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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

Jos. Deschênes

Jos. Deschênes

lundi, 14 mars 2016 14:54

Projet commun ...

Jacques Racine: Monde unique, Projet commun, l'engagement social de l'Église. Médiaspaul. 2016. Ce livre propose une étude succinte mais très intéressante de l'histoire de la doctrine sociale de l'Église. Nous y retrouvons les grandes encycliques des Papes qui ont tracé les grandes lignes de cette doctrine. Nous y trouvons les enseignements de Vatican 11 ainsi que la vision des Papes des denrières décennies qui ont ouvert la porte à des façons nouvelles et plus adaptées à la vie d'aujourd'hui. C'est une lecture très éclairante. Bonne lecture.

vendredi, 11 mars 2016 14:51

En méditant

L'année de la miséricorde va bon train. En méditant, ce matin, je m'arrête aux sacrements. Il me semble que durant cette année nous devrions reformuler nos sacrements spécialement celui du pardon. si les chrétiens ont délaissé les sacrements, ce devrait être une invitation à en revoir le sens et la célébration.

Nous avons tous appris le définition du petit catéchisme: "Un signe sensible institué par Jésus Christ pour donner la grâce." L'accent est mis sur des choses: signes et grâce. Ceci a contribué à développer la célébration, le rite et nous avons mis l'accent sur le législatif, sur la validité, et le juridique a pris le dessus sur le théologal et la conscience.  Comme nous le disent certains théologiens: nous avons chosifié (rite) et instantifié (célébration) le sacrement. Comme le sacrement n'était pas une expérience spirituelle et humaine, les chrétiens s'en sont écartés.

Le sacrement est une action du Christ dans ma vie signifée par des signes puisqu'il s'agit d'une expérience spirituelle. C'est une expérience que je fais avec le Christ et que je célèbre en Église. Dans le sacrement, il y a un temps et un moment. Le temps est le vie et le moment est la célébration. Ma vie est eucharistique que je célèbre un moment en communauté. Ma vie est une expérience de pardon avec Dieu et les autres, je m'arrête un moment pour célébrer cette réalité. Parce que je suis un pécheur pardonné, je vais célébrer le pardon et cette rencontre avec le Christ me donne des forces pour avancer sur la route du pardon et de la communion avec Dieu et les autres en Église. Je suis au niveau d'une relation qui me nourrit et me conduit plus loin.

Les hommes n'ont pas fait la terre ronde, ils ont découvert qu'elle était ronde. Je ne vais pas voir mes parents pour devenir leur enfant, mais parce que je le suis. Il devrait en être ainsi pour le ssacrements. Nous n'allons pas voir Dieu  "pour" mais "parce que." C'est ce que Mgr Charbonneau écrivait«: "Nous avons aujourd'hui à nous mettre en état de conversion afin de passer d'une Église de définitions scholastiques (intellectuelles) à une Église d'expériences spirituelles et humaines." L'année de la miséricorde ne devrait-elle pas nous permettre de faire un petit pas dans cette conversion? Nous devons sortir du tribunal de la pénitence pour célébrer le "baiser d'amour du seigneur" comme dit le Pape François. J'en suis là ce matin dans ma méditation.

mardi, 08 mars 2016 17:57

Un beau moment de grâce

Ce matim, "journée des femmes," j'ai présidé l'Action de Grâce avec un groupe de personnes venues partager ce moment de fraternité et de communion. Il y avait des jeunes, des moins jeunes et des personnes âgées, des veufs, des célibataires, des religieuses et des couples en amour.

J'ai proposé comme Évangile la lecture et méditation des béatitudes écrites par le Pape François. "Heureux les miséricordieux. Heureux ceux qui savent se mettre à la place de l'autre pour le mieux comprendre. Heureux ceux qui sont capables d'embrasser, de pardonner. Heureux ceux qui sont porteurs d'une nouvelle vie, nouvelles opportunités. Heureux ceux qui travaillent, luttent pour que la Bonne Nouvelle arrive. Heureux ceux qui sont capables d'aider les autres dans leurs erreurs au lieu de les juger. Heureux ceux qui voient  ce qui est bon en l'autre. 

Je me disais aussi, si nous savions méditer le texte de la création où Dieu les créa  homme et femme à son image et ressemblance. Donc des êtres égaux qui forment l'être humain. C'est ensemble que nous formons l'image de Dieu et sa ressemblance. Et Jésus dira en Mathieu 19: "Ce que Dieu a unit que l'homme ne le sépare pas." Je crois aussi que le sacerdoce du Christ n'est vécu et exercé pleinement que dans l'exercice en cooresponsabilité et en complémentarité du ministère de l'homme et de la femme au service de la communauté.

Heureux ceux et celles qui sauront voir et développer en cooresponsabilité ces charismes déposés dans le coeur de frères et soeurs en Église. En relisant ces textes, je méditais mes années de ministère et je me disais nous avons fait un "très petit bout de chemin." Demain en me levant je dirai: Il y a encore un autre bout à faire..... 

lundi, 07 mars 2016 20:39

Invitation à la conversion

L'évangéliste Jean nous présente aujourd'hui (8,1-11) un comportement de  peur des pharisiens devant Jésus. Le prophète de Galilée dérange ces messieurs bien pensants gardiens de la loi. Ils ont peur et viennent lui tendre un piège en vue de pouvoir l'arrêter. On confronte Jésus à la fois à son enseignement sur la charité et à la loi de Moïse.

Ces hommes nous représentent tous avec nos peurs du changement, peur des autres qui dérangent nos sécurités. Cette peur en nous invite surtout à condamner pour se protéger. Pensons à Mendela, Martin Luther King qui ont dérangé et payé de leur vie. Jésus vient secouer les sécurités, les mentalités plus vites à condamner qu'à pardonner. Devant les changements nous sommes portés à poser les freins par peur du dérangement. le Pape François nous invite à sortir de nos peur pour aller vers les autres et nous savons combien c'est difficile.

Pour les scribes et les pharisiens le  respect de la loi passe avant les personnes. Jésus va questionner leur mentalité en leur montrant que les personnes sont avant la loi. Derrière une faute, il y a toujours une personne souvent blessée. Alors là où nous voyons une faute à punir, Dieu voir une plaie à guérir. La loi est un moyen, une balise pour accompagner la vie, elle n'est pas plus importante que la personne.

Jésus vient questionner notre mentalité face aux femmes et aux plus faibles de nos communautés. Nous parlons beaucoup de féminisme, de la place de la femme dans la société et dans l'Église. Nous vivons encore trop la mentalité des scribes de l'Évangile. Pensons aux femmes amérindiennes, aux filles victimes des gangs de rue, la violence faite aux femmes aujourd'hui encore. Dans notre Église, s'il n'y avait pas les femmes, il n'y aurait plus d'Église, et pourtant nous entendons encore: Faut donner de la place aux femmes comme si elles n'étaient pas l'Église. De quoi avons-nous peur?

En cette année de la miséricorde, nous sommes invités sur la route de la conversion et de la guérison. Conversion des mentalités qui jugent plutôt que de pardonner, guérison des plaies qui saignent encore au coeur de bien des vies. Convertir nos mentalités pour prendre le temps de découvrir la beauté et la grandeur des personnes, comprendre que derrière toute erreur, il y a une blessure à guérir. Convertir nos mentalités de peur du changement, peur des personnes pour apporter le baume de la tendresse, de l'amour et de la miséricorde du Père. Au nom des lois, des traditions, des coutumes ou de nos peurs, nous condamnons encore trop; se convertir, c'est se libérer de ces peurs pour libérer et permettre aux gens d'aller dans la paix du Christ ressuscité.

Ce matin, j'ai le coeur à la tendresse. Il me semble que malgré les difficultés, nous vivons un moment fort intéressant parce que nous sommes à la recherche du sens et de la vérité de la vie et des choses. J'écoute la vie de l'Église et nous sortons doucement du ritualisme pour retrouver le sens de ce que nous célébrons.

Quelqu'un écrivait un jour concernant la liturgie, "le prêtre préside la prière d'une communauté rassemblée par le Christ". C'est le Christ qui rassemble les chrétiens à l'église le dimanche et je suis mandaté pour accompagner la prière du peuple de Dieu. Hier, j'apprenais à faire de beaux rites ou à bien respecter les lois liturgiques; aujourd'hui, je suis davantage centré sur le sens et la valeur de ce que je fais. Et c'est pour cette raison que bien souvent je dis: "Le Seigneur est avec vous" pour ouvrir la célébration. Je pose un acte de foi en la présence du Christ dans la communauté. Celle-ci est le premier lieu, le premier sacrement de la présence du ressuscité. C'est une façon de dire aux gens qu'ils sont le sacrement du Christ ressuscité. Ça me met le coeur à la tendresse.

Beaucoup de chrétiens aujourd'hui essaient de se bâtir une spiritualité au quotidien qui corresponde à leur vécu. Nous sommes moins tournés vers la religion et plus sur la spiritualité. Pour moi, c'est une bonne nouvelle. Je pense aux funérailles où les gens cherchent une célébration qui les rassemble et les fait prier. Ils sont davantage tournés vers le sens du geste que vers le rite. Ça me met le coeur à la tendresse.

Je regarde les parcours catéchétiques dans les paroisses, ils sont des moments privilégiés pour aider les chrétiens  à  se bâtir en famille une spiritualité qui les nourrissent. Ensemble pendant quelques mois, ils vivent des temps de fraternité où une communauté se bâtit autour de Jésus Christ. Ensemble ils découvrent ce qu'est l'Église et ne sont pas toujours prêts venir à la grande communauté paroissiale, mais ils vivent ensemble la communauté et devraient apprendre à célébrer ensemble pour un renouveau de l'Église. Ça me met le coeur à la tendresse.

Il s'agit là d'une vision d'Église à développer et d'une mentalité à vivre. Les chrétiens reprennent le cri de Jésus: J'ai soif. Oui, j'ai soif  d'amour, de bonté, d'accueil, j'ai soif de voir le visage de la miséricorde dans le miroir de mon Église. Ça me met le coeur à la tendresse.

jeudi, 03 mars 2016 20:11

La Passion de Jésus

Nous sommes en plein carême. Un temps précieux pour méditer le mystère de notre vie spirituelle. Je me suis arrêté à méditer la passion de Jésus. Non la passion du vendredi saint, mais celle qui l'a fait vivre. Nous parlons beaucoup de la souffrance de Jésus; des fois je me demande si nous ne sommes pas un peu masochisme. J'aime bien méditer la passion qui a fait vivre le Christ, passion qui l'a conduit à la croix, passion qu'Il nous a donnée le jeudi saint au soir.

"Je suis venu allumer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé." Lc 12, 49. "Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé." Jn 4, 34.  "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." "Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et elles suivront ma voix." Jn 10,. Voila la passion de Jésus Fils de Dieu. Sa passion fut d'allumer le feu de l'amour, du pardon, du respect des personnes, de la miséricorde dans le coeur de l'être humain. Sa passion fut de défendre les pauvres, les petits, les veuves et les orphelins. Il a donné à manger aux affamés: nourriture du corps, du coeur et de l'esprit. Il a eut pitié de la foule affamée, il l'a prise en charge et l'a nourrie en l'enseignant et lui donnant du pain. Mc 6, 34.

La fidélité à cette passion l'a conduit à la croix. Il a affronté les pouvoirs religieux et civil et est demeuré fidèle à sa passion. Cette passion l'a fait vivre et l'a fait mourrir. C'est la fidélité du Christ qui nous a sauvés. Cette passion, Jésus nous l'a donnée le jeudi saint au soir en nous disant "Faites ceci en mémoire de moi."  Notre carême devrait nous faire méditer cette grande passion de Jésus Christ afin qu'elle devienne davantage nôtre aujourd'hui. Il me semble que notre société actuelle nous invite à vivre encore plus intensément cette passion de Jésus. Le sort fait aux femmes et aux enfants partout au Québec et surtout sur les réserves des amérindiens. Les pauvres s'appauvrissent toujours plus, les relations humaines sont de plus en plus difficiles, nous sommes invités à faire nôtre la passion de Jésus Christ. Le vendredi saint nous serons témoins de la fidélité de Jésus et nous pourrons questionner notre propre fidélité. Nous pourorns contempler cet homme de miséricorde et du service rendu dans l'amour et questionner notre propre fidélité dans le service.

mardi, 01 mars 2016 14:54

J'ai lu

Marie-Laure Durand: Dix idées bizarres sur la vie religieuse, Médiaspaul. Un tout petit livre très enrichissant à lire. L'auteure est théologienne et philosophe et travaille depuis longtemps avec des communautés religieuses et parle ainsi d'expérience. Son approche sur les voeux, le vêtement religieux, la génération Y est éclairant pour une bonne réflexion aujourd'hui. C'est un tout petit bijou, mais un bijou.

mardi, 01 mars 2016 14:16

Une belle histoire d'amour

Jésus utilise souvent des paraboles dans son enseignement. Une parabole "est un message habillé." La parabole nous invite à entrer dans l'histoire et à faire partie du message. Nous devenons partie du message et celui-ci nous conduit plus loin dans notre vie chrétienne.

Aujourd'hui, en Luc 15, Jésus s'adresse aux scribes et aux pharisiens qui l'accusent de manger avec les pécheurs: "Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux." Alors Jésus leur adresse une belle leçon.

Un père avait deux fils. Le plus jeune, "fatigué de la vie familliale" lui demande sa part d'héritage et s'en va. Comme sa vie de "jeunesse" n'est pas faite, il gaspille son argent et se trouve dans la dèche. Il décide alors de retourner travailler chez son père, au moins il pourra manger et dormir. Remarquons que le fils est parti sans un mot de dialogue avec le père. Il est parti comme un employé qui quitte son travail. On le paie et il s'en va.

Le retour est très différent. Le père le voit venir de loin, court à sa rencontre, ne lui permet pas de se confesser, lui met la robe, les sandales, l'anneau et commande la fête. Le fils vient de retrouver un père. Il est parti comme un employé et il revient comme un fils. Il fait l'expérience d'une vie de famille. Le père a retrouvé ses entrailles de père et la vie de famille commence. Voila l'accueil que Dieu réserve aux pécheurs. Voila l'accueil que les scribes et les pharisiens doivent réserver aux personnes qui ont quitté le bercail et reviennent demander un service. Voila l'accueil que l'Église d'aujourd'hui doit réserver aux chétiens qui ont quitté et reviennent à l'occasion d'un décès ou d'un baptême: Faire la fête et donner le goût de revenir.

Nous sommes tous invités par cette parabole à retrouver nos entrailles de père, mère, soeur, frère pour accueillir nos frères et soeurs en Jésus Christ  et bâtir ensemble la communauté chrétienne. La parabole nous invite, à l'exemple du Père, à dépasser nos lois, structures et idées toutes faites pour retrouver la joie du père qui accueille et fait la fête.

Nous sommes trop souvent à l'image du fils ainé qui se targue de sa fidélité pour faire valoir ses droits et bouder son frère. Dans cette parabole, Jésus vient brasser nos préjugées et nos structures, nos lois et exigences pour donner une place de choix aux personnes. Ce qui est important pour le père, ce n'est pas ce que le fils a fait mais ce qu'il est. Il doit en être ainsi pour nous qui nous disons chrétiens. L'important n'est pas ce que les gens font, mais bien ce qu'ils sont aux yeux de Dieu, ses enfants bien-aimés.

Dans cette année de la miséricorde, c'est un termps privilégié pour vivre pleinement cette parabole, retrouver les autres au niveau de leur être, de leur spiritualité et bâtir ensemble une renouveau de notre Église chez nous. Asseyons-nous à côté du père pour goûter avec lui la joie du retour du fils, goûter la joie de la vie de famille, et nos communautés chrétiennes donneront le goût de revenir et de célébrer dans la fête.

vendredi, 26 février 2016 16:38

En méditant.

Je viens de terminer un livre sur les valeurs dont on parle peu. L'auteur fait référence aux valeurs d'hier que la vie a un peu basculées. Ces valeurs vécues différemment par notre monde d'aujourd'hui.

Je recevais en même temps un vidéo réalisé par un jeune professeur de Laval sur la spiritualité contemporaine. L'auteur nous fait voir que nous sommes passés d'une identité religieuse héritée à une responsabilité de ma vie spirituelle. L'être humain ne veut plus simplement adopter des valeurs ou religion reçues mais veut bâtir sa vie spirituelle à partir d'expériences quotidiennes. Il veut devenir repsonsable de sa spiritualité.

Ce sont deux regards différents mais vrais d'une même réalité. Ceci me fait mieux comprendre ce qui se passe autour de moi. Les chrétiens ont délaissé la religion souvent imposée pour devenir responsables de leur vie spirituelle. Ils veulent vivre une spiritualité qui les nourrit et les fait vivre. C'est ce que me disent les personnes d'ici qui ne veulent pas de rites funéraires à l'église et demandent une célébration au salon funéraire, dans un lieu où ils se sentent davantage rassemblés et avec un type de célébration qui rejoint mieux leurs besoins et leur sensibilité. Nous vivons la même réalité avec les autres sacrements. Les gens se situent davantage au niveau du sens que du rite.

En méditant ces deux visions, je me disais: nos églises ferment faute de ressources, elles sont vides,ne serait-ce pas un appel à passer à autre chose? Ne serait-ce pas un appel à découvrir la spiritualité au quotidien qui nous conduirait à une vie chrétienne plus riche et à des types de célébrations plus nourrissantes? Il est évident que les plus âgés voudraient retrouver leurs valeurs d'hier. Il est aussi évident que les jeunes générations ne sont plus là. Un fossé s'est creusé entre les deux mondes. Serons-nous capable de refaire des ponts? Serons-nous capable de voir positivement la démarche de nos soeurs et frères chrétiens qui ne marchent pas au même rythme que nous sur la route de la vie chrétienne? Nous ne sommes plus au temps de fermer des églises et des paroisses, mais à celui de bâtir des communautés de chrétiens responsables.

mardi, 23 février 2016 16:55

Dieu Pasteur.

Dans le texte de l'Exode,  Dieu dit à Moïse: "J'ai vu la misère de mon peuple et je suis descendu le délivrer." Voila le Dieu qui se présente à nous. Un Dieu proche, qui écoute et prends position en faveur de l'être humain. Voila le Pasteur que Jésus est venu présenter. Et plus loin, il ajoute: "Je suis celui qui suis." Autrement dit: Regardez-moi agir en votre faveur et vous saurez qui je suis. Dieu ne se définit pas avec des mots mais par une action. Il se fait reconnaitre à partir d'une expérience vitale, au niveau du coeur. Il est important pour nous de passer  de connaissances sur Dieu à une expérience de vie. Nous devons apprendre à passer des connaissances intellectuelles à une expérience de vie. C'est dans le quotidien que nous découvrons qui est Dieu. Plus nous sommes proche de la vie et de l'être humain plus nous sommes proche de Dieu.  

Dans l'Évangile, le pasteur nous invite à la conversion. C'est peut être un appel à découvrir le vrai visage de Dieu. Le pasteur qui, proche de son figuier, veut encore une fois le bêcher et lui donner la chance de produire des fruits. Le vigneron veut  mettre de l'engrais autour de son arbre. Nous savons que les plantes ne prennent pas toutes le même engrais. Il faut leur donner l'engrais dont chacune a besoin. J'ai à découvrir d'abod quel engrais j'ai besoin pour ajuster ma vie sur l'Évangile. Ce peut être la Parole, la prière, des sacrements, chacun doit prendre l'engrais qui est le sien.

Il en est ainsi pour les gens qui nous entourent. Chaque personne a besoin d'un engrais qui lui convienne. Nous sommes portés à laisser pour compte les personnes qui ne veulent pas accepter ce que nous leur proposons. Demandons-nous d'abord si nous leur donnons le bon engrais. Si nous voulons engraisser la terre autour de nous, il faut d'abord "écouter". Écouter avec amour ce que les gens ont à dire; écouter ce dont ils ont besoin sinon nous risquons de donner un mauvais engrais et le résultat se fera attendre.

Un premeir mouvement est de faire silence et de descendre en nous, écouter mes propres besoins spirituels. Dans cette mesure je pourrai écouter l'autre et ensemble faire un bout de chemin. Nous avons une religion du cerveau, d'enseignements, de doctrine; nous devons passer à une relation au niveau du coeur. La relation à Dieu est une vie au niveau du coeur, ce n'est pas d'abord une connaissance mais une expérience. Nous le dirons jamais assez.

Le premier engrais à déposer en nous est celui de la "Parole de Dieu". Une parole méditée pour soi et non pour les autres. Une parole qui me met en marche et me convertit. Une parole qui débouche sur une vie qui devient prière.  Faisons nôtre la parole de Dieu: Regarde-moi agir en toi et autour de toi et tu sauras qui je suis. Que la parole de Dieu en nous soit assez forte pour changer nos jugements et nous convertir à l'amour.

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