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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

Jos. Deschênes

Jos. Deschênes

lundi, 17 avril 2017 23:43

La passion de Jésus

Nous parlons de la passion de Jésus comme la période de souffance avant sa mort. Je vousdrais méditer la passion qui l'a fait vivre. Cette passion, je la résume dans l'amour des pauvres et des petits du royaume. Jésus était un descendant de la tribu de Juda et non de Lévi. Son enfance s'est déroulé dans l'exercice de la religion juive et il fut témoin ou victime des lois et des abus de sa religion.

 On pourrais dire à Jésus: si tu avais pensé comme les pharisiens, si tu n'avais pas parlé de la résurrection comme les saducéens ou si tu n'avais pas dit que les prostituées seraient au ciel avant nous, tu ne serais pas mort le vendredi saint. La passion que Jésus  a légué aux siens et à chacun de nous:

C'est le grand commandement de l'amour. Jésus s'est inscrit en faux à la loi du talion: oeil pour oeil et dent pour dent. Il a voulu que nous soyons une communauté, des êtres de communion;

C'est la liberté des enfants de Dieu. Jésus s'est tenu debout devant les pouvoirs oppressuers. Les personnes passent avant les lois: "Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat." Mc 2, 27.

C'est le pardon et la miséricorde. Tout le chapitre 15 de Luc nous relate la joie des retrouvailles fruit de la miséricorde. Jésus va à la recherche de la brebis égarée, la met sur ses épaules et fait la fête.

C'est le Bon Pasteur. Je connais mes brebis, je sais ce dont elles ont besoin, elles écoutent ma voix. Un pasteur est celui qui écoute, accompagne, soutien et conduit plus loin. Le pasteur a un coeur de père pour écouter les siens, les comprendre et faire grandir la vie. Un pasteur est une personne qui un charisme de rassembleur.

Ce fut de défendre l'égalité et le respect des personnes. Il a voulu révéler que nous sommes tous les enfants bien aimés du même Père. Il a démontré que l'autorité est un service et non un pouvoir. Il a pris la défense du pauvre, de la veuve, du petit, de l'orphelin.

Ce fut la grande passion qui a fait vivre Jésus et qui l'a conduit à la mort. Cette passion, il nous l'a transmise par ses apôtres. Cela nous pose la question»: Moi, quelle est la passion qui me fait vivre?

lundi, 17 avril 2017 20:40

Agréable lecture

Eric-Emmanuel Schhmitt: Plus tard, je serai un enfant. Novalis.  2017. dans un entretien avec la journaliste Catherine Lalanne, Eric fait part de sa vie, des valeurs reçues qu'il a essayé vivre au mieux et qui surtout l'ont fait vivre. Il nous fait visiter le jardin de sa vie avec ses fleurs et ses fruits de qualité. C'est un artiste,  homme de théêtre et musicien qui nous livre comment se sont réalisés ses rêv d'enfant. L'enfant revit aujourd'hui avec un charme attirant. bonne lecture.

jeudi, 13 avril 2017 20:42

Un vendredi pas comme les autres.

Ce vendredi-là, Jésus nous a donné une grande leçon. Si nous regardons la passion de Jésus dans la démarche d'alliance scellée par le Christ, nous ne nous attarderons pas sur l'agneau immolé qui s'en va à l'abattoir. Ce vendredi Jésus nous a donné une grande leçon d'amour et de fidélité.

Au jardin de l'Eden, les premiers habitants avaient douté de la gratuité et de la bonté de Dieu et ont voulu vérifier et se faire Dieu. Il fallait que quelqu'un vienne poser un acte radical de confinace et d'abandon à Dieu et ainsi briser la vision de Dieu donnée au Paradis terrestre.

Ce vendredi, Jésus sait qu'il sera mis à mort. Il sera fidèle à sa mission, à son être de Fils du Père, il ne reculera pas devant la mort, il n'acceptera pas d'enveloppe brune ni de pot-de-vin pour s'assurer un bel avenir. Jésus restera fidèle  à son Père. Il acceptera la mort plutôt que de trahir sa mission. Si Jésus avait accepté  de dire comme les grands prêtres et les puissants, il n'aurait pas  été mis à mort. Il dira sur le crois: "Père, entre tes mains je remets mon esprit." Lc 23, 46. En s'abandonnant entre les mains du Père, il venait effacer la méfiance envers Dieu et l'alliance était possible.

Jésus vient pour ainsi dire signifier concrètement ce que veut dire vivre en alliance avec Dieu et non seulement obéir à des lois. Devant le crucifié aujourd'hui, je contemplerai  quelqu'un qui est allé jusqu'au bout de la fidélité au Père et qui m'a dit hier soir: Je vous ai donné l'exemple pour que vous fassiez de même.

mercredi, 12 avril 2017 15:50

Ce soir-là.

 Il est étonnant que ce jeudi saint où l'on parle de l'Eucharistie et de la fête des prêtress, l'Évangile nous invite à méditer le lavement des pieds par Jésus. Le lavement des pieds est le symbole du service humble et désintéressé. Est-ce que le Seigneur veut remettre les pendules à l'heure? Nous sommes d'abord des baptisés au service du sacerdoce baptismal. Notre sacerdoce n'est pas d'abord un plus dans la vie chrétienne mais une mission à vivre au milieu de l'Église peuple de Dieu.

Nous sommes d'abord avec nos frères et soeurs chrétiens des chercheurs de Dieu. Nous avons à vivre et célébrer l'Eucharistie au cour de la vie de nos communautés.  Nous avons à faire découvrir un Christ ressuscité et vivant au coeur du monde. Mais souvenons-nous toujours que nous portons ce trésor dans des vases d'argile. Nous parlons souvent de la rareté des vocations, nous voulons des vocations, mais il est important de regarder quelle image nous projetons de la vocation sacerdotale. Ce jeudi devrait nous inviter à méditer profondément notre image de prêtre en fonction du lavement des pieds. Le Christ nous parle aujourd'hui non seulement dans l'Évangile, mais aussi et surtout par la bouche du peuple de Dieu. Et Paul écrit aux Corinthiens: "Notre lettre à nous, c'est vous-même, lettre écrite en nos coeurs ... Vous êtes une lettre du Christ non pas gravée sur  des tables de peirre mais en nos coeurs." 2 Cor. 3, 2...  L'Évangile est le livre des chrétiens, et la vie des chrétiens est le livre des païens.  Laissons-nous instruire par nos frères et soeurs en Jésus Christ.

 

mardi, 11 avril 2017 21:11

Communier

Nous ne sommes pas à la messe pour nous satisfaire, pour nous consoler avec un petit Bon Dieu à notre nature; nous sommes là pour tous, avec tous et au nom de tous et, sans cette communion universelle, il n'y a pas d'Eucharistie.      Communier, c'est d'abord communier à l'humanité et à l'univers entiers. Communier, c'est devenir le sacrement d'amour pour tous ceux et celles qui ont soif d'amour." Maurice Zundel, 1966.

En ce matin de Pâques, premier jour de la semaine, une femme se rend au tombeau de Jésus pour être près de celui que son coeur aime. Mais, le tombeau est vide. Deux disciples viennent à son appel. Le premier pape entre, voit et semble rester stoïque; l'autre plus jeunes entre à son tour, voit et croit. Voila le tableau que l'évangéliste nous propose de méditer aujourd'hui.

De grand matin, Marie cherche Jésus. Notons que Marie cherche celui que son coeur aime. Et moi? Elle le cherche  et l'aime parce qu'elle a fait l'expérience de sa présence avec elle, elle le connait par expérience. Sa recherche n'est pas motivée par une obligation extérieure, par une loi, mais sa recherche vient du dedans, du coeur. Au pied de la croix nous retrouvons Marie, la mère de Jésus et Jean le disciple bien-aimé. Au pied de la croix, il n'y avait place que pour l'amour; au tombeau, il n'y a place que pour l'amour.  

On peut se demander qui était Marie de Magdala. Luc nous la présente comme celle que Jésus a libérée de sept démons. (Lc 8, 2). Magdala était un camp romain près du lac de Tibériade et Marie était la prostituée du camp. C'est elle qui versa du parfum  sur les pieds de Jésus et se convertit au Seigneur. Cette femme fut la première au tombeau. Voila la relation du coeur, relation de l'amour qui résume tout l'enseignement de Jésus. Cette même relation a permis à Jean de croire à l'intérieur du tombeau.

Pierre est le chef, il entre le premier au tombeau, mais il sera le dernier à croire. Il est au niveau des idées, de la raison, et Jésus se fait reconnaitre par des gens de coeur. Il ne va pas voir les puissants ou ceux qui défendent des doctrines. Jésus apparait au niveau où Pierre n'est pas encore parvenu. Et moi? Il serait sans doute imtéressant de regarder où le ressuscité se fait reconnaitre aujourd'hui dans nos communautés....

Marie est l'image de chacun et chacune de nous qui avons de la difficulté à suivre le Christ dans notre quotidien. Il est étrange que les deux disciples ne s'occupent pas de Marie et de sa peine, ils sont pris dans leur bulle d'hommes propriétaires. Le visage de Marie de Magdala est important dans la révélation du ressuscité. Ce visage nous parle du ministère des femmes dans l'église. Ceci pose une grosse question à la société et à l'Église patriarchale sur la place des minsitères féminins dans nos communautés chrétiennes.

Ce matin-là, Marie cherche Jésus sans le trouver. Plus loin dans le texte de Jean, c'est Jésus qui trouve Marie. (20, 16). Jésus lui dit simplement Marie. elle se retourne et lui dit Rabboni. Jésus la nomme par son nom et elle lui répond de même. Voila la relation que Jésus vient étalbir avec nous: une relation personnelle au niveau du coeur. Jésus trouve Marie et se laisse reconnaitre et accueillir, comme il le fait avec nous. Notre mouvement est de reconnaitre le Christ en nous dans nos frères et soeurs et de l'accueillir ainsi. Et nous pourrons laisser monter  en nous les paroles du prophète Osée: "C'est pourquoi, je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son coeur. Je te fiancerai à moi pour toujours, dans la tendresse et la miséricorde. Je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaitras Yahvé." Os. 2, 16-20.

En ce jour de Pâques, je nous souhaite d'être des Marie qui se laisse trouver par Jésus ressuscité, capables aussi de le reconnaitre au coeur de notre quotidien et de dire comme Marie: "Rabboni", celui que mon coeur aime.

samedi, 08 avril 2017 16:17

Un vieux qui s'amuse à vieillir

Souvent quand je parle à des prêtres, on me demande: Fais-tu du minstère encore? Et je réponds, je n'ai jamais arrêté. Quand les forces ont  déclinées, quand le goût de l'action a faibli, je me suis mis sur la voie d'évitement pour ne pas nuire à personne et j'ai contemplé le vieux Siméon. Siméon est une figure extraordinaire, un homme qui regarde en avant et qui découvre la vie.

Siméon dans l'Évangile de Luc sait reconnaitre le Messie dans l'enfant présenté au temple. J'ai contemplé ce visage et je me suis dit: Pourquoi, moi, je ne pourrais pas comme lui aprendre à reconnaitre le Christ et l'action de l'Esprit dans le monde qui m'entoure. Alors j'ai commencé le ministère de la reconnaissance: re-connaitre la présence agissante du Christ autour de moi. J'ai essayé d'être efficace durant toute ma vie, pourquoi n'essairai-je pas d'être fécond maintenant? je me suis tourné vers la Parole de Dieu que j'essaie de partager avec d'autres. La parole de Dieu est rassembleuse et la mission du prêtre est d'abord de rassembler les uns et les autres dans la communion avec le Christ. Alors je suis pleinement dans ma mission.

Une des premières tâches du prêtre retraité, il me semble, serait de reconnaitre les nouvelles pousses de vie chrétienne qui germent autour de nous. Savoir les reconnaitre, savoir les bénir et les accompagner. Être capable de nommer aux plus jeunes ces pousses de vie qu'eux-mêmes font sortir de terre souvent sans le savoir. Quand l'occasion se présente de présider l'Eucharistie en paroisse, ce moment est pour moi un temps fort où j'essaie de faire reconnaitre l'importance de se rassembler pour célébrer en reconnaissance de ces pousses neuves d'Évangile qui sortent de partout chez nous.   C'est comme cela que je m'amuse à vieillir, la vie est en avant et sous des formes neuves et différentes elle nous pousse à avancer. Hier j'entendais des jeunes mettre en marche des projets communautaires pour rassembler les gens et leur assurer une certaine autonomie,  fruits de la Parole de Dieu partagée et vécue.  Je les écoutais et les regardais aller avec beaucoup de re-connaissance. C'est peut être le chemin parcouru par les disiciples au matin de Pâque pour res-susciter Jésus.

jeudi, 06 avril 2017 16:11

Un cadeau à célébrer.

Le 9 mars dernier, je méditais l'Eucharistie comme un cadeau à découvrir; le 11 mars je méditais un cadeau à vivre. Aujourd'hui je m'arrête sur un autre aspect de l'Eucharistie: Un cadaau à célébrer. Je ne prétends pas faire de la haute théologie, il s'agitr pour moi d'une simple méditation sur des aspects  de l'Eucharistie qui m'interpellent.

Au cours des siècles, la célébration de l'Eucharistie s'est structurée pour en venir à notre façon de célébrer d'aujourd'hui. Au début le peuple célébrait, avec le temps la célébration a été réduite entre les mains du prêtre et le peuple est devenu spectateur passif. Le Père Hervé Legrand o.p. écrivait qu'on avait chosifée l'Eucharistie en en faisant un rite. Et le Père P. Béguerie affirme dans son livre sur l'Eucharistie que nous sommes passés d'un peuple de prêtres à un peuple et des prêtres. P.156. L'Église était divisée en deux: les clercs et les laïcs. Doucement le culte eucharistique a prit la place de la communion et l'Eucharistie a été réduite à la célébration.

Notre défi aujourd'hui est de retrouver le sens plénier de l'Eucharistie et de redécouvrir les racines bibliques de l'Eucharistie. Un sondage réalisée il y a plusieurs années déjà affirme que "les grandes religions perdent leurs adeptes quand ceux-ci ne se sentent plus suffisamment partie prenante." R. Gagné. p 8. N'est-ce pas ce que nous vivons présentement. Je méditerai brièvement les deux tables de la célébration, celle de la Parole et celle de l'Eucharistie.

La table de la Parole:

"Le développement de la vie liturgique et par suite, le progrès de la vie chrétienne ne pourra se faire si on ne promeut continuellement un goût savoureux de la Sainte Écriture." J.P. 11, 1988. La Parole de Dieu a la même importance et est aussi vénérable que l'Eucharistie. Jésus est présent d'une présence réelle dans sa Parole comme dans l'Eucharistie. L' Deiss, P. 189.

Saint Jérôme écrivait au 5e siècle: "Pour moi, j'estime que l'Évangile est le corps du Christ et que les Saintes Écritures sont sa doctrine. Quand le seigneur parle de manger sa chair et de boire son sang, cela peut s'entendre du mystère de L'Eucharistie. Cependant, son vrai corps et son vrai sang, ce sont aussi la Parole des Écritures et sa doctrine." Dans l'Eucharistie le Christ est présent sous le voile du pain et du vin. Dans sa Parole il est présent sous le voile des mots. Il y a donc une présence réelle du Chirst à la fois dans sa Parole et dans l'Eucharistie.

D'ailleurs Paul V1 écrivait dans Mystérium Dei: "Cette présence, on la nomme réelle non pas à titre exclusif, comme si les autres présences n'étaient pas réelles, mais, par excellence parce qu'elle est substantielle."

Celui donc qui communie à la Parole communie au même Christ que dans l'Eucharistie. Il nous faut valoriser la place de la Parole dans nos célébrations et aussi donner l'importance des célébrations dominicales de la Parole qui sont un lieu de communion avec le Christ. C'est la Parole de Dieu qui convoque, rassemble, convertit et met en état de célébrer. L'Eucharistie fait la communauté avec une assemblée convoquée par le Parole.

La table de l'Eucharistie:

L'Eucharisatie a prit naissance dans un repas, lieu de communion, de partage et de fraternité. L'Eucharistie est le repas de l'AGAPÈ. Les disciples d'Emmaüs on reconnut Jésus au moment du repas. L'Eucharistie soude le corps vivant du Christ dans la charité pour en faire le sacrement du Christ ressuscité. Elle est le repas de la communion entre nous et Dieu et les uns avec les autres. "Puisqu'il n'y a qu'un seul pain, il n'y a qu'un seul corps." I cor. 10, 16. L'Eucharistie n'est pas un rite, mais fait le corps du Christ, il nous faut redécouvrir et devenir ce que nous célébrons.

A L'Eucharistie, c'est tout le peuple qui est consacré pour devenir corps vivant du Christ, pour devenir action de grâce au Père. Ce n'est pas le Christ qui descend dans un moceau de pain, c'est le Christ qui prend notre humanité avec la sienne pour la présenter au Père dans un immense chant d'action de grâce. C'est la transformation de toute l'humanité pour devenir action de grâce au Père.

L'Eucharistie est le ferment de notre divinisation dans le Christ et la force nécessaire pour former le corps du Christ ressuscité. Elle est communion à sa mission pour la réaliser dans notre monde d'aujourd'hui. Notre défi est de taille pour sortir nos célébrations du corset des rites pour en faire une vraie célébration d'un peuple en marche avec le ressuscité. C'est une première piste de réflexion que nous sommes invités à approfondir, à vivre et à célébrer. J'aime l'Eucharistie et comme je voudrais en donner le goût à mes frères et soeurs dans la foi.

mardi, 04 avril 2017 13:57

Aller jusqu'au bout.

Aujourd'hui, Jésus entre dans ma Jérusalem pour me parler au coeur. (Mth 21, 1-11). En entrant à Jérusalem, Jésus sait que sa vie est en danger et qu'il va être mis à mort. Il entre quand même. Sa fidélité à sa mission est plus forte que la peur. Ce matin, Jésus vient m'apprendre la fidélité. Il vient m'apprendre à aller jsuqu'au bout de la mission. Jésus porte au coeur des valeurs, une mission et il ne cèdera pas même devant la mort. Jésus vient m'enseigner cette fidélité au quotidien. Autour de moi des hommes et des femmes vivent cette fidélité au quotidien. Je vois des mamans se pencher avec amour pendant des années sur des enfants malades, des gens se porter à la défense des pauvres et des petits. Dans la vie spirituelle comme vie en Église, il y a des passes difficiles mais Jésus nous apprend la fidélité jusqu'au bout.

Jésus nous apprend aussi que sa mission s'inscrit au coeur de la vie. Il envoie ses disciples au coeur du village là où les gens luttent, travaillent, rient et pleurent, Sa mission est d'abord au coeur de la vie.  J'entends la Pape François parler de l'Église de sortie, en périphérie. "Ce n'est plus sur la montagne ou au temple que vous adorerez mais en esprit et en vérité." Jn 4, 21. Plus on est proche de la vie, proche de l'être humain, plus on est proche de Dieu. La mission de Jésus n'est pas une pratique, mais un vécu au quotidien.

Jésus nous apprend aussi un autre aspect de la mision. "Vous trouverez une anesse et un petit, détachez-les et amenez-les moi."  Vous trouverez dans ce monde des gens attachés, prisonniers de coutumes, traditions, blessures, de mauvaises expériences, détachez-les, libérez-les et laissez-les venir à moi. La mission des disciples et par eux à nous tous est de libérer l'être humain pour le conduire à Jésus. Jésus est venu annoncer le plan du Père avec l'humanité, et ce plan en est un de liberté, de paix, de respect des personnes, de fraternité. Et à nous qui suivons le christ est donnée cette mission de liberté. Délier nos frères et soeurs de ce qui les empêche de se rendre à Jésus. Cette mission est de plus en plus nécessaire aujourd'hui dans un monde où les systèmes détruisent la liberté et les bonnes volontés.

Cette mission est possible pour nous parce que Jésus s'assoit sur nos misères, nos limites pour les conduire à résurrection. Jésus entre à Jérusalem assis sur un âne. L'âne est le symbole de nos attaches terrestres, de tout ce qui nous empêche de rejoindre le Seigneur. Jésus va dompter ces difficultés et les conduire à la résurrection. Jésus entre dans ma Jérusalem pour dompter mes peurs, mes réticences, mes pauvretés et me donner l'audace du missionnaire.

Cette entrée à Jérusalem m'apprend aussi une autre leçon. La foule qui aujourd'hui acclame le Christ comme son roi, demain demandera sa mort par ce cri: "Crucifie-le." La foule s'est trompée  de Messie. Elle attendait un Messie qui chasserait les Romains du pays et voila qu'il se prend pour un autre, il se dit Fils de Dieu. Est-ce que moi aussi je me trompe de Messie? J'attends souvent un Messie qui répond à mes prières et il est sourd. Je veux souvent un Messie "bouche-trou" et non un Messie qui me fait grandir. Jésus n'est pas venu répondre à nos caprices, mais nous accompagner dans la réalisation de notre être d'enfant de Dieu. alors acueillons Jésus et laisosns-nous transformer par cette venue chez nous.

samedi, 01 avril 2017 09:49

Lazare, sors dehors!

Dans l'Évangile de notre dimanche du carême, Jn 11, 1-45, Jésus commande à Lazare de sortir de son tombeau. J'entends résonner à mon oreille ce cri de Jésus, que veux dire pour moi aujourd'hui: sortir de notre tombeau.

Notre Église du Québec depuis la révolution tranquille s'est refermée sur elle-même comme un coquille. L'État a repris ce qui lui appartenait: la santé, l'éducation, les services sociaux et nous nou s sommes repliés sur notre structure intérieure: les sacrements, la liturgie. Les chrétiens ont quitté cette Église et nous nous sommes refermés comme dans un tombeau. Je remarque que dans beaucoup de paroisses les oeuvres de charité sont sorties de l'église et sont demeurées vivantes. Pris dans l'étau des factures à payer et des entretiens de bâtiments, il n'y a plus de place pour le partage. Nos églises se sont vidées et l'Église est ailleurs.

Ce matin, dans ma méditation, j'entends ce cri de Jésus; "Viens dehors!" Hier je présidais une funérailles et je me sentais presque dans un tombeau. Quelques personnes dispersées dans l'église dont la majorité étaient étrangères à tout ce qui s'y passait. Je préside rarement des célébrations paroissiales maintenant, mais j'ai le sentiment que notre cadre liturgique ne réponds plus aux besoins des chrétiens. Comme le peuple juif au retour de l'éxil était étranger dans son propre pays, nous sommmes étranger dans notre propre milieu. Il me semble que le cri de Jésus retentit à mes oreilles plus fort que jamais et prends un tout autre sens. Ce cri de Jésus nous revient aujourd'hui par la voix du Pape François dans une "Église en sortie."

La situation nous obligera à fermer des églises et à éloigner de plus en plus le service religieux des personnes. Un peu comme fait IGA quand un magasin n'est pas suffisamment rentable. C'est peut être le chemin obligé pour retrouver l'Église. Mes pensées ne sont pas vos pensées, nous a dit Jésus. Voila le propos d'un vieux grincheux qui réfléchis......

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