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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

vendredi, 16 août 2019 13:53

Mathieu nous dit. 19, 3-12.

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Ce matin, Monsieur Mathieu vient nous dire qu'il n'est pas permis de renvoyer sa femme et si Moïse l'a permis c'était à cause de la dureté des coeurs. Les gens ne demandent pas à Jésus s'il est permis à la femme de renvoyer son mari, mais l'inverse. Alors Jésus répondra que Dieu créa l'être humain homme et femme, deux êtres égaux, complémentaires qui forment l'être humain. L'un n'est pas propriétaire de l'autre de sorte qu'il peut s'en "débarrasser" quand il veut. La femme n'est pas un objet au service de l'homme. Chaque personne a un service propre qui forme le service complet voulu par le créateur.

Ce passage de l'Évangile me fait jeter un clin d'oeil sur notre société. Frédéric Lenoir dans son livre sur la guérison du monde nous fait observer les conséquences néfastes dans notre société de la mise en place de la société patriarchale que nous connaissons et qu'il est difficile d'ébranler. La prise de pouvoir de l'homme a contribué à créer une société de possession, de pouvoir, de guerre, il y manquait une âme et l'Église n'y a pas échappé. Nous avons mis l'accent sur le rendement, l'efficacité, l'homme est devenu une machine et l'univers aussi.   En méditant les textes de l'.Évangile uniquement au niveau du mariage, nous avons sans doute étriqué le message. Si nous écoutons parler nos vieux parents, ils nous le révèlent à leur façon. Dernièrement encore des adultes me disaient leur colère parce que la maman était décédée jeune d'un accouchement, on ne pouvait pas empècher la famille ...  Ils étaient devenus orphelins trop jeunes.

"Le fait que les hommes, dans les sociétés antiques, ont pris le pouvoir,  au détriment des femmes les a naturellement entrainés à imposer leur tempo  dans la gestion des affaires du monde: une idéologie guerrière, pétrie de convoitise et de désir et de volonté de domination, voire de tyrannie, plutôt que d'échange. Nous percevons bien aujourd'hui les épouvantables dégats et les limites de cette attitude et beaucoup-hommes et femmes- désirent en sortir." F.L. Guérison du monde, p. 305.

Dans notre société blessée d'aujourd'hui, comme chrétiens, il est nécessaire de nous levés, au nom du respect des personnes, pour faire passer chez nous le message de Jésus Christ que nous avons escamoté. La société met l'accent sur l'efficacité et le rendement et comme chrétiens nous devons rappeler que nous sommes d'abord des êtres humains et non des machines que l'on traite au plan  mécanique et que l'on met au rancart devenus âgés. Aujourd'hui, les femmes luttent pour retrouver leur place dans la société et l'Église, les peuples se soulèvent contre le pouvoir qui les opprime -le Japon en est la preuve- Que faisons-nous, comme chrétiens, du message de Jésus Christ? Le Christ vient nous parler au coeur en faveur des opprimés de nos systèmes, des gens qui voient une porte de sortie dans le suicide ou le déni. Marie est partie en hâte vers Élisabeth et Jean leur porter Jésus et elle nous invite sur la route avec elle. 

 

mardi, 13 août 2019 14:56

Apprendre à lire.

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Dans notre volonté d'évangélisation et de tournant missionnaire, il m'apparait important d'apprendre à lire: Voir le lisible derrière le visible. Évangéliser comme éduquer, c'est semblable à nourrir quelq'un. Un enfant, nous lui donnons du liquide puis du solide dans la mesure de son évolution. Éveiller à la spiritualité, aux valeurs spirituelles, c'est aussi donner la nourriture dans la mesure de l'évolution des personnes. C'est pourquoi apprendere à lire m'apparait important.

Aujourd'hui, beaucoup de célébrations d'adieu se font au salon funéraire. Comment  dois-je lire cet événement? Est-il un signe d'un manque de foi ou un questionnement de mes propres façons de célébrer en Église? De mon analyse dépendra ma façon d'agir en pastorale. Les chrétiens ont quitté la pratique sacramentelle.  Comment vais-je lire cet événement? à partir de moi et de mes convictions ou des chrétiens eux-mêmes? Les chrétiens écoutent de moins en moins l'enseignement traditionnel de l'Église. Comment vais-je lire cet événement? Comme une question à ma propre parole ou comme un acte d'indifférence que j'oublie rapidement?

 

Aprendre à lire la vie, les événements est pour moi une nécessité si nous voulons que l'évangélisation avance, que la spiritualité reprenne sa place dans la vie et que notre monde cesse de grelotter.  Dans la lecture du Deutéronome de la célébration d'aujourd'hui, Moïse affirme qu'il est trop vieux pour continuer avec le pauple, il passe les renes à Josué. Il lit l'événement et se rend compte de son incapacité d'aller plus loin à cause de son âge. C'est beau, mais parfois je suis incapable d'avancer non à cause de mon âge, mais de ma façon de penser et de voir la vie, et il m'est difficile de corriger le tir.

Le monde m'apporte des défis nouveaux, des besoins nouveaux qu'il n'avait pas hier, si je n'apprends pas à lire ces besoins, il me sera impossible d'y répondre et je resterai toujours à l'extérieur de la vie. Et j'accuserai les gens de ne rien comprendre. Les valeurs spirituelles sont au coeur du monde et de la vie. Elles se présentent différemment aujourd'hui et demandent une réponse différentes. Apprendre à lire la vie autour de moi m'apparait indipensable.

Autrement dit, avant de chercher des moyens, de bâtir des plans d'action, je dois m'asseoir pour discerner les causes de la situation et apporter le remède propre à ces causes. Les solutions toutes faites ne trouvent plus preneurs. C'est pourquoi, je suis conscient, apprendre à lire me demande un long chemin de conversion, sinon je risque de demeurer un haut parleur.

lundi, 12 août 2019 16:39

La transmission des valeurs.

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Nous méditons toujours sur la question de la spiritualité. Il est courant aujourd'hui de dire que notre monde est en recherche de spiritualité et du sens de la vie; d'où l'importance de méditer sur la transmission des valeurs spirituelles. la formation intégrale de l'être humain comprend la richesse des valeurs dans tous les domaines de la vie. Il ne s'agit pas d'abord de transmettre des connaissances ou des modes de comportement mais ce qui fait l'essentiel de la vie.

Si je fais un clin d'oeil à mon passé, je me rend compte que ce qui a marqué ma vie d'une façon presqu'ildélébile c'est le témoignage de mes parents au quotidien. Les valeurs de la vie familiale: valeurs de foi, d'honnêteté, de partage, l'accueil de l'étranger qui avait souvent sa place à table. Toutes ces valeurs laïques qui sont au fond bien chrétiennes. Ils m'ont transmis ces valeurs par leur vie et non dans des énoncés catéchétiques.

La transmission des valeurs de vie et de foi se fait principalement à la maison et non à l'école ou à la paroisse. La catéchèse vient approfondir mon expérience de vie. Ce que j'aI reçu à l'école, à mon époque,  se résumait à des réponses de catéchisme apprises par coeur, c'était un exercice de mémoire que l'on ne comprenait pas toujours. La paroisse me faisait célébrer le vécu familial en communauté. Mais nous réalisions vite que les célébrations n'étaient pas pour nous.  Ainsi ce qui a marqué ma vie et mon ministère ce sont d'abord ces valeurs de vie données par le témoignage quotidien de mes parents. la famille reste le premier lieu de transmission des valeurs de vie. À l'époque nous étions davantage catéchisés et sacramentalisés qu'évangéliser. Mais c'était l'époque.

Est-ce que la famille aujourd'hui transmet encore ces valeurs de vie? Elle le fait évidemment mais je crois que la dimension spirituelle s'est affaiblie. Les chrétiens ont balancé la pratique religieuse et ils n'ont plus rien à transmettre. Les célébrations paroissiales ne nourrissant pas suffisamment cette dimension spirituelle, les chrétiens sont partis et se retrouvent devant un vide spirituel profond. Il nous faut donc redécouvrir le chainon de la transmission. Il nous faut revenir à ce que certains appellent les "passeurs de la foi." La famille demeure encore le lieu privilégié pour cette trasmission. le Pape François insiste beaucoup sur l'importance de la famille dans cette dimension de la transmission des valeurs.

Nous avons longtemps pensé que la catéchèse aux enfants serviraient les parents. Nous aurions les parents par les enfants. Cette tactique n'a pas fonctionnée. Aujourd'hui donner de la catéchèse apparait un raccourcit qui ne donne pas de résultat. Le temps ne serait-il pas venu de retrouver une démarche de foi avec la famille; une démarche qui rejoint les préoccupations, les désirs, les besoins des parents pour les conduire plus loin? Nous avons besoin de passeurs de la foi et des valeurs chrétiennes. Notre objectif n'est pas tant de ramener les gens à l'église que de les ramener à Jésus Christ et à eux-mêmes comme remplit de l'Esprit du Seigneur. Les valeurs et la foi ne se transmettent pas par des énoncés si beaux soient-ils, mais par un témoignage de vie qui va au coeur et qui transfome la vie. Voila quelques idées que j'aime partager, vous amis lecteurs saurez approfondir et aller plus loin.

dimanche, 11 août 2019 00:20

La spiritualité.

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Le gouvernement du Québec vient d'adopter une loi sur la laïcité. Il voulait mettre un terme à une démarche entreprise depuis quelques années. Notre regard comme chrétien sur cette démarche prend des formules très variées. Cependant elle nous invite à une réflexion sérieuse  sur notre façon d'exprimer notre foi. Ne serait-ce pas un clin d'oeil de l'Esprit Saint?

Jacques Grand'Maison écrit dans son livre sur la spiritualité au quotidien: "Je pense que nous, chrétiens, avons beaucoup reçu de la sécularisation comme facteur de libération des carcans dogmatiques et moralistes de la chrétienté cléricale." Nous sentons aujourd'hui un ressac de cette période de chrétienté refaire surface, cependant la volonté de retrouver une spiritualité au quotidien saura faire son chemin. Lorsque nous sommes questionnés par les gens d'une autre croyance que la nôtr, cela est bénéfique pour l'approfondissement de notre foi.

Nous sommes invités aujourd'hui à retrouver la spiritualité que la religion et les pratiques ont enfouie sous les croyances et la ritualisme. Frédéric Lenoir dans son livre sur la Guérison du Monde affirme que la spiritualité fait partie de l'ADN de l'être humain et qu'elle est nécessaire pour la guérison de notre monde blessé par les guerres, la violence, l'oppression des pauvres...

Différentes voies s'offfrent à nous pour vivre la spiritualité au quotidien. Pour moi, la première est la nature ce que certains appellent "L'université du Bon Dieu" et d'autres "la chambre nuptiale de l'être humain et de Dieu."  D'ailleurs le psaume 18 le traduit bien:

Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'oeuvre de ses mains la firmament l'annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit transmet la connaissance.

Non point de récit, non point de langage, point de voix qu'on puisse entendre, mais pour toute la terre en ressort les lignes et les mots jsuqu'aux limites du monde." La nature n'a pas de mots, de langage, mais elle révèle la présence de Dieu.

C'est assis au bord d'un ruisseau que j'ai appris à être fidêle à ma source qui alimente ma vie; que j'ai appris à irriguer le terrain qui m'entoure du témoignage de ma foi et la fidélité à ce que je suis. Ce qui me vient de l'extérieur ou bien m'aide à approfondir ce que je vis si non doit être ignoré.

C'est en regardant la forêt que j'ai appris le vivre ensemble dans la diversité des personnes et des dons. Le commandement de l'amour, de l'accueil, du respect dans la diversité était là sous mes yeux et m'inspirait le respect. La nature est le premier lieu d'intériorisation des valeurs de la vie et de la spiritualité. La terre nous a été donnée non seulement pour nourrir le corps maus aussi le coeur et l'intelligence.

La nature m'apprend à écouter la vie pour la comprendre et l'accompagner. Le temps des semences est le temps de l'évangélsation; ce temps m'apprend à bien connaitre ma terre pour lui donner ce dont elle a besoin pour bien produire. Comme le cultivateur prend le temps d'écouter sa terre pour en connaitre les forces et les faiblesses afin de l'engraisser à bon escient, je dois aussi connaitre ma terre et celle qui m'entoure pour que la Parole germe et produise cent pour un.

Le temps de la germination et de la pousse m'enseigne la patience et la confiance en la semence comme en la terre ensemencée. Je dois travailler avec elle et non seulement pour elle. Si je ne la repsecte pas elle ne produira pas et je resterai les mains vides. C'est peut être l'image des chrétiens qui ont quitté l'église. Ils ne se sont pas sentis respectés dans leur besoin, ils sont repartis et nous restons les mains vides.

J'ai vécu de belles expériences pastorales inspirées par la nature. Elle m'a appris le repsect de la vie et des valeurs qui font le tissu humain au quotidien, elle m'a appris la compémentarité dans le service pastoral en Église. L'exercice du pouvoir ne remplacera jamais la force de travailler ensemble dans le respect les uns des autres. La nature m'a appris l'humilité. L'humilité du serviteur au service de la vie et de la communauté chrétienne.  La nature donne, elle m'a appris à passer de la "job" au service de pasteur pour mes soeurs et frères de la communauté. Dans la nature, il n'y a pas de pouvoir, de hiérarchie, il n'y a qu'une réponse d'amour à celui qui l'aime et la respecte.  La laïcité en enlevant le cadre chrétien dans la société nous invite à retrouver ces valeurs fondamentales et à passer des croyances à la foi.

Je termine ma réflxion avec une phrase d'un poème: "Depuis cette irruption tu m'attires, tel un fer l'aimant et je ne puis que m'abandonner au royaume qui m'attires plus qu'il ne m'oblige."

jeudi, 08 août 2019 13:43

Dieu est cruel?

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Ce matin, dans le Livre des Nombres, Dieu dit à Moïse et Aaron: "Puisque vous n'avez pas eu assez de foi pour manifester ma sainteté devant les fils d'Israël, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne." Nb 20, 12.  Sommes-nous devant un Dieu qui punit ces bons Messieurs pour leur manque de foi? C'est l'image de Dieu que l'on véhicule depuis la chute au paradis terrestre. J'aimerais lire l'événement d'une autre façon. Dieu dit à ces messieurs, je vous ai donné tout ce dont vous aviez besoin pour mener votre mission jusqu'au bout. Vous avez voulu faire de cette mission votre propre mission et voyez où vous en êtes; vous êtes incapables de vous rendre au bout de la mission donnée. Je devrai reprendre les choses en main et terminer la mission de conduire mon peuple à destination. A mes yeux, il ne s'agit pas d'une punition de Dieu, mais la manifestation d'une incapacité de Moïse à bien remplir la mission donnée par le Seigneur. C'est l'histoire du paradis terrestre qui se répète. Les premiers habitants ont voulu devenir maitre de la vie et ils ont rencontré leur incapacité de vivre seul la mission. Ils se sont punit eux-mêmes. Tout l'Ancien Testament fut une longue aventure pour redécouvrir le vrai visage de Dieu dans l'histoire humaine. Et nous avons vécu longtemsp sous la vision d'un Dieu punisseur qu'il ne fallait pas déranger. Ce matin, nous sommes invités à découvrir un Dieu qui donne gratuitement, accompagne et respecte la liberté de l'être humain. Renouons avec le Dieu de Jésus Christ qui ne punit pas le jeune homme riche qui reconnait son incapacité d'aller plus loin dans la vie spirituelle, qui ne punit pas la femme accusée d'adultère; le Dieu de Jésus Christ est un Dieu remplit d'amour qui fait grandir au lieu de punir, qui respecte la liberté au lieu d'obliger; un Dieu qui aime assez fort pour accepter nos lenteurs et nos refus sachant qu'il y a au fond du coeur une perle préscieuse à faire découvrir.

 

vendredi, 26 juillet 2019 14:58

La foi.

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aujourd'hui, au Québec, nous célébrons la fête de Sainte Anne priée avec beaucoup de foi dans notre milieu. Ceci m'amène à méditer sur la foi en sirotant mon café. Bien des gens me disent ne plus croire en rien et moi je me dis que cela est faux. C'est quoi la foi? Cela ne se définit pas, mais se vit. Si je prends un jeune enfant, je le place sur le coin d'une table, sa maman se recule et lui tend les bras, l'enfant va se jeter dans le vide sachant bien que sa maman va le saisir, ne le laissera pas tomber. Si je fais la même expérience et que je tends les bras, l'enfant  ne bougera pas et va pleurer parce qu'il a peur. Il ne me conait pas. La foi nait d'une expérience avec quelqu'un. Cela ne vient pas d'explications ou de formules apprises par coeur. J'ai foi en mes parents, en un ami, j'ai donc foi en Dieu. C'est à partir d'une expérience de vie que je grandis dans la foi. La foi n'est pas des croyances, elle est un mouvement intérieur qui nait d'une rencontre vraie. Cette expérience de foi fait naitre un engagement. L'expérience de l'aveugle guérit dans l'Évangile fait que l'homme se met à la suite de Jésus. Abraham part de Ur en chaldée vers Canaan sur l'inspiration de Dieu. Il se lance dans le vide, dans l'inconnu parce que son expérience de Dieu lui permet cette démarche. Si je n'ai pas la foi en Dieu, c'est que je ne connais pas Dieu, et c'est souvent la connaissance qu'on m'en a donnée que je rejète. Notre foi grandit, s'approfondit comme fruit de notre expérience de Dieu. L'enfant qui a foi en sa mère ne pose pas de questions, il se lance dans le vide.

On dit souvent aujourd'hui: les gens surtout les jeunes ne croient plus, ils ne viennent plus à la messe, faudrait sans doute nuancer. Il faut distinguer entre pratique religieuse et foi. La foi est un mouvement intérieur qui conduit à la célébration de la foi dans la liturgie. Quand la pratique devient obligatoire et souvent routine, elle ne nourrit plus la foi et c'est cela que souvent les chrétiens et surout les jeunes contestent. Alors en cette fête de Sainte Anne, questionnons notre foi: Sommes-nous des êtres de foi ou de croyances? Laissons la vie nous éclairer.

jeudi, 25 juillet 2019 14:25

Créer...

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Je ne comprends plus ce qui se passe dans notre monde et dans notre Église. On dirait que notre capacité de créer est disparue et que nous sommes figés dans la routine. Nos églises sont vides, plusieurs sont désaffectées et servent à d'autres fins, les chrétiens sont dispersés à la recherche de valeurs et de sens à la vie. La puissance de l'Évangile et de l'Esprit semble éteinte. Je sens de plus en plus un retour vers d'anciennes pratiques que nous avons délaisées parce qu'elles ne répondaient plus aux besoins des chrétiens d'ici. Un bon monsieur écrivait: "On ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arrière; on ne peut la vivre qu»'en regardant en avant." En regardant en arrière, je comprends que les vieilles pratiques religieuses qui fonctionnaient hier sont abandonnées, c'est qu'elles ne répondent plus aux besoins spirituels des chrétiens. Fort de cette expérience j'essaie de créer des activités qui nourrissent la foi aujourd'hui et pas seulement de quelques vieillards aux cheveux blancs. Où est passé la force de l'Esprit Saint? Chaque fois que je vais en paroisse, je vis souvent de grandes déceptions, je me sens nettement dépzassés parla vie d'aujourd'hui  et incapable d'y répondre. Je me questionne beaucoup sur ma raison d'être comme prêtre et je crois qu'il y a là une piste de réflexion urgente. Mgr Durocher écrit: "Le ministère des évêques et des prêtres n'a donc qu'une seule raison d'être: permettre le plein épanouissement du caractère baptismal et chrismal des chrétiens et des chrétiennes qu'ils sont appelés à servir." Le baptême nous confirme au Christ comme fils de Dieu et la confirmation nous confirme au Christ envoyé en mission. Faudra bien qu'un jour nous nous assoyons ensemble pour méditer ces réalités. Mais je serai sans "doute mort, mes frères."

 

mercredi, 24 juillet 2019 13:52

Pourquoi.

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Ma réflexion me vient ce matin d'une question qui m'est souvent posée: Pourquoi quand tu ne présides pas l'Eucharistie, tu t'assois souvent dans la nef et non au choeur avec ton aube? Cette question me vient surtout des prêtres. C'est une habitude que je vis depuis 50 ans. Ma réponse est simple et je ne veux convaincre personne seulement dire ma conviction. On m'a répété à satiété que nous présidons l'Eucharistie et que le peuple célèbre. Alors premièrement quand je ne préside pas, je m'assois avec les célébrants et non en avant. J'ai toujours détesté présider dans le choeur au dessus de la tête des gens. J'aime mieux être au coeur du peuple pour rassembler; être avec eux et non au dessus d'eux. Être dans la nef me fait comprnedre mieux ce que vivent les gens comme spectateurs d'une activité religieuse. Alors quand je préside, je suis plus attentif à la participation des chrétiens dans l'activité liturgique. Dans la nef, je réalise aussi qu'il y a beaucoup de bla bla  dans nos célébrations qui ne laisse pas grand chose au coeur. Je réalise mieux combien c'est difficile de faire homélie pour nourrir la foi et la vie chrétienne. Et je me dis quand je fais homélie, qu'est-ce que je laisse aux chrétiens comme nourriture spirtuelle. Pour moi, être dans la nef, c'est me retremper dans mon rôle de pasteur, rassembleur d'une communauté en vue de l'accompagner dans sa croissance spirituelle. Ceci me permet de mieux ajuster ma présence quand je suis dans une fonction de présidence ou de rassemblement. Est-ce que dans la nef avec les chrétiens, je suis encore prêtre, je suis encore en état de célébrer? Est-ce que je dis encore ma messe comme celui qui est au choeur en aube? Autant de question que je laisse aux savants.

 

dimanche, 21 juillet 2019 17:08

Une interrogation.

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Hier, assis dans le choeur de l'église durant la célébraiton des funérailles d'un jeune décédé accidentellement à 14 ans, je regardais tous ces jeunes présents à côté de leur ami et je lisais dans leur yeux comme dans ceux des parents une question: Pourquoi. Pourquoi cela est-il arrivé? Pourqui est-il venu le chercher? Un jeune me disait: C'est tout mêlé dans ma tête, je ne sais plus. J'écoutais notre célébration se dérouler et en moi montait cette réflexion: Nous sommes loin, nous sommes étrangers à ce qui se vit devant nous. Je me sentais comme célibataire et habitué à ces célébrations combien j'étais loin du vécu de ce monde rassemblé. Ces gens avaient besoin de quelque chose qui parle au coeur, qui comprend leur détresse et nous leur servions un plat cuisiné depuis des centaines d'années. J'aurais voulu que comme prêtre, nous descendions du CHOEUR pour être au COEUR de la vie avec eux. Ces jeunes devant nous étaient dignes dans leur souffrance, ils étaient beaux en dedans. Ils ont fait un témoignage, magnifique parole de Dieu incarnée dans leur vécu. L'un qui l'accompagrnait lors de l'accident a dit: Je suis parti avec lui et je suis revenu seul. Qui va lui faire découvrir qu'il n'était pas seul....

Je pensais au chant de Jacques Michel: Si le coeur te fait mal, si tu ne sais plus rire, si tu ne sais plus être gai comme autrefois, amène-toi chez nous je t'ouvrirai les bras.

Si tu ne peux plus mordre dans la vie qui t'emporte parce que c'est la vie qui te mord trop fort, si tu ne peux plus répondre aux coups qu'elle te porte, amène- toi chez nous. Si tu vois ton bateau  voguer à la dérive, amène-toi chez nous j'aurai du rhum pour toi. SI LES RUISSEAUX SAVENT TROUVER LA MER PEUT-ÊTRE TROUVERONS-NOUS LA LUMIÈRE.

Il me semble entendre la parole de Jésus: Venez à moi vous tous qui peinez sous le fardeau et moi je vous soulagerai. Le Seigneur disait à travers chacune et chacun de nous, venez vous asseoir avec nous, ensemble nous cueillerons la force de traverser sur l'autre rive. Ces gens sont repartis sans une parole qui les touche dans leur vécu. Je sentais la pauvreté de notre Église, pauvreté de notre foi, prisonnière de ses structures. Une grand maman m'a dit: J'aimerais que ces jeunes repartent avec quelque chose qui les nourrit, qui les intéresse afin qu'ils n'attendent pas que ça finisse pour partir. le peuple chrétien sent aussi la pauvreté de notre liturgie dans de tels moments.  Je n'ai plus la force de bâtir, mais je puis encore dire: ça ne marche plus notre affaire.

 

samedi, 20 juillet 2019 14:54

J'ai 90 ans!

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Un jour en 1929, deux prophètes: une femme et un homm, devant un besoin précis du temps: un service d'Église auprês des pasteurs, décidèrent de répondre présents. La communauté des Religeuses Servantes Marie Reine du clergé venait de naitre dans le décor enchanteur du Lac-au-Saumon.

Dieu les regarda et vit que cela était bon.

Refrain: Mon Dieu tu es grand, tu es beau, Dieu vivant, Dieu très haut, etc...

À la suite de ce premier jour de création, l'enfant grandit, les besoins étaient là appelant des ouvrières que l'Esprit envoya tant en Gaspésie que partout au Québec et même à l'extérieur. La lumière du service dans l'amour et l'abnégation se répandaient dans les communautés chrétiennes.

Dieu les regarda et vit que cela était bon.

R.

Un autre jour de création se manifesta dans l'accueil et le soin des personnes âgées. Un autre service d'Église voyait le jour auprès des bibliothèques  vivantes de notre société. Les Servantes de Marie prenaient soin de la vie affaibies  par les années de travail.

Dieu le sregarda et vit que cela était bon.

R.

Un quatrième jour de création fut vécu dans l'envoie  de personnes dans l'action pastorale. Un autre besoin d'Église se faisait jour  et une réponse est venue. Une action vécue au niveau paroissiale et diocésaine.  C'était le signe que la communauté vivait au rythme des besoins de l'Église.

Dieu les regarda et vit que cela était bon.

R.

Un cinquième jour de création se vit présentement, jour où on entre dans son univers intérieur pour en découvrir les richesses. Ce jour merveilleux où nous passons du faire à l'être. Ce jour où nous apprenons à goûter la saveur du vécu bien rempli, du service rendu, de l'amour semé, de la prière égrenée au fil des jours. Jour de deuil aussi où nous devons quitter bien des choses, mais où nous devons apprendre à regarder davantage ce que nous avons acquis, ce que nous sommes devenues plutôt que ce que nous perdons.

Dieu nous regarde et voit que cela est bon.

Aujourd'hui en ce 90 ans d'existence, il s'agit pour nous de laisser monter un chant d'action de grâce pour ces fidèles servantes de l'amour. Devant l'oeuvre accomplie, le silence respectueux parle plus que les mots.

 

 

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