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Homélies, réflexions et spiritualité

Homélies

mardi, 03 décembre 2019 14:49

Appelés à la conversion. Mth 3, 1-12.

Dimanche dernier, nous étions appelés à renaitre à un monde nouveau. Aujourd'hui notre liturgie nous invite à un mouvement de conversion pour accueillir et bâtir ensemble ce monde nouveau, cette Église nouvelle. Écoutons Jean Baptiste.

Jean Baptiste crie dans le désert: Convertissez-vous car le Seigneur arrive avec un enseignement nouveau qui va vous déranger, qui vous demandera des deuils à vivre, des sécurités à abandonner, pour prendre la route de l'Évangile qu'il annonce. Nous sommes aujourd'hui invités à  passer de la pratique sacramentelle à l'évangélisation. Évangéliser c'est faire des disciples, rassembler en communautés pour célébrer ensemble dans la foi notre vécu chrétien. Nous devons passer des connaissances sur Jésus Christ, sur Dieu à une expérience de vie au quotidien. Nous nous demandons encore comment faire pour intéresser les gens à la messe et à la célébration des sacrements. Le monde nouveau que Jésus nous anonce aujourd'hui n'est pas un monde de connaissances intellectuelles ou de pratiques sacramentelles, mais un monde d'expérience du coeur. Nous sommes invités sur ce chemin de conversion.

Jean Baptiste nous propose un baptême de conversion. Il le propose au monde de son temps afin de préparer leur coeur à l'accueil de celui qui vient. Pour nous, Jésus est là. Il nous faut découvrir et vivre cette réalité. Notre baptême est devenu un baptême de convertit et non de conversion. Nous avons à redécouvrir la force, la puissance de notre baptême qui nous permet de vivre notre réalité d'enfant bien-aimé du Père. Là aussi nous avons des deuils à vivre pour cheminer sur la route de cette découverte nouvelle de notre baptême et passer du baptême de Jean à celui de Jésus.

Pour bien vivre cette conversion, allons nous asseoir chez Monsieur Isaïe et écoutons-le. Un rejeton sortira de la souche de Jessé et l'Esprit du Seigneur reposera sur lui.  L'Esprit du Seigneur reposera sur nous. Le Seigneur a déposé en nous son Esprit, nous sommes tatoués de l'Esprit même de Dieu. Qu'est-ce à dire? Souvent il nous arrive de rencontrer qu«lqu'un et de se dire, il est le fils d'un tel; il a l'Esprit de famille. Avoir l'esprit de famille, c'est pensé et voir comme sa famille. Avoir l'Esprit de Dieu, c'est regardé le monde avec les yeux de Dieu, parler avec les paroles de Dieu. Marche avec Dieu comme avec un ami, il te fera voir le monde à sa façon. Roger Robert. Cette conversion du coeur n'est pas notre oeuvre à nous seul, mais avec la présence et la force de l'Esprit de Dieu qui nous habite. L'Esprit de Dieu ne juge pas aux apparences, ni sur des rumeurs, il va au coeur.

Quel est ce projet de conversion qui m'est demandé? Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira, la vache et l'ours auront même pâturage, leurs petits auront même gite. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra. Voila le projet de Dieu avec nous. L'Esprit du Seigneur viendra me faire découvrir et guérir les difficultés que je vis et qui m'empêche de vivre ce projet du Seigneur. C'est l'amour et le respect des personnes qui sont au coeur de ce projet. Ce sont souvent des blessures héritages de mon passé qui conditionnent mon agir et me font manquer ma cible. Notre monde contient aujourd'hui beaucoup de petits lionceaux, tigres ou ours qui détruisent les relations humaines. Nous sommes invités sur la route de la conversion et de la guérison du coeur. J'insiste sur guérison parce que c'est une grande nécessité aujourd'hui. Nous jugeons trop sur les apparences. Nous en avons fait souvent l'expérience dans les rencontres individuelles du sacrement du pardon. Ces rencontres apparaissent de plus en plus capitales mais pas au confessionnal ou dans des célébrations communautaires. Là aussi il y a sans doute un chemin de conversion à vivre. Je l'ai souvent expérimenter. Une question se pose aujourd'hui: Y a-t-il dans notre monde, dans nos communautés des Isaïe, des Jean Baptiste qui conteste le statu quo et les routines pour cheminer vers la conversin des coeurs? 

Que naissent dans nos communautés chrétiennes des témoins authentiques du Christ ressuscité, de ces témoins qui donnent le goût de suivre le Christ.

Que naissent dans nos communautés chrétiennes des noyaux de partage évangéliques pour nuorrir la foi et le témoignage chrétien.

Que nos familles deviennent de plus en plus des Église domestiques où il fait bon se retrouver pour partager et vivre ensemble. Un grand père disait dernièrement à ses enfants venus diner avec eux le dimanche, rassembler autour de la table: N'avez-vous pas l'impression que nous faisons eucharistie, que nous faisons Église aujourd'hui? Un jour, peut être, l'entendrons-nous un peu plus souvent dans nos familles. Et que ces petites Églises domestiques fassent une communion d'Églises dans un plus grand ensemble. Il est toujours permis de rêver.

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