Spiritualité

Homélies, réflexions et spiritualité

Spiritualité

Jos. Deschênes

Jos. Deschênes

mardi, 06 mars 2018 16:53

Un mot d'amour. Jn 3, 14-21.

"Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique pour que par lui le monde soit libéré." voila le mot d'amour de Dieu pour le monde. Le mot traduit par "sauvé" signifie aussi "libéré" ou "guérit". Jésus est venu guérir le monde de ce qui l'empêche d'accueillir le salut. Voila la Bonne Nouvelle pour nous aujourd'hui.

Et Jésus ajoute:"Afin que tout être humain qui croit en Lui ait la vie éternelle. La vie éternelle n'est pas demain mais aujourd'hui. Nous vivons la vie éternelle aujourd'hui. Certains traduisent: "La vie de l'Éternel est en lui." La personne qui croit au Christ, se met à sa suite,  commence à découvrir cette vie de l'Éternel en  lui et dans les autres autour de lui. Nous ne pouvons pas découvrir Dieu dans les autres si nous ne l'avons pas découvert en nous. Ce sont souvent les pauvres, les mal gommés de la société qui nous  font le mieux découvrir le pauvre de Nazareth.

"C'est alors que nous commençons à voir les autres comme Dieu les voit, à les aimer comme Dieu les aime, et à nous voir et nous aimer comme Dieu nous voit et nous aime," écrit Jean Vanier. C'est cela venir à la lumière du Christ. Cette lumière qui éclaire notre vie et nous fait dépasser les limites pour voir la beauté de l'Éternel en chaque personne.

Celui qui chasse les ténèbres et vient à la lumière, c'est-à-dire celui qui se laisse guérir par le Seigneur voit ses oeuvres bonnes, des oeuvres qui témoignent de la bonté et de l'amour du Christ Jésus. Nous ne venons pas à la lumière parce que trop souvent nous avons peur. Nous  avons peur que nos oeuvres soient mauvaises ou connus comme telles, nous avons parfois des blessures ou des handicaps qui nous paralysent et nous empêchent d'accueillir la guérison  du Seigneur. Peut être aussi n'avons-nous pas connu un Dieu sévère et punitif au lieu d'un Père miséricordieux qui nous guérit et nous libère.

J'aime beaucoup cette traduction de guérir. Ceci nous fait comprendre une facette importnate du sacrement du pardon qui vient guérir notre vie. Jésus ne veut pas que nous restions enfermés dans nos peurs, peur d'être mal jugé, d'être rejeté à cause de nos difficultés ou de notre mal de vivre. Jésus nous invite à venir à la lumière comprendre ce qui nous empêche de vivre des relations enrichissantes ou de voir la vie éternelle déjà commencée en nous.

"Celui qui fait la vérité vient à la lumière afin de manifester que ses oeuvres sont accomplies en union avec Dieu." Si nous découvrons que l'Éternel est en nous, nous pourrons mieux comprendre que nos oeuvres sont faites avec Dieu. Saint Paul nous le rappelle quand il  affirme que c'est par grâce que nous sommes sauvés. (libéres). Nous avons été crées par Dieu en vue d'oeuvres bonnes.

Je bénis, Seigneur, ce dimanche plein de vie et de ta présence et fais que nous soyons sur la route de ce jour la personne que tu veux que nous soyons pour le bien de l'humanité.

lundi, 05 mars 2018 15:23

Se laisser questionner.

"Au temps du prophète Élie, il y avait beaucoup de veuves en Israël et pourtant le prophète fut envoyé chez une veuve étrangère. (...) Au temps du  prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël, mais ce fut Naaman qui fut guérit, un étranger."  Lc 4, 24-30.

Les juifs étaient certes mécontents de voir Jésus se tourner ainsi vers les étrangers, eux le peuple élu. Ça m'a fait penser au frère ainé de la parabole qui état resté à la maison et se croyait avoir tous les droits. Ça m'a fait penser à tous nos bons chrétiens à la messe qui trop souvent jugent les gens selon la pratique sacramentelle. Le Pape François nous invite à devenir contemplatifs du monde et de la Parole. Contemplatif du monde pour en connaitre les besoins, les faims et contemplatifs de la Parole pour avoir la bonne nourriture à donner.

Ce pourrait être un bon jeûne du carême, de jeûner de nos critères d'évaluation de bons chrétines pour contempler le monde pour en découvrir les beautés et les richesses. Contempler le monde pour les aider à guérir leurs blessures afin parvenir à des relations plus humaines et donc plus chrétiennes, plus  évangéliques. Des relations qui ne jugent pas mais accompagent et font grandir.

Dans l'Évangile, ce sont des étranger qui furent guérit. Aujourd'hui si je regarde autour de moi, si j'en juge d'après les critères que l'on m'a enseignés, ce sont des étrangers qui font vivre l'Église sur le terrain, qui animent les oeuvres caritatives dans nos communautés. Hier je participais à un déjeuner communautaire organisé dans ma paroisse et tous ceux qui animaient étaient des étrangers. Ils donnaient du temps pour rassembler les gens, créer des liens de fraternité. Ils étaient comme le Bon Pasteur au milieu de ses brebis. Il y avait là des familles entières, des petits enfants que j'avais baptisés que les parents me présentaient avec chaleur. Je vivais un beau  moment d'Église. Est-ce que ces gens savaient qu'ils faisaient Église? Je ne crois pas. Dans l'Évangile de Mathieu, les gens ne savaient pas aussi qu'ils faisaient Église. Et pourtant Jésus leur a dit: ce que vous avez fait à l'un de ces petits d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait, il aurait pu ajouter: même si vous ne le saviez pas.  Je souhaite donc que notre temps de carême fasse de nous des contemplatifs qui nous permette de voir l'action de l'Esprit, l'action de l'Éternel au coeur de notre monde et que nous arrêtions de juger le monde d'après la pratique sacramentelle. Je bénis ce temps de carême qui nous conduit plus loin.

J'entends mes vieux amis du dimanche me dire: Alors, Jos, ça ne vaut plus la peine d'aller à la messe. Restons chez nous. Mais non, cette situation nous invite à redécouvrir l'Eucharistie. L'Eucharistie est une vie. Ma vie, votre vie est eucharistisque comme celle de Jésus Christ. Cette vie eucharistique je la célèbre en communauté dans le mystère pascal du Christ. Au jugement, le Seigneur ne me demandera pas si je suis allé à la messe, mais si j'ai vécu la messe au quotidien; c'est ma foi. Le lavement des pieds le Jeudi Saint devra nous permettre de mieux comprendre la finalité de l'Eucharistie. C'est mon espérance.

 

mercredi, 28 février 2018 15:24

La passion de Jésus.

Le second Moïse sur la montagne va indiquer clairement sa passion, ce qui le fait vivre. Il donne au monde le contenu de la loi nouvelle. Moïse avait écrit la loi sur des tables de pierre et cette loi était des façons de faire: tu ne tueras, tu ne   ... tu feras ... c'était des commandement. Les hommes étaient là dans leur connaissance de Dieu. Avec les prophètes, ils découvriront la loi inscrite au fond de leur coeur; une loi non plus écrite sur des tables de pierre mais sur des coeur de chair. Avec Osée, ils découvriront un Dieu qui parle au coeur et fiance l'humanité avec lui. "Je la conduirai au désert et parlerai à son coeur, je la fiancerai à moi dans la fidélité ..."

Avec Mathieu sur la montagne, Jésus nous présente la loi conduite à sa perfection. Elle est intérieure à l'homme, elle devient une motivation qui fait agir. Heureux êtes-vous si vous allez sur le chemin de la paix, de la miséricorde,  de la justice, de l'amour, et comme conséquence de votre décision vous connaitrez la joie du fils ou fille de Dieu, vous vivrez  au royaume du Père, etc ... La passion de Jésus fut d'instaurer le royaume du Père, c'est ce qui l'a fait vivre et l'a conduit au Calvaire.

Le disciple du Christ doit aussi être animé de la même passion du royaume. Emprunter le chemin de la paix, du respect des autres, de la charité, de la miséricorde. Mais l'être humain est un être en croissance, c'est chaque jour que nous devons reprendre la route et continuer d'avancer. Le chrétien est un nomade sur la route de la vie qui expérimente chaque jour la beauté de son être. Chaque jour nous devons découvrir le divin en nous, que nous sommes fait à l'image de Dieu.

J'écoute souvent à la télé des gens parler de leur travail, de leur engagement, de leur passion et ça nous donne goût de se lever et de partir à leur suite.  Être chrétien, être enfant de Dieu doit aussi être une passion qui nous habite et donne le goût d'avancer et entraine avec nous. Notre carême devrait être ce moment de notre année où l'on découvre et laisse monter en nous cette passion qui rassemble, fait grandir et donne le goût de la vie. Sommes-nous vraiment rendus au Nouveau Testament?

mardi, 27 février 2018 19:49

Un livre "HUM".

Xavier Thévenot: Avance en eau profonde.Carnet spirituel. Desclée. L'auteur médite cette parole de Jésus à Pierre: Avance en eau profonde et jette le filet. Cette invitation du Christ nous est adressée aujourd'hui encore et cette lecture nous aide à trouver des pistes de réponse.Invitation à se laisser guider par le Christ si nous voulons que la pêche soit fructueuse C'est un livre HUM, faudra y revenir. Bonne Lecture.

mardi, 27 février 2018 15:12

Nous sommes temple de Dieu. Jn 2, 13-25.

"Vous êtes le corps du Christ" a chanté Johmn Littleton. Avant lui Saint Paul avait écrit: "Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit", 1 Cor. 6, 19. Dimanche dernier lors de la transfigfuraiton, Jésus nous invite  à découvrir le divin en chacun de nous. Nous sommes créés à l'image et ressemblance de Dieu nous dit la Genèse. C'est une réalité dont il est important de prendre conscience. D'ailleur Jean-Paul 11 a écrit toute une théologie sur le corps.

Dès le début de l'Évangile, Jean va camper Jésus dans sa mission d'une façon radicale. Il est venu nettoyer le temple de Dieu. Ce temple est le coeur, la vie de tout être humain; ce temple est aussi la maison de prière de la communauté chrétienne; ce temple est aussi la nature oeuvre du Créateur. Notre Évangile aujourd'hui vient questionner notre façon de prendre soin de ces différents temples.

A l'époque de Jésus, le temple de Jérusalem était devenu un lieu de trafic, de commerce, on y vendait les animaux  qui servaient aux sacrifices. Le temple qu'était l'être humain était devenu un lieu de servitude des lois, normes, obligations qui écrasaient les gens. Jésus est venu passer la vadrouille de l'amour, du respect des personnes, de la liberté dans ces temples. 

La situation est la même aujourd'hui encore. L'argent mène le monde, dit-on. Sur l'autel de l'argent et du pouvoir nous avons sacrifié le corps des enfants et des femmes livrés au trafic sexuel et aux travaux forcés. Les services de santé et d'éducation sont devenus des systèmes qui oublient trop souvent l'usager. Notre mère nature souffre aussi de violence et elle manifeste sa mauvaise humeur  lors de la crue des eaux à certianes saisons de l'année. Même notre Église n'a pas échappé à ce virus et les besoins financiers donnent du fil à retordre aux valeurs évangéliques.

Cependant, il y a dans notre monde des personnes qui comme le Christ  pratiquent la pastorale de la vadrouille et font du ménage. Les personnes qui luttent pour l'environnement, tous les services communautaires qui travaillent à améliorer la qualité de la vie autour d'eux; beaucoup de gens  à l'intérieur des systèmes y vont avec leur coeur et donnent beaucooup d'amour. Ces chrétiens souvent qui s'ignorent, disons-leur merci, ils sont des témoins.

Aujourd'hui, Jésus nous dit de prendre soin de nos corps qui sont son corps, prendre soin des communautés chrétiennes qui sont sont corps. Le corps est un moyen de communion entre les personnes. Comme l'Église -corps du Christ- est un lieu de communion, de rencontre, de fraternité et d'amour. Ne faites pas de ces lieux des maisons de commerce ou de trafic, nous dit Jésus. Notre temps de carême doit être un temps pour dépasser notre besoin simplement matériel pour créer des ponts, des liens de fraternté et développer la qualité de vie chrétienne. Nous sommes le corps du Christ, nous sommes le premier sacrement de la présence du resuscité dans le monde; ne faites pas de ce sacrement un lieu de profit et de trafic.

Seigneur, je bénis ce temps de carême donné  parce qu'il est rempli de ton amour et qu'il nous permet  de faire grandir nos liens de fraterntié chrétienne et d'améliorer les services autour de nous. Et ensemble demandons-nous comment nous pouvons nettoyer notre temple et rendre le plus service à l'humanité.  

 

vendredi, 23 février 2018 14:37

Le carême, qu'ossa donne?

Le carême, qu'ossa donne? C'est la question que j'entends souvent et que je me pose parfois. Hier soir j'écoutais Xavir Dolan nous parler de son travail et même des oppositions qu'il rencontre et disait, je le fais parce que j'aime ça, je le fais par goût. J'entendais cette phrase de Jésus: "Vous êtes le sel de la terre." Mth 5, 13. Être le sel, c'est peut être un mot que l'on oublie trop souvent.

Le sel donne du goût à la nourriture et fait ressortir la saveur de chaque aliment. L'Évangile, la vie de foi doivent être aussi ce qui donne du goût et de la saveur à ma vie quotidienne. L'amour et la charité, l'accueil des autres donne de la saveur à leur vie. Ma rencontre avec mes frères et soeurs en Jésus Christ doit faire ressoritr la saveur de leur vie. Ma rencontre me permet de découvrir les valeurs des autres et de donner de la saveur à nos vies.

En ce temps de carême, je suis invité à aller au désert découvrir le sel de l'Évangile jeté dans ma vie, découvrir le goût de la rencontre de l'autre et de l'Autre. Un temps pour donner du goût à notre vie. Quand je vois tant de bénévoles autour de moi qui chaque jour essaient de donner du goût à la vie des pauvres, des malades, des mal gommés de la société, ça me donne le goût de l'action de grâce. Je suis convaincu que ces personnes qui le font depuis plusieurs années le font avec goût et par amour. Ils nous imspirent et nous donnent le goût d'avancer.

Notre carême se résume trop aujourd'hui, il me semble,  à des pratiques liturgiques. Dans le désert, le peuple ne faisait pas seulement des rites liturgiques. Le carême, ça donne du goût à la vie parce qu'il nous permet de retrouver les saveurs de notre vie de foi et d'amour. Comme chrétiens, nous sommes devenus passifs   pour ne pas dire amorphes.  En écoutant Xavier hier soir, j'avais le goût de me lever et d'agir, il était dynamique et emballant. Ai-je le même goût quand je sors de la messe le dimanche? Le vieux prêtre que je suis est fortement questionné. Nous devrions écouter davantage ces jeunes qui nous lancent le goût de la vie avec enthousiasme.

 

vendredi, 23 février 2018 14:11

Trois sortes de livres.

En regardant ma bibliothèque ce matin, j'y découvre trois sortes de livres: Des livres "BOF", des livres "HUM", des livres "AH".

Il y a des livres que l'on dépose avec un BOF, ça n'a pas d'intérêt pour moi. On n'y revient pas.

D'autres sont déposés avec un HUM, intéressant, faudra que j'y revienne.

D'autres enfin sont déposés avec un AH, quel livre! ils deviennent mes compagnons de route. (Xavier Thénevot),

mardi, 20 février 2018 15:14

Invités sur la montagne.

La liturgie nous lance une invitation excellente pour la santé: escalader la montagne avec Abraham et Jésus. Mais attention à notre coeur. Abraham est allé sur la montagne, Gn 22; et Jésus est aussi sur la montagne Mc 9, 2-10.  Que se passe-t-il sur ces montagnes? Sur la première, un père nous est révélé; sur la seconde, un Fils se révèle.

Abraham venu de Chaldée vers Canaan était encvoyé pour être le père d'une descendance nombreuse. Il est le père d'un seul fils et voila que Dieu lui demande de la sacrifier. Et pourtant dans l'Ancien Testament Dieu défend les sacrifices humains. Alors Abraham va sur la montagne avec Isaac et prépare l'autel du sacrifice. Au moment de poser le geste, il change d'idée et sacrifie un bouc pris dans les orties. La montagne est le symbole de cet état intérieur de présence au Seigneur qui lui a permit de comprendre le message de Dieu. Après avoir ligoter Isaac, il tue un bouc symbole du père, symbole de l'autorité parentale qui ligote le fils et l'empêche de devenir le père d'une grande descesdance. Abraham au lieu d'immoler le fils, immole son image de père. Il se convertit à son vrai rôle de père. Il passe du pouvoir qui ligote  et fait mourrir à l'autorité qui fait vivre et grandir. C'est la première invitation  que la liturgie me lance aujourd'hui: Suis-je un être de pouvoir qui paralyse ou un être d'autorité qui fait grandir?

A toutes les personnes qui exercent une responsabilité ou vivent une relation d'amitié vraie, parents,  prêtre, professeurs etc ...  Dieu demande d'être des êtres d'autorité qui font grandir et laissent chacun et chacune "vivre selon la musique de leur être."   Et pour vivre cela il nous faut comme Abraham aller sur la montagne rencontrer le Seigneur.

Sur la montagne de l'Évangile, Jésus se révèle comme Fils de Dieu. Jésus enlève son "masque" et se laisse  voir tel qu'il est. Il nous indique ce que nous sommes nous aussi comme enfant bien-aimé de Dieu et ce que nous serons dans notre résurrecton. Jésus nous invite à enlever nos masques pour laisser passer le Christ, laisser passer notre véritable identité d'enfant de Dieu. C'est une invitation à sortir de nos routines, nos aises pour annoncer la Bonne Nouvelle de l'amour, de la paix, du pardon.... Les disciples auraient bien aimés demeurer sur la montagne, mais Jésus les fait redescendre parce que la mission est sur le terrain. Nous aimerions nous aussi rester sur la montagne de nos routines et sécurités, mais la mission est en bas. Il nous faut redescendre.

Notre carême  sera certes ce temps pour aller sur la montagne pour bien comprendre le message du Seigneur à travers notre vécu. Jésus nous parle aujourd'hui encore par la situation vécue dans notre Église, il nous parle par les gens qui ont quitté, par les jeunes  à la recherche de valeurs, de spiritualité de maitres à écouter. Toujours Rester en bas, nous risquons risquons de faire comme Abraham et   de ne pas saisir le message de Dieu.

En ce deuxième dimanche du carême, posons-nous d'abord la question: Dans le milieu où nous sommes engagés, sommes-nous des êtres de pouvoir qui gardent tout en main et écrase, ou bien des êtres d'autorité qui libèrent et font grandir? Enlevons nos masques pour laisser vivre en nous l'enfant de Dieu. 

Je te bénis, Seigneur, pour ces visites sur la montagne de l'amour, de la liberté, de la foi que tu nous fais vivre de temps en temps. Je te bénis pour ce temps de carême qui nous permettra surement de nous rapprocher de toi. Fais que nous  devenions au quotidien l'enfant de Dieu que tu souhaite que nous soyons.

mardi, 20 février 2018 00:10

Accueillir ...

Jean Vanier: Accueillir notre humanité. Ed. Bellarmin. L'auteur nous propose une réflexion profonde sur l'amour, le pardon, la peur, l'acceuil des différences. Il nous montre comment la vie à l'Arche a transformer sa façon de voir les autres et de bâtir des relations avec les différences. Ces réflexions nous rejoignent dans le climat que nous vivons au Québec avec la venue de nombreux immigrés. Nous sommes confrontés aux différences. Une lecture qui ne laisse pas indifférent.

samedi, 17 février 2018 13:34

J'ai eu peur.

"J'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché." Gen. 3, 10. Ce cri du premier homme retenti encore dans notre monde. Hérode eut peur de Jésus et fit mourrir plusieurs jeunes innocents, Hitler eut peur des juifs et en massacra un grand nombre, l'Église eut peur des gens qui ne pensaient pas comme elle et inventa les croisades et l'inquisition. La peur mène le monde encore aujourd'hui.

De qui ou de quoi avons-nous peur? Nous avons peur de perdre le pouvoir. Ceux qui sont en haut ont peur des pauvres, des gens qui questionnent, ils ont peur de perdre du pouvoir. Les riches ont peur des pauvres qu'ils gardent dans la pauvreté pour les contrôler. Nous avons peur de passer du pouvoir à l'autorité. Nous qui sommes en haut nous savons ce que les gens d'en bas ont besoin.

Nous avons peur des différences. Les premiers habitants au lieu de créer des relations fraternelles à partir des richesses de leurs différences se sont fait des pagnes, ils ont érigé des murs pour s'isoler et se garder dans leur différence. Il nous est difficile de voir les différences  comme une richesse au lieu d'une opposition. les pauvres sont souvent parqués dans des logements un peu à l'écart parce qu'ils dérangent. J'ai parfois évité des personnes par peur de leur différence et d'être contesté. Nous sommes tous envahis par la peur des différences et nous excluons au lieu d'inclure. Nous sommes en année d'élection où la peur de ne pas être réélu fera dire de belles insanités.

Le jeune qui a tué  des étudiants aux États Unis était un exclus, un blessé de la vie qui l'a conduit à poser un geste criminel. Nous pouvons pleurer avec les familles, nous pouvons nous demander aussi si nous ne sommes pas un peu responsables, comme société et comme Église, à cause  de la peur qui a empêché de prendre acte des signes donnés par ce jeune homme?

Nos églises sont vides, nous sommes questionnés par cet appel silencieux des chrétiens, beaucoup de célébrations funéraires se font dans les salons, je reste fermé devant mes rites et formes de célébrations sans écouter le cri de  mes frères et soeurs. De quoi ai-je peur?  Le cri des mes frères est une richesse pour la vie de mon Église.

La Pape François nous invite à identifier nos peurs et à les guérir dans l'appel au tournant missionnaire. Nous avons besoin d'écouter la voix du pauvre, de l'exclus, du non pratiquant,  leur voix est une rchesse pour notre vie ecclésiale. Le missionnaire n'est pas là pour évangéliser, mais pour servir nous dit le Pape François.

Seigneur, je bénis cette journée qui commence parce qu'elle est pleine de vie,  qu'elle est remplie de ton amour; fais qu'aujourd'hui nous soyons sur la route du monde là où nous sommes plantés la personne que tu veux que nous soyons en toute liberté et confiance.

Jean Vanier a de très belles pages sur ce sujet dans:Accueillir notre humanité.