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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

vendredi, 23 février 2018 14:37

Le carême, qu'ossa donne?

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Le carême, qu'ossa donne? C'est la question que j'entends souvent et que je me pose parfois. Hier soir j'écoutais Xavir Dolan nous parler de son travail et même des oppositions qu'il rencontre et disait, je le fais parce que j'aime ça, je le fais par goût. J'entendais cette phrase de Jésus: "Vous êtes le sel de la terre." Mth 5, 13. Être le sel, c'est peut être un mot que l'on oublie trop souvent.

Le sel donne du goût à la nourriture et fait ressortir la saveur de chaque aliment. L'Évangile, la vie de foi doivent être aussi ce qui donne du goût et de la saveur à ma vie quotidienne. L'amour et la charité, l'accueil des autres donne de la saveur à leur vie. Ma rencontre avec mes frères et soeurs en Jésus Christ doit faire ressoritr la saveur de leur vie. Ma rencontre me permet de découvrir les valeurs des autres et de donner de la saveur à nos vies.

En ce temps de carême, je suis invité à aller au désert découvrir le sel de l'Évangile jeté dans ma vie, découvrir le goût de la rencontre de l'autre et de l'Autre. Un temps pour donner du goût à notre vie. Quand je vois tant de bénévoles autour de moi qui chaque jour essaient de donner du goût à la vie des pauvres, des malades, des mal gommés de la société, ça me donne le goût de l'action de grâce. Je suis convaincu que ces personnes qui le font depuis plusieurs années le font avec goût et par amour. Ils nous imspirent et nous donnent le goût d'avancer.

Notre carême se résume trop aujourd'hui, il me semble,  à des pratiques liturgiques. Dans le désert, le peuple ne faisait pas seulement des rites liturgiques. Le carême, ça donne du goût à la vie parce qu'il nous permet de retrouver les saveurs de notre vie de foi et d'amour. Comme chrétiens, nous sommes devenus passifs   pour ne pas dire amorphes.  En écoutant Xavier hier soir, j'avais le goût de me lever et d'agir, il était dynamique et emballant. Ai-je le même goût quand je sors de la messe le dimanche? Le vieux prêtre que je suis est fortement questionné. Nous devrions écouter davantage ces jeunes qui nous lancent le goût de la vie avec enthousiasme.

 

samedi, 17 février 2018 13:34

J'ai eu peur.

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"J'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché." Gen. 3, 10. Ce cri du premier homme retenti encore dans notre monde. Hérode eut peur de Jésus et fit mourrir plusieurs jeunes innocents, Hitler eut peur des juifs et en massacra un grand nombre, l'Église eut peur des gens qui ne pensaient pas comme elle et inventa les croisades et l'inquisition. La peur mène le monde encore aujourd'hui.

De qui ou de quoi avons-nous peur? Nous avons peur de perdre le pouvoir. Ceux qui sont en haut ont peur des pauvres, des gens qui questionnent, ils ont peur de perdre du pouvoir. Les riches ont peur des pauvres qu'ils gardent dans la pauvreté pour les contrôler. Nous avons peur de passer du pouvoir à l'autorité. Nous qui sommes en haut nous savons ce que les gens d'en bas ont besoin.

Nous avons peur des différences. Les premiers habitants au lieu de créer des relations fraternelles à partir des richesses de leurs différences se sont fait des pagnes, ils ont érigé des murs pour s'isoler et se garder dans leur différence. Il nous est difficile de voir les différences  comme une richesse au lieu d'une opposition. les pauvres sont souvent parqués dans des logements un peu à l'écart parce qu'ils dérangent. J'ai parfois évité des personnes par peur de leur différence et d'être contesté. Nous sommes tous envahis par la peur des différences et nous excluons au lieu d'inclure. Nous sommes en année d'élection où la peur de ne pas être réélu fera dire de belles insanités.

Le jeune qui a tué  des étudiants aux États Unis était un exclus, un blessé de la vie qui l'a conduit à poser un geste criminel. Nous pouvons pleurer avec les familles, nous pouvons nous demander aussi si nous ne sommes pas un peu responsables, comme société et comme Église, à cause  de la peur qui a empêché de prendre acte des signes donnés par ce jeune homme?

Nos églises sont vides, nous sommes questionnés par cet appel silencieux des chrétiens, beaucoup de célébrations funéraires se font dans les salons, je reste fermé devant mes rites et formes de célébrations sans écouter le cri de  mes frères et soeurs. De quoi ai-je peur?  Le cri des mes frères est une richesse pour la vie de mon Église.

La Pape François nous invite à identifier nos peurs et à les guérir dans l'appel au tournant missionnaire. Nous avons besoin d'écouter la voix du pauvre, de l'exclus, du non pratiquant,  leur voix est une rchesse pour notre vie ecclésiale. Le missionnaire n'est pas là pour évangéliser, mais pour servir nous dit le Pape François.

Seigneur, je bénis cette journée qui commence parce qu'elle est pleine de vie,  qu'elle est remplie de ton amour; fais qu'aujourd'hui nous soyons sur la route du monde là où nous sommes plantés la personne que tu veux que nous soyons en toute liberté et confiance.

Jean Vanier a de très belles pages sur ce sujet dans:Accueillir notre humanité.

La vie prit naissance et évolua jusqu'à l'arrivée de l'être humain.   À l'Éden les gens furent placés devant des choix, des décisions qui devaient les faire grandir. C'était un temps de croissance. Au désert, Jésus fut placé devant la même situation et mit les choses à leur place. Méditons un brin ces deux événements.

A À L'Éden, Dieu défendit de manger des fruits de l'arbre de la connaissance. Il est question de repas, donc de communion et de partage. L'être humain avait à choisir: Est-il seulement un animal qui mange et dort, où un être humain avec des valeurs spirituelles. Ils devaient choisir et laisser grandir l'humain en eux. Ils mangèrent seulement.

B- A Jésus on demande de changer les pierres en pain. Il est question de manger, de repas. Jésus dira: L'homme ne vitpas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. L'homme n'est pas seulement un animal, il a une valeur spirituelle, valeurs de partage, de communication et de communiom. Jésus laisse émerger l'humain.

Cette première tentatin avait pour but de faire advenir l'humain.

C- Quand les premiers habitants prirent conscience de leur différence, ils se firent des pagnes. Il se protégèrent. Ils furent incapables de dépasser leurs différences pour établir des relations de fraternité. C'est ainsi que le corps est  devenu objet de désir et de possession et non de communion.

D- A Jéus on propose le pouvoir. Jésus répond: "Le Seigneur ton Dieu est le seul à qui tu rendras un culte." Dans le royaume de Dieu, il n'y a pas de pouvoir. Jésus est venu instaurer une vie de fraternité. Je suis venu pour servir et non pour être servi.

Cette tentation veut abolir le pouvoir pour établir des relations de fraternité.

E- A l'Éden, Adam se cache en entendant le pas de Dieu. Il a peur. Il n'a pas découvert Dieu comme un Père mais comme quelqu'un qui vient demander des comptes.

F- A Jésus on propose de se jeter en bas du temple pour tester si vraiment il est Fils de Dieu. Jésus agira comme un Fils de Dieu. Là où Adam s'est caché, Jésus se révèle fils de Dieu.

Cette tentation avait pour but de nous faire reconnaitre comme enfant d'un Père et qui reçoit la vie comme un don.

Ces tentations sont encore bien réelles aujourd'hui où l'argent et les lois trop souvent briment les personnes, où les relations de fraternité sont de plus en plus difficiles, c'est le pouvoir qui prend la place, et où les chrétiens ne se découvrent pas enfant d'un Père. Est-ce que notre carême pourra faire une petite place à ces réalités de la vie.

Notons les endroits où se passent les tentations: Désert, Montagne, Temple. Trois lieux de la rencontre du Seigneur.  Ces choix sont possible avec la présence et la motion de l'Esprit. Bon carême.

Inspirer de André Fossion: Une nouvelle fois.

mardi, 13 février 2018 15:41

Un carême frappe à la porte.

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Demain, 14 février 2018, mercredi des cendres. Un carême frappe à notre porte une autre fois. Qu'en ferons-nous? Peut être serons-nous indifférents? Peut être irons-nous à la messe recevoir les cendres par coutumes, peut être certains vont rebâcher de mauvais souvenirs de leur enfance. Quoiqu'il en soit la liturgie de ce jour nous trace un programme intéressant et engageant pour cette période.

D'abord le prophète Joël nous invite à la conversion du coeur. Puis Paul nous demande d'être des ambassadeurs du Christ et l'Évangile nous invite au sens de notre agir chrétien et non seulement aux apparences. Voila notre programme du carême 2018.

Le Pape François nous invite à une Église en sortie; sortir de nos vieilles habitudes, de nos sécurités, nos traditions pour prendre résolument le chemin de l'Évangile. Actuellement nous sommes portés à évaluer la vie chrétienne à la performance, un bon chrétien va à la messe tous les dimanches, se confessent régulièrement, paient sa dîme et donne pour réparer les murs de l'église. Au delà de cette caricature, le carême nous invite à descendre dans notre désert pour découvrir l'essentiel.

Convertir son coeur, premier pas pour une Église en sortie. Tourner son coeur vers Dieu dans des moments d'intimité et de communion.  Les chrétiens sont aujourd'hui devant un vide spirituel; ils ont délaissé la pratique sacramentelle et n'ont pas de spiritualité au quotidien. Le premier pas est de retrouver les valeurs spirituelles qui nous habitent. Se placer à l'école de la Parole de notre Dieu et nous laisser éclairer.

Ceci nous conduira avec Paul à devenir des ambassadeurs du christ. Le monde n'a pas besoin de "peadler" de l'Évangile ou des célébrations, mais de témoins, des ambassadeurs du Ressuscité. Un témoin est quelqu'un qui laisse passer le Christ dans sa vie à travers son agir. Ce n'est pas d'abord un être efficace, mais un être fécond.

L'Évangile nous invite à être un chrétien de partage, partage du temps, de l'accueil, de l'écoute,  de l'amour...   Jeûner, c'est d'abord être capable non seulement de donner un dollar puis rentrer chez soi dans ses pantoufles; jeûner de ce qui m'empêche d'être un homme de partage, d'accueil et d'amour. Convertir son coeur, c'est de retrouver de l'intérieur au niveau du sens les actes que je pose et non seulement un geste extérieur.

Méditons bien ces textes, ils sont un programme de carême. Notre carême ne doit pas être seulement un temps pour ramasser de l'argent pour les bâtiments.  Je rencontrais denièrement un homme qui ne pratique plus depuis plusieurs années mais qui est engagé dans des oeuvres comunautaires comme le cancer, enfant soleil, l'entraide aux voisins, etc.  En le quittant je rencontre une bon vieux chrétien qui m'offre des billets pour réparer le toit de l'église. Ça m'a fait réfléchir. L'homme du large travalle a réparer les coeurs et les personnes alors que l'autre répare les bâtiments. les deux sont nécessaires, mais .....  

samedi, 03 février 2018 20:19

vous avez dit spiritualité?

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De nos jours, nous parlons souvent de spiritualité et même si la référence religieuse s'est amoindrie, que la pratique sacramentelle est fatiguée, la référence  à la spiritualité reste présente. Je veux simplement partager quelques réfléxions que je me fait inspiré par le livre de Jacques Grand'maison: Une spiritualité laïque au quotidien.

"Le spirituel est ce qui vient du plus profond de soi et qui, en même temps,  nous dépasse. C'est ce qui donne profondeur à notre vie, à nos expériences humaines, à nos convictions et croyances, à nos amours, à notre foi en nous-même, aux autres et en Dieu." J.G. P. 13

Si je regarde en moi dnas le silence, je constate que ce mes parents m'ont donné de plus important, ce sont leurs valeurs: l'amour, l'accueil,la bonté le dévouement, la prière, etc ... L'exemple qui me vient est celui de l'érable que l'on entaille au printemps. L'érable donne ce qui vient de l'intérieur, ce qu'il y a de meilleur. La spiritualité est ce qu'il y a de meilleur en nous qui va nourrir la vie en nous et autour de nous. Des personnes malheureuse m'ont dit parfois: "Ma vie, c'est de la merde." N'oublions pas, que je réponds, que le cultivateur s'en sert pour faire produire de bons légumes.  Les valeurs inscrites au fond du coeur sont une force capable de produire de belles choses.

Dans notre société devenue laïque, l'appel à la spiritualité devient de plus en plus importante. Nous devons retrouver le chemin du silence, de la beauté, de l'accueil, de la prière du coeur qui est communion avec quelqu'un, le chemin de la quête de sens.

La spiritualité n'est pas fermeture sur soi, mais ouverture à l'autre, au monde. C'est ce qui nourrit, fait vivre et donne le goût de célébrer. Les démarches faites en Église aujourd'hui visent à ramener les gens à l'église et nous oublions l'essentiel: la spiritualité au quotidien. Apprendre à devenir le sel de la terre, le levain dans la pâte. Le documentaire L'Heureux naufrage nous a placés devant cette réalité de 'importance de la spiritualité au quotidien. C'est une des facettes du tournant missionnaire. C'est à la fois un défi et un chantier magnifique qui s'ouvre à nous.

lundi, 29 janvier 2018 23:01

Réfléchissons un peu.

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Un vieux chrétien me disait cette semaine: Les jeunes ne connaissent pas Jésus Christ, s'il le connaissaient, ils rempliraient nos églises. Cette affirmation aurait besoin d'être fortement nuancée. Cependant je résumerais ma réflexion en deux petits points. Je diviserais  les chrétiens qui ont délaissé la pratique sacramentelle en deux catégories: Des gens qui connaissent pas Jésus christ et l'Évangile et des gens qui le connaissent bien ou trop.

Nous avons animé en Gaspésie de nombreuses sessions bibliques depuis plus de 30 ans. Une réaction qui m'est venu régulièrement des chrétiens: C'est beau ce que vous nous enseigné, nous aimerions vivre des célébrations plus nourrissantes, mais en paroisse  on ne peut pas vivre cela.  Et la majorité de ces chrétiens sont devenus des non pratiquants. Y a-t-il cause à effet? Je ne crois pas mais ces réflexions m'ont toujours questionné.

Il y a des chrétiens qui ne connaissent pas Jésus Christ, cependant la majorité d'eux ont été à l'école avec des crucifix, de l'enseignement religieux. Que s'est-il passé? Ma conviction aujourd'hui est que les gens sont là, nous, comme prêtres, sommes là aussi, mais le message ne passe plus. Aurons-nous l'audace de regarder le vrai problème? Le Pape François nous invite à être des contemplatifs du peuple de Dieu et des contemplatifs de la Parole de Dieu. Pour que le message passe, n'aurions-nous pas un long chemin de conversion à entreprendre? Écouter le peuple chrétien pour le servir. C'est ce que l'Esprit inspire à mon vieux coeur de pasteur ce soir.

 

vendredi, 26 janvier 2018 16:33

As-tu deux minutes?

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Ce que j'entends autour de moi en paroisse se résume à la célébration des sacrements: les gens ne viennent plus à la messe, on fait de moins en moins baptiser les enfants, les funérailles se célèbrent de plus en plus au salon funéraire, etc ... On dirait que la vie chrétienne est ratatinée dans la célébration. Est-ce l'héritage chrétien que nous allons laisser? Des églises vides? Avec une telle mentalité, le tournant missionnaire ne sera jamais possible.

L'important est la vie chrétienne de tous les jours, vie de communion les uns avec les autres et avec Dieu. Le tournant missionnaire est de retrouver le goût savoureux de la vie quotidienne en communion avec nos frères et soeurs.  "Il ne s'agit pas simplement de rendre la vie chrétienne intelligible, mais SAVOURABLE." Jésus a fait beaucoup de reliure, j'y reviendrai.

Un confrère me disait denrièrement: Je ne sais pas par quel bout prendre la pastorale, les gens ne sont plus là. Est-ce que ce sont les chrétiens qui ne sont plus là ou si  c'est nous qui ne sommes plus là. Prenons deux minutes pour mieux regarder la situation. Prenons deux minutes pour nous resituer devant notre place de pasteur en communauté ou de chrétiens célébrants. Le message de l'Évangile, la vie chrétienne s'incarne dans un quotidien tout humain parce que rempli de divin.  C'est au coeur de la vie que se fait l'évangélisation.

Quelqu'un disait récemment, ça fait longtemps que l'on parle de petites communautés, de mettre les personnes au  centre de notre vie d'Église, de revoir l'importance du sacerdoce baptismal, mais rien ne bouge. Il ne s'agit pas d'être pessimiste, il s'agit d'être docile à l'action de l'Esprit du Seigneur qui nous parle par la voix des pauvres, des petits qui nous appellent à nous convertir. Le tournant missionnaire dont nous parle le Pape François est d'abord et avant tout un moment de conversion personnelle: redécouvrir le sens de l'Église, des minsitères dans la commuanuté et donner le goût d'être chrétien.

Le carême est à nos portes une fois de plus. Sera-t-il un temps pour devenir adultes dans la foi, pour bâtir des relations de fraternité dans nos paroisses,  pour faire l'expérience d'être des enfants bien-aimés du Père ou comme Adam et Eve nous contenterons-nous d'une pomme? Je prendrai deux autres minutes pour méditer ces réalités.

samedi, 20 janvier 2018 20:00

L'obole de la veuve. Mc 12, 41-44.

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Marc nous rapporte cet événement au temple de Jérusalem. Une pauvre veuve qui dépose dans le tronc deux piécettes d'argent, tout ce dont elle avait besoin pour vivre. Elle a tout donné. Nous avons exploité cette situation en louant la générosité de la femme. Nous pouvons sans doute faire aussi une autre explication. Je crois que son geste est un geste commandé et absurde.

Marc vient de parler du figuier desséché, du grand ménage du temple, de la ruine du temple, des vignerons qui veulent s'accaparer la vigne et ils sont à Jérusalem où Jésus sait qu'il va mourir. Marc situe l'événement de la veuve dans ce contexte.

Jésus est assis dans le temple et regarde comment les gens mettent leur argent dans le tronc. Il ne dit pas combien d'argent il déposent, mais comment. Les riches jettent un peu de leur superflu qui n'affectera en rien leur repas du soir, mais la veuve dépose ce qui lui est nécessaire pour le souper. Alors Jésus appelle les disciples pour commenter l'événement.

"En vérité, en vérité" Amen, amen je vous le dis. Jésus commence d'une façon solennelle, la chose est importante. En aucun moment Jésus fait l'éloge de la femme dans sa grande générosité. Il dit simplement: les riches déposent de leur superflu alors que la dame a donné de son nécessaire. Jésus ne parle pas non plus d'une offrande au temple. La dame a tout donné. C'est un geste absurde.

Premièrement remarquons que la dame est prisonnière d'un système religieux qui l'oblige à déposer même de son nécessaire pour faire vivre le temple. Elle donne tout ce qu'elle a pour un temple qui demain sera détruit. Le système religieux du temps est si fort qu'il oblige même les veuves à tout donner. Faudrait peut être regarder attentivement toutes les quêtes que nous faisons aujourd'hui pour faire vivre des bâtiments qui demain seront sans doute fermés.....

Deuxièmement, la veuve a tout donné comme Jésus donnera tout le vendredi suivant. Jésus donnera sa vie totalement. La veuve était seule au temple comme Jésus sera seul au Calvaire dans le don total de sa vie pour l'humanité. Ce geste de la veuve est absurde. La mort de Jésus sur la croix pourra paraitre absurde aux  yeux des hommes, mais il sera grand aux yeux de Dieu.

vendredi, 12 janvier 2018 15:36

La joie des retrouvailles.

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Quand le berger a retoruvé sa brebis égarée, il la met sur ses épaules, rentre à la maison, réunit ses amis et leur dit: "Réjouisez-vous avec moi car j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue." Lc 15, 6. Quand la dame retrouve sa pièce de monnaie, elle réunit ses amies et leur dit: "Réjouisssez-vous avec moi, car j'ai retrouvée la pièce  que j'avais perdue."  Lc 15,9. Quand le père voit revenir son fils il dit à ses serviteurs: "Apportez la belle robe, l'anneau, les sandales, festoyons car mon fils qui était perdu est retrouvé." Lc 15, 22.

Notons que dans ces paraboles que l'on appelle "paraboles de la miséricorde" l'accent est mis sur la joie des retrouvailles. La parabole du père miséricordieux a changé de titre au cours des années, on a eu: le fils cadet, le fils prodigue, le Père miséricordieux, et nous avns la joie du fils retrouvé.

Ces paraboles de Jésus nous enseignent l'attitude du Père qui nous reçoit sans condition. L'important pour Dieu n'est pas tant ce que nous avons fait mais ce que nous sommes: ses enfants bien-aimés. Mais Jésus enseigne aussi à ses disciples comment se comporter en communauté quand des frères ou des soeurs qui se sont éloignés reviennent demander un service. Ceci vient questionner notre accueil des chrétiens qui demandent un service à l'Église. J'entendais dernièrement des responsables devant une demande de baptême: c'est à eux à se conformer à nos exigences et non à nous. Ça m'a posé de drôles de questions. Comment accueillons-nous les gens qui demandent un service. Dans ma pastorale des "fesses et de l'oreille du coeur" j'entends bien des gens blessés qui me disent, "ils ne me reverront plus la face." J'ai sans doute fait la même chose sans trop m'en rendre compte quand j'étais en paroisse. Mais il me semble que les paraboles nous invitent à un moment de vérité et de méditation.   Quand ferons-nous la fête parce que ces chrétiens sont revenus nous voir. Les paraboles sont pour nous aussi. En méditant ces textes, je fais mon "mea culpa sur ma propre bedaine et non sur celle des autres."

Je relis bien des textes d'orientation pastorale sur les sacrements, j'y trouve rarement des paragraphes sur l'atittude pastorale d'accueil comme nous l'indique les paraboles, ce sont surtout des directives, des structures, des façons de faire et pas souvent des façon d'être. Je ne veux pas critiquer pour critiquer, je veux simplement inviter à la réflexion en Église. Je crois que les gens de chez-nous ont un urgent besoin de témoins de l'amour gratuit du Père.

mercredi, 10 janvier 2018 15:16

Où demeures-tu?

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A la question posée par les disciples de Jean, Jésus répond merveilleusement: Venez et vous verrez. Jn 1, 38. Si nous regardons l'Évangile attentivement, Jésus nous dit où il demeure. Je suis en Marc actuellement et dès le point de départ, Jésus indique clairement où il demeure, c'est à dire de "quel bois il se chauffe" comme on dit.

Jésus enseigne et guérit un malade dans la synagogue le jour du sabbat. Il enfreint publiquement la loi du sabbat. Mc 1, 21. Les Messierus scribes ne seront pas contents. Il fait passer les personnes avant la loi. Jésus enseigne avec autorité et rassemble les gens, Mc 1, 22. Cela ne s'est jamais vu en Galilée. Mais plus scandaleux encore, il mange avec les pécheurs, 2, 13. Ces B.S., ces va-nu-pieds. Il ne se respecte pas comme prophète. Ce n'est pas tout, il pardonne les péchés ce qui n'est possible qu'à Dieu, 2, 6. Pour qui se prend-il celui-là? Même sa famille est dans tous ses états, 3, 31. Voila où Jésus demeure.  Il est mis sous haute surveillance, on a piégé son cellulaire, l'UPAC est à ses trousses en vue de l'accuser et de l'arrêter de détruire nos structures.

Voila la réponse de Jésus à la question des disciples de Jean. C'est là son enseigne, sa marque de commerce. Alors on l'accuse d'être possédé du démon. Devant ces malversations, Jésus s'amuse à raconter une parabole. Au lieu d'entreprendre une discution qui ne conduira nulle part avec ces gens, Jésus raconte une parabole où tous ces bons messieurs sont pris.

Je suis sorti semer le royaume du Père dans vos coeurs. Je sème partout dans tous les coeurs que je rencontre. Je donne gratuitement et avec largesse. La semence  tombe dans des coeurs qui sont comme des chemins et est dévorée par les oiseaux parce que le terrain est trop dur   et rien n'y pousse, ces personnes trop souvent accaparées par l'efficacité et l'agitation et ne peuvent descendre en eux-mêmes. La semence tombe aussi dans des coeurs pleins de colère, de blessures, de structures qui étouffent la volonté d'amour du Père. La semence tombe sur des coeurs de pierre qui  se refusent à toute  conversion. La semence est tombée aussi dans la bonne terre, ces coeurs ouverts à l'amour, la gratuité, la vie et qui laissent germer les pousses neuves du royaume.

Dans cette parabole, Jésus rejoint toutes les personnes qui se présentent devant lui et chacun en a pour son rhume. Il utilise une merveilleuse pédagogie où il renvoie chaque personne en son for intérieur, à ses valeurs et chacun est confronté à lui-même. Venez et voyez, c'est là que je demeure.

 

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