Jos. Deschênes
Une autre bonne lecture.
Nagy Charles Bedwani: De la violence et des jeunes. Médiaspaul. La violence et la radicalisation chez les jeunes sont devenues presque monnaie courante dans notre monde d'aujourd'hui. Nous nous posons la question sur les raisons ou motifs qui conduisent les jeunes dans cette démarche. Le Dr Bedwani nous entraine sur une route de découverte de l'effet des conditions de vie qui changent la "donne" chez bien des jeunes. Cette colère qui vit au coeur de certains jeunes se tournent ou bien contre eux-mêmes et c'est la mutilation et le suicide; ou bien contre autrui et c'est l'intimidation, les blessures ou le meurtre.. C'est une étude intéressante sur cette quesiton qui peut aider nombre de parents, d'éducateurs et de prêtres pour aider à comprendre ce phénomène douloureux. L'auteur donne quelques pistes de réflexion et d'avenir. bonne Lecture.
Une petite méditation
Jésus nous dit dans l'Évangile: "Vous êtes le levain dans la pâte." Au Québec, la pâte s'est transformée depuis quelques années. Elle s'est distancée de la pratique sacramentelle, elle s'est laïcisée. Le levain que nous sommes est demeuré dans la pratique sacramentelle, dans l'église. La question que je me pose: Est-ce que le levain ira rejoindre la pâte ou si la pâte devra revenir au levain? Ce matin, c'est ce qui me trotte dans la tête avec le Seigneur.
Une Église en sortie.
Notre bon pasteur François nous invite à une Église en sortie, une Église des frontières. C'est une démarche de plus en plus nécessaire, mais je suis craintf un peu. Dans nos Églises locales quelle couleur prendra cette Église en sortie. Ferons-nous une démarche de conversion ou de récupération?
La société devant nous est différente et a des besoins différents, des soifs différentes. Il me semble que notre premier mouvement est de s'asseoir avec le chrétien d'en face pour connaitre ses besoins, ses soifs et travailler avec lui à bâtir demain. Actuellement nous partons beaucoup de la structure, du prêtre pour proposer un cheminement aux communautés. Nous voulons assaisonner nos recettes différemment et ça me questionne beaucoup.
Un théologien du Québec faisait une comparaison dernièrement. L'Église du Québec est comme la femme hémoroïse de l'Évangile (Luc 8, 43-50). Cette femme avait rencontrer plusieurs médecins qui l'avaient ruinée et son état n'a fait qu'empirer. Il a fallut qu'elle rencontre Jésus Christ. Depuis la révolution tranquille, notre Église a rencontrer bien des prêtres, religieux et religieuses,des évêque qui ont proposer des projets en pastorale et l'état de l'Église n'a fait qu'empirer. Elle est ruinée à la fois au niveau du capital humain et du capital argent. Elle devra rencontrer le christ de l'évangile et de la vie pour voir son état s'améliorer. Notre mission sera donc de favoriser cette rencontre du peuple chrétien avec le Jésus ressuscité et la spiritualité de vie qu'il propose.
IL me semble aussi qu'il nous faudra passer du leadership au "disciplership". Jésus nous dit: "Allez, faites des disciples." Il me faut d'abord commencer par être moi-même disciple du Christ. Si je ne suis pas disciple, je ne ferai jamais de disciples. Être disciple, c'est mettre ses pas dans ceux du Christ, me placer à son école et faire route avec lui. Si je n'apprends pas à être disciple et à faire naitre des disciples, je ne serai jamais un leader. Voila ami lecteur mes élucubrations, je reviendrai.
Elle est passée.
Une croix qu'on appelle "Croix de l'évangélisation" est passée chez nous. Quelques personnes seulement l'ont rencontrée. Elle est presque passée inaperçue. Qu'est-elle venue faire ici? Que restera-t-il de son passage? Dieu seul le sait et c'est bien comme ça. Cette croix n'est venue que dans les temples et le peuple n'est plus dans le temple. J'ai vu l'image d'une Église "rattatinée" qui regarde passer le train. Je ne veux pas critiquer pour critiquer, je veux simplement prendre conscience combien nous sommes prisonniers de structures et rites obsolètes devant lesquels les gens sont indifférents. A quand le tournant missionnaire? Nous aurions besoin d'une pastorale "scanner".
Marie me dit:
Nous parlons beaucoup aujourd'hui de l'Église en sortie, l'Église du terrain à la suite de notre Pasteur François. Dans cette ligne, Marie me parle aujourd'hui. Écoutons-là.
Marie est une femme libre et nous dirons aujourd'hui une femme dans le vent. Dès qu'elle prend conscience de la présence spéciale de Dieu en elle, vite elle va le porter à Jean. elle est dans le courant d'air de l'Esprit Saint. Elle nous invite en Église à ouvrir nos portes, aérer notre maison Église pour respirer l'air du dehors. Le temps important pour elle est le moment présent, le moment de donner Jésus au monde. Ce qui la transporte est le besoin de partager sa joie avec Élisabeth d'une part de de donner Jésus à Jean d'autre part. Je suis invité à être un pasteur dans le courant d'air de l'Esprit pour faire découvrir Jésus à ceux et celles qui ne le connaissent pas.
Si je regarde Marie en Jean, je découvre une Marie qui fait naitre. Marie était au pied de la croix pour accueillir la vie nouvelle du Christ, elle était là à la naissance de l'Église à la Pentecôte. Elle a fait naitre Jésus à sa vie publique à Cana. elle est là aujourd'hui encore pour faire naitre l'Église d'aujoud'hui et donc de demain. Marie qui exerce la force centrifuge qui la porte vers le monde, alors que trop souvent nous exerçons la force centripète qui nous garde centré sur nous-même.
Marie était aussi femme de la Parole. A l'annonciation comme à sa visite chez Élisabeth elle cite la parole, elle la connait. C'est ce qui lui a permis d'entrer dans le projet de Dieu avec elle. Le renouveau de l'Église ne se fera pas sans ce long cheminement avec le Parole de Dieu. Ce partage et cette communion à la Parole devra se faire en Église, ne communauté. "L'avenir de la mission dans nos diosèses repose davantage, me semble-t-il, sur la découverte et la lente digestion de la Parole vivante de Dieu. Moins on va s'y référer, plus on ressemblera aux disciples d'Emmaüs avant la rencontre de Jésus."
La Parole de Dieu n'est pas d'abord dans un livre, elle est dans notre coeur et elle monte en nous pour éclairer notre présent. Le mois dédié à Marie vient de se terminer et nous nous sommes contenter de dire le chapelet. Nous avons enfermé la Vierge dans une dévotion obsolète dans notre monde et le message de sa vie passe inaperçu.
Notre monde est conduit par le colère, la violence, l'appât du gain, le fonctionnement des systèmes au détriment de la personne humaine. Nous sommes invités à un temps de conversion. Pendant que nous nous amusons avec des mots et des théories, pendant que nous les prêtres nous nous amusons à savoir quelle forme de leadership nous devons exercer, les enfants meurent victimes de la violence, les jeunes filles disparaissent victimes des passions, les pauvres meurent de faim pendant que tant de gens jettent la nourriture. Marie nous invite à nous convertir à la vie, à sortir du corset des lois, des coutumes et structures où nous sommes enfermés pour prendre la route avec elle vers Jean Baptiste. Route du coeur, route de la liberté, route de la vie, Route de Jésus Christ.
Inspiré de: La Mission de l'Église au tournant de l'an 2000. Marc Girard.
UN DON À ACCUEILLIR.
On dit souvent qu'il est plus facile de donner que de recevoir. Nous regimbons parfois devant un geste de générosité à accepter. L'Évangéliste Jean nous place aujourd'hui devant le don merveilleux du Père qu'il nous faut découvrir en nous et accueillir pleinement. "Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique non pas pour que le monde soit jugé mais sauvé." Jn 3,m 16-18.
L'évangéliste nous dit que le Père a donné son Fils par amour; il ne dit pas qu'il a sacrifié son Fils, qu'il a voulu qu'il meure sur la croix, mais il nous l'a donné dans un geste d'amour pour que nous apprenions à connaitre le Père et à vivre en enfants bien-aimés de ce Père. Et le plus merveilleux pour nous est que le Jeudi Saint, Jésus s'est donné à ses disciples dans un geste d'amour pour que nous le donnions au monde à notre tour aussi dans un geste d'amour.
La passion de Jésus fut de s'inscrire en faux devant les jugements des hommes sur leurs freres et soeurs, de dénoncer l'oppression des pauvres et des petits de la société, de dénoncer la violence et l'injustice, il est venu sauver les êtres humains de l'oppression et du jugement dans lequel ils s'étaient enfermés. Dans un grand geste d'amour il est venu nous sauver de nous-même qui aimons nous enfermés dans des structures et des lois qui étouffent. Il nous est pour que nous ayons la vie et la vie en plénitude.
Alors le premier mouvement de toute vie chrétienne est de reconnaitre et d'accueillir ce don du Christ Jésus en nous, d'en vivre et de le faire connaitre. Nous aimons beaucoup mériter, la gratuité nous semble difficile. Prions pour mériter des faveurs ou des grâces, faisons des sacrifices pour mettre le Seigneur de notre côté ... prions pour que le Seigneur aide tel malade et pourtant avant même que nous sachions que cette personne est malalde, Jésus était déjà là pour l'aider.
Aujourd'hui la liturgie nous fait célébrer la Trinité. La trinité est cette façon de Dieu de nous rejoindre dans nos besoins et de nous accompagner. Il se présente à nous comme un Père, celui qui donne et fait grandir la vie. Celui qui ne veut pas rester seul et partage sa vie avec d'autres. Celui qui s'est donné un vis-à-vis pour aimer et partager. Il nous donne l'exemple pour que nous soyons aussi des pères, des êtres qui sèment la vie et la fait grandir.
Il se présente à nous comme un fils et un frère. Il est important pour nous d'avoir quelqu'un à notre niveau pour partager et grandir ensemble. La vie de famille est importante pour nous. Il se présente comme celui qui unit et rassemble dans l'amour et l'unité et répond ainsi à notre besoin de fraternité. Les relations d'amitié et de fraternité font partie intégrante de notre vie.
Il se présente à nous comme un Esprit, un souffle qui anime nos vies. Nous sommes greffés, tatoués de l'Esprit même de Dieu. Dans toute vie de famille, il y a un esprit de famille de sorte qu'on dit souvent de quelqu'un, il est vraiment le fils d'un tel ou la fille d'une telle. Il a l'esprit de famille. L'Esprit de Dieu en nous qui nous fait agir en enfant bien-aimé du Père et qui fait dire celui-là est vraiment enfant de dieu.
Ainsi Dieu nous a donné son Fils pour que nous devenions une famille, une communauté et que nous ayons le même esprit, la même passion que le Fils pour les pauvres, les petits, la justice, la miséricorde. Il s'agit simplement pour nous de découvrir qui nous sommes, d'accueillir ce don de Dieu en nous, d'en vivre et de le donner comme Marie. Alléluia.
Notre monde grelotte.
Notre monde a froid. chaque matin, les nouvelles nous présentent de nouveaux épisodes de la vie d'un monde souffrant. Les uns se sont battus à l'arme blanche, d'autres ont tenté un essai de suicide, d'autres se sont fait justice eux-mêmes, mais toujours le même fond de souffrance qui s'exprime. Depuis plusieurs années nous sommes enfermés dans des structures et des systèmes. Nous avons pensé que cela règlerait tous nos problèmes. Mais ils ne font que s'emplifiés.
Comme chrétiens, nous avons joué le jeu de la société et nous nous sommes enfermés dans des structures vidées de leur sens et du souci des personnes. Nous sommmes dans un système chrétien du permis et du défendu. Souvent on m'a dit: tu n'as pas le droit de faire cela, l'Église ne le permet pas. Un jour, un prêtre avait crtiqué un confrère parce qu'il avait fait des choses en liturgie qui n'étaient pas permises par les lois liturgiques. Notre Évêque a écouté religieusement et lui a dit: Et si cela a fait prier les gens, pourquoi ce ne serait pas bon? L'important ést la vie et la foi, la loi est un instrument au service de la vie.
Le monde a froid parce que nous avons oublié les personnes pour nous occuper des rites et des coutumes. Nos gouvernements se sont struturés comme des pelures d'oignons et notre Église a suivit ce modèle. La société du Québec changera lorsque nous aurons décidé de bâtir notre propre société, d'en être les artisans et non d'abord ou seulement les gouvernements.
L'Église du Québec changera lorsque nous aurons décidé faire Église, faire communauté. Le renouveau de notre Église viendra du peuple chrétien, de l'Église de la Galilée et de la Samarie, il viendra des mouvements spirituels qui vont transformer d'en bas, ou il ne viendra pas. Notre monde a besoin de la chaleur de l'amour sans condition, il a besoin d'une oreille qui écoute sans jugement, il a besoin du baume de la charité chrétienne pour cycatriser ses plaies. N'oublions jamais que là où nous voyons une faute à punir, Dieu voit une plaie à soigner et à guérir. Quelqu'un disait hier dans une conférence: Qaund les gens appellent à l'église pour un service, ils doivent recevoir une réponse de pasteur et non d'un bureau de la SAAQ.
Je suis conscient aujourd'hui que le Pape François va changer l'Église par sa façon de vivre la papauté et non par les nouvelles structures qu'il mettra en place. le monde changera à cause de ma façon d'être chrétien et de vivre l'Évangile, La communauté chrétienne changera par ma façon nouvelle et plus évangélique de vivre mon sacerdoce ministériel. L'Église du Christ revivre d'en bas dans la mesure où nous chrétiens l'aurons dans le ventre et dans le coeur. C'est là mon voeu le plus pressant.
Une lecture
Ne renonçons à rien: le livre de la tournée "Faut qu'on se parle" avec Gabriel Nadeau-Dubois, Jean Martin Aussant et compagnie. A la suite de la consultation tenue au Québec, le groupe a publié un regard sur le Québec à partir des propos recueillis. tous les domaine simportants y passent: économie, agriculture, santé, éducation, politique. Un tableau du Québec est brossé avec nuances justesse. Certaines pistes de réflexion sont abordées en vue de l'avenir. Lire ce livre, c'est écouter battre le coeur du Québec.
De la visite.
La croix de l'évangélisation est arrivée en Gaspésie silencieusement sans tembour ni trompette. Que vient-elle faire ici? Je crois qu'elle vient nous rappeler notre mission de faire connaitre le Christ ressuscité.
Cette croix bénite par le Pape Frnaçois vient nous rappeler de recevoir notre mission à la manière de Jésus comme des serviteurs, comme celui qui prend la place du service, qui relève, met debout et fait grandir. Cette croix vient nous redire aussi l'importance d'écoute rla voix du peuple, voix des pauvres, voix de ceux et celles qui ont quitté la pratique sacramentelle et attendent une oreille pour les écouter et un coeur pour les aimer.
Les croix de l'évangélisation vont parcourir le monde en préparation du 5e congrès missionnaire de 2018 en Bolivie. Cette visite devrait être un coup de fouet pour la redécouverte de notre baptême et l'exercice de nos ministères du sacerdoce baptismal.
Évangéliser n'est pas nécessairement convertir pour faire des catholiques qui viennent à la messe, c'est faire découvrir la dimension spirituelle inscrite au fond des coeurs et la faire grandir. La célébration viendra par la suite. L'évangélisation consiste "à se porter vers les autres avec espérance pour découvrir avec eux, dans leurs lieux, au coeur de leur propre existence, les traces du Ressuscité qui toujours nous précède, qui est toujours là incognito." A. Foisson.
Cette visite de la croix sera certes pour nous un temps de réflexion, de méditation, de partage sur notre mission comme chrétiens. J'ai peur que la démarche d'évangélisation comme le tournant missionnaire soit envisagé comme un moyen de récupération pour ramener les gens à l'église et que l'on perde ainsi l'essentiel de cette démarche.
"Que ton Église, inondée de la douce et réconfortante joie d'évangéliser, et fécondée de nouveaux enfants, puisse contempler, reconnaissante la façon dont s'étendent, s'enracinent et se développent la bonté, la vérité et la beauté sous la poussée rénovatrice de ton Esprit Saint." Pape François.
Une rencontre.
Aujourd'hui, 31 mai, la liturgie nous fait célébrer une rencontre entre deux bébés à naitre: Jésus et Jean-Baptiste. En cette rencontre, Jésus confirme la mission de Jean-Baptiste d'annoncer le Messie au monde. Du même coup, il confirme notre propre mission de baptisés. Nous sommes envoyés annoncer Jésus ressuscité au monde.
Hier, un prêtre de paroisse me disait que les jeunes et les parents qui viennent pour la caéchèse ne connaissent pas Jésus Christ. Ça m'a posé une première question; Depuis trois cents ans, les prêtres sillonnent le Québec et les gens ne connaissent pas Jésus Christ? Ce n'est pas très glorieux pour nous. Ils connaissent la religion, la pratique sacramentelle, mais pas le Christ? Et une deuxième question: pourquoi n'allons-nous pas le leur annoncer?
L'épisode de l'Évangile de Luc nous présente la première missionnaire qui n'a pas attendu que le Pape lui dise de prendre le tournant missionnaire, mais va spontanément, poussée par l'Esprit Saint, porter Jésus à Jean. Le peuple de Dieu attend de ces missionnaires capables de les faire tressaillir de joie à la découverte du Seigneur.
Les femmes font la catéchèse, s'occupent de la liturgie, elle essaient de nourrir la vie pendant que les hommes "chiâlent" les gens qui ne connaissent pas le Christ. Marie nous donne l'exemple de l'Église en sortie; une Église de la vie. La croix de l'évangélisation arrive demain en terre gaspésienne. Vivra-t-elle un passage liturgique ou un passage missionnaire? L'avenir nous le dira.
