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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

dimanche, 08 décembre 2019 01:38

Un bon moment à savourer.

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Ce soir, une émission de télé le vrai monde m'a ramené des souvenirs délicieux que je ne peux m'empêcher de partager. Grégory charles pésentait des étrangers venus travailler ou vivre ici et il y avait des vietnamiens. Et je suis retourné 35 ans en arrière. J'avais accueilli au presbytère des soldats vietnamiens qui avaient fuit l'armée au temps ou leur pays était envahi par les communistes. On les applait les "boot people".

Je les vois encore descendre de l'avion à l'aéroport de Mont-Joli; ils n'ont pour seul bagage que le linge qu'ils portent: une chemise mince, un pantlaon et des souliers pas de bas. Pour nous la température était bonne, mais eux grelottaient comme feuille au vent d'automne. Nous sommes arrêtés en route pour leur acheter des vêtements chauds afin qu'ils soient confortables.  Un stagiaire vietnamien qui se préparait à devenir prêtre logeait au presbytère et cette présence m'a facilité les premiers jours d'apprentissage.

L'un est demeuré un an avec moi et l'autre deux ans. Les cours de français à l'école des adultes leur a permis de se débrouiller rapidement. Ils nous racontaient des choses vécues dans l'armée communiste. Un soir qu'ils étaeint en route vers le Laos, l'armée avait compé en forêt près des frontières du Laos et ils entedaient les cris des prisonniers vietnamiens que l'on dépeçaient vivants afin d'apeurer les autres et qu'ils rebroussent chemin. Ils se disaient: demain, ce sera peut-être notre tour.  L'armée les poussait toujurs en avant. ALors en faveur de la nuit, ils ont fuit l'armée vers un camp de réfugies en Thaïlande. C'est de là qu'ils sont arrivés au Canada.

Un jour, l'un D'eux reçoit une lettre du Viet Nam, il dit: c'est ma  mère. Il disparait dans sa chambre. Il n'avait pas reçu de nouvelles de sa famille depuis cinq ans et il ne savait pas ce que cette lettre lui réservait comme nouvelle. Mais tout était bien chez lui. L'un est parti à Vancouver chez des amis pour travailler et l'autre est allé à Montréal pour travailler avec des amis vietnamiens.

J'ai gardé de cet événemenmt deux leçons importantes. D'abord la joie dans les yeux de ces jeunes qui se sont sentis libres et aimés. Réalités qu'ils avaient perdues depuis l'invasion communiste de leur pays. Je les ai aimés comme s'ils étaient ma propre famille. Une deuxième leçon fut la grande générosité des gens d'ici qui m'ont aidé financièrement.  Des marchands de vêtements les ont habillés pour l'hiver. Ce fut un moment de bonne rigolade quand ils se sont vus dans le miroir habilés pour le pôle nord. Un matin, j'étais dehors près du presbytère, une voiture s'arrête et le monsieur me donne une enveloppe: C'est pour t'aider à prendre soin de tes garçons, me dit-il. Et il repart. J'ouvre l'enveloppe, elle contenait dix billets de cent dollars. Cette générosité des gens d'ici, j'en ai été témoin et même profité très souvent dans ma vie en paroisse.

Quand ces souvenirs remontent en moi, c'est l'occasion d'un moment d'action de grâce. Le Seigneur m'a comblé et j'ai mieux compris qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir. Accueillir des gens d'ailleurs, c'est difficile à la fois pour nous et pour eux. La seule voie possible est d'accepter la différence et de nous aimer comme ça. Un vieux proverbe disait: Il est plus facile de sortir un gars de la campagne que de sortir la campagne du gars. La même chose est vraie pour un vietnamien, un africain.... Mes vietnamiens ont du apprendre à vivre en québécois mais ils sont restés vietnamiens.

 

vendredi, 06 décembre 2019 14:27

L'Évangile féminin.

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Ce matin, six décembre, où le souvenir du drame de la polytechnique revient nous hanter, je me permets de méditer une page d'Évangile qui me nourrit depuis quelques jours. Elle est inspirée du livre du Père Arnold: Dieu derrière la pote, P.177 ss.

Nous parlons beaucoup de l'option de Jésus pour les pauvres et les mal gommés de la société. Cependant Jésus a fait  une option fondamentale pour la place des femmes dans la société, il a bousculé les traditions patriarcales de son temps et nous n'en parlons presque pas. L'Évangile de Luc est un exemple percutant à ce niveau. Le drame de la polytechnique serait peut être une occasion pour se tourner vers ces passages de l'Évangile.

Le texte de l'Annonciaiton dans Luc est percutant. Marie décide seule devant la parole de l'ange d'accepter le projet de Dieu. Elle est fiancée, mais ne s'occupe pas de Joseph. Il est peinturé dans le coin. Ceci est inconcevable dans leur tradition, c'est briser une tradition patriarcale séculaire. Si nous clignotons vers Mathieu, c'est Joseph qui est mis en évidence et Marie est la petite soumise. La décision de Marie en Luc devrait provoquer  pour elle l'exclusion sociale et religieuse et même la mort. Cette décision de Marie l'élève au même  rang de dignité que les hommes. elle devient servante du Seigneur comme le furent Abraham et Moïse ... Ceci nous conduit à une nouvelle conception du féminin et empêche de réduire la femme au foyer pour élever des enfants. elle n'est pas seulement  épouse et mère, elle est FEMME d'abord, elle est une personne humaine créée à l'image de Dieu. Nous avons sans doute trop réduit Marie à un rôle de priante, les mains jointes et les yeux fermées. Elle est la femme forte de l'Évangile qui brise les tabous du patriarchat et secoue dans sa base même le préjugé masculin.

L'épisode de la "prostituée" qui entre chez Simon pour baigner les pieds de Jésus, Lc 7, 36, nous questionne aussi. Nous avons mis l'accent sur le pardon que Jésus accorde à cette femme. Pourquoi n'y verrions-nous pas une amante qui vient briser les tabous masculins. elle est un témoin de l'amour qui se permet de briser les traditions patriarcales pour nous enseigner notre relation avec le Seigneur. Là où les hommes voient une prostituée, Jésus voit une amante qui dit son amour sans gêne et nous conduit sur ce même chemin. Jésus accueille cette femme et lui redonne sa dignité de femme et de personne humaine et Il nous dira le jeudi saint: Faites ceci en mémoire de moi. 

Une autre occasion forte est la présence des femmes au tombeau le matin de Pâques. Alors que les disciples sont enfermés à Jérusalem comme un groupe d'adolescents peureux, les femmes vont au tombeau découvrir et révéler la résurrection face au scepticisme de ces messieurs possesseurs de la vérité. Lc 24, 22-23. Écoutons-les: "Certaines femmes qui sont des nôtres sont venues nous dire que des anges leur avaient dit que Jésus Était ressuscité." Mais peut -on se fier à des paroles de femmes? Jésus a pris une option fondamentale pour la place de la femme dans l'Église et la société ....

La visite de Jésus chez Marthe et Marie en est un autre exemple significatif.  Marie est assise au pied de Jésus. C'est la place et l'attitude du disciple pas celle des femmes mais celle de l'homme. la place des femmes est celle de Marthe qui prépare le repas et fait le service. Marthe veut rester à la sacristie pour préparer la liturgie alors que Marie devient disciple et témoin du Christ. Jésus veut redonner la dignité de disciple à cette femme et à toutes les autres après elle. La meilleure part que Jésus annonce est cette dignité de disciple inaugurée par Jésus de Nazareth.  Cette dignité de disciple n'était réservée qu'aux hommes.

Si nous apprenons à lire l'Évangile dans cette optique, nos mentalités pourraient chager, du moins je le souhaite. J'ai eu une femme comme mère; dans mon ministère, j'ai été marqué par des présences de femmes comme compagne de travail, J'ai découvert un intérêt pour la Bible grâce au travail de biblistes féminins qui ont ouvert des chemins nourrisants et motivants. Quand je relie des écrits contemporains dans la société et dans l'Église, je suis un peu gêné pour toutes ces femmes. Si je regarde ce qui se passe aujourd'hui encore dans notre monde, dernièrement nous avons suivit un reportage sur Mme Casgrain la première députée au Québec, le souvenir du six décembre 1989, sont encore des questions posées à notre mentalité ecclésiale. Où est passé le message de Jésus?

 

jeudi, 05 décembre 2019 15:41

Merci.

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Hier soir, à ue émission télé, une jeune femme est venue porter témoignage de son vécu. Enfant de la DPJ, elle a vécu une enfance difficile, maintenant guérie de ses blessures, elle vient s'engager pour aider les enfants malheureux à vivre une enfance plus souriante. Elle s'est engagée avec une fondation  à côté des services communautaires à donner de l'amour aux enfants  malheureux. Elle sait de quoi elle parle quand elle affirme que les enfants on d'abord besoin d'amour. Abandonnée à la DPJ, alors qu'elle criait maman, celle-ci lui répond: Je ne suis plus ta mère. Comment un coeur d'enfant peut recevoir une telle sentence. Ce matin, je veux dire MERCI à l'esprit Saint de susciter de ces pasteures et pasteurs dans notre société pour panser les coeurs endoloris. Quand je prie pour les vocations, c'est pour celles-là que je prie d'abord. Cette dame, hier soir, est un exemple parmi tant d'autres qui surgissent aujourd'hui dans notre monde et dont on ne parle jamais.

Ce matin, c'est la grande guignolée des médias. Ce grand mouvement de solidarité à la veille de Noël avec les familles dans le besoin est aussi un signe que l'amour et la ccompassion sont toujours bien vivantes au coeur de notre monde. Là aussi je dis MERCI à l'Esprit Saint de faire naitre ces coeurs généreux qui vont poser des étoiles dans les yeux des enfants à Noël.

Cependant, je n'ai pu m'empêcher de me regarder dans le miroir. J'ai été un peu gêné. Comme prêtres, nous sommes obligés de mettre l'accent sur l'argent pour chauffer nos églises. Les paroissiens se divisent souvent face aux regroupements des fabriques. Comme retraité, j'entends rarement parler du soutien des familles endolories par la pauvreté, la souffrance, les deuils. Nous parlons beaucoup plus des rites à respecter. Quand je vois tout ce qui se fait dans la société pour améliorer la qualité de vie des gens, je me pose des questions sur notre présence ecclésiale. Est-ce que le fait que nous sommes célibataires logés dans de beaux édifices ne nous  a pas éloignés et rendus  étangers à la vie des familles? Le Pape François invite à écouter le cri des pauvres, à être contemplatifs du monde; quand j'entends la dame hier soir, je me dis: c'est cela qu'elle fait. Elle le fait parce qu'elle  connait le problème.  Pour moi, elle et tous ceux et celles qui lui ressemblent,  vivent l'Eucharistie et la mission donnée par le Christ le jeudi saint au soir, alors que moi, je me contente de l'adorer et de la célébrer.   Si je suis un retraité qui s'amuse à vieillir, je suis aussi un retraité fortemant questionné par notre vie d'Église et je crois, que nous prêtres,   avons peur d'aborder les vrais problèmes.

Je suis là ce matin dans mes mercis et mes questions.

vendredi, 29 novembre 2019 14:47

Une parabole.

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Une parabole est toujours d'actualité. J'en tire une ce matin d'un livre: La mission de l'Église au tournant de l'an 2000, P. 230, Marc Girard. qui m'apparait actuelle tant dans la saison que dans la vie personnelle et d'Église. Un flocon de neige qui ne fait pas le poids.

Au temps de «noé, une colombre et un corbeau était sortis de l'arche. Après tant de millénaires d'histoire, la colombe blanche, réputée symbole de la paix, en était venue à voir tout en noir à force de constater l'escalade des conflits et des guerres. Le corbeau noir, lui, trop fier et trop gêné pour revenir à l'arche le bec vide, avait déguerpi pour de bon vers le grand nord. Et là, désoeuvré, il s'était mis à observer les flocons de neige qui tombaient sur une branche d'arbre. Le vieux sage s'est mis alorss à voir tout en blanc. Après toute  cette éternité, il retrouve la colmbe déprimée et lui raconte simplement ce qui suit: "Tout à coup, quand s'ajouta le 3 517 925 flocon, crac! la branche s'est cassée. Après bien des secousses d'hésitation, la colombe a eu un flash. Elle comprend soudain que, face à la branche solide qu'est la guerre, ou la menace nucléaire, la tortue, la chicane, l'alcoolisme, la  montée des divorces ... un groupe de pauvres, de sans-voix, de démunis qui, tranquillement, patiemment et sans violence, se tiennent ensemle, a la capacité de faire craquer tous les germes de division et d'injustice qui nmenacent l'équilibre de la planète.

La morale de cette histoire? Lieu de solidarité sociale et spirituelle, l'Église des petits et des débâtis a un poids beaucoup plus grand que certains naturellement sont portés à le penser.

En méditant cette parabole, je repensais à tous nos beaux projets de pastorale que j'ai vécu pendant des années et qui sont disparus alors que de petites pousses toutes fragiles se font jour dans nos communautés chrétiennes et semblent pleines de santé.  C'est l«'enseignement de Jésus.

 

jeudi, 28 novembre 2019 15:35

Différence ...

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Ce matin, j'entendais une députée à l'assemblée nationale qui se plaignait d'intimidation. Nous parlons beaucoup de violence faite aux femmes, même on parlait de la couleur de la peau d'une candidate à la direction d'un parti politique. Nous parlons aussi de parité -autant d'hommes que de femmes- dans le secteur publique ou politique. Même nos Églises demeurent des sociétés patriarchales de célibataires. Il me semble que nous vivons actuellement un problème profond qui remonte au texte de la création dans la bible.

Le problème, il me semble, n'est pas la parité ou le nombre égal, c'est la reconnaissance des différences et la complémentarité des personnes. Notre problème en société comme en Église est de reconnaitre la valeur et l'importance des différences. Le problème de la chûte au Paradis terrestre est cette difficulté de reconnaitre la différence des personnes, non seulement un différente physique, mais une complémentarité au niveau de l'être. N'y a-t-il pas une mauvaise interprétation du texte qui a conduit à une fausse compréhension des différences? C'est toute notre conception du masculin et du féminin qui est à revoir. Le Père Arnold nous invite à une théologie des différences, Mme Suzenelle à la suite de bien d'autres théologiens et théologiennes nous invite à une théologie de la complémentarité. 

Il y a là une piste de réflexion urgente où notre Église devrait être à l'avant garde pour contester cette vision de société patriarchale et qui pourrait conduire à réparer une injustice non seulement à l'égard de femmes, mais peut être "aussi à l'égard du Créateur", et je le dis avec une petite crainte.   Nous vivons une époque extraordinaire qui nous invite à redonner à chaque personnes la place importante qui lui revient à parrir de son être profond. Le Père Arnold dans son livre "Dieu derrière la porte" nous ouvre vriament une porte dans ce sens.

 

lundi, 25 novembre 2019 14:53

J'ai fait un rêve.

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Cette nuit, j'ai fait un rêve. Je ne me prends pas pour Martin Luther King. J'ai fait un rêve en deux temps et je me suis amusé à l'interpéter un peu comme Joseph dans la Bible.

Je partais porter la communion dans un centre de personnes âgées. en route, je m'arrête chez quelqu'un faire une commission. Au sortir de la maison ma voiture est glissé un peu de côté, avec de l'aide nous la remettons sur la route et je continue mon chemin. Je m'éveille.

Le sommeil revient et mon rêve continue. En route j'arrête encore une fois chez un ami et à ma sortie de la maison, ma voiture est glissée dans un fossé et sur le toit, les quatre fers en l'air, comme on dit. Je m'éveille de nouveau. Une question m'est venue: Qu'est-ce que je vis présentement que mon subconscient me ramène. J'essaie donc d'analyser.

Au fil des jours précédents, j'ai fait une constatation. Je prenais conscience que doucement dans notre Église par divers prise de position qui dénote une mentalité, nous repoussions un peu plus les chrétiens dans la sphère de l'exécution en les éloigant du partage de décision et de responsabiltié. Le cléricalisme comme dit le Pape François prenait plus de terrain  et beaucoup de chrétiens m'interpellaient devant cette menace exprimant leur déception et leur souffrance. La voiture de mon rêve glissait doucement jusqu'au moment où elle était sur le toit; c'est à dire que les roues -les chrétiens- sont moins nécessaires puique c'est le toit- le pouvoir clérical- qui mène. Un curé m'a dit un jour devant les réactions des chrétiens: S'ils ne sont pas contents qu'ils restent chez eux.   Nous sentons l'église se refermer doucement sur elle-même comme un coquille en train d'étouffer. Le tournant missionnaire ....

C'est ce que je vis présentement et que mon subconscient a fait remonter en moi. L'Évangile de dimanche prochain, premier dimanche de l'avent, nous invite à l'espérance dans la naissance d'un monde nouveau.

 

mercredi, 20 novembre 2019 14:50

Peur ou fécondité

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Un Monsieur riche partit en voyage et donna des sous à ses serviteurs pour faire fructifier. Les uns les firent fructifier et l'autre l'enterra par peur de le perdre. Lc19, 11-28. Ce texte de Luc me renvoie à notre liberté intérieure. Est-ce que dans ma vie spirituelle j'agit par souci de fécondité ou par peur ou manque? Jésus nous dit en »Marc: le royaume de Dieu est en vous. Pierre nous révèle dans sa 2e lettre: "La puissance divine nous a fait don de tout ce qui est nécessaire à la vie." 2 P. 1, 3. La vie divine en nous contient tous les dons nécessaires à notre vie chrétienne. Notre façon de les utiliser et d'en vivre doit être animée par cette volonté de croissance. Faire croitre en nous ces dons au service du royaume de Dieu. Il nous est demandé de faire grandir la fécondité de notre être.

Nous sommes appelés à être positif. Trop souvent nous partons du négatif pour se convertir. Les gens de la parabole en Luc ont fai fructifier ce qu'il possédait et il s'est multiplier. L'un était négatif, il avait peur, et son don est resté sans progrès. C'est l'image de notre vie spirituelle. Nous avons l'impression souvent d'être bon chrétien si nous avons fait beaucoup de pratiques, de prières, de dévotions qui laissent trop souvent un vide parce que ce sont des choses extérieures à nous et qui ne font pas grandir. Ce n'est pas l'activisme qui compte mais la fécondité. Nous avons peut être oublié cette dimension essentielle dans notre vie d'Église. Nous mettons l'accent sur les activités extérieures, les pratiques de rituel, qui nous laissent insatisfaits, qui laissent un vide en dedans. 

On me disait quand j'ai étudié la liturgie que le rite d'ouverture de la messe était là pour nous placer en présence de celui qui nous avait convoquer à la célébration. Prendre conscience ensemble de la bonté et de l'accueil comme de la grandeur du Christ Jésus qui nous invite à ce rassemblement d'action de grâce. C'était un rite d'ouverture. Rapidement il est devenu "le rite pénitentiel". Nous sommes descendus vers nous au lieu de monter en action de grâce et prendre conscience de la divinité qui nous habite et qui nous rassemble en communauté.

Nous sommes davantage dans une vie de performance que de fécondité. Nous nous attachons au nombre de prières plutôt qu'a la richesse de la prière. Parfois je vais négliger des rencontres avec les gens pour satisfaire mes règlements de ferveur. Les chrétiens sont partis avec un vide spirituel, en recherche de valeurs et de sens à la vie et nous visons le retour à la pratique et non la fécondité de la vie chrétienne au quotidien. Nous sommes toujours dans cette vie de performance et non de fécondité. Derrière cela il y a un manque de liberté intérieure qui me fait obéir à des normes et des pratiques plutôt que de rendre ma vie spirituelle féconde selon l'Évangile. Nous avons davantage appris à obéir qu'à devenir fécond. Nous avons tout ce qu'il nous faut, nous dit Saint Pierre, il s'agit de bien l'utiliser. 

Une question majeure pour nous est de se libérer de ces structures intérieures héritées de notre histoire pour retrouver la liberté de l'Évangile. Apprendre à vivre, prier et célébrer non POUR mais PARCE QUE.  Je ne vais pas à la messe pour avoir des grâces ou pour prier pour mes parents défunts, comme on le fait beaucoup aujourd'hui. Je vais à la messe parce que je suis un être de communion, en communion avec mes soeurs et frères et avec mon Seigneur et j'ai le goût de célébrer cette réalité. Je prie parce que je suis un être spirituel et j'entre en relation avec ce divin qui est en moi. Dans la vie ordinaire, je ne vais pas visiter mon père pour avoir de l'argent ou pour autre chose, je le visite parce que je suis son fils et que je l'aime et qu'il m'aime. Cet amour m'habite et je le fais grandir. Il en est de même dans ma vie spirituelle.

Dans le contexte de société où nous vivons, où l'accent est mis sur la performance,  où chacun est jugé selon son rendement, ne serait-il pas intéressant ou urgent de développer cette dimension de fécondité dans nos vies? Ne serait-il pas intéressant de mettre moins l'accent sur le mea culpa que sur l'alléluia? Je me souviens quand j'étais jeune, le curé avait un appareil au confessionnal pour compter le nombre de confessions et le premier de l'an, il nous donnait les statistiques. Et si une année le nombre avait diminué, nous avions droit à une semonce. Le tournant missionnaire nous invite à cette démarche de libération des schémas qui emprisonnent notre liberté intérieure pour devenir fécond comme nous le dit le texte de la création: "Soyez féconds" de cette fécondité de l'esprit, du coeur, de l'intelligence pour remplir la terre d'amour et de tendresse.

Inspiré du Père Anselm Grün: Conquérir sa liberté intérieure.

 

lundi, 18 novembre 2019 15:40

Un mot de la France.

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PROMESSE D'ÉGLISE,     Tel est le titre qui coiffe  l'expérience  née en France et regroupant  actuellement 40 organismes et associations de fidèles accompagnés de deux évêques français Ce mouvement d'Église veut donner suite à la lettre au peuple de Dieu du Pape François écrite en 2018. Dans cette lettre le Pape faisait référence aux scandales de la pédophilie qui a traversé l'Église. Il dénonçait ces abus et faisait un lien avec les abus de pouvoir et de conscience. Il appelait les chrétiens à réagir contre le cléricalisme dont nous sentons une remontée inquiétante aujourd'hui. Il mettait de l'avant certains thèmes comme l'égale dignité des pabtisés,  la relation de confiance entre les prêtres et les chrétiens, la volonté de faire évoluer la gouvernance de l'Église et la synodalité. Alors des chrétiens et des mouvements religieux se sont mobilisés pour répondre a cette demande du Pape dans un engagement de réflexion et d'.action accompagnés d'Évêques et de  théologiens.

Ces chrétiens au lieu d'entrer chez eux en silence ont décidé de prendre la route de la réflexion et ils ont fait une intervention à l'assemblée des Évêques de France le 6 novembre dernier. Leur souci est de contribuer " à ce que l'annonce de l'Évangile reste une bonne nouvelle audible et crédible dans notre société." Ne serait-ce pas là un clin d'oeil de l'Esprit qui agit au coeur de notre Église et qui nous donne un regain d'espoir? Le renouveau de l'Église viendra surement de ces efforts sur le terrain de baptisés qui aiment assez l'Église pour prendre des risques et devenir à l'exemple du Christ des chahuteurs de l'Évangile et de la tendresse de Dieu. Nous en reparlerons.      

 

dimanche, 17 novembre 2019 18:41

Pourquoi sommes-nous ici?

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Vendred dernier, j'étais assis dans l'église paroissiale regardant se dérouler les funérailles d'un homme engagé dans le milieu. L'église était presque remplie. La question m'est venue: Pourquoi suis-je ici? Pourquoi tout ce monde est-il ici? J'étais là par amitié pour cet homme et sa famille, j'étais là par reconnaissance de tout ce qu'il avait réalisé dans notre milieu parroissiale et diocésain. j'étais là comme chrétien pour être en communion avec cet homme dire merci de son passage au milieu de nous. Il était un homme de communication, un rassembleur et la communauté était là. Je me disais: quand nous avons des raisons de nous rassembler, les gens sont là. J'ai tout de même regretté que notre célébration ne tienne pas compte du vécu de cet homme, de l'héritage qu'il laisse derrière lui à ceux et celles qui lui succèdent pour le célébrer; e nous avons fait un rite chargé de sens mais complètement inadapté.

Ce matin, je participais à un déjeuner communautaire avec de bons oeufs, jambon et roties. La joie trottait sous le toit de la salle et se déroulait dans  un partage bruyant et communicatif. J'y suis allé non seulement pour manger, mais aussi et surtour pour rencontrer les gens, fraterniser et raffermir des liens. La majorité des gens présents étaient là aussi pour les mêmes raisons. Près de moi, un monsieur qui garde des personnes blessées dans leur santé, faisait manger quelqu'un qui ne pouvait le faire lui-même. C'était beau. Cependant la forme de rassemblement était ajustée aux besoins des personnes er permettait la communion entre nous. Lors d'un porchain déjeuner, nous serons encore là. 

Pourquoi le repas eucharistique ne rassemble pas et ne donne pas le goût de revenir? Est-ce que ce que nous mangeons n'a pas autant de valeur que les oeufs et les patates? Pourquoi ces rassemblements ne donnent pas le goût de "revenez-y?" Pourquoi notre foi n'est=-elle pas assez forte pour se créer des rassemblements qui rassemblent? Nous sommes fait à l'image et ressemblance de Dieu et Dieu est créateur, alors .....

 

jeudi, 14 novembre 2019 15:39

Le règne de Dieu est ici.

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Le règne de Dieu est ici, il est là, n'y allez pas dit Jésus. Luc 17, 20-25. En méditant ce texte, bien des souvenirs sont remontés en moi. Depuis Vatican 11 et la Révolution au Québec, nous avons trouvé le règne de Dieu ici et là. Il y a près de 50 ans, nous avons transformé un peu la structure diocésaine avec la mise en route des zones pastorales, des comités pastoraux de zone et de paroisses faisant une place plus grande aux chrétiens dans la vie de l'Église. Nous croyions que le  règne de Dieu était là.  Nous ne l'avons pas trouvé.

Quelques années plus tard, nous avons mis en route les secteurs pastoraux avec des équipes de secteurs et en paroisses. Il ne s'agissait plus de comités pour aider le prêtre, mais d'équipes qui devaient être responsables avec le prêtre de la vie de la communauté. Cette fois, le règne de Dieu était là. Nous ne l'avons pas vu,

Nous avons favoriser des temps de formation ici comme ailleurs tant au plan biblique que théologique: grandir dans la foi, les sessions à Pierrefonds pour les prêtres, etc ... Le règne de Dieu était là. Nous ne l'avons pa vu.

Nous avions mis l'accent sur la structure, un peu comme le cuisinier qui change les épices pour changer le goût de ses aliments. Nous avons continué de gérer la décroissance. Mgr Dumais nous rappelait parfois l'importance de revenir au sens de l'Église et des différents ministères, tant ceux du baptême que des minstères ordonnés. Nous étions au niveau de la fonction et non du sens. Le règne de Dieu n'était pas là.

Aujourd'hui nous sommes un peu plus acculés au pied du mur. Les plus jeunes nous interpellent à descendre au niveau de la vie, du sens des ministères en Église; ils nous interpellent à découvrir avec eux la présence du Christ ressuscité dans leur vie et à vivre des célébrations nourrissantes pour leur vie. La société et la vie nous interpellent à découvrir le sens de notre ministère presbytéral qui est service des minstères et charismes du baptême. L'Évangile de ce matin nous invite à ne pas chercher le règne de Dieu là où il n'est pas, mais à le découvrir dans le coeur et la vie des chrétiens, dans ma propre vie. Si je ne l'ai pas découvert en moi, je ne pourrai jamais le faire découvrir aux autres. Je le chercherai à l'extérieur et il ne sera pas là. Le Seigneur est en nous; ouvrons grand nos yeux et notre coeur pour le découvrir et en vivre.

 

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