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Homélies, réflexions et spiritualité

Textes de réflexion

vendredi, 29 juin 2018 15:06

Le mot d'un sage.

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Je partage quelques réflexions tirées d'une entrevue de Gilles Vigneaut à l'émission  Église en sortie. Il dit: Dans toute révolution il y a de grandes choses et des dégats. La révolution s'inscrit au coeur ou à l'origine d'une évolution.

Parlant de l'Église, il affirme "que nous vivons aujourd'hui un déclin de l'AVOIR et non de l'ÊTRE".  Nous vivons une évolution dans l'Église selon la vision de son fondateur le Christ. Le Pape François est à l'origine de l'évolution de notre Église. Cette évolution se fait lentement, pourquoi se presser. Nous sommes à l'aube de cette évolution au niveau de l'être de l'Église. Ce que d'autres appellent le printemps de l'Église. "Le Pape François est à l'aube de cette évolution parce qu'il s'occupe de ceux qui ont de la misère dans la vie". Ceci m'a fait penser que chez nous, toutes les oeuvres caritatives qui travaillent à améliorer la qualité de la vie des gens en difficulté ne font pas partie de l'Église et sont animées par des chrétiens qui ont délaissé la pratique religieuse. L'Esprit suscite les pasteurs dont le monde a besoin. En écoutant parler ce témoin, j'ai pris conscience que chez nous, depuis que l'Église s'est retiré dans ses terres: sacrements et liturgie, des femmes et des hommes se sont levés pour mettre en route des services pour aider les mal gommés de la société. Je me suis dit que l'évolution viendra sans doute de la société, du peuple, des gens qui ne connaissent pas Jésus Christ. "Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits." Mth 11, 25-27.

Gilles Vigneault termine en disant: "si j'avais un conseil à donner à l'Église, ce serait d'écouter la solitude," de méditer la vie autour de nous pour découvrir les besoins spirituels du monde. Alors je dis: Ne sommes-nous pas invités à redécouvrir le leadership du coeur, de l'être et non du savoir, du pouvoir et de l'agir.

 

jeudi, 28 juin 2018 14:24

Deux icônes

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Le mois de juin nous ramène chaque année la fête de Pierre et Paul, deux icônes de l'Église primitive. Pierre,  disciple de Jésus réhabilité au rang des apotres  après son reniement, fut un vrai pasteur de l'Église primitive et gouverna en collégialité avec les apôtres. C'est le contenu de son enseignement qui nous fascine encore.

"Jésus le Nazaréen ... que vou savez crucifié ... Dieu l'a ressuscité."  Act, 2, 23. L'enseignement central de Pierre fut basé sur le Christ mort et ressuscité. Les apôtres firent l'expérience dans leur vie de l'action du ressuscité. Sa catéchèse tourne autour de l'événement central de la résurrection du Christ. "Le Dieu d'abraham, d'Isaac et de Jacob a glorifié son serviteur que vous avez livré." 3, 11. Cette expérience du vivant lui donnera la force devant les accusations et sa comparution devant le sanhédrin. "Chef du peuple pour avoir fait du bien à un infirme on nous sommes de dire par quel pouvoir nous avons agit. C'est au nom du Christ le Nazaréen que vous avez crucifié et que le Père a ressuscité." 4, 1-22. Il était rempli de l'Esprit saint et soutenu par le communauté. 4, 23. Pierre tint un rôle central dans la vie des premières communautés et s'effaça doucement lors de l'entrée en scène de Paul.

Paul était un homme religieux avec une bonne formation juive. C'est pourquoi les auteurs parlent  plus souvent de vocation que de conversion. Paul fut un grand pasteur qui inspire encore aujourd'hui le coeur de bien des gens. Sur la route de Damas, il fit une rencontre qui a transformé sa vie. Il a vécu une sorte de pentecôte. Il fit l'expérience du Dieu qu'il combattait. Et cette expérience nous fait découvrir de quelle façon Dieu se "venge" de ceux qui le combatte.

Une des caractéristiques de Paul fut de permettre aux païens convertit d'adhérer à la foi chrétienne sans vivre toutes les prescriptions des juifs. Paul fut un apôtre au coeur de pasteur. Il fonda des communautés, y plaça des responsables et allait ailleurs poursuivre sa mission. Il est inspirant pour notre vie d'Église aujourd'hui où il serait important de méditer osn exemple.

Philippe Décourvet a écrit un magnifique petit livre PAUL UN APÔTRE AU COEUR DE BERGER qui nous présente un Paul amoureux des personnes et de l'Église peuple de Dieu. Un berger est quelqu'un qui a fait une rencontre profonde du Christ qui en a fait un serviteur de la foi du peuple.

Si on veut connaitre Paul et se laisser influencer par sa vie, méditons bien à la foi ses lettres et le livre de Philippe Decorvet. Paul commence aussi ses lettres par ces mots: Moi, Paul apôtre du Christ à l'Église de ... Je rends grâce chaque fois que je pense à vous dans ma prière ... Je rends grâce pour votre foi et la part que vous prenez à l'Évangile ... Paul nous apprend à rendre grâce pour la vie de nos communautés chrétiennes. Il devrait inspirer notre prière. Au lieu de "chiâler" parce qu'ils ne viennent pas à la messe, apprenons à rendre grâce avec Paul pour la part immense à l'Évangile que les chrétiens vivent dans tous les centres de bénévolat au service de la vie de leurs frères et soeurs.

je te bénis Seigneur, d'avoir donné à notre Église ces deux icônes de la foi, les apôtres Pierre et Paul. Ils sont pour nous source d'inspiration dans notre agir ecclésial. 

 

lundi, 25 juin 2018 14:27

Paille et Poutre.

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"Quoi! Tu regardes la paille dans l'oeil de ton frère, et la poutre qui est dans ton oeil, tu ne la remarques pas." Mth 7, 2. Un auteur disait: "fais-toi un lit avec la paille du voisin pour te reposer et fais un feu avec la poutre de ton oeil pour te réchauffer." Nous sommes porter à juger les autres à partir de ce que l'on voit et nous devrions le faire à partir de ce que l'on ne voit pas. Notre agir est la conséquence de ce que nous sommes intérieurement. Fais un feu avec la paille de l'oeil de ton frère pour éclairer ta lanterne et mieux comprendre la raison de son agir. Pourquoi un tel est si colérique et règle ses problèmes à coup de poingt? Pourquoi cette personne méprise tout se qui tourne autour d'elle? Pourquoi tel jeune ne veut plus fréquenter l'école? Pourquoi les chrétiens ont balancé la pratique à l'église alors qu'ils sont profondément chrétiens dans leur agir quotidien? 

Je devrais me demander pourquoi j'ai une poutre dans mon oeil. Quel est le vécu qui a provoqué mes attitudes? Ceci me ferait voir autrement la paille dans l'oeil du voisin. Un agir mauvais n'est pas d'abord une faute à punir, mais une blessure à guérir. Ceci pourrait nous aider à mieux vivre le sacrement du pardon. Il est le sacrement de la libération, de la guérison. Nous nous accusons de nous mettre en colère. La colère n'est pas est un vice, mais une force, une vertu qui nous habite. Une colère mal  gérée nous fait poser des gestes mauvais. Alors il nous faut guérir ce qui nous empêche de bien gérer notre colère. Le sacrement du pardon devrait être ce moment de rencontre avec soi-même à la lumière d'un guide spirituel qui nous permettrait de guérir nos plaies intérieures. Nous avons à redécouvrir l'importance d'une rencontre qui soit partage et guérison pour le coeur. La coutume de l'absolution collective chez nous a permis de développer une rencontre individuelle plus  fructueuse. On m'a souvent dit: je vais à confesse régulièrement et c'est toujours la même chose, ça me donne quoi de faire cela. La raison est que toujours nous regardons la conséquence alors qu'il faudrait prendre le temps de s'asseoir, de parler et de guérir la cause de l'agir mauvais. Le problème de la pédophilie dans l'Église devrait  nous éveiller à une autre vision du sacrement et à un gros questionnement. Le prêtre pédophile à célébré tous les jours et s'est confessé souvent.  Il y a là une dimension du sacrement que l'on trop négligé. J'en ai fait l'expérience depuis que je suis retraité où j'ai du temps pour écouter et accompagner les chrétiens dans leur vie. Il ne faut pas jouer au psychologue, il s'agit simplement de jouer au Pasteur.

 

mercredi, 20 juin 2018 21:28

Et la vie continue.

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L'être humain avancé en âge est une mémoire et un coffre au trésor. Combien de gens âgés aujourd'hui s'ennuient devant des heures qui semblent interminables. J'entends aussi certains prêtres vivre de la solitude et attendre un coup de téléphone pour aller dire une messe. Chaque fois qu'un confrère m'appelle, il a toujours la même question: Fais-tu du minsitère? Je lui réponds, je ne fais que cela.

En vieillissant, la vie continue et la mission aussi.  Boukar dit souvent: "Un vieillard assis voit plus loin qu'un jeune debout." La personne âgée nous apprend à voir plus loin que le bout de nos pieds. Jeune nous voyons davantage l'immédiat, mais avec l'âge nous apprenons à voir au-delà. Ainsi notre action sans doute plus lente devient plus féconde. Veillir, c'est apprendre la fécondité de la vie. Nous sommes moins efficace, mais nous y gagnons par la fécondité de nos actes.

Le jour où comme prêtre j'ai pris un genre de  retraite, laissant aux plus jeunes les responsabilités, j'ai découvert un autre aspect de la mission de l'Évangile. D'abord pour moi, être prêtre n'est pas tant une vocation qu'une mission. Ma vocation est celle du baptême: être disicple du Christ. Être prêtre, c'est vivre cette vocation, c'est un envoie en mission. En prenant de l'âge, la façon de vivre cette mission change, mais la mission  demeure. Comme prêtre, je suis d'abord l'homme de la Parole de Dieu, l'homme du rassemblement, l'homme de la communion avant d'être l'homme de la liturgie. Dans notre contexte de société, cette mission d'évangéliser et de rassembler les chrétiens est plus que jamais  nécessaire et importante.

En rencontrant les chrétiens qui ont délaissé la pratique sacramentelle, je prends conscience à la fois du vide spirituel et aussi des blessures que plusieurs portent encore dans leur vie. je vis alors les paraboles du chapitre 15 de Luc: les paraboles de la joie des retrouvailles. Accueillir ces femmes et ces hommes blessés par la vie ou les pouvoir civil et religieux, cheminer avec eux pour leur faire découvrir la richesse de leur vie spirituelle. Je goûte la joie d'aller aux périphéries. Ce n'est pas une question de prêcher, mais de témoigner de quelqu'un qui m'habite et me fait vivre. Ce que je fais ne remplira pas les églises, mais rendra quelques personnes plus heureuses. A partir de mon expérience, je sais qu'il y a des rêves perdus, des actions sans lendemain, des efforts inutiles, ensemble essayons de viser l'essentiel, que je dis. Et l'essentiel, ne serait-ce pas l'éclosion de la Parole de Dieu au coeur de la vie; tout le reste est de l'accessoire.

La joie de l'âge avancée, je la trouve d'abord dans le fait que je suis encore là et que si ces années me sont données, ce n'est pas seulement pour me tourner les pouces. Une autre source de joie est d'apprendre à vivre le moment présent. Hier n'est plus, demain n'est pas encore, seul compte le moment que je suis en train de vivre, alors vivons le pleinement. Une façon d'être huereux est d'aller m'asseoir aux frontières avec les gens qui ont laissé la pratique à l'église pour apprendre ensemble la façon de vivre l'Évangile au quotidien. Enfin au retour à la maison, je suis heureux quand j'ai vu le soleil dans les yeux des gens qui ont découvert qu'ils étaient les enfants bien-aimés du Père même s'ils ne sont pas à l'église les dimanches. Évangéliser le visage qu'ils ont de Dieu et leur faire découvrir le visage du Dieu de Jésus christ.

Le soir, au moment de faire dodo, je n'ai peut-être pas célébré l'Eucharistie, mais j'ai conscience que souvent j'ai vécu l'Eucharistie avec quelques personnes et que j'ai vu du soleil dans leurs yeux. Je bénis le Seigneur et je fais le souhait que d'autres confrères prêtres retraités goûtent la même satisfaction et la même joie.

jeudi, 14 juin 2018 13:35

Une piste de réflexion.

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Je termine le livre de Andréa Richard: Au-delà de la religion, pour une spiritualité laïque en mouvement. C'est le cri d'une femme à une Église institution qu'elle questionne. Ce livre fut réédité deux fois, donc il répond à un questionement des baptisées et baptisés. Je partage quesques idées qui surgissent en moi à la fin de cette lecture.

Nous prenons conscience que la FAÇON de vivre et célébrer la religion en mettant l'accent sur la pratique a étouffé la spiritualité; ainsi lorsque les chrétiens ont délaissé la pratique, ils se sont retrouvés devant un vide spirituel profond. Le documentaire, L'Heureux Naufrage nous l'a bien démontré.

La spiritualité est la base de toute vie chrétienne et la religion est une pédagogie nous permettant de vivre, d'intégrer et célébrer notre spiritualité. Il y a un risque maintenant de balancer la religion pour ne garder que la spiritualité. L'une ne doit pas prendre la place de l'autre.

Une autre question qui m'est posée parles auteurs comme Mme Richard est la vision et la place des ministères dans l'Église. Mgr Dumais nous disait souvent: "On n'arrivera jamais à situer les ministères dans l'Église si on ne part pas du sens des ministères et non de la fonction." La fonction a toujours une résonnance de pouvoir. Les ministères des baptisés sont présentés comme des ministères de suppléance. À cause du manque de prêtres on nomme des baptisés et baptisées en suppléance, si un prêtre arrive, la personne devra retourner à la maison. Ça ne m'apparait pas une façon très valorisante de considérer le ministère baptismal.  Philippe Béguerie -qui fut l'un des mes professeurs de liurgie- écrit dans son livre sur l'Eucharistie: "On peut dire que l'on est passé de l'expression "peuple de prêtres" "communauté sacerdotale" utilisée dans la première lettre de Pierre à une réalité qui est mantenant, "un peuple et des prêtres." P. 156. Jean-Paul 11 parlait du sacerdoce ordonné comme un service des charismes et minsitères des baptisés. C'est une question que je porte depuis longtemps.

Ces auteurs comme Mme Richard nous apportent le questionnement sur la place des femmes dans notre Église. Question éternelle qui ne verra pas de solution demain matin. Je dirai simplement que l'Église se prive d'une richesse au nom de quoi?

Devant ces questionnements et d'autres de même acabit, je constate que les baptisés se tournent vers la Parole de Dieu et vivvent leur vie chrétienne et communautaire en dehors du circuit traditionnel ecclésial. Est-ce que le tournant missionnaire nous assoira ensemble autour de ces questions fondamentales? L'avenir nous le dira.

vendredi, 08 juin 2018 17:51

Le G7

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Les grands sont réunis à la Malbaie pour un temps d'échange sur l'avenir du monde. Ce sont des gens puissants qui gouvernent le monde. En même temps des femmes et des hommes du peuple manifestent dans la rue contre les abus de pouvoirs, pour revendiquer l'égalité des personnes, pour exiger que les pauvres aient droit à plus que des "miettes qui tombent de la table des maitres." Tout cela est bien dans la mesure où les droits des autres sont respectés. C'est l'expression d'une société en santé.

En regardant cela, ce matin, je pensais à mn Église. La grande majorité de la population a quitté la pratique sans un mot, pas de contestaiton dans les rues ou les églises; les funérailles se déplacent vers les salons funéraires, les mariages vers les édifices publics; les églises se vident et on commence à se poser des questions sur leur avenir. Tout cela se vit presque dans l'indifférence. Est-ce que les gens sont partis faire Église ailleurs?  Il n'y a pas de sentiment d'appartenance. L'Église, c'est pas nous autres. On dirait que l'Église est quelque chose qui nous est proposée, si cela ne nous inéresse pas, on reste chez nous. Comme si on n'avait aucune possibilité de décider ensemble ce qui nous intéresse et réponds à nos besoins. Quelqu'un me disait un jour au lendemain des funérailes de son père: "Ils ne me verront plus, quand ma mère va décéder, elle va rester au salon funéraire." Il y a là un univers de questions.  L'Église à ce que l'on me dit est une communion de personnes rassemblées autour de Jésus Christ et accompagnées de pasteurs.   Voila où le G7 m'a conduit.

 

mardi, 05 juin 2018 14:14

Lettre de Paul aux chrétiens d'ici.

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Je me peremts de réécrire le texte de la lettre de Paul aux Corinthiens, 2, cor. 4, 13-5,1, deuxième lecture de la liturgie du 10 juin.

"Nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera, nous aussi." Nous le savons, le Seigneur est un Seigneur de la vie et non de la mort. ce qui vient de Dieu ne peut mourir, ce sera transformé. C'est pourquoi devant les changements parfois difficiles dans notre Église,  ne perdons pas courage. Même si la forme extérieure de l'Église décline, les valeurs profondes de l'Évangile et de la charité chrétienne au quotidien demeurent vivantes dans nos milieux. Notre inquiétude est pour le moment présent  parce que nos sécurités et pratique de toujours s'effritent.

Notre regard ne doit pas rester attacher à ce qui se voit, nous devons y lire le message qu'il nous révèle. Ce que nous voyons est le dépérissement d'une forme extérieure d'Église, mais nous devons y lire l'action de l'Esprit Saint qui est en train de nous faire découvrir l'essentiel. Et l'essentiel, ce sont les valeurs durables de l'Évangile et de la vie chrétienne. Tout sera transformé dans le Christ ressuscité.

En effet, dans la foi, nous le savons, ce corps ecclésial qui s'effrite est l'oeuvre de mains d'hommes, mais l'Esprit est en train de faire naitre une nouvelle vision d'Église qui ne sera "pas l'oeuvre des hommes."

L'Écriture dit: "J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé." ps 116, 10. C'est parce que je crois à cette action de l'Esprit au coeur de notre Église que je parle.

samedi, 02 juin 2018 15:26

"Y a du monde à messe."

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Hier soir, à l'émission "Y a du monde à messe," on a discuté autour de la foi. Je crois que les gens font une différence entre la foi et les croyances, entre la religion et la spiritualité. Nous sentons un glissement très prononcé vers la spiritualité. Le documantaire "L'heureux naufrage" nous avait mis sur cette piste.

On nous a dit que la relgion était une béquille, moi je crois qu'elle un bâton du pèlerin, a affirmé une participante. J'ai aimé cette image. Le pèlerin marche vers  un monde nouveau, inconnu sur des routes parfois difficiles et le bâton l'aide à assurer sa marche. Le chrétien est un être en marche vers la vie, vers un inconnu, la religion est comme le bâton du pèlerin qui consolide sa marche. La religion est ce qui me permet d'intégrer ma spiritualité et de la célébrer. Elle ne doit pas la remplacer.

Un autre participant a dit: au moment d'entrer en scène pour un spectacle important, j'étais très nerveux et instable. Mon père m'a donné le chapelet de mon grand père décédé. Il a dit:"Je ne suis  pas seul." Le grand père était là avec lui. Voila l'expérience de la résurrection.

J'ai médité ces paroles de croyants, ces frères et soeurs dans la foi. Les chrétiens sont au niveau de la spiritualité et c'est sur ce terrain qu'il nous faut les rejoindre. Nous avons répété à satiété que nous avions sacramentaliser et non évangéliser. Malgré nous les chrétiens ont glissé vers le spirituel, vers les valeurs qui font vivre et ils attendent des pasteurs qui vont les accompagner sur cette route. Nous sommes invités à aller faire Église avec eux. C'est aussi l'invitation que le Pape François nous adresse constamment.

Il est très difficile pour nous de voir autrement parce que nous n'avons connu qu'une Église de chrétienté. Il nous est difficile pour ne pas dire impossible de penser une Église en mission. Notre ambition est de ramener les gens à l'église. Ne serait-il pas intéressant d'aller voir comment les chrétiens et chrétiennes vivent l'Évangile dans un engagement au quotidien? Ne serait-il pas intéressant de les féliciter et de les encourager? Ne serait-il pas intéressant de célébrer ce vécu avec eux dans une démarche spirituelle qui pourrait les nourrir en dedans? Pourquoi ne pas aller faire Église avec eux? Nous sommes étrangers à ce monde.

Nous avions, un jour, un séminarisre en stage dans une paroisse en Gaspésie, il s'était inscrit comme pompier volontaire et avait tissé des liens intéressants avec ces jeunes loin de l'Église. Un après-midi, les pompiers sont demandés sur un accident. Un des pompiers en arrivant sur le lieu de l'accident découvre que la personne prisonnière de sa voiture est sa mère. Au retour à la caserne, ils téléphonent au stagiaire et il est allé passer le reste de la journée avec eux. Ils n'aurainent pas appelé un prêtre qu'il ne connaissaient pas. Ils ont demandé quelqu'un qui avait des liens avec eux; quelqu'un qui faisait Église avec eux. Je crois que c'est cela que le monde a besoin et ne serait-ce pas une première mission? Voila où m'a conduit "Y du monde à messe".

vendredi, 25 mai 2018 13:45

Le bec ouvert.

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J'ai toujours été fasciné par les petits oiseaux dans le nid, le bec ouvert qui attendent la nourriture que leur maman apporte. Un beau geste d'amour de la part de la mère. J'ai longtemps été ainsi et je le suis encore un peu. Le "bec" ouvert pour recevoir la nourriture, non seulement celle du corps, mais surtour celle du coeur, celle de l'intelligence, celle de l'âme. Tout être vivant doit rester ouvert à l'accueil de la nourriture qui le fera grandir.

La personne qui se ferme et n'accueille plus de nourriture vit un vide et demeure insatisfaite. La personne qui reste le "bec" ouvert à la nourriture qui ne vient pas  vit de l'angoisse et de la détresse. C'est le sort de beaucoup de jeunes et moins jeunes aujourd'hui. Un auteur les appelle "les âmes errantes." Ils sont à la recherche de nourriture qui ne vient pas et trop souvent la détresse les conduit à des gestes malheureux. Notre société vit beaucoup de colère, d'agressivité parce que trop souvent la chaleur de l'amour et du pardon n'est plus là. L'être humain est en train de perdre le respect de la nature qui réagit actuellement, comme il est en train de perdre le respect de l'autre qui réagit aussi. Le remède à tout cela n'est ni la loi ni la police quoique nécessaire mais l'amour, l'accueil, l'écoute et la compréhension, la compassion.

C'est le problème de beaucoup de chrétiens de la diaspora. Je le constate très souvent lorsque je fais le plein d'essence, à l'épicerie, ou sur la promenade. Là aussi je rencontre des frères et des soeurs le "bec" fermé aux choses spirituelles et vivent un vide parfois pénible. Je rencontre aussi des chrétiens au "bec" ouvert qui attendent une nourriture spirituelle qui ne vient pas et vivent une détresse ou de la colère. Ces chrétiens et chrétiennes attendent un accueil, une lumière,  un accompagnement et ils reçoivent une solution qui ne leur convient pas. Le tournant missionnaire que veut prendre notre Église saura certes apporter la bonne nourriture pour faire grandir la vie.

 

mercredi, 23 mai 2018 14:47

La communauté chrétienne ...

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La situation vécue par nos communautés chrétiennes nous invite à méditer sur l'essentiel de la vie des communautés. Les  Actes des Apôtres nous donne un bon aperçu de cette vie ecclésiale.

Le texte des Actes nous place devant la croissance de la Parole. La Parole se développait et le nombre des chrétiens grandissait rapidement. C'est la Parole qui convoque, rassemble, convertit et met en état de célébrer. Ce n'est pas l'Eucharistie qui convoque et rassemble mais le Parole de Dieu. Le premier élément à mettre en évidence dans notre travail d'évangélisation est la Parole de Dieu. L'Eucharistie fait communauté avec un peuple rassemblé. Nous pouvons constater aujourd'hui les effets bénéfiques des partages bibliques là où ils sont vécus.

L'action de la Parole est soutenue par la présence de l'Esprit Saint. Nous le constatons dans les Actes des Apôtres, dès que les apôtres imposaient les mains, l'Esprit descendait et portait des fruits. Ce fut le cas pour la pentecôte des païens en 10, 44; la pentecôte des Samaritains, 8, 17, et la pentecôte des juifs, 2, 1sss.

Après la première connaissance de la Parole -kérigme- la communauté était fidèle à l'enseignement -la catéchèse. Il fallait maintenant approfondir cette expérience du Christ ressuscité. "Chaque jour au temple, comme à domicile,  ils ne cessaient d'enseigner et d'annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Messie." Act, 5, 42. La majorité des chrétiens aujourd'hui sont au kérigme qui précède nécessairement la catéchèse.

Un autre élément important de la vie en communauté donnée par le livre des Actes est la communion fraternelle. L'Église est communion, communauté, rassemblement familial. La communion fraternelle au quotidien est un élément essentiel de la vie en Église. "Il s'agit d'une union très forte entre les chrétiens, qui prend sa source dans une union de chacun dans le Christ et conduit à un partage à tout point de vue, spirituel et matériel. Il s'agit d'une union des coeurs dans le Christ. Avant d'être une assemblée célébrante, l'Église est d'abord une communauté de frères et soeurs en communion.

La troisième force de la communauté définie par le livre des Actes est la prière et l'Eucharistie. D'abord une prière collée à la vie. La prière de la communauté est prière de la vie et non une prière désincarnée. Ce n'était pas des formules de prière mais une vie en prière. C'était aussi une prière communautaire surtout dans les moments difficiles. Lors du choix de Mathias, toute la communauté se mit en prière. C'est un modèle pour nous dans les situations de notre Église et les décisions difficiles pour le tournant missionnaire. Enfin cette prière était prière de louange. Ils louaient Dieu. 2, 47. Cette prière trouvait son sommet  dans la Fraction du pain qui se célébrait beaucoup à domicile à l'occasion d'un repas.

L'étude du livre des Actes des Apôtres nous invite à retrouver l'essentiel de la vie communautaire et à nous laisser guider par l'Esprit Saint dans le renouveau de notre Église.

 

 

 

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