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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

mardi, 08 décembre 2015 15:36

Anée jubilaire de la miséricorde.

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Aujourd'hui, 8 décembre 2015, s'ouvre dans le monde entier une année jubilaire de la miséricorde demandée par notre pasteur le Pape Fançois. Ce sera pour nous chrétiens l'occasion de contempler le Père miséricordieux pour devenir chez nous témoins de miséricorde.

Notre Évêque de Gaspé nous invite à vivre cette année comme:

Une année pour contempler Jésus, visage de la miséricorde de Dieu notre Père.

Une année pour devenir nous-mêmes miséricordieux comme le Père.

Une année pour que nos familles soient toujours plus des lieux d'amour et de paix dans la miséricorde  vécue au jour le jour.

Une année pour que nos communautés chrétiennes deviennent en vérité des ilots de miséricorde où chaque personne se sente accueillie, respectée et aimée.

A cette invitation j'ajoute ma propre invitation: Prendre le temps d'aller contempler sur le terrain comment aujourd'hui se vit la miséricorde dans les  familles et nos communaués paroissiales. Nous y trouverons certes des motifs d'action de grâce et des exemples édifiants.

On nous invite aussi à ouvrir une porte de la miséricorde. Il y en aura certes une dans chaque diocèse. Il devra y en avoir une dans chaque personne. La première porte à ouvrir est celle du coeur. Les autres n'en seront que le signe ou le symbole.

La parabole à méditer parmi tant d'autres est celle de la joie du fils retrouvé dans Luc 15. Jésus nous présente la joie du père qui retrouve son fils parti à l'aventure. Le Père nous révèle la joie de retrouver son fils, de retrouver ses entrailles de père pour l'accuillir. Dans sa joie, il fait la fête. Nous pourrions apprendre à l'imiter quand un chrétien parti vient demander un service à notre communauté. Sommes-nous heureux de retrouver un fils ou une fille même s'il ne célèbre pas à l'église? Sommes-nous prêt faire la fête?  N'oublions jamais qu'après ces paraboles, Jésus  nous a dit: "Je vous ai donné l'exemple pour que vous fassiez de même." Cette année de la miséricorde sera aussi pour nous et pour nos communautés chrétiennes une année de conversion profonde. Le Pape François nous invite aussi à devenir des contemplatifs du monde dans son texte sur la Joie de l'Évangile. Dans nos communautés chrétiennes se vivent des moments et des actes de profonde miséricorde qui passent ignorés. Il faudra éviter frères et soeurs chrétiens que cette année ne soit qu'une année de prière et de rites liturgiques. Marie partant vers Élisabeth nous entraine avec elle vers les  frontières, sur les routes de la Galilée de nos paroisses pour faire tressaillir le Christ au coeur de la vie. Devenir des pèlerins et des contemplatifs de la miséricorde.

dimanche, 06 décembre 2015 18:04

La miséricorde au quotidien.

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Un jour, quelqu'un écrivit une petite histoire. Un dame avait perdu une pièce de monnaie. Elle balaya la maison jusqu'à ce qu'elle  l'eut retrouvée. Elle dit: Réjouissez-vous avec moi car j'ai retrouvé ma pièce de monnaie. Luc 15, 8. Dernièrement à la télévision on nous annonça qu'un jeune cycliste avait été frappé par un automobiliste et que celui-ci s'était enfui. Sur son lit d'hôpital le jeune blessé demanda au conducteur de se rendre à la police afin qu'on puisse l'aider à se guérir de son problème. Afin qu'on puisse l'aider à balayer sa maison pour retrouver sa pièce perdue ou enfouie dans un repli de son coeur. Ne serait-ce pas cela la miséricorde?

La miséricorde n'est pas un mot, mais une expérience de vie, une expéreince d'amour vécue au quotidien. La miséricorde ne s'achète pas chez Dolorama ou à l'épicerie, elle ne s'achète pas non plus avec des prières ou des sacrifces. La miséricorde est là plantée au coeur de chacun et chacune dès avant sa naissance. Cette petite plante est souvent cachée par de l'ignorance, ou enfouie par des blessures à guérir. Ma loi, ma présence, mon amour, je l'inscrirai au fond de leur coeur nous rappelle Ézéchiel. La miséricorde ne se découvre pas avec des enseignements, c'est de l'instruction; mais par une expérience de vie, c'est de l'éducation. Éduquer, c'est faire grandir l'autre selon la musique de son être. Quand j'entends à la télé des gens qui s'engagent dans la lutte contre l'intimidation, qui s'engagent à côté des personnes intimidées comme de ceux qui font l'intimidation pour les guérir, je me dis c'est cela la miséricorde. On aide les gens en difficulté à balayer leur maison afin de retrouver cette petit trésor d'amour, de joie de vivre déposé au fond du coeur.

Le 8 décembre prochain s'ouvrira l'année de la miséricorde. On ouvrira peut être la porte de la miséricorde à certains endroits. Je souhaite que la première porte à ouvrir soit celle du coeur, celle de la vie, celle du quotidien. Que nos jeunes fassent l'expérience de la miséricorde afin qu'ils puissent régler leurs différents autrement qu'avec des armes blanches. Souvenons-nous toujours que là où nous voyons une faute à punir, Dieu voit surtout une plaie à guérir. Je souhaite que dans nos milieux surgiront des temps de reconnaissance pour ce qui se vit aujourd'hui et que naitront des projets de miséricorde. Ensuite nous pourrons nous agenouiller auprès du même Dieu pour dire MERCI. 

jeudi, 03 décembre 2015 14:29

En méditant

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Notre Pasteur François nous invite à une année consacrée à découvrir la miséricorde. Ce temps s'ouvrira le 8 décembre prochain. Dans son texte sur la joie de l'Évangile, le Pape nous imnvite à être des contemplatifs: contemplatifs du christ et contemplatifs du monde. Je crois que pour bien vivre la miséricorde,  ces deux attitudes sont indispensables.

L'Évangile de Luc nous présente un Jésus plein de miséricorde, un Jésus plein de compassion en faveur des pauvres, des petits, des mal gommés de la société. Il nous présente le bon Samaritain qui s'arrête pour le blessé sur le bord de la route et le pends en charge.(Lc 10, 29) La miséricorde nous invite à accompagner l'autre pour l'aider à aller plus loin. Jésus nous parle aussi de la joie du père qui retrouve son fils. (Lc 15, 11). Il nous invite à retrouver nos entrailles de père et de mère pour accueillir les autres et cheminer avec eux. Le père de la parabole n'avait rien à pardonner au fils, mais il se devait d'accueillir le fils et de lui faire découvrir la vie de famille, lui faire découvrir ce qu'est un père. Nous sommes invités à vivre cette attitude de miséricorde envers nos frères et soeurs qui viennent demander un service à l'Église. Leur faire découvrir la vie de famille et leur donner le goût de revenir.

Nous devons aussi contempler le monde pour découvrir la miséricorde en action chaque jour autour de nous et rendre gâce, dire MERCI. Des organismes de charité dans chacune de nos communautés vivent au quotidien la miséricorde. Des bénévoles à l'année longue accueillent et soutiennent des familles en difficulté financière ou de relations familliales. Des bénévoles chaque semaine s'arrêtent un moment avec des enfants en difficulté d'apprentissage et les accompangent sur la route de leur vie. Des hommes et des femmes consacrent des soirées ou même des nuits pour acocmpagner des personnes en fn de vie, pour soutenir des femmes et des enfants victimes de violence. Et la liste pourrait s'allonger ... La miséricorde est un trésor déposé dans le coeur de l'être humain dès sa conception. Plusieurs la vivent sans le savoir, il nous appartient sans doute de la découvrir avec eux.

Je souhaite de tout coeur que durant cette année de la miséricorde, nous ouvrions la porte de notre coeur pour accueillir toutes ces personnes et leur dire MERCI. Rendre grâce au Seigneur pour son oeuvre d'amour dans notre monde. Je crois que notre Église et surtout nous les vieux chrétiens du dimanche avons besoin d'ouvrir nos coeurs à cette réalité vécue sur le terrain chaque jour. La miséricorde n'est pas un mot, elle est un acte vécu sur le terrain. Marie nous a donné l'exemple de la miséricorde en allant porter Jésus a Jean Baptiste pour le préparer à être le précurseur du Messie. Apprenons comme elle à faire découvrir le Christ agissant dans le coeur et la vie de tous ces bénévoles qui laissent monter en eux ce chant d'amour d'un Dieu qui nous a dit; "Faites ceci en mémoire de moi."

vendredi, 27 novembre 2015 17:20

L'Avent, temps pré-natal chez Luc

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Luc nous présente sa façon de concevoir la naissance de Jésus en fonction des personnes à qui il s'adresse. Il est intéressant de méditer cette démarche pour aujourd'hui car son actualité est toujours présente.

Au temple, à l'heure de l'office, nous rencontrons notre ami Zacharie, prêtre, qui reçoit un message de Dieu à savoir qu'il sera père. Le pauvre ricane parce qu'ils sont lui et son épouse des gens âgés. Comme il ne croit pas, il devient incapable d'annoncer cette bonne nouvelle. Le texte dit qu'il devient muet. L'Ancien Testament prisonnier de ses rites et ses obligations n'est plus capable d'annoncer la nouveauté que le Seigneur prépare. Et nous?  Notons au passage que l'ange n'est pas nommé et reste face à lui.

Quelque temps plus tard, une petite dame dans sa maison reçoit aussi la visite d'un ange, il est nommé Gabriel. Le texte nous dit: l'ange entra chez elle. Le message de Dieu est entré en Marie contrairement à Zacharie. Marie questionne sur le comment et non sur l'événement. Et l'ange lui répond: Ce qui naitra de toi sera de Dieu. Marie part en hâte vers Éisabeth partager sa joie. L'important de cette visite est la rencontre de Jésus et de Jean Baptiste. Et Élisabeth a cette phrase merveilleuse: L'enfant a tressaillit en moi.

Le temps de l'Avent est un temps de découverte et de croissance; un temps pour faire naitre ou plutôt faire découvrir Jésus autour de nous. La question qui prend aux tripes: Suis-je un Zacharie dans le temple qui devient muet ou Marie dans sa maison qui court partager avec les autres? Le temps de l'Avent sera-t-il un temps de célébration à l'église seulement ou un temps de naissance du Christ en nous et autour de nous?

On se pose souvent la questioon sur le comment faire. Mais l'ange nous dit; Sois sans crante, ce qui naitra de toi sera de Dieu. Est-ce que notre présence de chrétien dans nos familles, notre société fera tressaillir l'enfant dans le coeur des autres?  Comme Marie nous devons être docile à la présence de l'Esprit en nous et autour de nous. Marie est allé porter Jésus à Jean sans se demander comment faire ou quoi dire. Elle est allé simplement.

N'oublions pas aussi que Luc place la naissance de Jésus à Bethléem et fait venir des bergers reconnaitre le Christ Jésus. Bethléem signifie maison du pain. Il présente Jésus comme nourriture donc force pour le peuple chrétien. C'est une référence à l'Eucharistie. Luc amène des bergers parce qu'il s'adresse à des grecs convertis et pour eux les fils des dieux sont reconnus par des bergers. Luc rejoint à la fois ses auditeurs et lecteurs juifs et grecs. Il est important pour nous dans notre contexte actuel de prendre conscience que l'évangéliste révèle le message avec des images qui rejoingnent  les gens qui l'écoutent. Aujourd'hui, nous pourrions peut-être écrire que Jésus est né dans une "boulangerie et couché dans le pétrin."  L'important est le message à transmettre. Profitons de ce temps de l'avent pour approfondir ces textes de Luc qui sont encore d'une très grande actualité pour transmettre le message de Jésus.

vendredi, 20 novembre 2015 15:09

Nous sommes en guerre!

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Nous sommes en guerre entendons-nous depuis quelque temps. C'est vrai. Mais nous sommes en guerre depuis longtemps. Des empires comme l'empire communiste, "étatunien", Hitler,  ont bombardé et tué des milliers de personnes. Qu'on se rappelle le Rwuanda. Aujourd'hui la riposte nous arrive et la peur s'installe et nous sommes en guerre. Nous avons tué Sadam Hussein et combien d'autres avant lui. M'est avis que c'est notre guerre qui continue.

Un jour, une maman voulu asseoir son enfant. Celui-ci refusa. Elle le prend et l'assoit. L'enfant la regarde et dit: "Maman, mon corps est assis mais dans ma tête je suis encore debout." Quand l'enfant sera grand, il risque de ne pas se laisser faire aussi facilement et pourra devenir rébarbatif. Ne serait-ce pas  un petit peu ce que nous vivons actuellement? L'enfant que nous avons bombardé hier a grandi et se défend sauvagement. Je sais bien que c'est trop racourcir la situation. Mais n'y a-t-il pas un peu de vrai.

Je me plaisais hier a relire le texte de la Genèse où je rencontrais mes frères Abel et Caïn. Cet histoire continue. La guerre c'est une lutte de pouvoir, l'ambition de dominer  et d'avoir raison. Pourtant la Bible nous dit que le monde est fait pour vivre dans une relation d'amour, d'entente, de fraternité, d'égalité. Dimanche nous fêterons notre roi-pasteur. Notre guerre, nous pourrons écraser l'ennemi par la force, mais nous ne l'aurons pas gagné. Notre pasteur nous dit que c'est en comprenant la raison qui motive l'autre à nous agresser et en corrigeant le tir que nous pourrons nous entendre et faire la paix; non gagner la guerre, mais faire la paix. Je sais que le problème est plus compliqué et que c'est rêver en couleur, mais qu'importe, il y a quand même un petit peu de vrai. Notre monde a besoin d'être écouté et aimé. Il a besoin de retrouver les valeurs fondamentales qui font vivre en harmonie. Nous avons réglé la guerre de 1914 et de 1945 avec des armes et nous sommes encore en guerre. Celle-ci devient de plus en plus féroce et dangereuse parce plus souterraine et plus sophistiquée. Je sais bien que c'est plus compliqué mais je crois encore au respect des personnes, à l'amour et à l'accueil. Que la fête du Pasteur-Roi nous conduise sur ce chemin.

 

samedi, 31 octobre 2015 14:22

Encore un pas!

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Ce matin, les nouvelles m'apportent un autre sujet de méditation. Mme Payette et un groupe de femmes préparent un sommet pour les femmes, sur la place des femmes en société, politique et moi j'ajoute l'Église. Le synode vient de se terminer et Mgr Durocher a parlé de l'accession des femmes au diaconat. Ce pourrait être un premier pas vers l'ouverture des ministères aux femmes et aux hommes mariés. Je suis très curieux de voir le suivi qui sera donné à cette volonté.

Mme Payette ajoute qu'elles ne sont plus à l'heure des revendications mais des exigences. Les hommes politiques, dit-elle, devront s'engager face aux femmes. Pourrons-nous en dire autant dans l'Église. Je crois que l'heure est venue dans notre monde de faire éclater cette société patriarchale, cette Église masculine pour retrouver le chemin de la communion, la solidarité et mieux comprendre la parole du Seigneur: "Ce que Dieu a uni que l'homme ne le sépare pas." 

Mme Anick de Souzenelle a écrit un magnifique livre: "Le baiser de Dieu, ou l'alliance retrouvée." Elle assoie l'alliance avec Dieu et entre nous dans le texte de la création. La vision de la chute au Paradis Terrestre avec la notion du péché originel a biaisée notre vision du monde et du rapport entre les personnes et à mon humble avis a séparé ce que Dieu avait uni au moment de la création. je laisse aux savants théologiens et saints pères de l'Église de s'amuser avec ces énoncés, moi, je retourne à mes chaudrons.

vendredi, 30 octobre 2015 16:09

Faites-nous rêver!

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Il y a longtemps, un homme nous a fait rêver avec son: "Maitre chez-nous." Plus tard un autre a réveillé nos rêves avec son "Pays". Notre histoire est jalonnée de la présence de ces femmes et de ces hommes qui ont éveillé chez nous des rêves d'avenir. Pour avancer, un peuple a souvent besoin de rêves. Dieu a sorti le peuple juif d'Égypte en lui promettant la terre promise.

L'Église du Québec a vécu aussi ses heures de rêves. A la suite de Vatican 11, des chrétiens d'ici ont rêvé d'une Église ouverte où l'on accueille librement les différences, où les chrétiens et chrétiennes sont vraiment l'Église peuple de Dieu. Nous avons rêvé d'une Église en marche vers la communion et la coresponsabilité. Nous avions traduit nos rêves dans un chant qui résonne encore à mes oreilles:

"Vois comme ils sont beaux nos rêves,Vois comme ils sont beaux nos mots. Quand on les dit, c'est une fête, quand on les vit, vois comme c'est beau. Vois le coeur de la jeunesse qui invente son destin. (...) Nous tracerons des chemins pour ouvrir des lendemains. Inventons les mots qui appellent un temps nouveau. Nous éveillerons l'amour et bâtirons à pleines mains  l'aujourd'hui de nos destins."

Depuis au Québec, un plat "platte" s'est installé. Où sont passés nos rêves? Ils sont disparus comme les roses en l'espace d'un matin.  Le Pape François nous fait rêver encore. Le synode sur la famille nous fait rêver aussi. Nous rêvons d'une Église "Hôpital de campagne",  de pasteurs qui prennent l'odeur des brebis. Où sont passés nos rêves? Où sont passés nos leaders qui faisaient rêver? Nous vivons une grande pauvreté d'éveilleurs de rêves, de défis, d'ambition, d'avenir.

Notre chant disait aussi: "On a épuisé la mer, on a  vidé nos villages. Pensez-vous nous connaitre en nous croyant des résignés ou des exilés." J'aurais le goût de parodier un peu: On a vidé nos églises, on a laissé naitre l'indifférence et le vide spirituel. Pensez-vous nous connaitre en nous pensant des athées ou des indifférents? Voyez le coeur de nos jeunes qui invente leur destin. Voyez les yeux des parents qui cherchent les couleurs de l'Évangile et de la vie. Voyez l'ardeur des bénévoles qui tracent les routes de demain. Voyez le sourire de Dieu qui se baigne dans  la fraicheur des regards des enfants. Il y a encore des rêves au coeur des chrétiens et chrétiennes d'ici. Faites surgir ces rêves!

jeudi, 22 octobre 2015 17:01

Une question

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Je me suis arrêté aujourd'hui avec Moïse dans sa marche au désert vers la terre promise. Il a été envoyé par Dieu pour libérer le peuple juif de la servitude d'Égypte. Le Dieu de Moïse est le Dieu du temps et non du vite fait. Le peuple était pressé d'avoir des résultats et il s'est fabriqué un veau d'or. On voulait un Dieu efficace tout de suite et maintenant.

Nous sommes sortis, il y a quelques années, d'une période de chrétienté au Québec. Ce n'était quand même pas l'esclavage en Égypte. Mais notre société a changé très rapidement. Nous avons voulu peut être comme les Égyptiens avoir des résultats rapides. Nous nous sommes mis à la tâche de bâtir des structures. Nous avons connu les zones pastorales dans les années 1970. Nous y avons cru, j'y ai cru personnellement et nous y avons consacré  du temps et des énergies. Ces zones pastorales sont disparues. Vingt ans plus tard, nous avons connu les secteurs pastoraux. Nous y avons cru aussi. Mais cette structure n'a pas donné les réssultats attendus. Nous sommes devant de grands ensembles où la vie s'écoule doucement et où une présence pastorale vraie devient impossible.

Comme le peuple  sur la route du désert, je me demande si nous n'avons pas voulu des résultats rapides et avons érigé un "veau d'or". Le Dieu qui nous guidait était le Dieu du temps et non du "vite fait." Quelqu'un a dit: "L'impatience, c'est de l'idolatrie."  Nous fabriquons encore des structures, des catéchèses, des célébrations trop souvent vides de sens.

Le peuple qui s'est fabriqué un veau d'or est resté dans la plaine, dans ses courtes vues, ses rêves d'Égypte. Moïse était sur la montagne pour accueillir le plan et l'action de Dieu en faveur du peuple. Il nous faudra peut être aller sur la montagne accompagner Moïse, le temps nécessaire pour écouter et reconnaitre le  plan de Dieu pour l'Église du Québec. Quelqu'un avait dit un jour dans une rencontre de pastorale: "Faudrait sans doute mettre un moratoire sur les sacrements et les structures pour discerner le chemin de Dieu pour notre Église." Évidemment, il fut mal reçu.  Aujourd'hui la question reste entière et l'exemple du peuple au désert vient la renforcer. Traverser un désert, c'est prendre l'habitude de faire des choix en faveur de la vie. C'est là que nous sommes aujourd'hui, quels seront nos choix pour demain?

dimanche, 18 octobre 2015 17:56

Hôpital de campagne.

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Je viens tout juste d'éteindre mon téléviseur à la fin de l'émission Second Regard. Rose Dufour nous a partagé son expérience de travail d'aide auprès des prostituées. J'en suis encore bouleversé. M'est venu à l'idée en l'écoutant cette phrase du Pape François de l'Église-l'hôpital de campagne. L'oeuvre de cette Dame est un hôpital de campagne. En l'écoutant, je pensais à toutes ces maisons à travers le monde qui viennent au secours des femmes victimes de notre société de pouvoir patriarchal.

En même temps, je pensais au synode sur la famille. Quel sera le regard posé sur ces femmes à qui ont enlève leur dignité et leur féminité? Sur le terrain, des personnes luttent à la suite de Jésus Christ pour le respect et la dignité des  personnes, des femmes et des enfants. Sur le terrain, des couples souffrent de solitude, d'injustice, de rejet, vivent des échecs douloureux; des personnes de même sexe ne peuvent vivre leur amour et sont considérés comme des malades. Quel regard les hommes vêtus de pourpre au synode vont-ils porter sur ces victimes d'une société assoiffée de pouvoir et de rendement.

En arrivant à Jérusalem, Jésus guérit un aveugle. Mc 10, 45-52. Les disciples n'ont rien compris de la mission de Jésus et Il le leur fait voir à travers cet aveugle. Et nous? Nous répétons souvent la phrase de Jésus: "Faites ceci en mémoire de moi." Je crois que Mme Rose, comme tant d'autres de sa catégorie, ont compris cette parole de Jésus et elles la vivent.  Des témoignages comme ceux-là nous remuent profondément et nous révèlent la force de l'amour, la force de l'Esprit  à l'oeuvre dans le coeur du monde. Il s'agit d'une pasteure qui prend l'odeur des brebis.

"Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l'Église aujourd'hui c'est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le coeur des fidèles. Je vois l'Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s'il a du cholestérol! Nous devons soigner les blessures." L'Église que j'espère, p. 68. Pape François. C'est ce que Second Regard m'a apporté  ce midi et c'est le souhait que je formule à l'égard du synode. 

samedi, 17 octobre 2015 16:26

Conversion.

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Dans le film l'heureux naufrage, un personnage affirme: "Avant j'étais fidèle, maintenant je suis croyant." Il est passé d'une façon d'ête fidèle  d'une Église à la foi.Cette affirmation m'a interrogé longuement. En regardant mon histoire, je me rends compte que moi aussi je fais le cheminement vers la foi.

On m'avait appris à être curé, défenseur d'une saine doctrine, membre d'une Église. Des retraites surtout celles de Jean Vanier, quelques-unes animées par des religieuses, l'école de la vie auprès des chrétiens dans les paroisses, le compagnonnage avec la parole de Dieu m'ont fait cheminer pour devenir un petit peu plus pasteur. Un pasteur qui essaie davantage de "prendre l'odeur des brebis". Comme je rafraichis constamment ma théologie, je me suis intéressé à une autre façon d'être Église. Une  Église "hôpital de campagne."

On m'avait appris à "dire la messe," à respecter des rites, mais la soif de spirituel, les églises qui se vident m'ont propulsé davantage vers la célébration. Nous seront toujours sur une route de conversion. Une route qui nous fait découvrir l'essentiel du message de l'Évangile qui sont en définitive les valeurs profondes de l'être humain. L'Évangile est un appel à passer des croyances à la foi, des prières à la prière. L'Évangile est un appel à mettre l'amour au premier plan dans notre vie. L'Évangile nous fait passer d'un Dieu lointain à un Dieu en nous plein de tendresse et d'amour.

L'Évangile est l'expression des valeurs profondes de l'être humain et ces valeurs sont éternelles. C'est ainsi que l'Évangile est et restera la boussole qui éclaire le vécu des êtres humains, vécu de communion comme l'a voulu la Créateur. 

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