Jos. Deschênes
"Un bon solage."
Celui qui écoute ma parole, dis Jésus, est comme celui qui bâtit sa maison sur le roc, la tempête peut venir, elle ne sera pas ébranlée. Au contraire, celui qui se fie seulement à sa parole n'a pas de fondation solide et la tempête va détruire sa maison. Mth. 7, 24sss. Jésus nous adresse cette recommandation juste après avoir défini l'importance d'être un disciple. Le disciple est non seulement celui qui rédit les parole du Seigneurs, mais celui qui les met en pratique.
Le roc de notre vie de chrétien est la Parole, la Prière, la Charité. Méditer et faire nôtre la parole de Jésus Christ. C'est la parole de Dieu qui nous convertit, nous convoque, nous rassemble et nous met en état de célébrer. La lecture de la Parole fut longtemps défendue, ainsi notre fondation spirituelle est plus fragile. Nous avons mémoriser du catéchisme, mais ce n'était trop souvent qu'un bon exercice de mémoire. Nous devons aujourd'hui revenir à la Parole du Segneur, mais l'accoutumance est difficile et lente. La méditation de la Parole nous met en contact avec le Seigneur et nous met en marche vers la mission.
Un deuxième élément de notre roc est la prière. Prier, c'est entrer en communion, en dialogue avec le Seigneur qui nous habite. La prière n'est pas seulement des mots, mais une conversation intime avec l'Amour. Notre vie doit être prière, état de communion permanente avec Dieu. Le Seigneur est plus intime à nous que nous-même l'est. Que je me lève ou m'assoit, Seigneur tu le sais, nous dit le psaume. Nous avons peut être trop dit de prières sans nous arrêter à la prière de communion profonde. Nous avons besoin sans doute de réapprendre à prier.
Un autre pôle du trépied de la vie chrétienne est la charité sur le terrain. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, il faut mettre la parole en pratique. Cette parole est vécue autour de nous. J'en ai déjà parlé, et nous l'oublions trop souvent. C'est une dimension importante de la mission. La charité chrétienne est l'Amour rendu visible.
Voila le roc de notre vie spirituelle. Il y a aussi le roc de l'Église qui découle de l'autre, les trois pôles du sacerdoce issus du baptême: Prêtre, Prophète, Pasteur. Nous avons parlé de la "footing" de l'Église. Ce sur quoi s'appuie la vie ecclésiale est le baptême. tout l'édifice ecclésial est au service de cette base essentielle. Le Pape Jean-Paul 11 nous l'a rappelé. Le ministère ordonné est au service du sacerdoce baptismal pour que chaque charisme des chrétiens puissent s'exercer en plénitude, nous disait le Pape qui est devenu un saint. Si l'édifice de l'Église s'ébranle dans nos sociétés laïques, c'est peut être que la fondation n'est pas solide et la tempête est en train de l'écraser. Si nous ne revenons pas au x trois "P" du baptême et à la dimension spirituelle de la vie chrétienne, nous aurons de la difficulté à survivre.
Notre vie chrétienne ne peut pas tenir sans une bonne fondation spirituelle puisée dans le compagnonnage amoureux de la parole de Dieu. Notre vie d'Église ne tiendra pas sans cette solide fondation spirituelle puisée dans ce retour au trépied de la vie ecclésial qu'est le sacerdoce baptismal. Il y a des sentiers que nous avons quittés au cours de l'histoire et la vie nous charge d'y revenir. "Si on prenait le temps de s'arrêter, d'écouter et d'aimer, renaitrait l'homme nouveau" avons-nous chanté. Je pourrais parodier peut être: Si on prenait le temps de s'arrêter, d'écouter l'Esprit et le monde, d'aimer le monde et la Parole de Dieu, renaitrait une Église nouvelle. Voila la méditation d'un vieux "bonhomme" ce matin.
Sois le berger. Jn 21, 15-19.
En méditant, ce matin, le Seigneur me dit dans l'Évangile du jour: Sois le berger de mes brebis. Sois le pasteur de mes brebis. Un jour, il y a plus de 50 ans, le Seigneur m'a donné la même mission: Sois le pasteur de mes brebis en Gaspésie et aux Iles de la Madeleine. Ce matin, assis avec mon café, je ne peux m'empêcher de regarder comment j'ai répondu à cette invitation.
Je peux me dire: Nos églises sont vides, les gens sont indifférents à notre parole et être pessimisme. Cependant, je crois que l'Esprit m'invite à poser un autre regard sur cette réalité. Jésus n'est pas venu remplir le temple de Jérusalem, il est venu rappeler au monde les valeurs profondes de la vie et de la personne remplie du souffle de l'Esprit. J'ai longtemps misé sur la pratique sacramentelle pour voir les gens quitter les uns après les autres sur la pointe des pieds ou en claquant la porte. J'ai écouté les femmes et les hommes de chez nous pour comprendre un jour qu'ils avaient besoin d'autres choses. Ce matin, en lisant le journal, je découvre un bon monsieur qui entreprend des études pour devenir accompagnateur spirituel dans les hopitaux. Il le fait à cause d'une expérience vécue avec une voisine décédée dernièrement. Dans son travail auprès des malades, il découvre la soif de spirituel des gens, il découvre le besoin de retrouver les valeurs de la vie; il prend conscience du vide spirituel vécu dans notre monde aujourd'hui.
En lisant cette nouvelle, la phrase de Jésus me revenait: "Sois le pasteur de mes brebis." La question m'est arrivée: Est-ce que j'ai voulu perpétuer un système religieux de pratiques ou répondre à une mission donnée par le Christ? Pour être honnête, j'ai bien conscience que le maintient de l'institution a été et est encore aujourd'hui un souci premier dans notre Église. Je me souviens, un jour avec mon évêque, nous avions entrepris une visite des zones pastorales et à l'époque, seuls les prêtres participaient à ces rencontres. Notre évêque avait pris un extrait d'une conférence de Jean Vanier sur le pasteur. À notre grand étonnement, l'audience n'a pas été très forte. Quand je lis Mgr Durocher qui dit avoir été formé à être administrateur d'une paroisse, ça me permet de comprendre et de me laisser imprégner de la parole de Jésus: Sois le pasteur de mes brebis.
Nous nous engageons dans le tournant missionnaire. Il me semble qu'avant toute chose, nous devrions bien méditer: Soyez d'abord les pasteurs de mes brebis. Est-ce que notre objectif sera de ramener les gens à l'église, ou de faire naitre des bergers, des pasteurs dans le peuple de Dieu. Sois le pasteur de mes brebis, sois le berger de mes brebis. Notre Église a besoin de pasteurs non d'adminstrateurs comme nous l'avons trop été. Un prêtre avait dit un jour lors de son arrivée dans une nouvelle paroisse: Je suis venu pour vivre avec vous et vous aimer. Les chrétiens ont besoin de sentir que nous sommes là pour eux et avec eux. Être le pasteur des femmes et des hommes d'ici, voila notre mission. Mais concrètement, qu'est-ce que cela signifie?
Que ta ...
"Que ta fenêtre dévore ta maison."
Ne fais pas de ta vie un Bunker fermé à tout venant. Que la fenêtre de ta vie soit ouverte sur le monde, sur la vie, sur les autres.
La vie
La vie est comme une manne, il faut s'agenouiller pour la ramasser chaque matin, pour la pétrir longuement de galettes de bonté, que l'on partagera avec ceux qui sont sur le bord du chemin. François Carillo.
Savoir écouter la vie est un art. Savoir écouter la nature est une passion. Savoir écouter les autres est une richesse inestimable.
Envoyer répondre aux cris des chrétiens. Act. 2, 1-11.
Cinquante jours après la résurrection, les apôtres étaient encore cachés dans une salle, portes verrouillées, par peur des juifs. Le symbole des langues de feu leur fait comprendre qu'ils sont envoyés annoncer un Christ ressuscité, et le feu symbolise la chaleur de l'Esprit qui les pousse à la mission. Alors ils sortent et fait étonnant, ils parlent de façon que tout le monde comprend le mssage. Ils sont capables de traduire le message de l'Évangile de façon que tous les gens comprennent. Ils sont envoyés au nom du Christ ressuscité.
Les apôtres n'avaient pas compris la mission donnée par Jésus le jeudi saint et ils s'étaient réunis en une belle petite amicale des anciens pour ruminer leurs souvenirs. L'Esprit vient leur rappeler leur mission. Il réchauffe leur coeur pour les dynmiser et éclaire leur intelligence pour leur permettre de transmettre le message aux personnes présentes dans un langage que tous comprend.
Dans l'Évangile de Jean 15, Jésus parle du "Paraclet", étymologiquement ce mot signifie "Celui qui répond au cri." L'Esprit du Seigneur les envoie répondre aux cris des pauvres et des démunis. La pentecôte est une sortie de nous mêmes, de nos structures et sécurités pour aller répondre au cri des femmes et des hommes d'aujourd'hui.
Dimanche denrier, nous avons vécu le téléthon Enfant Soleil où des chrétiens et chrétiennes se sont donnés bénévolement pour répondre aux cris des enfants malades de notre société. L'Église était dehors au service des plus vulnérables de notre Église. Nous avons été témoins par la télévision de la mort de l'enfant matyre, des chrétiens sont sortis sur le place publique faire état de la situation et provoquer une enquête publique sur les soins apportés aux enfants les plus fragiles de notre Église; des chrétiens et chrétiennes sont aussi sortis sur la place publique dénoncer le sort faites au femmes amérindiennes au Canada et provoquer une enquête sur cet événement. Tous les jours les nouvelles nous apportent des réactions de chrétiennes et chrétiens de chez nous qui s'élèvent contre l'injsutice, la maltraitance, l'intimidation; poussés par l'Esprit Saint ils vont "répondre aux cris" des plus vulnérables notre société. Ne serait-ce pas cela notre pentecôte d'aujourd'hui?
"Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole." Jn 14, 15-16. Quelle parole Jésus nous a-t-il donnée? "J'avais faim, vous m'avez donné à manger, j'aivais soif, vous m'avez donné a`boire, j'étais malade, vous êtes venus me visiter." Mth 25, 31. "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Nous pourrions traduire aujourd'hui: Je suis mort martyr dans la peau d'un enfant et vous êtes venus à mon secours, j'ai été violé et maltraité dans la vie des femmes et vous avez pris ma défense. La pentecôte, c'est aujourd'hui qu'elle se vit chez nous. C'est non seulement l'Esprit mais le Paraclet qui fut reçu ce jour-là, Celui qui répond au cri.
Les apôtres sont sortis et tout le monde comprenait ce qu'ils disaient. Aujourd'hui nous nous plaignons que les gens n'écoutent plus la parole de l'Église et ne veulent plus s'engager. Est-ce que notre parole répond aux cris des gens autour de nous? Nous sommes remplis de l'Esprit de celui qui répond au cri des femmes et des hommes de chez nous. Chaque fois que nous posons un geste de libération envers quelqu'un nous sommes le paracler de Dieu pour lui. Le Paraclet nous donne cette force de poser le geste du Christ à l'égard de quelqu'un et d'être le paraclet de Dieu pour lui.
Aujourd'hui, nous nous réunisons dans nos églsies pour célébrer la Pentecôte. Ne faisons pas comme les apôtres, une belle petite amicale d'anciens qui se terminera avec: Allez dans la paix du Christ. Au terme de notre célébration, nous serons envoyés au nom du Christ ressuscité répondre aux cris de nos frères et soeurs qui ont soif d'amour, de spiritualité, d'accueil, de liberté. ...
Permis ou Bon
Chaque jour nous sommes confrontés au respect de quantités de lois qui nous disent cela est permis ou cela est défendu. Nos gouvernements n'en finissent plus de faire de nouvelles lois pour que des gens intelligents puissent vivre ensemble sans s'entre-tuer. Les Églises n'échappent pas à cette coutume. On nous dit souvent: tu n'as pas le droit de faire ceci ou cela, c'est défendu.
Je me suis souvent interrogé sur cette réalité en Église. Et j'ai pris l'hsbitude de me dire: Est-ce que cela a du sens ou non? Je me suis interrogé sur le sens de ce que j'avais le goût de faire ou de vivre. Un jour dans une rencontre de prêtre, l'un d'eux fit des remarques à un confrère sur sa façon de célébrer. Ce malheureus posait des gestes non conforme au rite liturgque. Notre Évêque, qui était présent, l'écouta sagement, comme il savait si bien le faire, et lui dit: Ce qu'il a fait, si cela fait prier les gens et nourrit leur foi, est-ce que ce ne seraitpas bon quand même? Ceci m'a confirmé dans ma méditation du sens de ce que je faisais.
Dernièrement, en lisant une étude de M. Spinoza, il parlait de bon et de mauvais. Est bon ce qui est dans la ligne de mon être humain et d'enfant de Dieu,: est bon ce qui me fait grandir, me nourrit. Est mauvais ce qui fait le contraire et au lieu de me faire grandir, me diminue. L'important est de vivre ce qui est bon pour moi et ce sera bon aussi dans la société et pour la société.
Si j'agis à partir de ce qui est permis ou défendu, je me conforme à une règle extérieure, alors que si j'agis à partir de ce qui est bon pour moi, j'augmente ma puissance d'agir et je deviens plus responsable et plus libre de ma vie. Ma conduite s'ajuste sur ce qui est bon ou mauvais pour la vie ou l'être humain, sur ce qui le fait grandir ou l'empêche de se réaliser comme humain et enfant de Dieu. Une passion n'est plus un vice contre lequel il faut lutter, mais est vue comme un esclavage et en faisant grandir ce qui est bon, je fais disparaitre le mauvais. J'augmente ma puissance de vie et je deviens libre. "L'homme vertueux n'est pas celui qui obéit à la loi morale ou religieuse, mais celui qui discerne ce qui augmente sa puissance d'agir."
Quand on vit en société, les lois sont importantes et nécessaires, mais elles sont au service des personnes et assurent leur liberté. En conservant les lois, je regarde davantage aujourd'hui ce qui est bon pour la foi des chrétiens, pour grandir ensemble dans l'amour et les valeurs de l'Évangile. J'essaie de me tourner de plus en plu vers ce qui est bon, ce qui a du sens, ce qui fait grandir, de ce qui rend libre. Il ne s'agit pas de faire une guerre de mots, mais une guerre de sens et de valeurs.
Marie, femme de la route.
Dès que Marie eut découvert qu'elle était devenue le premier tabernacle humain, elle part en hâte partagée sa joie avec Élisabeth. Luc 1, 39-56. Marie se révèle à nous dans cet épisode comme la femme tournée vers les autres, femme de la route, la première missionnaire. Notons que dès l'entrée de Marie chez Élisabeth, avant même que celle-ci parle, Jean tressaillit dans le sein de sa mère et Élisabeth a compris que Marie était enceinte du Sauveur promis dans les Écritures. Élisabeth comprend que Marie est porteuse de Dieu. Marie est témoin d'une présence, elle n'a pas besoin de le dire, elle le laisse passer. Ceci provoque chez Élisabeth un chant d'action de grâce.
Nous voulons prendre le tournant missionnaire dans notre Église aujourd'hui. Contemplons ce visage de Marie dans sa visite à Élisabeth. Elle est allé partager une présence et sa joie. Nous nous interrogeons souvent sur la façon d'évangéliser. Contemplons Marie, elle ne parle pas, elle laisse passer sa joie et son Fils. Marie est un modèle du ministère de la femme dans la communauté: fait naitre la vie et en prendre soin. Marie n'est pas seulement la petite femme de Nazareth, les mains jointes et les yeux levés vers le ciel. Elle est la femme de la route, la femme tournée vers les autres, la femme docile à l'action de l'Esprit, la première missionnaire. Elle doit inspirer notre agir chrétien. Elle nous indique la route de l'évangélisation.
Marie est femme d'action de grâce dans le service. L'attitude du service commande chez Marie l'attitude de l'action de grâce devant l'action de Dieu en elle. Elle reconnait sa grande pauvreté devant la présence de Dieu, elle manifeste ainsi la puissance et la richesse de Dieu qui fait en elle des merveilles. Marie nous révèle ce que nous recommande le Pape François: Être contemplatif du monde et contemplatif de la Parole. Elle est imprégnée de la Parole et de la présence de Dieu en elle et tournée vers les autres pour partager son bonheur. elle est notre modèle d'évangélisation. Dans son magnificat, elle nous révèle un Dieu proche du monde et secours des pauvres et des petits du royaume. Ne pourrion-nous pas composer notre propre magnificat? N'avons-nous pas trop remplacé le message de Marie par des dévotions?
"Marie, la première en chemin, tu nous entraines à risquer notre OUI aux imprévus de Dieu. Et voici qu'est semé en l'argile incertaine de notre humanité, Jésus Christ, Fils de Dieu. Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi, ils sont chemins vers Dieu." G. Madore.
Salut Marie!
Salut Marie aux brass ouverts, apprends-nous l'accueil.
Salut Marie au pas alerte, apprends-nous le chemin.
Salut Marie au coeur de feu, apprends-nous l'amour.
Salut Marie, la femme, Marie la mère, Marie de l'Évangile, apprends-nous JÉSUS.
Une expérience de foi. Lc 24, 46-53.
Jésus dit à ses apôtres aujourd'hui: je vous ai formés depuis trois ans, maintnant vous êtes assez grands pour aller seuls, je m'en vais chez moi. Nous pourrions penser que Jésus abandonne les siens à leur propre sort. Dans cet événement, nous pouvons lire deux temps importants. Jésus leur dit: "À vous d'en être témoins." Et "Je vous enverrez l'Esprit et vous serez revêtus d'une puissance d'en haut." Voila les apôtres envoyés être témoins du Christ sous la poussée de l'Esprit Saint. Voila aussi notre mission.
Depuis le vendredi saint, Jésus n'est plus présent aux siens sous le mode visible; il est visible seulement avec les yeux du coeur. Jésus pose un acte de grande confiance envers l'être humain en lui confiant sa mission en toute liberté. Mais l'être humain doit aussi poser un acte de foi très grand en cette présence intérieure, spirituelle du Christ ressuscité. Jésus ne part pas, il arrive. Il arrive au coeur même de la vie des siens. Il est là en eux comme une force, comme une lumière sur leur chemin. Et dans cette présence intérieure, le Christ accepte la faiblesse et l'erreur des siens. Il accepte de cheminer avec eux pour accompagner leur expérience de vie. Il accepte de suivre leur rythme de croissance. Les apôtres ont fait cette expérience, comme nous devons le faire aussi. Cette présence du Christ est en nous pour nous accompagner et éclairer notre route.
Mais les apôtres sont invités à passer de l'état de disciples à celui de témoins. Jésus ne les envoie pas vendre un produit, il les envoie être témoin d'un vivant et rendre présente la cause, la passion qui l'a fait vivre. Il ne les envoie pas annoncer des théories ou des enseignements, il les envoie être témoin d'un vivant et de son témoignage de vie. Du vivant de Jésus avec eux, ils le suivaient; aujourd'hui, ils doivent un peu le précéder comme Jean le Baptiste. Ils doivent le faire découvrir au coeur de la vie des autres autour d'eux.
Être témoin du Christ, c'est le laisser passer à travers notre agir. Être un peu comme Saint Paul, ce n'est pas moi qui vous parle, c'est le Christ vivant en moi qui vous enseigne. Nous sommes invités à être d'abord des disciples pour nous laisser imprégner de la présence et de l'amour du Christ en nous pour ensuite le donner. Un témoin est comme un vitrail qui laisser passer la lumière du Christ sous différentes couleurs. Actuellement, nous manquons beaucoup de disciples et c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas de témoins. Le jour de l'Ascension que nous fêtons aujourd'hui, c'est la fête de l'expérience de foi que les apôtres ont vécue et qui leur a permis de faire découvrir le fait de la résurrection qui est venu jusquà nous. Notre mission dans nos familles et nos communautés ecclésiales, c'est d'être témoin du ressuscité.
Jésus ajoute, je vais vous donner un moyen de réussir cette mission. Je vais vous donner la force même du Père, je vais vous donner sa façon de voir et de penser, vous serez revêtus de l'Esprit même du Père. Votre vie, votre agir sera animé de la pensée même de Dieu. Ceci nous fait découvrir que notre témoignage et notre agir chréten ne sont pas seulement les nôtres. C'est aussi l'oeuvre de l'Esprit de Dieu en nous. Ce n'est pas notre oeuvre que nous réalisons mais celle de Dieu le Père. De même que nos enfants transportent nos valeurs et notre façon de faire mais à leur façon à eux, de même nous transportons l'Esprit de Dieu Père, ses valeurs mais à notre façon dans le milieu où la vie nous a plantés.
Prenons conscience de la grandeur de la confiance et de l'amour que le Seigneur nous porte. Il nous a donné sa mission, il nous invite à être ses témoins dans notre vie de famille ou de travail. Il nous investit de son Esprit, cette force divine en nous; il emboite le pas sur le même chemin que nous pour bâtir le règne de son Père. Nous sommes devenus des tabernacles vivants, comme dit l'Épitre aux Hébreux: non dans un sanctuaire fait de mains humaines, mais un tabernacle fabriquées à l'image et ressemblance du Créateur.
Que notre Eucharistie fasse de nous des témoins crédibles et aimants pour devenir des êtres de louange et d'action de grâce. Et n'oublions jamais de bénir le Seigneur de nous inviter à une si belle mission.
Un passage obligé
Dans notre Église, nous vivons un passage obligé qui dérange bien des personnes et des sécurités. Demain, nos "Fabriques paroissiales" deviendrons régionales. Elles regrouperont plusieurs paroisses actuelles. Nous cheminons vers des communautés d'appartenance ou de fraternité. Ces regroupements sont devenus nécessaires par suite de la baisse de la pratique rleigieuse, de la diminution des revenus et de l'augmentation des dépenses. Financièrement, nous sommes à bout de souffle.
Nous passons d'une paroisse territoriale à administrer à des communautés à animer, rassembler et accompagner.
Une paroisse a besoin d'un administrateur, une commnuaté a besoin d'un leader, d'un pasteur qui attire et rassemble.
La paroisse est au niveau des services et de l'administration, la communauté est davantage au niveau de la vie et des personnes.
Ceci nous oblige à voir autrement l'anmation des communautés et notre présence comme prêtre dans cette nouvelle réalité. Il y a plus de vingt ans, nous disions que nous ne pouvions plus être curé comme autrefois avec plusieurs paroisses à animer. Aujourd'hui les défis augmentent, les besoins nouveaux se font plus urgents, nous sommes questionnés sur notre mode de présence.
La parabole du fils retrouvé en Luc m'a aidé à comprendre un peu ce renouveau. C'est le fils cadet qui met la maison en fête, c'est lui qui a réveillé l'esprit de famille avec son départ. Son départ a permis au père de retrouver ses entrailles de père de sorte qu'au retour il fut accueilli comme un fils et non comme un employé. Alors que le fils ainé pris dans ses structures ne peut entrer dans ce nouveau départ. Se pourrait-il que ce renouveau de notre Église vienne de nos fils cadets qui ont quitté l'Église et qui à cause de leur pauvreté spirituelle sont plus ouverts à la vie? Nos fils cadets de l'extérieur pourraient-ils raviver nos entrailles de père et de mère pour faire la fête et bâtir une Église renouvelée, si nous savons les écouter?
Une autre parabole de Luc vient aussi m'inviter au discernement. La Dame qui a perdu sa drachme balaie le maison pour la retoruver. Cette Dame m'invite à me demander ce que je dois balayer dans ma maison pour m'engager dans ce renouveau de l'Église qui m'est demander par la vie. Que me faudra-t-il balayer dans mes coutumes, mes traditions, mes célébrations ou dévotions pour prendre le virage obligé dans notre Église? C'est le temps de nous asseoir ensemble dans un moment de discernement pour découvrir ces nouveaux chemins inspirés par l'Esprit du Seigneur. L'Église de demain sera, je crois, une Église biblique davantage centrée sur la commuion et la fraternité accompagnée de pasteur selon le coeur de Dieu.
