi ai-je peur?  Le cri des mes frères est une richesse pour la vie de mon Église.

La Pape François nous invite à identifier nos peurs et à les guérir dans l'appel au tournant missionnaire. Nous avons besoin d'écouter la voix du pauvre, de l'exclus, du non pratiquant,  leur voix est une rchesse pour notre vie ecclésiale. Le missionnaire n'est pas là pour évangéliser, mais pour servir nous dit le Pape François.

Seigneur, je bénis cette journée qui commence parce qu'elle est pleine de vie,  qu'elle est remplie de ton amour; fais qu'aujourd'hui nous soyons sur la route du monde là où nous sommes plantés la personne que tu veux que nous soyons en toute liberté et confiance.

Jean Vanier a de très belles pages sur ce sujet dans:Accueillir notre humanité.

La vie prit naissance et évolua jusqu'à l'arrivée de l'être humain.   À l'Éden les gens furent placés devant des choix, des décisions qui devaient les faire grandir. C'était un temps de croissance. Au désert, Jésus fut placé devant la même situation et mit les choses à leur place. Méditons un brin ces deux événements.

A À L'Éden, Dieu défendit de manger des fruits de l'arbre de la connaissance. Il est question de repas, donc de communion et de partage. L'être humain avait à choisir: Est-il seulement un animal qui mange et dort, où un être humain avec des valeurs spirituelles. Ils devaient choisir et laisser grandir l'humain en eux. Ils mangèrent seulement.

B- A Jésus on demande de changer les pierres en pain. Il est question de manger, de repas. Jésus dira: L'homme ne vitpas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. L'homme n'est pas seulement un animal, il a une valeur spirituelle, valeurs de partage, de communication et de communiom. Jésus laisse émerger l'humain.

Cette première tentatin avait pour but de faire advenir l'humain.

C- Quand les premiers habitants prirent conscience de leur différence, ils se firent des pagnes. Il se protégèrent. Ils furent incapables de dépasser leurs différences pour établir des relations de fraternité. C'est ainsi que le corps est  devenu objet de désir et de possession et non de communion.

D- A Jéus on propose le pouvoir. Jésus répond: "Le Seigneur ton Dieu est le seul à qui tu rendras un culte." Dans le royaume de Dieu, il n'y a pas de pouvoir. Jésus est venu instaurer une vie de fraternité. Je suis venu pour servir et non pour être servi.

Cette tentation veut abolir le pouvoir pour établir des relations de fraternité.

E- A l'Éden, Adam se cache en entendant le pas de Dieu. Il a peur. Il n'a pas découvert Dieu comme un Père mais comme quelqu'un qui vient demander des comptes.

F- A Jésus on propose de se jeter en bas du temple pour tester si vraiment il est Fils de Dieu. Jésus agira comme un Fils de Dieu. Là où Adam s'est caché, Jésus se révèle fils de Dieu.

Cette tentation avait pour but de nous faire reconnaitre comme enfant d'un Père et qui reçoit la vie comme un don.

Ces tentations sont encore bien réelles aujourd'hui où l'argent et les lois trop souvent briment les personnes, où les relations de fraternité sont de plus en plus difficiles, c'est le pouvoir qui prend la place, et où les chrétiens ne se découvrent pas enfant d'un Père. Est-ce que notre carême pourra faire une petite place à ces réalités de la vie.

Notons les endroits où se passent les tentations: Désert, Montagne, Temple. Trois lieux de la rencontre du Seigneur.  Ces choix sont possible avec la présence et la motion de l'Esprit. Bon carême.

Inspirer de André Fossion: Une nouvelle fois.

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