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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

samedi, 11 mars 2017 15:06

Une crise de vocation.

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Nous parlons de crise des vocations dans notre Église. Nous parlons du manque d'intérêt des jeunes pour les vocations. Nous parlons d'une pastorale des vocations. Le Pape François nous invite à une pastorale d'innovation et de conversion et non de conservation.

Nous vivons une crise de vocation depuis le Concile de Trente au 16e siècle. La crise que nous vivons n'est pas celle d'abord des vocations, mais de la vocation. Depuis le Concile de Trente, nous avons fait disparaitre de la vie de l'Église la vocation baptismale, le sacerdoce des baptisés. Et pourtant le sacerdoce des baptisés qui est participation au sacerdoce du Christ est la base même de la vie de l'Église. Le sacerdoce du baptême nous fait participer au sacerdoce du Christ dans ses trois dimensions essentielles; prêtre, prophète, pasteur (roi). Le sacerdoce ordonné un jour dans l'histoire a happé tous les ministères des baptisés qui sont devenus des spectateurs dans l'Église. Un évêque de France écrivait que ces minstères des baptisés étaient devenus des échelons qu'il fallait monter pour parvenir au trône du presbytérat.

Jean-Paul 11 écrit dans Exhortation Dabo pastores de 1992:

Le sacerdoce minstériel, en effet, ne signifie pas en soi un degré plus élevé de sainteté par rapport au sacerdoce commun des fidèles; mais, par le sacerdoce ministériel, les prêtres ont reçu du Chirst un don spécifique, afin de pouvoir aider le peuple de Dieu à exercer fidèlement et pleinement le sacerdoce commun qui lui est confié.

Le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun des baptiés. D'ailleurs le document conciliaire sur L'Église, no 30 à 36, présente bien cette participation des chrétiens au sacerdoce du Christ dans se strois dimensions.De plus le texte sur la vie et le ministère des prêtres est clair sur cette question:

Les prêtres ont à reconnaitre sincèrement et à faire progresser la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l'Église. (...) Ils sauront  découvrir et discerner dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes, des plus modestes aux plus élevés, ils les reconnaitront avec joie et les développeront avec ardeur. P.O. 9

Ainsi je crois que nous sommes invités tant par le Concile que par notre Pasteur François à revitaliser la vie de foi et l'exercice du sacerdoce commun des baptisés. Notez que je parle de baptisés et non de laïcs parce que je crois que cette distinction est malheureuse. Alors imaginons notre action pastorale dans une vision de conversion et non de conservation. Cette dans cette vision que je continue ma préflexion et ma prière.

jeudi, 09 mars 2017 14:47

Un cadeau.

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Un jour, Jésus dit à ses disciples: "Allez à la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau, suivez-le, il vous montrera la salle toute prête où je veux manger la Pâques, faites les premiers préparatifs." Mc 14, 12 ...

Jésus à Jérusalem se prépare à célébrer la Pâque avec les siens. Il envoie ses disciples au coeur de la ville rencontrer un homme portant une cruche d'eau. Il veut donner l'Eucharistie aux siens et ne va pas au temple, étrange! Jésus envoie les siens au coeur de la vie rencontrer quelqu'un au coeur de sa vie. Jésus se situe au coeur de la vie là où les gens travaillent, luttent, pleurent, rient, suent. Au coeur de la vie est le lieu privilégié de l'Eucharistie.

La salle est prête, faites les derniers préparatifs. La salle est d'abord le coeur de l'être humain et cette salle est préparée par l'action de l'Esprit saint. Ceci pose une question à notre catéchèse, est-ce que l'on prépare la salle qui est le coeur des chrétiens ou si l'on fait les derniers préparatifs? Ne sommes-nous pas comme les disciples qui font découvrir la salle toute prête pour célébrer la Pâque.

Jésus entre dans la salle avec les siens. Il sait que sa vie est terminée, demain il sera mis à mort. Sa mission n'est pas terminée. Il doit donc passer le flambeau. Durant ce repas de la Pâque, Jésus va donner sa mission aux siens qui l'entourent. Jésus le fait durant un repas pour bien signifier qu'il donne une communion à réaliser. Il ne donne pas un rite à faire, mais une communauté à former.

Alors Jésus prend du pain, nourriture du nomade, le chrétien est un être toujours en marche, jamais arrivé, et le donne en disant aux siens de se nourrir à sa personne. je me donne à vous avec tout ce que j'ai été, enseigné, ce dont j'ai témoigné, et rendez cette vie présente dans le monde. Je serai avec vous comme un pain, une nourriture pour vous donner la force de réaliser cette mission. Puis Jésus prend du vin, signe de la vie et de la tendresse du Père, le donne et leur dit de s'abreuver à cette vie et cette trendresse de Dieu. S'en abreuver pour la rendre présente partout dans le monde. "Faites ceci en mémoire de moi." Faire mémoire, ce n'est pas se souvenir, ou répéter le geste de Jésus, c'est rendre présent ce que ce geste signifie.

Ainsi Jésus prend sa vie, son amour, son enseignement, ses pardons, sa miséricorde, toute sa mission et la donne à ses disciples. Les enfants autour de la table familiale prenant le repas, mangent un peu des parents, de leur amour, de leur dévouement, de leur tendresse ... Ce que Jésus nous a donné ce soir là est une mission à réaliser, une communion à faire entre nous et avec Dieu, une communauté à former. La fin de nos célébrations eucharistiques est donc la mission du Christ à réaliser dans notre monde. La communion est le moyen ou la force que Jésus donne pour continuer la mission. La célébration est le moment où les envoyés se retrouvent pour célébrer dans la joie et l'action de grâce, dans le mystère pascal du Christ ressuscité, afin de nourrir leur force pour continuer la mission de faire découvrir l'amour et la miséricorde du Père.  Continuer ma mission en mémoire de moi, en la rendant présente et vivante autour de vous.

 

 

dimanche, 05 mars 2017 21:35

La fête des retrouvailles.

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J'allais faire une petite célébration de funérailles au salon funéraire et en méditant la préparation, m'est venu à l'idée la parabole des retrouvailles du fils cadet et de son Père dans l'Évangile de Luc. Ça m'est apparu une bonne idée pour cette célébration. La pointe de cette parabole est la joie des retrouvailles du fils et du Père.

La mort, c'est un peu les retrouvailles d'un enfant avec son Père. Le Père lui passe la robe du membre de la famille,  lui met au doigt l'anneau de l'alliance, lui passe les sandales de l'homme libre et fait la fête. Le ciel est en fête. Festoyons car mon enfant est revenu. J'ai partagé avec la famille sur cette réalité et nous nous imaginions la fête au ciel.....

Ceci m'a rappelé combien la vie est une réalité féconde. De la naissance à la mort, elle ne cesse de grandir, de s'approfondir, elle va de découverte en découverte jusqu'au jour de la grande découverte, dernier acte fécond des retrouvailles avec le Père. Et nous avons chanté: "Ce qui me restera de toi." Ce qui restera de nos défunts, c'est ce qu'ils auront semé qui fleurira dans la vie des autres, ce qu'ils auront donné qui grandira dans la vie des autres. Je suis revenu en me disant: Je veux que ma mort soit la fête des retrouvailles et que le ciel et la terre soient en fête. La mort est un acte de profonde fécondité. 

dimanche, 26 février 2017 18:35

Convertissez-vous et croyez à l'Évangile.

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"Convertissez-vous et croyez à l'Évangile." Voila bien campé le projet de carême de cette année. Le carême est un temps privilégié pour découvrir de l'intérieur notre relation à Dieu. Il est appel à la converison.

On dit souvent que le feu couve sous les cendres, c'est signifier que le feu de l'amour de Dieu couve sous les cendres de nos vies. Le carême nous permet de laisser ce feu animer et réchauffer notre vie. C'est aussi l'occasion pour laisser monter ce cri de Paul: "Nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu." Dieu nous a fait la grâce d'être ses enfants bien aimés; il a remis entre nos mains la mission de le faire connaitre dans le monde. Ne laissons pas le conformisme, la routine,  les coutumes endormir la grâce du Seigneur en nous.

"Nous sommes les ambassadeurs du Christ" nous dit encore notre pasteur Paul. Un ambassadeur n'est pas un vendeur de camelote ou un colorteur de rêve, mais un témoin qui laisse passer le Christ. Un ambassadeur transmet le projet de celui qui l'a envoyé. Si nous présentons le projet de Dieu, il est important de le bien découvrir. "Baptisés en Jésus, nous vivons de sa vie"   chantons-nous parfois. Notre carême est ce temps pour découvrir mieux encore ce que signifie être baptisé en Jésus. Notre jeûne sera davantage un jeûne de nos idées, nos coutumes, nos traditions pour nous laisser prendre par la force de l'amour de l'Évangile. Il sera un temps pour mieux écouter nos frères et soeurs dans leur recherche d'une spiritualité qui les nourrit. Un temps pour aller dans la Galilée de nos vies et de nos  communautés paroissiales pour écouter et découvrir l'action de l'Esprit au cour du monde. Ce carême sera un temps pour aller dans nos Galilées découvrir et accompagner ces pousses neuves d'Évangile qui seront l'Église de demain.

Notre temps de carême devrait être moins un temps de chasse aux péchés qu'un temps de découverte et d'éclatement de la grâce de l'amour de Dieu déposé en nous. Pâques sera alors moins un soulagement de sortir des pénitences qu'une apothéose de la résurrection du Christ.  Nous partons à la découverte de notre baptême dans ses trois dimensions comme nous le présente l'Évangile du mercredi des cendres et celui du 1er dimanche du carême. Bon carême ensemble comme ambassadeurs du ressuscité.

jeudi, 23 février 2017 15:10

Silence ....

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Silence, la plus belle des paroles de Marie-Thérèse Nadeau, chez Médiaspaul, 2017. Ce tout dernier livre de Mme Nadeau c.n.d. nous parle du silence, les valeurs du silence pour l'être humain et au plan spirituel, les difficultés du silence, le silence qui n'est pas simplement absence de bruit. Quelques pages m'ont fait réfléchir. L'auteure nous parle d'entendre et d'écouter. Il ne faut surtout pas assimiler les deux mots.

Entendre réfère à l'oreille: on entend des bruits, des paroles; Écouter réfère au coeur, à l'intérieur, on entend un message. On peut entendre sans écouter et nous pouvons écouter sans entendre. deux textes de Luc m'ont invités à la méditation: L'annonce faite à Zacharie et à Marie.

Zacharie dans son office religieux a entendu l'annonce de Dieu mais ne l'a pas écoutée, n'y a pas crue et il est devenu muet, c'est à dire qu'il est devenu étranger à ce qui se passait et sa parole ne pouvait plus transmettre le message nouveau qui se présentait. Marie au contraire a écouté avec les oreilles du coeur et aussitôt elle s'envole vers Élisabeth transmettre la nouveauté qui se présente. Lc 1, 5 ss, 20 ss.

Ces textes viennent me questionner: Suis-je comme Zacharie ou comme Marie. J'entendais dernièrement une vieille dame me dire: Moi, j'écoute la messe à la télévision et au moment de l'homélie, je ferme le son. Qu'est-ce qu'elle voulait me dire? Je me souviens d'une visite à une famille lors de la visite paroissiale qui me questionne encore. La dame à mon entrée me désigne un fauteuil, elle s'assoit devant moi et commence avec colère à me parler des prêtres, de l'église, des Évêques, des sacrements, tout y passe. Je ne savais pas comment réagir. Au but d'une bonne demi-heure, je devais partir. Je me lève, lui donne la main en lui disant: Vous avez certes souffert beaucoup de l'Église pour avoir autant de colère et d'agressivité dans le coeur. Le couple m'a regardé avec un peu d'étonnement et l'homme me dit: Monsieur, revenez donc nous voir, on aimerait cela parler avec vous. Aujourd'hui je comprends que sans le savoir j'avais écouté.

Chaque jour, la télévision nous apporte des scènes où l'écoute est absente. Nous entendons beaucoup de bruit et de mots, mais nous oublions d'écouter et ainsi grandit la colère, l'agressivité, les agressions de toutes sortes. Quand je vois nos églises vident et l'indifférene s'instaler rapidement dans la vie des chrétiens, je me pose la question: Savons-nous écouter? ou si nous ne faisons qu'entendre? Qu'est-ce que cette absence massive des chrétiens, qu'est-ce que leur indifférence vient me dire? "Le silence est la plus belle des paroles."

Nous vivons dans un monde de systèmes: politique, économique, de la santé, de l'éducation et même religieux. Un système n'a pas souvent les oreilles du coeur. Dieu ne se fait pas entendre dans le bruit, les lois, mais dans la liberté du coeur silencieux. A la lumière de l'Évangile nous pourrions faire surgir ce trésor en étant davantage des Marie que des Zacharie. O Vierge de l'écoute, apprends-moi ton silence.

lundi, 13 février 2017 18:42

Eden vs Cénacle

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"La femme vit que l'arbre était bon à manger et beau à voir. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il  mangea. Ils virent qu'ils étaient nus et se firent des vêtements de feuilles de figuier. Ils entendirent le pas de Dieu dans le jardin et ils se cachèrent." Gn 3, 6-9.

Dans ce récit, il n'est pas question de repas. La femme prit et mangea; elle prend un "entier". Elle prit et donna à son mari. Alors leurs yeux s'ouvrirent, les relations étaient brisées. Ils se firent une carapace de feuilles pour se protéger, et se cachèrent devant Dieu. Et de plus l'homme devra gagner son pain à la sueur de son front. L'harmonie que le Cérateur avait mise dans son oeuvre était brisée. Aussi, ils apprennent à se défendre en accusant l'autre: c'est la femme que tu m'as donnée, c'est le serpent qui m'as tentée. Ils refusent la responsabilité de leurs actions.

"Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le donna à ses disciples." Mth 26, 26. "Aux disicples d'Emmaüs, Jésus rompit le pain, alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent. Ils retournèrent à Jérusalem où ils trouvèrnet réunis les onze et leurs compagnons." Luc 24, 30.

Ici, il s'agit d'un repas de communion de Jésus avec les siens. Jésus brisa le pain et donne des morceaux à ses disciples. Les disciples reçoivent alors que Eve a prit. Après avoir mangé, ils retournent à Jérusalem et retrouvent la communauté. Ils refont communion. Au lieu de porter des accusations, c'est la joie  des retrouvailles.

Au Cénacle le jeudi soir, Jésus répare les brisures du jardin, il refait  les relations. Nous sommes ici devant un don de communion. Notons qu'au jardin, on part d'un "entier prit" pour aboutir à des brisures; alors qu'au Cénacle on part des "brisures données" pour parvenir à un "entier" la communauté.

Quand nous arrivons à l'Eucharistie le dimanche, nous sommes comme des brisures, séparés les uns des autres toute la semaine par le travail et la vie quotidienne, nous venons aussi recevoir chacun une brisure pour repartir un "entier", repartir communauté. Cette rencontre avec le Seigneur nous permet de continuer le travail de faire communauté. L'Eucharistie n'est pas un rite mais repas de communion, repas de communauté.

mercredi, 08 février 2017 23:15

Réfléchissons bien...

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Nous avons tous été atterrés par la tuerie à la Mosquée de Québec dernièrement. Mardi dernier on nous présentait à JE des groupes d'extrême droite qui se développent au Québec. Nous assistons à une sorte de nouvelle culture qui va sans dout modifier le visage de notre peuple.

Nous faisons des moments de prières comme chrétiens pour les victimes de la Mosquée. Je crois qu'il nous faut élargir notre regard. Ce qui s'est passé à Québec est une conséquence et nous devons nous interresser aux causes. Les médias sociaux nous les ont bien présentées. La mentalité qui se développe face aux immigrés chez nous est trop souvent à la base des blessures infigées aux autres.

Ma première pensée comme citoyen et chrétien va d'abord vers  les familles des personnes décédées. Ces enfants orphelins, ces femmes qui ont perdu leur conjoint, toutes ces familles en difficulté et en souffrance.

Ma deuxième pensée va vers la famille Bissonnette et au fils Alexandre. Le vécu de cette famille doit être très pénible et nous ne pouvons sans doute pas l'imaginer. Alexandre est une victime de ces courants d'extrême droite qui balaie l'horizon présentement.  

Ma troisième pensée va vers toutes ces personnes qui trainent des sentiments de haine, de souffrance et les sèment sur leur chemin. Souvent ces sentiments naissent à la suite d'oppression, d'intimidation, d'injustice qui ont blessés les coeurs et développé des volontés de vengeance souvent très brutales.

Enfin mes penseés rejoignent dans la communion les personnes victimes. Ces personnes fauchées dans un moments de prière sont maintenant des supports et des gardiens pour leur famille. Moi, je ne prie pas pour eux mais avec eux  et en communion avec eux. Je prie avec eux pour que leur famille découvrent leur présence et laissent panser leurs plaies par cette présence amoureuse et chaude.

Je prie aussi pour que notre peuple québécois puisse redire avec foi et ferveur la prière de François: Là où il y a la haine, que je mette l'amour, le pardon; là où il y a de la souffrance que je puisse apporter le baume de la tendresse; et qu'avant de condamner et de punir, nous puissions écouter, comprendre et guérir.

 

samedi, 04 février 2017 13:41

Un vieux pasteur réfléchit, suite.

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Hier, je terminais ma réflexion par ces mots: "Il ne nous reste plus qu'à enterrer nos rêves." J'exprimais l'état d'esprit des disciples d'Emmaüs sur la route et celui dans lequel j'étais il y a quinze ans passés. Mais un jour j'ai vécu l'auberge d'Emmaüs.

Je m'étais amusé à animer quelques retraites en paroisses, et un jour, on me demande d'animer la retraite annuelle des prêtres de la fraterntié Jesu Caritas à Québec sur le thème de l'Eucharistie. Je me suis senti très téméraire d'accepter cette demande. Mais les réactions venues à la suite de cette aventure m'ont conforté sur cette route. Sur cette route de l'Évangile, des gens d'ici avec qui j'avais vécu des retraites m'ont offert "avanceaularge".

Je crois aujourd'hui que j'étais passé par l'auberge d'Emmaüs. Jésus m'avait pris sur MA route pour me conduire sur SA route. J'étais sur la route des structures, de l'organisation ecclésiale, et Jésus m'a conduit sur la route de l'Évangile, route de la liberté, route de l'amour, route de L'homme et route de Dieu.

Aujourd'hui j'accompagne des groupes de partage biblique, les communautés cursillistes et je vois des femmes et des hommes développer le sens de la communauté, prendre des responsabiltiés pour bâtir la communauté, exercer le sacerdoce de leur baptême. Mes rêves prennent racine autrement. Et me vient à l'esprit la pensée de Jean Cocteau: "Plus je vieillis, plus je réalise que ce qui ne vieillit pas, ce snt mes rêves."

Les disciples en quittant l'auberge d'Emmaûs ne sont pas aller au temple mais au coeur de la vie, sur la route des hommes et des femmes de leur temps; la route du ressuscité. Sur cette route aujourd'hui je me reprends à rêver. Il  ne faut jamais enterrer nos rêves.

vendredi, 03 février 2017 15:35

Un vieux pasteur réfléchi.

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L'Égflise du Québec a été bâtie par des gens venus de France nécessairement. Nos Évêques et les supérieurs des communautés religieuses tant féminines que masculines furent longtemps des gens de France. Nos églises en sont les témoins.

Notre Église du Québec commençait à peine à se tracer un visage d'ici -nos églises modernes en son aussi les témoins- qu'elle fut frappée de plein fouet par la révolution tranquille qui a transformée notre société. Comme Église nous n'avons pas réussi à nous adapter à ces changements rapides et nous sommes devenus étrangers chez nous. Nos églises se sont vidées, le nombre de prêtres a diminué rapidement.

Alors nous avons rêvé! Nous avons rêvé de redécouvrir la force du sacerdoce des baptisés qui se déploie en une panoplie de ministères au service de la communauté. Nous avons rêvé d'une Église prise en charge par les baptisés pour en conserver la vitalité. Nous avns même chanté nos rêves: "Vois, comme ils sont beaux nos rêves, Vois, comme ils sont beaux nos mots. Quand on les dit, c'est une fête, Quand on les vit, vois comme c'est beau!" Mais l'option fut prise de faire appel à des prêtres venus d'ailleurs pour combler le vide. Et nos rêves sont disparus dans la brume du système ecclésial. Aujourd'hui dans notre Église du diocèse de Gaspé, les chefs d'orchestre des décisions ecclésiales sont des gens venus d'ailleurs, gens très généreux, mais qui ne jouent pas du violoncelle sur la même gamme musical que nous Gaspésiens. Il ne reste plus qu'à enterrer nos rêves ....  A SUIVRE!

jeudi, 02 février 2017 20:20

Reconnaitre ou connaitre?

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"Siméon reçut l'enfant dans ses bras et bénit Dieu." Lc 2, 22-32. Le vieillard Siméon reconnut le Messie dans l'enfant présenté au Temple. Pour ce faire, il était un homme juste et près de Dieu. Il avait connu Dieu pour reconnaitre le Fils dans l'enfant de Nazareth.

Un homme qui assistait à la messe chaque dimanche m'arrête un jour et me dit: Venez donc souper chez moi ce soir, j'aimerais vous connaitre." C'est bon de reconnaitre les personnes mais c'est meilleur de les connaitre. Et pour ce faire, nous devons dépasser le visuel pour descendre au coeur.

Dans mon frère ou ma seour que je rencontre tous les jours, est-ce que je reconnais le Seigneur? Est-ce que je reconnais qu'il est un enfant de Dieu fait à l'image et ressemblance de Dieu? Comme pour Siméon, je dois avoir d'abord connu le Seigneur. Et connaitre le Seigneur, c'est faire l'expérience de sa présence dans ma vie. C'est le connaitre avec le coeur et non avec l'intelligence.

Nous avons appris le catéchisme par coeur, nous avons intellectualisé notre relation à Dieu; mais la rencontre de Dieu se fait avec le coeur. L'acte de foi appris nous parle de vérités à croire pour être sauver. Notre credo est un enchainement de réalités spirituelles qui demeurent des vérités révélées et non l'expérience d'un Dieu  présent au coeur du monde. Quand je lis le credo, je me demande si Jésus a existé vraiment. L'Évangile me permet de croire en Jésus Fils de Dieu et non des énoncés théoriques. Nous avons appris une religion descendante qui part du ciel vers la terre. Jésus est venu nous indiquer le contraire. La religion prend l'homme pour le monter vers Dieu en action de grâce. C'est un mouvement ascendant vers le Père. Je croirai en Dieu vraiment si je crois en l'être humain crée à son image. Je reconnaitrai le Christ dans l'autre si je l'ai d'abord expérimenté dans ma vie. C'est il me semble la grande leçon que me laisse Siméon aujourd'hui.

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