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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

vendredi, 15 avril 2016 14:16

Une question!

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"Je suis le Bon Pasteur, mes brebis écoutent ma voix et me suivent." Jn 10. Devant cette affirmation de Jésus, je me suis posé une question ce matin: Que signifie écouter la voix du Bon Pasteur?

En sirotant mon café, j'ai vu passé la voiture de "Partageance" allant porter des vêtements et de la nourriture à des  familles dans le besoin, j'ai vu rentrer des bénvoles à la maison d'accueil pour femmes victimes de violence, j'ai vu des personnes aller à l'église pour la célébration, j'ai entendu décrocher le téléphone à "Convergence" en vue d'écouter et d'aider des hommes violents. Et je me suis dit: Serait-ce cela écouter la voix du Bon Pasteur? "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites." Mth. 25. Est-ce que les gens qui ne fréquentent plus les sacrements mais font oeuvre de miséricorde au quotidien écoutent la voix du Bon Pasteur?

Une autre question m'est venue: Nous sommes dans l'année de la miséricorde, comment aujourd'hui en 2016, vais-je traduire au quotidien ma relation au christ ressuscité? Comment vais-je traduire  concrètement cette vie spirituelle qui m'anime? Faudra-t-il m'inspirer de la vie du Frère André, de la vie de Sr Faustine, et de celle des chrétiens qui m'entourent? Comment ces chrétiens on traduit pour leur temps leur vie spirituelle?

Le  pasteur n'est pas un être efficace mais un être fécond. Un être qui fait naitre la foi et l'accompagne dans sa croissance. Notre monde reprend le cri de Jésus sur la croix: "J'ai soif." Est-ce que comme pasteur j'écouterai cette voix? Ce sont des questions que je porte aussi à mon Église que je trouve "pantouflarde."

jeudi, 14 avril 2016 19:10

Une inspiration

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Depuis Pâques, la liturgie nous fait promener dans le livre des Actes des Apôtres. Nous suivons les apôtres dans leur expérience du ressuscité. C'est un témoignage de l'action de l'Esprit Saint au coeur de l'Église naissante. Nous avons là une source d'inspiration pour notre action pastorale actuelle.

Les apôtres suivis par S. Paul ont voulu faire naitre des communautés de croyants. La base de l'Église est la communauté. Ces communautés étaient animées par des presbytres et les différents ministères y étaient développés. Créer des communautés sous le souffle de l'Esprit Saint, développer les différents ministères des baptisés est essentiel au renouveau de notre Église et le livre des Actes est une source d'inspiration pour aujourd'hui où les communautés ont disparues.

Une des caractéristiques des communautés est l'expérience du ressuscité. Personne ne peut être témoin ou envoyé s'il n'a d'abord été disciple, s'il n'a d'abord fait une expérience spirituelle profonde. La vie chrétiernne n'est pas d'abord une question de connaissance, de pratique mais d'expérience du Christ vivant en nous. Quelqu'un qui a fait une expérience du Christ est un passionné, Saint Paul en est un exemple. C'est le champ de la nouvelle évangélisation.

Une seconde caractéristique de ces communautés est la dimension missionnaire. Les apôtres animés du souffle de l'Esprit Saint ont voulu faire connaitre le Christ ressuscité; ils ont voulu partager leur joie et leur foi. Cette expérience du Christ devient le moteur qui nous pousse à témoigner. Nous ne sommes pas des colporteurs ou des vendeurs mais des témoins. Dans notre contexte d'Église où la presque totalité des chrétiens sont passés de la pratique à l'indifférence, la dimension missionnaire devient une nécessité incontournable pour l'avenir de la vie chrétienne. les apôtres sont sortis du ghetto religieux où ils s'enfermaient pour s'ouvrir au monde. N'avons-nous pas le même chemienement à vivre?

La lecture des Actes des Apôtres nous apprend aussi combien il est long et difficile de nous engager sur le chemin de l'évangélisation. Nous en parlons depuis 40 ans et la route n'est pas très engagée encore. Les apôtres ont vécu des événements spéciaux qui les ont questionnés. Le baptême de l'Éthiopien par Philippe questionnait l'accueil des étrangers, la vision de Pierre au chap.10 aussi; les apôtres étaient ainsi forcés à sortir de leurs traditions pour aller plus loin. La situation vécue actuellement dans notre Église devrait être aussi un événement marquant qui questionne notre agir pastoral. Si les chrétiens ont délaissé massivement nos églises et ses pratiques religieuses, c'est que cela ne correspond plus à leurs besoins. Avant les sacrements, avant la pratique, il  a l'expérience du Christ qui n'est pas faite. La route de l'évangélisation n'est pas encore ouverte. Cette action pastorale se réalisera par une méditation assidue et profonde de la Parole de Dieu qui nous conduira à la prière communautaire, une prière vécue et non des mots, et exprimée en une action pastorale missionnaire. J'en vois aujourd'hui en certaines paroisses des effets vécus.

Je souhaiterais aujourd'hui que nous faisions moins de lecture dans les célébrations et que nous apprenions à proclamer une Parole porteuse d'un message. L'important n'est pas les mots, mais le message que les mots  véhiculent. Est-ce que la lecture de la Parole de Dieu deviendra le coup de fouet qui provoquera l'évangélisation? Il est permis de rêver.

Une source d'inspiraton:Communauté et Mission, Marcel Dumais. Bellarmn. Un livre de chevet pour les équipes de pastorale paroissiale.

vendredi, 08 avril 2016 14:01

Invités aux frontières.

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Dimanche le 3 avril, l'Église universelle vivait le "dimanche de la miséricorde." Dans ma région, les chrétiens se sont rassemblés en trois groupes différents dans l'après midi. Je me suis permis d'écouter les participants de ces groupes pour en tirer une leçon qui pourrrait nourrir ma spiritualité.

Un groupe se réunissait autour d'un "bingo" pour ramasser de l'argent pour la frabrique paroissiale. L'objectif était du financement pour l'église. Un autre groupe était a l'église pour un temps de prière. Les gens ont prié, passé la porte de la miséricorde et réfléchit sur la spiritualité de Sr Faustine. A l'occasion du diner, quelqu'un a présenté comment se vivait concrètement la miséricorde chez nous dans les services offert  selon les besoins du milieu.  Un autre groupe était rassemblé à Exploramer pour une activité de financement pour assurer l'avenir de ce petit musée maritime. Les organisateurs n'étaient pas d'abord au niveau financement mais de l'importance de conserver cette activité pour le bien du milieu.

En écoutant parler les gens qui ont participé à ces activités, je me disais: Les trois rejoignaient la miséricorde mais il a manqué un lien dans les trois. L'activité a Exploramer était un moment de communion, de fraternté et les organisateurs ont proposé des valeurs. Les bénévoles ont eu une présence d'une grande richesse. La question que je me pose: Comment faire découvrir que l'Esprit du Seigneur anime ces gens et leur permet de continuer contre vents et marées ?

Le rassemblement à l'église était très spirituel mais manquait à mon sens de dimension concrète. En parlant de soeur Faustine, il faut se demander comment elle a concrétisé sa spiritualité. On ne peut l'imiter mais s'inspirer de sa vie pour rendre concrêt ici aujourd'hui l'Évangile de Jésus Christ. Le logo de l'anné de la miséricorde montre le Christ portant le blessé sur ses épaules est la visée concrète de notre spiritualité. La personne qui a présenté les services du centre de bénévolat a montré comment se vit la miséricorde chez nous et notre mission est de montré la force de l'Esprit qui anime cette vie.

Il me semble que la vie et la spiritualité sont comme deux rails de chemin de fer qui ne veulent pas se rencontrer. Dans l'Évangile de Jean, Jésus dit aux apôtres de pêcher à droite, de jeter le filet là où il y a du poisson. L'année de la miséricorde nous invite à pêcher à droite là où les gens vivent, travaillent, luttent, fêtent pour ensuite célébrer ensemble. Ma gande question: Est-ce que l'année de la miséricorde va rester entre les 4 murs de l'église?

mercredi, 06 avril 2016 14:15

Pensée

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La connaissance parle, la sagesse écoute. Socrate.

dimanche, 03 avril 2016 17:20

S.O.S.

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En ce temps difficille pour les communautés chrétiennes où des églises femrent et sont vendues, la vie chrétiennes a difficulté à trouver son chemin, je m'arrête à réfléchir sur l'importance des communautés chrétiennes. Même si le bâtiment ferme, ne nous laissons pas voler nos communautés. Je m'inspire d'un texte que Raymond Dumais -notre ancien évêque- nous avait donné en 1999. Il avait parlé de la communauté chrétienne, une créature de Dieu.

S. Paul écrivait à ses communautés de Philippe: "Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous dans mes prières." Et Paul saluait les chrétiens: les saints et saintes qui sont à ..." À l'exemple de Paul nous ne pouvons prendre soin de nos communautés qu'en les aimant profondément et les considérant comme l'oeuvre de Dieu. Jésus a voulu fonder des communautés, une communion de personnes. Nous devons aimer nos communautés assez pour donner le goût de la garder vivante.

La communauté doit nous apprendre à être des passeurs de la foi. Transmettre la foi est un défi dans notre monde contemporain. La famille a pris ses distances face à la vie chrétienne, l'école n'enseigne plus les rudiments de la foi, la fréquentation des sacrements est faible, les passeurs de la foi se font de plus en plus rares. Les enfants qui viennent au parcours catéchétique sont au b.a.ba de la connaissance de Jésus Christ. La communauté chrétienne doit prendre en charge la transmission des valeurs de la foi. Nous devenons des éveilleurs de la foi. La question est moins la catéchèse que la découverte de Jésus Christ. Comment couvrir ce déficit de passeurs de la foi?

L'avenir de nos commuanutés chrétiennes passera par la présence de pettis groupes de partage de la Parole et de la vie. Nous avons connu les mouvements d'action catholique: JEC, JOC, JAC, ligue du Sacré-Coeur etc .. qui ont nourri la vie chrétienne. L'avenir  repose sur la création de plus en plus large de petites communautés de vie et de partage autour du Ressuscité. De ces groupes naitront les passeurs de la foi et les pasteurs des communautés.

Un autre pilier de la communauté est la prière. Une communauté qui ne se rassemble pas ne peut exister. Un élément important est le rassemblement autour du Christ dans la prière. D'où la nécessité de développer des moments de rassemblement, de prière qui nourrissnet la vie chrétienne et donnent le goût d'y revenir. "Comment nos célébrations sont-elles des moments de ressourcement pour les membres de tous âges de nos communautés?" C'est une grosse question qui nous est posée depuis le Concile. Comment changer notre langage, nos rites de façon à nourrir vraiment la foi? Comment actualiser nos célébrations, nos rassemblements?

Il s'avère excessivement  important de développer les différents charismes dans la commuanuté.   Dans la communauté comme dans la vie, nous devons accepter les diversités. L'Esprit saint a déposer des dons et charismes en nombre suffisant pour garder vivante nos commuanutés, garder vivant les rassemblements et les temps de prière. La question n'est pas de faire du bénévolat ou de rendre service, mais bien de prendre nos responsabiltiés. Comme baptisés nous sommes tous responsables de la vitalité de notre communauté chrétienne. Dans ce contexte, il ne s'agit pas de faire de la place aux jeunes comme on l'entend souvent, mais plutôt de bâtir avec eux l'Église qui leur convient.

Enfin assurer une éducation chrétienne adéquate et permanente. Cette formation doit se faire à partir des besoins des chrétiens et du milieu dans lequel on vit. Une formation ancrée dans le quotidien à partir de la Parole de notre Dieu. Notre monde a soif de spiritualité, de sens, de valeurs. Il faut jeter une semence qui porte du fruit.

Donc notre premier pas: aimer nos commuanutés avec leurs diversités, et rendre grâce au Seigneur pour ce que nous sommes devenus ensemle.

vendredi, 01 avril 2016 16:00

Il aimait ...

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Depuis la catastrophe aérienne des Iles de la Madeleine où Jean Lapierre a périt, une phrase revient toujours sur les lèvres de tous les commentateurs: "Il aimait les gens et les gens l'aimaient." Ceci me rappellait la phrase de l'Abbé Pierre à qui on demandait comment il définisait le prêtre, il a répondu: "C'est quelqu'un qui aime les gens et se fait aimer." C'est à mon avis la caractéristique fondamentale du prêtre.

Jean Lapierre n'avait-il pas le charisme du pasteur? Un homme au franc parler, un homme vrai, un homme passionné. Il me semble que c'est là le pasteur présenté dans l'Évangile. C'est le type de pasteur dont notre monde a besoin: un homme du terrain, des poignées de main, un homme passionné de Dieu et de la liberté, un homme amoureux ... Nous pourrions sans doute méditer en ce sens en vue de la journée des vocations qui s'en vient. De quel  pasteur notre monde a besoin? M'est avis que ces pasteurs ne sont pas seulement ou d'abord dans les Grands Séminaires aujourd'hui. Nous y reviendrons.

 

jeudi, 31 mars 2016 14:14

Un dimanche spécial.

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Saviez-vous que dimanche le 3 avril était appelé dimanche de la miséricorde. Ce n'est pas un poisson d'avril. Durant l'année de la miséricorde décrétée par le pape François, on a voulu consacrer un dimanche pour vivre et célébrer d'une façon spéciale la miéricorde et surtout apprendre ensemble à montrer notre visage de miséricorde. Ce dimanche devrait être comme une rampe de lancement.

En nous présentant cette année, notre Évêque Mgr Gagnon de Gaspé écrit: "Je vous invite à accueillir avec joie l'invitation de notre pape François à célébrer cette Année sainte pour qu'elle soit:

Une année pour contempler Jésus "visage de la miséricorde du Père";

Une année pour devenir nous-mêmes"miséricordieux comme le Père;

Une année pour que nos familles soient toujours plus des lieux d'amour et de paix,    dans la miséricorde vécue au jour le jour;

Une année pour que nos communautés chrétiennes deviennent en vérité des "ilots de miséricorde" où chaque personne se sente accueillie, respectée et aimée.

L'année de la miséricorde est donc un temps propice pour découvrir le visage de la miséricorde en contemplant le Christ "visage miséricordieux du Père." Si nous voulons être miséricordieux, nous devons nous placer à l'école de Jésus Christ. Mais il ne faut pas rester à la contemplation, la miséricorde est surtout une action en faveur du peuple chrétien. Méditons aussi le chapitre 25 de Mathieu: "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faite." Nos communautés chrétiennes doivent devenir des "ilots de miséricorde".

Alors demandons-nous comment sont traitées les personnes qui ont faim, soif, maltraités, violentées, violées, intimidées, en colère parce que oppressées, etc ... C'est le baromètre de notre miséricorde. L'émission "enquête" concernant les femmes aucthotones posent une grosse question à notre miséricorde comme Église et comme société. La grande partie du travail des personnes qui oeuvrent auprès des mal gommés de la société est d'écouter la souffrance des gens dans le besoin. Ils ont souvent autant sinon plus  besoin d'une oreille que de vêtement.  Ces hommes et ces femmes qui travaillent dans ces lieux de miséricorde on besoin d'être soutenus, encouragés, accompagnés. C'est là aussi que nos communautés chrétiennes deviennnent des "ilots de miséricorde." Ces travailleurs du terrain ne viennent pas nombreux à l'église, mais ils sont les ouvriers de la miséricorde du Père. Déverrouillons nos portes. Alors dimanche en ce jour consacré à la miséricorde, avec le Christ dans l'Évangile, déverrouillons nos portes pour devenir des témoin de la miséricorde du Père. Allons montrer notre  visage de miséricorde.

mercredi, 30 mars 2016 14:03

Accompagner

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Hier, ma méditation invitait à accompagner une naissance. Ce matim, ma méditaiton me conduit à penser ce que veut dire accompagner. J'y réfléchis avec et pour cette Église que j'aime. Quand un enfant nait, il est entouré de beaucoup d'amour. On le met au chaud, on l'enserre dans ses bras et surtout on lui donne ce dont il a besoin. L'amour maternel comme la médecine est attentif aux besoins du nouveau-né. Mais cette nouvelle présence n'enlève rien à l'amour des parents pour les autres enfants déjà nés. C'est le miracle de l'amour.

Nous avons aussi des nouveaux-nés dans nos communautés chrétiennes, des nouveaux-nés qu'on appelle des recommençants. Des personnes qui occasionnellement viennent chercher un sacrement ou célébrer un événement important de leur vie. Nous avons aussi des recommençants qui cherchent une spiritualité qui les nourrisse intérieurement. Ces recommençants ont des besoins particuliers.

Je pense à mon ami Osée: "C'est pourquoi je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son coeur. Je la fiancerai à moi pour toujours, je la fiancerai dans la tendresse et dans l'amour et dans la fidélité tu connaitras ton Dieu." Os. 2, 16 et 21. Et dans Isaïe, le Seigneur nous dit: "Vois donc, je t'ai gravé sur les paumes de mes mains." Is. 49, 16. L'Église qui est en train de naitre dans la Galilée de nos paroisses est la fiancée du Seigneur, celle que Dieu a gravée sur les paumes de ses mains.

Accompagner la renaissance de notre Église,c'est lui faire découvrir que nous sommes tous des fiancés de Dieu, que notre nom est inscrit sur les paumes des mains du Seigneur et que le Christ ressuscité nous a élevé avec lui à la gloire de la résurrection. Accompagner la renaissance de notre Église, c'est lui offrir ce dont elle a besoin. Comme l'écrit Julie Sant bris, savoir rejoindre la quête de sens de l'homme d'aujourd'hui.

Si nous offrons encore des liturgies qui nourrissent les habitués de l'Église, nous devons inventer des célébrations qui accompagnent les chercheurs de Dieu qui questionnent notre agir. Nous avons des routes nouvelles qui s'ouvrent avec les parcours catéchétiques qui devraient conduire à des styles de célébrations mieux adaptées; nous avons également le chemin des célébrations funéraires au salon qui permettent une adaptation plus facile que dans le rituel à l'église.

Accompagner, c'est faire expérimenter la situation de fiancé que le Seigneur nous invite à partager. Comme les parents sont attentifs aux cris de l'enfant, nous devons aussi comme chrétiens et comme pasteurs être attentifs aux cris des hommes et des femmes de nos Galilée paroissiales. Ne serait-il pas intéressant de faire un travail en amont? Nous travaillons toujours en aval avec les sacrements là où les gens devraient être, je crois qu'il nous faut travailler en amont là où les gens sont et d'où ils partent pour les conduire aux fiançailles avec le Ressuscité. Dans cette Église que j'aime comme je voudrais que ce soit l'orientation et le travail de notre année de la miséricorde. D'ailleurs notre priorité diocésaine de Gaaspé nous invite à aller vers nos frères et soeurs, allons leur faire découvrir qu'ils sont les fiancés de Dieu. 

mardi, 29 mars 2016 17:57

Nous sommes invités!

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Nous sommes le mardi de Pâques 2016. Les Évangiles de Pâques nous invitent tous à une naissance ou renaissance. Nous sommes invités par l'Évangile et le monde à accompagner une naissance: Une Église nouvelle est en train de naitre. Il ne s'agit plus de proposer une tradition ou une façon de faire et de célébrer, mais d'accompagner une nouvelle façon de faire Église qui peine à voir le jour. Ce sera une façon nouvelle de méditer les Évangiles ces prochains dimanches.

Nous avions rêver il y a 50 ans après le Concile que nous verrions naitre une nouvelle Église. Mais je crois que nous avons mis l'accent trop sur les structures et non sur la communauté. Vingt ans plus tard, nous avons rêvé encore avec les secteurs où les baptisés deviendraient responsables de l'animation de la communauté et de la vie chrétienne. Ce ne fut qu'un rêve. Aujourd'hui on essaie de faire des secteurs en rassemblant les chrétiens de plusieurs paroisses en une seule église, mais je crois que ce n'est pas ça l'Église. Nos églises se sont vidées et les fabriques sont en difficulté financière. Il n'y a plus de chrétiens intéressés et capables de prendre en charge la vie communautaire. Tout est encore misé sur le prêtre et la messe.

Le Québec ploie sous le poids des systèmes: système d'éducation, de santé, politique, économique, religieux. Et nous savons pas expérience qu'un système défend un pouvoir, des doctrines, structures , façons de faire. Les systèmes font naitre de  l'insatisfaction, de la colère, du rejet. La télévision nous en apporte chaque jour l'image. Un jour ou l'autre ces systèmes éclatent.

Il me semble que les Évangiles de Pâques nous conduisent ailleurs. Jésus a vaincu les systèmes par l'amour, et a prêché la communion, la communauté. Aujourd'hui notre système ecclésial au Québec ne provoque plus beaucoup d'intérêt. Une autre vie d'Église est en train de naitre. La grosse question qui me vient sur les lèvres: Comment faire découvrir la présente du Ressuscité et les valeurs de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui? Alors que le monde devant nous demande le chemin, nous leur proposons des solutions, nous faisons de la catéchèse alors qu'il demande qui est Jésus.

Joseph Ratzinger a écrit un jour: "Une grande partie de l'humanité d'aujourd'hui ne trouve plus dans l'évangélisation permanente de l'Église une réponse à la question: Comment vivre?" Accompagner une Église naissante est aussi de lui faire découvrir le sens de la vie, découvrir l'Esprit qui l'anime. Ne cherchons pas au dehors ce que nous avons au dedans.

L'invitation à accompagner la naissance de l'Église d'aujourd'hui et de demain, c'est ausi une invitation à nous convertir. Nous convertir à l'Église de Jésus Christ. Il nous faut nous mêmes faire l'expérience de cette Église de communion, de fraternité et de coresponsabilité devant la découverte du salut. Nous devons laisser Jésus marcher avec nous comme il l'a fait pour les disciples d'Emmaüs pour nous aider à comprendre ce qui se passe. Nous devons nous situer non pas au niveau de la religion mais de la spiritualité. Nous devons sortir d'un système qui a réponse à tout  pour cheminer ensemble dans l'inconnu à la recherche du chemin ouvert par l'Esprit. C'est la voie du Pape François.

vendredi, 25 mars 2016 14:34

De quoi mon Église a-t-elle besoin?

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Hier soir, l'animatrice d'une émission télévisée posait la question: De quoi le Québec a-t-il besoin? C'était intéressant d'écouter les analystes tant politiques qu'économiques donnés leur point de vue. Hier soir, je présidais l'Eucharistie du Jeudi Saint dans une paroisse devant 4 personnes.

Ce matin, Vendredi Saint, devant ma tasse de café je me pose la question: De quoi mon Église d'aujourd'hui a-t-elle besoin? Les rites de la Grande Semaine n'intéressent presque plus personnes. Cet après midi quelques personnes âgées se rassembleront pour écouter la Passion d'il y a 2000 ans. Ce matin dans mon téléviseur, la passion du Christ de 2016 est entrée dans mon salon. Devant l'indifférence religieuse face aux rites, je me suis posé la question: De quoi mon Église communauté a-t-elle besoin?

"Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites" nous a dit Jésus. La passion de Jésus entre dans mon salon tous les jours. Il y a encore des Pilate qui se lavent les mains devant la crucifixion du Christ dans les femmes et les enfants, les pauvres victimes d'un système sans coeur; il y a encore des Judas prêts vendre les femmes et les enfants pour quelques pièces d'argent; il y a encore des Pierre qui ont des pertes de mémoire, la commission Charbonneau en a fait défiler un certains nombre.  C'est le vendredi saint de 2106. Les chrétiens sont indifférents devant des rites d'hier même d'une grande valeur mais ils ont soif de Jésus Christ.  De quoi mon Église a-t-elle besoin?

J'entendais hier un prêtre me dire, dans une paroisse, il n'y a que 4 ou 5 perosnnes à la messe, faut fermer et aller ailleurs. C'est exactement ce que l'Épicerie fait ici, on ferme un magasin pour envoyer les gens chercher leur épicerie ailleurs. Serions-nous devenus un commerce? De quoi mon Église a-t-elle besoin?

Les croyances ne sont pas de la foi, les rites ne sont pas une célébration, des dévotions ne sont pas une prière; que sera la porte de la miséricorde dans nos paroisses? C'est la question que tous les chrétiens qui resteront à la maison aujourd'hui posent à l'Église célébrante. "La forme est devenue le fond" écrit Mgr Rouet. Le rite et le juridique a pris la place de la vie et du théologal. De quoi mon Église communauté a-t-elle besoin aujourd'hui? C'est la question que je porte comme prêtre et que nous devons tous nous poser.

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