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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

Jos. Deschênes

Jos. Deschênes

dimanche, 31 janvier 2016 15:00

J'écoute!

J'ai entendu souvent, j'entends encore aujourd'hui: "Dans l'Église, Faut donner de la place aux jeunes, faut donner de la place aux femmes." Mais qui est l'Église? Qui leur a enlevé leur place? La Genèse nous dit: "Dieu créa l'être humain, homme et femme," donc deux êtres égaux. Et le Christ en Mathieu ajoute: "CE que Dieu a uni que l'homme ne le sépare pas." J'entends aussi et je l'ai même répété: "Faut donner plus de place aux laïcs." Alors si les jeunes n'ont pas de place, si les femmes n'ont pas de place, si les laïcs n'ont pas de place, c'est qui, ça, l'Église? Qui leur a enlevé la place?

J'entends aujourd'hui aussi: "Dans cette petite paroisse, il n'y a que 4 ou 5 personnes à la messe, on ferme et on n'y va plus". Et pourtant dans ces paroisses, il y a encore deux cents ou trois cents baptisés. C'est qui, ça, l'Église? Avons-nous réduit l'Église à la messe et quelques vieillards à l'église?

J'écoute et j'entends monter le cri de "l'Heureux naufrage". Faudrait peut-être simplement redécouvrir le baptême? Être baptisé, c'est épouser la PASSION du Christ. La passion du Christ, c'est ce qui l'a fait vivre, ce qu'il avait dans le coeur et le ventre: son amour et sa lutte pour le pauvre, le mal gommé de la société, le respect des personnes, la communion entre les personnes et avec Dieu, etc ... Et je crois que lorsque nous aurons redécouvert ce sacrement nous pourrons alors dire: "Il nous faut redonner aux baptisés leur Église et les sacrements qu'on leur a enlévés" .  Voila ce matin la méditaiton d'un vieux grincheux qui s'amuse à vieillir.

jeudi, 28 janvier 2016 18:20

J'ai lu

Wayne W. Dyer: La sagesse des anciens. AdA. L'auteur fait une réflexion pour aider à intégrer des vérités éternelles au quotidien. Il s'amuse à faire des commentaires ou réflexions importantes sur des textes de personnes jugées comme des anciens, textes d'une profonde actualité. Il se promène de Pythagore, François d'Assise, Jésus de Nazareth, Martin Luther King et bien d'autres. Il actualise en quelque sorte la parole de Rumi: "Quand vous êtes mort, cherchez un lieu de repos non dans la terre, mais dans le coeur des hommes." En somme l'auteur nous apprend à être à l'écoute des hommes et des femmes qui laissent derrière eux une trainée de lumière, de sages paroles qu'il nous faut conserver  jalousement dans le coeur. Bonne lecture.

jeudi, 28 janvier 2016 18:03

Une mélodie du bonheur

"Si un homme ne marche pas au pas de ses compagnons, c'est peut-être qu'il entend le son d'un autre tambour. Laissez-le suivre sa propre musique, quel qu'en soit le rythme, quelle qu'en soit la distance." Henry David Thoreau. C'est ce que Jean Vanier traduit à sa façon: "Laisser chacun grandir selon la musique de son être." Dieu demanda la même chose à Abraham: Quitte ton pays, ta famille .." va vers toi même et vit tes valeurs. autrement dit: va vivre ta passion, ce qui te fait vivre.

Chaque être humain a sa propre musique intérieure; il a ses propres façons de vivre ses valeurs. Chaque être humain a sa passion personnelle qui le fait vivre. La beauté d'une société est l'harmonisation de toutes ces musiques. Dans notre société en mouvement, les façons nouvelles de faire dérangent nos sécurités, questionnent nos doctrines et nos structures. La difficulté est d'accepter des différentes musiques et de les harrmoniser.

La mondialisation amène de grands ensembles musicaux qui font mourir les petits orchestres. Nous le voyons dans les magasins, les usines et même nos paroises. Le bruit musical des grands ensembles étouffe la mélodie des petits musiciens qui doivent plier bagage. Nous ne savons pas toujours écouter la mélodie de cette musique qui vient du coeur.

Nous savons bien que certains instruments sont brisés, blessés et souffrants,. Leur mélodie fait mal aux oreilles. Nous avons besoin de chefs d'orchestres capables d'harmoniser toutes ces mélodies, de mettre ensemble les instruments divers, de réparer et guérir les blessés pour bâtir dans notre monde et notre Église une "mélodie du bonheur" qui réjoisse le coeur de l'homme et le coeur de Dieu.

mardi, 26 janvier 2016 15:22

Il passa au milieu d'eux.

Les textes de notre célébration aujourd'hui sont tellement riches qu'il nous suffirait de les intégrer intérieurement pour s'en nourrir. Jérémie nous présente un Dieu proche de nous: "Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais. Avant que tu naisses, je t'ai consacré prophète." Cela nous rappelle l'image du potier  de la création où Dieu façonne l'être humain de ses propres mains. Nous sommes en relation avec un Dieu présent, très présent au coeur de sa création. Nous avons à faire l'expérience de ce Dieu en nous. Mais notons que Dieu nous consacre comme prophète. C'est d'abord cette qualité de prophète qu'il nous faut apprivoiser.

Et Saint Paul nous dit que si cela est possible, c'est que Dieu est AMOUR. La passion de Dieu pour le monde est de l'AIMER. Et Dieu nous a consacrés comme prophètes avec cette même passion: AIMER. Si je n'ai pas l'amour je ne suis rien, nous dit Paul. La pasison fondamentale de Jésus Christ est d'aimer sans condition et dès le sein de ta mère je t'ai consacré dans cette passion.

Jésus ajourd'hui adresse une taloche aux  juifs. La veuve qui a nourrit le prophète Élie n'est pas une juive, mais la femme de Sarepta, une étrangère. Le prophète guérit de sa lèpre n'est pas un juif mais un Syrien, un étranger. Jésus fait un "pied-de-nez" aux juifs en leur disant: c'est vous qui êtes le peuple choisi et ce sont les étrangers qui accueillent les premiers les grâces du salut. Vous, juifs, vous vous contentez de regarder le fils de Joseph et de Marie. Votre coeur n'est pas ouvert à l'amour et votre intelligence à la nouveauté du royaume.

Alors nous sommes consacrés comme prophètes du Seigneur. Paul fut un prophète et un pasteur. Jésus fut un prophète et un pasteur. C'est la route sur laquelle ils veulent nous entrainer. Un prophète dérange, questionne et invite en avant. Si nous regardons la vie de nos communautés chrétiennes aujourd'hui, où sont nos prophètes? Quels sont les gens qui dérangent? Remarquons que l'Évangile se termine pas ces mots:"Et Lui passant au milieu d'eux, alla son chemin." Le prophète ne fuit pas, ne fait pas de détour, il passa au milieu d'eux, comme Moïse passa au milieu des eaux et alla son chemin vers la terre promise.

Nous avons encore des prophètes aujourd'hui qui questionnent notre vie chrétienne et vie en Église. Sommes-nous prêts les écouter ou si nous voulons les "jeter en bas de la falaise." Les chrétiens qui ont quitté l'Église nous questionnent, savons-nous les écouter. N'oublions jamais que la passion de Jésus comme la nôtre est l'AMOUR. Aimer sans condition et faire un bout de chemin avec eux. Nous avons dans ces chrétiens des périphéries une richesse spirituelle de grande valeur qu'il ne faut pas négliger. Jésus passe au milieu de cette richesse pour l'enrichir encore davantage et sans doute nous questionner et nous déranger. Seul l'amour guérira les blessures de notre monde.

lundi, 25 janvier 2016 17:05

Une déchirure.

Dès le début l'évangéliste Marc écrit: "Il vit le ciel se déchirer." 1, 10. A la fin, il écrira aussi: "Le voile du temple se déchira en deux." 15, 38. au baptême de Jésus, le ciel se déchire pour annoncer que nous passons du baptême de performance de Jean au baptême de gratuité de Jésus. L'Ancien Testament se brise pour laisser passer le Nouveau. Quelque chose de neuf se passe. À la mort de Jésus le voile du temple se déchire pour laisser passer le nouveau temple.

Entre ces deux déchirures, Jésus a vécu sa passion. La passion de Jésus est ce qui l'a fait vivre, ce qu'il "avait dans le stripes". Entre les deux déchirures, Jésus nous enseigne comment vivre notre réalité d'enfant de Dieu en relation avec Dieu et les autres. L'enseignement de Jésus tant dans ses paraboles que dans ses miracles fut de nous dire comment nous devions vivre notre relation d'enfant bien-aimé du Père. La passion de Jésus est tout ce qui l'a fait vivre, ses valeurs, son amour du Père et de nous. Sa passion l'a conduit à sa souffrance physique sur la croix, à sa passion physique.

Un soir, Jésus donnera à ses disciples et par eux à nous, cettte passion qui l'a animé. Mc 14, 22-25. À la Cène, Jésus a remis entre nos mains cette passion qu'il portait pour que nous la portions aux autres à travers le monde. Le voile du temple s'est déchiré. Le voile qui empêchait les disciples de réaliser la mission se déchire, disparait, la mission est possible. L'ancien système religieux est déchiré pour laisser passer le nouveau. Pour laisser passer la passion de Jésus, les disciples devront déchirer le voile de leur structure religieuse, de leurs obligations pour retrouver la liberté de l'Évangile.

Encore aujourd'hui dans notre société en mouvement, nous devons déchirer le voile de nos sécurités d'hier, nos façons de voir et de célébrer parfois pour rejoindre le monde d'aujourd'hui et laisser passer la passion de Jésus. Le jeudi saint, Jésus nous a donné sa passion, ses valeurs, son amour, ce qui le faisait vivre. Cette passion est devenue la nôtre et il nous appartient de la donner. Ensemble dans la prière et le discernement, regardons quel voile il nous faut déchirer pour que la joie de l'Évangile retrouve ses galons chez nous. 

jeudi, 21 janvier 2016 23:40

Une bonne lecture

Anselm Grün: Faire son deuil veut dire aimer. Salvator. voila un petit livre qui répond à bien des questions et donne des pistes de réflexion sur le deuil et des suggestions de contenu pour des célébrations funéraires. Aujourd'hui, il me semble, que nous évacuons facilement les temps de deuil. Les salons funéraires sont très bruyants, c'est un moment de rencontre où la joie des retrouvailles fait oublier trop souvent l'importance du moment. Après les funérailles souvent la vie reprend son naturel. Le deuil est ce temps où après les premières émotions, nous prenons le temps de cueillir le message ou l'héritage du défunt pour ensuite établir une nouvelle relation. Nos célébrations sont des rites d'accompagnement des personnes endeuillées. ce livre sera un instrument tonifiant pour les familles endeuillées comme pour les personnes engagées en pastorale du deuil.  

mardi, 19 janvier 2016 15:29

Une parole qui dérange.

Le texte de Luc d'aujourd'hui nous situe dès le point de départ: "Avec la puissance de l'Esprit". Nous savons que si l'Esprit se met de la partie, Jésus va déranger nos façons de faire. L'Esprit Saint n'aime pas le statu quo. Poussé par l'Esprit, Jésus est allé rendre visite au démon au désert; aujourd'hui avec le même Esprit il rend visite aux gens de la Galilée. Jésus affronte des forces en place, mais l'Esprit le guide. Nous pourrions peut-être nous demander où est passé l'Esprit aujourd'hui dans nos communautés chrétiennes?

Jésus reprend le texte d'Isaïe qui annonce la raison de la venue du Fils de Dieu sur terre: Les aveugles voient, les boiteux marchent, les opprimés sont libérés et il affirme, c'est pour cela que je suis ici. Et vous pourquoi êtes-vous ici, nous dirait Jésus? C'est ma mission, c'est ma raison d'être. Jésus s'inscrit en faux aux lois et coutumes religieuses du temps. Jésus vient de nous présenter sa passion. La passion du Christ est ce qui le fait vivre, ce sont les valeurs qu'il a défendues et qui l'ont conduit à la croix. Il nous invite à découvrir notre propre passion, nos valeurs qui nous font vivre

Jésus est venu non pour condamner mais pour aimer, pardonner et sauvés. Il est venu nous dire que nous sommes tous des enfants bien-aimés du Père. Le frère Roger de Taizé a écrit: "Dieu nous a aimés. Il nous a fait assez confiance pour nous inviter à aimer comme LUI.  Qui vit de Dieu choisit d'aimer. Et un coeur décidé à aimer peut rayonner d'une bonté sans limite. Quand l'Église est attentive à aimer et à comprendre le mystère de tout être humain, quand inlassablement elle écoute, console et guérit, elle devient ce qu'elle au plus lumineux d'elle-même: limpide reflet d'une communion." Voila la mission de Jésus et la nôtre. C'est l'invitation de l'année de la miséricorde.

Nous pouvons imaginer l'étonnement des gens devant l'affirmation de Jésus, le petit gars de Nazareth. les pauvres étaient sans doute ravis et les grands dérangés. Et Jésus dit: Aujourd'hui. le salut n'est pas demain, mais aujourd'hui. Ne cherchez pas à l'acheter avec des mérites, des sacrifices, il vous est donné aujourd'hui. Il suffit pour nous d'ajuster notre vie à ce don merveilleux de l'amour. Aux bergers l'ange dit«; Aujourd'hui vous est né...." à Zachée, Jésus dit«; Aujourd'hui je veux demeurer chez toi." C'est aujourd'hui que le salut t'est donné dans l'amour du Père. Jésus dira le même refrain au larron sur la croix; Aujourd'hui, tu seras avec moi .."

La mission de Jésus est la même aujourd'hui: aidez les familles en difficulté, les enfants mal aimés et souffrants, les femmes exploitées et violentées, les pauvres opprimés, etc ... Ouvrons nos coeurts à l'aujourd'hui du salut de Dieu pour devenir des bâtisseurs de justice et de liberté et pouvoir redire avec le Christ: Aujourd'hui ces paroles se réalisent chez nous parce que l'Esprit est toujours agissant et avec la même puissance, mais surtout  soyons le moins possible  des freins à la puissance de l'Esprit. Seigneur fais de nous des femmes et des hommes dont la passion est de porter cette Bonne Nouvelle de ton amour dans notre monde.

 

samedi, 16 janvier 2016 22:10

Un appel

Sous la direction de Marc  Pelchat, théologien, un groupe de théologiens et de pasteurs ont publié chez Médiaspaul: Réinventer la paroisse. Cette étude reprend certains énoncés déjà apportés sur le damier de la réflexion, mais l'étude apporte un regard critique qui invite à la réflexion. 

Les auteurs font l'analyse de la situation de l'Église en Europe et en Amérique. Après un clin d'oeil aux réaménagements pstoraux réalisés, ils s'arrêtent à l'exercice du ministère ordonné en collaboration avec les autres ministères. Un chapitre analyse la venue de prêtres d'autres pays et civilisation, cette situation nouvelle demande une sérieuse réflexion.

Dernièrement, je visitais un couple âgé qui avait donné leur maison à leur petit fils pour vivre paisiblement en loyer. Le jeune homme avait transformé la maison en fonction de ses goûts et besoins. Les vieux parents étaient choqués. Il a tout défait notre maison que nous avions bâtie de nos mains. J'ai essayé de leur expliquer qu'il l'avait aménagé selon ses besoins. Il ne l'avait pas défait.

En lisant le livre, je me faisais la même réflexion. Avec les changements dans la société et le Concile Vatican 11, j'ai entendu souvent les réflexions du vieux couple. "Vous autres les jeunes vous voulez tout défaire l'Église." Mais comme les vieux étaient encore dans la maison, les changements n'ont pas eu lieu. C'est peut être ce que nous avons vécu, les chrétiens ont voulu aménager la maison Église selon les besoins de spiritualité, mais ce ne fut pas possible et ils sont partis. C'est ce que des jeunes me disaient hier à l'épicerie. Ils n'ont pas quitté Dieu, l'Église, ils ont quitté une façon de vivre en Église qui ne les rejoint plus.

Les auteurs questionnent les réaménagements pastoraux. Ils ont été fait par en haut sans tenir compte de la communauté. Ils ont été fait en fonction du nombre de prêtres disponibles. Comme j'ai participé activement à ces réaménagements, j'adhère  à cette analyse. Je me disais: mon père était menuisier et il n'a jamais commencé une maison par le toit. Il risquait des problèmes. Il fallait toujours poser de bonne fondations. Notre Église a un bon toit mais les fondations ne sont plus là. les prêtres sont âgés, les pratiquants du dimanche aussi, nous ne sommes plus à l'âge de brasser du ciment pour les fondations.

Les auteurs s'arrêtent au sacerdoce du baptême et du rôle du presbyterium en paroisse. Les historiens nous disent que le sacerdoce baptismal est disparu du vocabulaire ecclésial depuis le Concile de Trente. Il est apparu timidement à Vatican 11, mais est très peu mis de l'avant depuis. La base de l'Église et de toute vie en communauté est bien le sacerdoce du baptême. Ce sacerdoce s'éclate en un faisceau de ministères dont le ministère ordonné au service du peuple chrétien. le prêtre ne se définit "plus en termes cultuels liés à l'exercice d'un sacerdoce, mais en termes de l'évangélisateur."

Nous avons un urgent besoin de prophètes qui questionnent notre agir et éclairent notre route par l'Évangile et la docilité à l'Esprit Saint. Nous avons besoin de pasteurs qui rassemblent les chrétiens autour de Jésus Christ, qui ouvrent les portes, vont aux périphéries et prennent l'odeur des brebis, nous avons besoin de prêtres charismatiques capables de nourrir la foi et l'engagement chrétien dans la prière et les célébrations  enrichissantes. De sorte que les chrétiens ne soient plus des consommateurs mais des producteurs.

L'année de la miséricorde sera certes un temps fécond pour s'arrêter et méditer le sens de l'Église et  des ministères. Des choses se font présentement faudra les soutenir et permettre de nouvelles avancées. Je trouverais vraiment dommage qu'une étude de cette qualité  n'aille pas plus loin que la plume de l'écrivain.

 

 

vendredi, 15 janvier 2016 21:01

Une lecture nourrissante

Jean-Pierre Prévost: Pour lire les sages. Novalis. Il s'agit d'une étude par un savant professeur des livres de la sagesse dans la Bible avec une conclusion sur Jésus le Sage. C'est une dimension de l'être Jésus avec laquelle nous n'avons pas tellement flirté. "C'est une école de vie pour apprendre à reconnaitre et à goûter la sagesse de Dieu". Jésus était-il un sage? allons voir. bonne lecture.

jeudi, 14 janvier 2016 17:41

"L'Hôpital de campagne est ouvert."

Tel est le titre donné à un artice dans le Columbia des Chevaliers de Colomb avec l'année de la miséricorde annoncée par le Pape François. L'hôpital de campagne est proche des malades, et plus prêt à répondre aux besoins des gens que des hôpitaux de grands centres à cause de la grosseur de l'organisation. La miséricorde est aussi proche des gens et de leur besoin car elle vient du coeur.

Cet hôpital est ouvert depuis assez longtemps mais nous n'y avons pas prêté attention. Je lis dans une revue qu'un cuisinier renommé a laissé son travail de chef dans un grand restaurant pour aller  nourrir des sans abris et gérer une maison de retraite pour ces gens dans ces pays en voie de développement. Il a ouvert l'hôpital de la miséricorde. Des services sont offert aujourd'hui aux femmes victimes de violence ou d'abus, aussi certaines personnes ont besoin d'accompagnement après un avortement et prochainement nous aurons l'aide médicale à mourir sur le plateau de la vie, ceci apportera sans doute des réflexions ou des gestes nécessitant des baumes cicatrisants.

Beaucoup de blessures contribuent aujourd'hui a rendre les relations humaines difficiles,  beaucoup de blessures engendrent d'autres blessures et les relations en prennent pour leur rhume. La miséricorde devient cette chaleur et accueil de la charité qui permet bien des guérisons. Célébrer la miséricorde, c'est ouvrir grande les portes de l'hôpital de campagne pour offrir le baume de l'accueil, de l'amour, du pardon et de la fête. Il nous faut fêter ensemble. Fêter la miséricorde qui se vit autour de nous, fêter la miséricorde qui se vit en nous et par nous. Fêter la miséricorde de Dieu à notre égard. Nos célébrations du sacrement du pardon avec absolution collective doivent retrouver tout leur sens et leur beauté dans cette fête de la miséricorde. Nous devons sortir du rite du sacrement pour rejoindre la fête de la miséricorde de Dieu pour nous. Nos communautés chrétiennes doivent retrouver ce goût de fêter ensemble notre Dieu de miséricorde, retrouver le sens du sacrement qui est fêter le pardon de Dieu. Le sacrement n'est pas un tribunal où on va chercher une pénitence après un aveu détaillé; il doit être davantage un lieu de célébration du pardon accordé. Un lieu de reconnaissance du coeur de l'être humain envers son Dieu  qui pardonne et conduit plus loin. Ouvrons les portes pour que l'air frais de l'amour miséricordieux du Père puisse entrer et que notre monde se réchauffe au coeur de Dieu. Sortons de la froideur des rites pour retrouver la chaleur de la célébration. Qu'allons-nous faire de notre hôpital de campagne cette année?

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