Jos. Deschênes
Un lieu de Dieu.
Hier, vendredi 14 octobre, je suis allé visiter un lieu de Dieu. Le Centre d'Action Bénévole de la Haute-Gaspésie présentait, à la salle des chevaliers de Colomb de tourelle, tous les services offerts dans le milieu pour les personnes dans le besoin. On y couvre les besoins tant matériels que psychologiques. Plus de 100 personnes y travaillent sur le secteur. C'était une vraie ruche bourdonnante. J'y ai rencontré des jeunes et moins jeunes, des bien portants comme des gens blessés, tous étaient heureux et me remerciaient d'être allé les encourager.
Cette visite m'a placé devant bien des questions. J'y voyaient là le chapitre 25 de Mathieu mis en action: "Ce que vous faites aux plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites." Toutes les personnes présentent ne fréquentent pas l'Eucharistie, les personnes qui vont à la messe n'étaient pas là. J'ai vu une Église cassée en deux. J'ai vu un "hopital de campagne" pour employer l'expression du Pape François. Aucun bulletin paroissial n'a parlé de l'événement. J'écoutais les gens de Rimouski se batailler sur l'avenir de la cathédrale ainsi que l'émission sur le Vatican. Le besoin d'argent pour faire ronronner la machine est à l'avant scène, et la vie....
Je suis devant une grosse question: Qu'est devenue notre Église? Elle s'est refermée sur elle-même comme une coqille et va s'étouffer. L'Église s'est ratatinée sur les sacrements, les rites et a oublié la vie. J'ean-Paul 11 nous parlait d'une évangélisation nouvelle et non pas d'une nouvelle évangélisation. Donc d'une présentation nouvelle du message de l'Évangile qui rejoigne le chrétien d'aujourd'hui. Ces lieux de rassemblement que j'appelle les "lieux de Dieu" nous interpellent. Dieu est là au coeur de ces événements, ils sont les sacrements du Dieu vivant et ressuscité. Ne serait-ce pas là des lieux propices pour adorer et évangéliser.
Je dis merci à toutes ces personnes généreuses qui nous écrivent l'Évangile tous les jours sous les yeux peut être sans le savoir. Je dis merci à toutes ces personnes qui questionnent l'apathie de nos populations et qui redonnent de la fierté et le goût de vivre à plusieurs chez nous. Une communauté vivante, c'est ça aussi ou d'abord.
En lisant ...
Patrick Chauvet: La vérité de mon Église. Salvator, 2011. L'auteur, prêtre français, veut répondre à certains livres comme la confession d'un cardinal et certains autres qui font une critique de l'Église institution. L'auteur va parler de l'Église mystère, une Église communion, la place des laïcs dans l'Église. C'est un regard un peu intellectuel mais qui n'apporte pas beaucoup de neuf. C'est le regard d'un professeur qui est intéressant à suivre et apporte une vision qui peut aider à diminuer les critiques comme la question du costume, la liturgie... Chaque lecteur peut en tirer des leçons pour son profit.
Une mission.
En relisant l'Écriture Sainte, en écoutant parler les gens autour de moi, je réalise que l'urgence de la mission aujourd'hui est de présenter le visage du Dieu de Jésus Christ. C'est notre chemin de conversion.
Nous avons tous connus les gens de mon âge la morale d'obligation basée sur les commandements de Dieu de l'ancien Testament. Jésus est venu nous faire découvrir la morale du bonheur et de la liberté basée sur les béatitudes. Nombre de grands parents s'attristent aujourd'hui à la pensée que les jeunes ne connaissent pas les commandements de Dieu. Il faudrait aussi s'attrister que nous n'ayons pas connu les béatitudes.
Les commandements, le mot le dit, étainet des comportements, des façons de faire; ils nous situaient davantage au niveau de la tête. Les béatitudes sont des invitations à suivre le Christ sur la route de la liberté, de la responsabilité; sur la route du bonheur. Dieu ne se définit pas par des mots mais se découvre et s'expérimente à travers un agir. "Je suis celui qui suis," dit le Seigneur: Ex 3, 14. Regardez-moi agir avec vous et vous comprendrez qui je suis. Le Christ reprendra cette révélation dans les paraboles de la miséricorde en Luc 15. C'est dans un agir avec le peuple que l'on découvre le vrai visage de Dieu. C'est l'invitation des béatitudes. Dieu accompagne son peuple sur la route de sa vie en respectant sa liberté, mais le conduit à la terre promise. Il nous accompagne aussi vers notre Terre Promise. C'est une histoire de tendresse que Dieu écrit avec nous: "J'inscrirai ma loi au fond de leur coeur." Il est au coeur de nos vies, il fait partie de nous pour que nous faisions partie de Lui.
Ce visage de Dieu, les jeunes ne le rejette pas, ils ne le connaissent pas. Ils nous appartient de le leur révéler. Leur dire le Dieu des béatitudes, le Dieu de la tendresse, le Dieu de la miséricorde. Le Dieu qui apprend la liberté et la responsabilité. Une des missions des parents est d'éduquer leurs enfants à la liberté et la responsabilité. Il en est ainsi en éducation chrétienne.
Sur l'autoroute de la vie, prenons la sortie Mth 5, 1-12, pour entrer sur la route des béatitudes, route du bonheur, route de la liberté. Peut être y trouverons-nous des passagers plus nombreux qu'on pense.
Inspiré de: Patrick Chauvet: La vérité de mon Église. P. 79
En méditant.
La télévision m'apportait ce matin une piste de réflexion ou de méditation qui me colle à la vie et à l'Évangile. On rapporte encore une liste de jeunes qui furent abusés dans un pensionnat religieux, on nous montre des femmes revêtues d'un voile qui les cache totalement, on nous montre une initiation dans une université, ... En regardant tous ces reportages, je me souvenais de l'Évangile et de l'enseignement de Jésus sur la dignité des personnes. Jésus s'est battu pour le respect des personnes, pour la dignité humaine surtout en faveur des plus faibles et combien Jésus a manifesté du respect pour la place de la femme dans la société du temps. Des hommes et des femmes se sont levés au cours de l'histoire pour annoncer cet Évangile: Martin Luther King, Gandhi, Mgr Romero ... et combien d'autres.
J'avais en main au même moment un texte d'Odette Mainville tiré de la revue l'autre Parole parlant de la luitte de Jésus pour la défense de la femme dans la société de son temps. En relisant l'Évangile aujourd'hui, je découvre la force du message de Jésus qui a été contrée par un enseignement mal orienté, celui qui a été le mien dans ma jeunesse et au temps de mes études. Jean Vanier nous a dit un jour: Si vous ne pouvez pas vous agenouiller auprès des blessés de la vie -les marginaux, les drogués, les handicapés- vous ne pouvez pas vous agenouiller en vérité devant le Grand Blessé. La Bible est un grand livre d'humanité et parce qu'il est profondément humain, il est profondément chrétien et divin.
Nous pourrions aussi méditer Galates 5, 18 et Luc 11, 42-46. Ne lisons pas la bible comme si nous lisions un roman d'aventure du galiléen. Jésus m'interroge ce matin avec notre ami Luc: "tu aimes les premières places dans les synagogues et tu passes à côté de l'amour de Dieu." Je regarde les trônes dans nos églises, les vêtements liturgiques et les titres d'honneur ... L'Évangile me prend aux tripes et j'ai mal à mon Église. Semons la parole de Dieu à tout vent, un jour elle sera productrice d'amour et de miséricorde.
Semons.
Le semeur est sorti pour semer. Il ne soucia pas de la terre mais resta confiant dans la qualité de la semence. Aujourd'hui nous sommes invités par le Semeur a jeter la semence partout: semons la Parole de notre Dieu, semons l'amour, semons le pardon, semons la miséricorde a profusion, avec générosité pour que l'une ou l'autre féconde et éclaire les générations futures.
La prière.
29e dimanche ordinaire, Luc 18, 1-8 Ex 17, 8-13.
"Un jour, des religieux venaient dénoncer à leur supérieur le comportement scandaleux d'un des leurs. Ce dernier parlait très, voire trop souvent avec une belle femme, mais parait-il de mauvaise vie. Le supérieur soucieux de ce religieux en perdition le convoqua et lui expliqua ce qui lui avait été rapporté. Père, répondit sereinement l'intéressé, n'est-il pas mieux de parler à une belle créature de Dieu en pensant à lui, que de le prier en pensant sans cesse à une belle créature?" C'est une légende qui nous rappelle combien il est facile d'être distrait dans la prière et aussi comment nos distractions peuvent être objet de prière.
Derrière l'humour de ce père se cache une réalité, la prière est un don que je découvre au quotidien selon mon rythme. Il n'ya pas de bonne ou mauvaise forme de prière, chacun trouve dans son expérience la forme qui lui convient. La prière est une grâce que l'on découvre et qui nous met en relation avec la présence divine en nous. La prière est un moment de communion profonde dans mon jardin secret avec L'Amour infini en moi.
La prière me met en communion avec Dieu; elle ne change pas le dessein de Dieu avec moi, mais m'ajuste sur ce projet. La prière n'est pas d'abord des mots prononcés mais un état de communion. Les prières que nous récitons souvent et qu'on désigne par des dévotions sont nécessaires au départ pour nous ouvrir à la communion avec Dieu.
Personnellement, je fais ma prière à partir de la télévision le matin. J'écoute battre le coeur de Dieu. J'y décpouvre un coeur blessé et souffrant dans les frères et soeurs qui se battent et se blessent, je découvre un coeur malheureux dans toutes ces personnes vicitmes de violence ou d'intimidation, Je vois un coeur heurex et reconnaissant dans tous ces actes de bienviellance, de secours à l'égrad des pauvres et des démunis de la société. Ma prière devient communion avec ce coeur de Dieu qui bat au rythme de la vie.
La prière est ainsi accrochée à la vie. Le secret de la prière est l'Évangile. L'Évangile nous met sur la route à la suite du Christ dans une relation d'amour et de miséricorde. Ainsi nos salutations quotidiennes ne sont pas seulement des actes de politesse mais une prière de bénédiction. Quand je dis à quelqu'un bonne journée, je bénis sa journée pour qu'elle soit bonne. Ce n'est pas seulement un souhait ou une marque de politesse, c'est une bénédiction sur la journée. La prière est ce moment de grâce qui nous élève au dessus de nos bobos quotidiens pour nous faire entrer d'une certaine façon dans la vie éternelle. prier, c'est d'une certaine façon devenir comme Marie disciple du Christet se dire ensemble: Faisons tout ce qu'il nous dira.
Lecture intéressante.
Paulo Coelho: Le Manuscrit retrouvé. Flammarion. Il s'agit d'une véritable leçon de vie. C'est une invitation a repensé notre humanité et notre façon de vivre. Une série de textes d'un sage nommé Copte autour de sujets variés comme la liberté, les armes, l'élégance, les victoires ou les défaites, ont été colligées dans ce volume d'une lecture facile et nourrisante. Il s'Agit de documents retrouvés en 1945 qui rapporte les paroles du sage. Bonne Lecture.
Une pensée pour nous
"Mes salutations "Bonjour" adressées aujourd'hui ne seront pas seulement des mots de politesse, mais une façon de "bénir" les gens afin que tous comprennent qu'il est important que nous ayons la vie". Un sage. Comme chrétiens, nos paroles, nos salutaitions devraient êtres des mots de bénédiction.
Réflexion
"Il n'y a ni victoire ni défaite dans le cycle de la nature; il y a du mouvement". N'en n'est-il pas ainsi dans toute vie? Devant certaines difficultés ou échecs certains diront: j'ai perdu; d'autres diront: j'ai survécu. La vie est un perpétuel mouvement, changement. Les bons comme les mauvais m'apprennnent à grandir. Ce qui semble parfois un échec est souvent un moment de relance ou de découverte. Combien de fois à la suite d'une difficulté ne nous sommes pas dit: J'ai passé en travers. J'ai appris à lutter et j'ai grandit.
Il en est ainsi dans l'Église. Ce que nous vivons n'est pas un échec de ce que nous avons recherché mais un moment dans le mouvement de la vie qui nous pousse en avant. Le défi pour nous est de suivre le mouvement de la vie pour y découvrir les valeurs. Les arbres vont perdre leurs feuilles d'ici peu. Leurs branches se lèveront sèches vers le ciel. Ils pourraient se dire nous sommes vaincus, mais non c'est une sécheresse pour un nouveau départ. tout l'hiver, ils vont lutter avec leurs racines pour repartir en neuf. Il en est ainsi dans la vie et dans notre Église. Le temps que nous vivons nous permet de lutter avc nos racines et nos valeurs pour repartir en neuf. C'est le mouvement de la vie.
Une leçon de Cana (2)
Alors sa mère dit à Jésus: "Ils n'ont plus de vin". Jésus répond: "Femme qu'y a-t-il entre toi et moi. Mon heure n'est pas encore venue." Marie se situe en tant que mère qui donne un ordre à son Fils: fais quelque chose, le vin manque. Ordinairement, c'est le maitre de la noce qui va dire à l'époux que le vin manque. L'époux doit pourvoir au besoin. Ici Marie prend la place du maitre et s'adresse à Jésus comme à l'époux.
Marie se retourne et dit aux serviteurs: "Faites tout ce qu'il vous dira." Marie devient disciple, elle se met à la suite de Jésus. Elle n'est plus là pour commander mais pour servir. C'est alors que le miracle se produit. L'heure de Jésus est arrivée. Jésus agit avec des disciples, des collaborateurs et non avec des gens qui commandent. Marie m'apprend à être disciple. Marie m'apprend à écouter Jésus me parler et à m'engager à sa suite.
Jésus est l'époux qui vient vivre une alliance avec nous. Marie nous apprend l'attitude du disciple. Dans ma vie chrétienne, j'ai à apprendre à écouter le Seigneur et à travailler avec lui et non à lui dicter quoi faire. Je dois être témoin au quotidien de cette présence amoureuse de Dieu en moi. Il en est ainsi dans l'Église. Nous avons voulu dire au Seigneur quoi faire en montant des structures: secteurs, équipes etc ... ceci n'a pas marché. Il aurait fallu davantage être disciples pour réaliser le plan de Dieu. Jésus est l'époux de l'Église: Faisons ce qu'il nous dira. L'heure de Jésus est celle où nous acceptons de nous mettre en route avec Lui et non de lui dire quoi faire avec nous. Nous sommes les serviteurs du royaume.
