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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

jeudi, 29 novembre 2018 14:35

"Le vrai drame".

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Ubaldo Montisci écrivait en 2006 que le vrai drame de l'Église n'est pas que les chrétiens ont délaissé la pratique de la messe du dimanche, mais le vrai drame est que cette pratique sacramentelle n'ait pas transformé la vie de ceux et celles qui pratiquent. Lorsque nous avons fermé la maisn des retraites fermées dans notre diocèse, le Père provincial de la communauté disait aux gens: Si ce que nous avons donné ici était aussi bon qu'on le dit, nous ne fermerions pas la maison. Ce matin ces textes remontent dans ma mémoire et viennent me questionner.

Ceci me conduit à penser au tournant missionnaire et à la volonté d'évangélisation qui se manifeste dans notre Église du Québec. Je présidais l'Eucharistie hier dans une Église où il y avait trois personnes présentes et âgées d'au dela-là de 80 ans.  Ces gens avaient "payé" la messe pour leurs défunts et y "assistaient". Nous sommes confrontés à une absence à l'intérieur même des présences à l'église. Ces gens prient mais ne font pas communauté, ne font pas Eucharistie. Il est extrêment difficile de présider une célébration dans de telles conditions. Avec ces personnes âgées, nous ne pouvons pas facilement modifier le déroulement sans créer des réactions négatives.

Moi-même j'ai besoin de m'évangéliser, j'ai besoin de connaitre l'Eucharistie avec d'autres mots que le rituel, j'ai besoin de savoir ce qu'est l'Église de Jésus Christ, et les vieux à l'église ont besoin de le savoir aussi. N'aurions-nous pas besoin d'un petit lieu d'évangélisation où les prêtres, les religieuses et les vieux chrétiens pourraient rafraichir leur notion de l'Église et de l'Eucharistie et aussi de l'Évangile. Mon expérience me dit que si nous ne faisons pas cette première démarche, nous risquons une désertion complète ou nous risquons l'apparition d'une Église parallèle comme au temps de Jésus. Peut être que -comme l'écrivait un théologien- que notre Église comme un frigidaire s'est refroidie pas en dedans.

L'Eucharistie du dimanche fait l'Église communauté. Il ne peut y avoir de communauté sans rassemblement. Alors cette célébration ne devrait-elle pas être l'expression  de la foi et de la mission d'un peuple. Le vrai drame est que ces célébrations pensées dans des laboratoires ne nourrissent pas la vie spirituelle du peuple. Je laisse à l'esprit le soin de nous conduire plus loin.

jeudi, 22 novembre 2018 15:03

Emmaüs 2018.

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Ma méditaiton de ce matin autour d'un bon café m'a conduit sur la route d'Emmaüs. Deux hommes faisaient route vers Emmaüs et se plaignaient un peu découragés. Leur Sauveur était mort. Leurs espoirs étaient perdus. Lc 24, 13. Depuis la Révolution tranqille au Québec, nous sommes comme eux sur la route d'Emmaüs. Découragés nous nous disons    ; Rien ne va plus. Plus de pratiquants, plus de prêtres, nos églises se vident et nous devons les venfre ou les donner, les funérailles se font de plus en plus au salon funéraire, les gens sont ou bien allergiques à la relaigion ou infifférents. Rien ne va plus.

"Quelques femmes se sont rendus au tombeau, mais n'ont pas tourvé son corps et même nous ont rapporté que des anges leur avaient révélé qu'il était vivant. (...) Mais ils ne l'ont pas vu." Lc 24, 22. Depuis longtemps, Jésus s'est présenté sous le visage de femmes et d'hommes pour tenter d'expliquer que nous vivons une période de purification et de renouveau. Un temps pour revoir nos pratiques et nos coutumes, nos façons de faire et de revenir à l'essentiel. Et même à partir de la Bible, ils ont essayé de faire comprendre que l'histoire se répète et que ces changements sont nécessaires pour retrouver l'essentiel de l'Évangile. On nous parlé du renouveau des ministères,  de revoir les ministères du baptême afin de resituer le ministère presbytéral à l'intérieur de ces ministères et de retrouver une Église toute entière ministérielle. Mais ceci n'a pas amener plus de monde à l'église. Rien ne va plus. Certaines femmes nous ont parlé d'activités intéressantes vécues avec des familles et des enfants, d'autres nous parlent des groupes de partage d'Évangile, mais nos églises ont continué de se vider. On nous parle d'évangélisation et de tournant missionnaire, mais nous ne savons pas exactement de quoi il s'agit. Rien ne va plus.

Or, quand ils furent à table, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction et le leur donna. Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent. (...) À l'instant même, ils retournèrent à Jérusalem." Lc 24, 30. Ils l'avaient reconnu et Il les avait retournés à la mission. Peut être qu'aujourd'hui nous arrivons à l'auberge d'Emmaüs où si nous prenons le temps de nous arrêter pour l'écouter et partager, il nous arrivera de le renonnaitre dans les changements que nous vivons. Peut être que nous réaliserons que comme les disciples d'Emmaüs nous avons tourné le dos à la mission du Christ. Il nous avait demandé de faire des disciples et de les baptiser. N'avons-nous pas oublier de faire des disciples et avons fait des catholiques et des pratiquants. Il me semble que nous sommes invités à prendre notre place à la table du Seigneur pour redécouvrir sa mission aujourd'hui. Prenons notre place à la table du Seigneur pour l'écouter, il nous parle à travers les hommes, les femmes et les enfants d'aujourd'hui. Les disciples d'Emmaüs ont laissé leur rêve de libération pour entrer dans le projet du Seigneur. Nous avons érigé un système religieux, il est peut être temps de faire du ménage pour redécouvrir l'Essentiel.

La question qui m'apparait vitale pour aujourd'hui: Comment répondre aux besoins spirituels des gens d'aujourd'hui? Il nous faut d'abord les écouter pour le connaitre,  cheminer avec eux sur la même route, établir un climat de confiance et de dialogue pour passer à la découverte du Christ au coeur de notre vie. Notre route d'Emmaüs sera longue et sans doute difficile mais elle s'ouvre devant nous comme un large chemin d'espérance.

jeudi, 15 novembre 2018 16:01

Sur la route.

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Jésus a été souvent sur la route et nous sommes invités à sa suite. L'Église de Jésus Christ est née sur la route et son avenir repartira sur la route, c'est ma conviction. La route du pauvre, du travailleur, de l'homme de la rue, comme celle du théologien, c'est la route de Jésus Christ. La renouveau de notre Église se fera sur la route à côté de l'être humain dans son devenir.

Sur cette route, qui vais-je rencontrer? Il faut se dire que lors de la Révolution tranquille au Québec le peuple a  largué la religion catholique. Ce fut une révolution religieuse en même temps que politique. Maintenant il nous appartient de vivre l'évolution. Des intellectuels, des artistes et bien d'autres ont une expression forte pour dire leur point de vue: Nous nous sommes débarrassés de l'Église catholique. Le Québec s'est "décatholicisé."  Que nous soyons d'accord ou non avec ces points de vue, un fait reste nos églises se sont vidées, et une bonne partie de la population est allergique à la religion. L'autre partie est indifférente et devant un vide spirituel et religieux. C'est au coeur de cette communauté que nous devons prendre la route maintenant pour l'écouter, guérir des blessures et découvrir Jésus Christ.

Mon père disait souvent, si tu veux planter un clou, frappe dessus et non à côté. Il nous est indispensable de bien connaitre le monde où nous vivons, ce qu'ils ont vécu, les blessures à guérir, si nous voulons retrouver le Christ au oceur de cette vie. Sinon nous risquons de frapper à côté du clou. Nous devons prendre la route avec ces chrétiens avec un coeur de pasteur, un pasteur qui aime, accueille sans jugement; un pasteur qui écoute et qui chemine, un pasteur qui marche avec et non qui dit quoi faire, un pasteur comme dit le Pape François qui a l'odeur des brebis, qui sent le mouton. "Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent." 

Nous parlons beaucoup d'évangélisation, mais posons-nous la question:  Voulons-nous des catholiques ou des disciples du Christ, des témoins du resuscité sur le terrain au quotidien? Il est difficile pour nous de penser faire des disciples parce que nous ne savons pas ce qu'est un disciple.  Nous avons été catéchisés et sacramentalisés et nous réfléchissons toujours en fonction de ce que nous avons connu. Prendre la route avec le Christ, la route du chrétien d'aujourd'hui, c'est laisser notre route sécuritaire pour partir avec nos frères et soeurs sur la route de la Galilée qui est la route de l'amour, de l'accueil, de la naissance,  la route du prophète, etc .. avec laquelle nous ne sommes pas familliers. Le chrétien qui a quitté la pratique sacramentelle m'invite sur sa route et non sur la mienne. Le Christ m'invite sur sa route et non sutr la mienne. Suis-je moi-même évangélisé pour prendre la route avec le Christ? Comme prêtre, j'ai de gros doutes sur ma capacité d'évangélisé. Ne vaudrait-il pas mieux au départ tourner le miroir vers nous avant de le tourner vers les autres?

 

vendredi, 09 novembre 2018 20:42

L'histoire m'a dit ...

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Il y a 86 ans, des hommes quittaient leur sécurité, leur maison, leur tranquillité et avec une hache et une scie prenaient la route, un sac sur l'épaule avec un crouton de pain et du lard salé,  pour les plateaux afin de défricher un lieu de résidence. D'autres aventuriers se sont joints aux premiers et doucement la forêt a cédé la place à la vie humaine, animale. Une paroisse venait de naitre.

Un homme, Octave Caron, est sorti de son presbytère, de ses sécurités, de sa tranquillité et prit la route vers ce nouveau pays. C'était l'Église en sortie. Tantôt en automobile, tantôt en voiture à cheval, tantôt à pied, cet homme est sortie rencontrer ces familles, les écouter, les encourager et leur donner les forces sacramentelles de l'Église du temps. Une Église venait de naitre.

Cette naissance arriva parce des hommes et des femmes sont sortis dans l'inconnu, vers l'avenir qu'ils ont bâti avec leur courage et leur foi. Ils ont bâti la paroisse à partir de ce qu'il y avait là y mettant leur expérience et leur travail. Ils l'ont bâti parce qu'ils sont sortis de chez eux pour prendre la route de la vie, route de l'avenir. Une Église particulière est née parce qu'un homme est sorti à l'écoute du milieu et de la vie qui venait de naitre.

C'est une leçon pour aujourd'hui. La route est le lieu de Dieu. Jésus a passé sa vie sur la route. L'Église est née sur la route, Jésus y a instruit ses disciples au "ras des marguerites." L'Église de demain naitra si nous prenons la route pour rencontrer, écouter et marcher avec les gens, les jeunes, les familles qui sont déjà sur cette route. L'Église renaitra si nous sortons de nos sécurités, de nos structures, de nos rites pour entamer un dialogue vrai avec les gens sur la route. Elle naitra si nous sortons de notre epsace ecclésial établi à  la rencontre des gens qui nous accueillent. L'Église en sortie, l'Église missionnaire est l'Église de la route avec Jésus Christ.

L'histoire nous parle et nous ouvre des chemins si nous savons l'écouter.

mardi, 06 novembre 2018 19:10

Où allons-nous?

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Depuis plusieurs années, nous parlons d'évangélisation. Et nous en parlons encore, c'est donc dire que cela n'est pas fait. Je m'écoutais parler avec un groupe dernièrement et ma conviction est que quand nous  parlons d'évangélisation nous ne savons pas de quoi nous parlons. Et c'est sans doute pour cela que très peu de chose a été fait.  C'est pour cela qu'aujourd'hui je travaille et me renseigne le plus possible sur cette nécessité avant de mourir.

Ne serait-il pas important au point de départ, de s'asseoir ensemble pour essayer de comprendre ce que signifie ÉVANGÉLISER? Le Pape Jean-Paul 11 nous invitait à une évangélisation nouvelle dans son contenu, son ardeur, ses méthodes, son approche et son expression. Une évangélisation nouvelle parce que les besoins sont autre et nouveaux. Il me semble que si je veux évangéliser, je dois d'abord être moi même  évangéliser. Alors une autre question se pose: Est-ce que moi, je suis intéressé à me laisser évangéliser? Nous avons besoin d'évangélisateurs.

On parle beaucoup de la méthode de Jésus. Cette méthode part d'en bas, de l'être humain, de ses besoins, de ses désirs pour aller plus loin. Cette évangélisation nouvelle doit s'intéresser aux questions existentielles d'aujurd'hui. L'Évangélisation ne se fait pas d'abord dans les nuages.

L'évangélisation il me semble donne du sens à la vie.  J'entends encore trop souvent: tu n'as pas le droit de faire ceci ou cela. Quand on se situe au niveau du permis et défendu, sommes-nous encore dans l'Église de Jésus Christ? Jésus est venu donner du sens à la vie et l'évangélisation aussi.

Ma conviction est que si je ne m'évangélise pas moi même comme prêtre pour devenir évangélisateur, ma démarche est  vouée à l'échec.

Une première petite réflexion à partir de: Si l'Église, c'est nous. Denis Paquim, o.m.i.

vendredi, 02 novembre 2018 16:33

On a perdu Monsieur Jésus Christ.

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Un curé avait un jour fait disparaitre le statue du Sacré-coeur de son église. Le dimanche, il dit aux gens: "Nous avons perdu Monsieur Jésus Christ. Cette semaine il vous faudra le retrouver." Chaque dimanche au début de la célébration, il faisait la même question: "Avez-vous trouvé M. Jésus Christ?" Personne ne l'avait trouvé.

Un bon dimanche, il revient encore avec sa question: Avez-vous trouvé M. Jésus Christ? Quelqu'un se lève et dit: je l'ai trouvé. Ma mère est décédée cette semaine et les gens de l'Envolée sont venus passé deux nuits avec elle pour l'accompagner dans ses derniers moments et nous permettre de nous reposer. Hier j'ai visité la Maison Louise Amélie où on accueille et accompagne les femmes victimes de violence conjugale, il y a tant d'amour et de soutien, Jésus Christ était là. Beaucoup d'autres personnes se sont levées pour affirmer avoir trouvé M. Jésus Christ. Ils avaient perdu une statue, ils ont retrouvé Jésus Christ. Ne serait-ce pas cela évangéliser?

Inspiré du diaporamma du Père Guy Paiement. s.j.

mercredi, 31 octobre 2018 14:28

Invites sur la route ...

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Depuis un certain temps, nous sommes invités sur la route de l'évangélisation. Est-ce que moi je suis prêt à m'évangéliser ou à me laisser évangéliser. Parce que si je veux évangéliser, il me faut d'abord être moi-même évangélisé. Quand j'étais jeune, nous avions à la radio une publicité de la "soupe Cambell" qui disait: L'ancienne servie à la moderne. Faut éviter que mon évangélisaiton soit simplement de nouvelles épices dans ma vieille soupe.

Pour moi, m'évangéliser, c'est découvrir Jésus Christ ressuscité là où il est. C'est remettre Jésus ressuscité à sa place. Nous avons réduit le Christ au tabernacle et au culte et avons oublié que le premier tabernacle où le ressuscité est présent est ma vie, la vie de tout être humain. C'est là qu'il me faut le découvrir et l'adorer en premier lieu. Jean Vanier nous disait dans ses conférences: si vous ne pouvez pas vous agenouiller devant le blessé de la vie, l'alcoolique, l'infirme, la victime de la drogue, vous ne pouvez pas vous agenouiller devant le Grand Blessé. Pour moi, prêtre, homme du rite et des sacrements, j'ai besoin de m'évangéliser et de retrouver la présence du Christ dans la vie et le coeur des personnes autour de moi.

Évangéliser pour moi, c'est aussi découvrir que ma vie est eucharistique. Nous avons peut être trop enfermé L'Eucharistie dans un rite oubliant que ma vie comme celle de Jésus Christ est eucharistique. Cette vie eucharistique au quotidien, je la célèbre en communauté dans le mystère pascal du Christ. J'entends encore une mère de famille reconstituée qui me disait, le dimanche surtout, quand je me mets à table avec mes enfants et mon conjoint et ses enfants, ensemble nous faisons Église et vivons une eucharistie. Doucement les gens dépassent le rite et s'évangélisent sans le savoir. Il reste un pas à faire, découvrir que cette "Église domestique" fait partie d'une plus grande famiille, elle aussi reconstituée, qu'est la communauté chrétienne.

Une conviction: si je veux que la démarche d'évangélisation soit réussie, je dois accepter d'abord d'être moi-même  évangélisé pour devenir évangélisateur.

 

samedi, 27 octobre 2018 15:16

Le synode ...

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Se vit aujourd'hui le synode sur les jeunes, le svocaitons, etc ... Je regarde l'Évangile et je vois une petite fille choisie pour porter le Christ au monde. Dieu a fait confiance à cette jeune fille pour donner naissance à Jésus.  Son parcours catéchétique n'a pas été très long. Elle a appris sur le tas comme on dit. La leçon que j'en retire est que nous sommes invités à faire confiance aux jeunes, ils ont quelque chose à dire et à vivre comme Marie. Les vieilles Dame comme Anne et Élisabeth ont préparé la route en donnant naisance l'une à Marie et l'autre à Jean Baptiste. Nous sommes invités nous aussi les plus agés et âgées à donner naissance à ces jeunes qui vivront le présent pour bâtir l'avenir et les laisser vivre cet avenir. Le tournant missionnaire s'amorce.

 

vendredi, 26 octobre 2018 17:21

Nazareth.

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La spiritualité de Nazareth est d'une actualité incontournable dans notre démarche de "tournant missionnaire et d'Évangélisation nouvelle". J'ai déjà écrit une réflexion sur le sujt et j'y reviendrai sans doute une autre fois.  Aujourd'hui je reprends un bref extrait  du livre Le visage humain de Dieu à Nazareth  pour méditer. Il s'agit d'un parallèle ente Nazareth et Jéusalem, j'y ajoute entre parenthèse quelques réflexions prsonnelles.

(L'Église de) Nazareth est synonime de charisme et d'engagement; (L'Église de)  Jérusalem est synnime de devoir et d'obligation et de pratique.

À Nazareth, nous parlons de laïcs et d'une liturgie de la vie; à Jérusalem nous rencontrons des prêtres et des lévites.

À Nazareth, c'est une voix prophétique; à Jérusalem ce sont des liturgies, des rituels et des rubriques.

à Nazareth, la parole de Dieu est la force du prophète; à Jérusalem la structure et la loi constituent le pouvoir des prêtres et du roi.

À Nazareth, Dieu s'est incarné; à Jérusalem il est mis à mort, crucifié.

Ce sont là deux trajectoires spirituelles diférentes qui constituent un défi par rapport à notre image de Dieu et de l'Église. Elles remettent en cause notre ecclésiologie et nos liturgies. Elles questionnent notre tournant missionnaire.

Quelle fut la relation du Christ avec ces deux spiritualités?

Où se situe notre Église? et où je me situe, moi?

Suis-je disciple du Christ ou membre pratiquant d'une Église? Ou les deux?

mercredi, 24 octobre 2018 14:42

Un vieux médite ...

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En méditant ce matin au moment d'avaler ma dernière gorgée de café, un texte de Marc me rejoint. Marc 5, 21-34 nous parle de la Dame hémoroîse qui touche le vêtement de Jésus pour être guérie. Cette dame depuis plusieurs années perd son sang, elle laisse couler sa vie, s'affaiblit. Elle a consulté des médecins qui l'ont appauvrit et son état n'a fait qu'empirer. En touchant le vêtement de Jésus, elle est guérie.

Je me dis, c'est mon hisoire et celle de mon Église. Combien de fois ai-je essayé des thecniques, des méthodes ou des prières supposément miraculeuses pour guérir des habitudes mauvaises et j'ai échoué. Seule une meilleure compréhension de mon état et la foi au christ pouvaient me conduire ailleurs.

N'en  n'est-il pas (un peu) ainsi dans notre Église. Depuis la révolution au Québec où la société a changé, notre Église a perdu sa vitalité, elle a souffert de perte de "sang". Les chrétiens ont quitté les uns à la suite des autres, les églises se sont vidées, les vocations comme nous les connaissions sont disparues ou presque. Durant ce temps des médecins -clers et laïcs-  ont prescrit des médicaments pour corriger la situation et le mal  a continué de progresser. Nous avons connu différents projets pastoraux: zones pastorales, comités de toutes sortes, secteurs pastoraux, des priorités diocésaines etc ... Notre Église a continué de s'appauvrir à tous les points de vue, les vocations ne sont plus au rendez-vous. La solution est simple: toucher le vêtement de Jésus.

Toucher le vêtement de Jésus aujourd'hui: Qu'est-ce à dire? Ne serait-ce pas partir de l'être humain? Regarder qui nous sommes devenus comme société, quels sont nos désirs et nos besoins profonds, devant quel vide spirituel sommes-nous placés? Toucher le vêtement de Jésus ne serait-ce pas aussi ouvrir l'Évangile, le méditer et se laisser évangéliser? Nous ne pourrons jamais évangéliser si nous ne sommes pas d'abord nous-mêmes évangélisés. Quand je parle de nous, je pense à nous les prêtres, les vieux chrétiens du dimanche. Toucher le vêtement de Jésus ne serait-ce pas développer l'attitude de Jésus auprès des pauvres, des pécheurs, des mal gommés de la société, les gens qui ne fréquentent plus l'église mais vivent des valeurs chrétiennes profondes? Toucher le vêtement de Jésus ne serait-ce pas aussi prendre des temps d'arrêt, de silence pour écouter Jésus parler à travers la vie, les personnes et vivre des moments de communion porfonde avec Lui?

Ce matin, je dis au Seigneur: Laisse-moi toucher ton vêtement pour être dans mon milieu celui dont tu rêves que je sois pour les gens qui m'entourent.

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