Spiritualité

Homélies, réflexions et spiritualité

Spiritualité

jeudi, 11 août 2016 14:11

Partage.

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"Celui qui a deux vêtements, partage avec celui qui n'en a pas; et celui qui a de quoi manger fasse de même." Lc , 11. Le Pape François commente ce texte ainsi: "La rigidité ne plait pas à Dieu. C'est un Père trendre; il fait tout avec la tendresse d'un père. (...) Il nous est demandé d'être des instruments de miséricorde. Le chemin de la foi est le chemin du Christ, le chemin de la miséricorde." En cette année jubilaire de la miséricorde, le Pape insiste souvent sur la miséricorde dans la vie. François Lefort écrit: "Il n'y a pas de crise économique, mais une crise de partage." Dans un temps de mondialisation, les petits et les pauvres en sont les victimes. Les grandes chaines de magasins avalent les petits sans se soucier du peuple. Les riches s'enrichissent et les pauvres sont de plus en plus pauvres. Même les coopératives qui doivent aider le pauvre doivent devenir des puissances économiques ou disparaitre. Le combat de Jésus n'est pas terminé et nous sommes toujours invités sur ce chantier de l'Évangile.

mercredi, 10 août 2016 14:06

En méditant.

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Comme méditation, ce matin, je partage une réflexion du Pape François sur l'évangile de Mc 10, 46-52 où les disciples rabrouent l'aveugle Batimée. "Si Bartimée est aveugle, eux ils sont sourds. Son problème n'est pas leur problème. Ce peut être notre risque, devant les problèmes des autres, il vaut mieux avancer, sans se laisser déranger. On est dans un groupe mais on perd l'ouverture du coeur. on perd l'émerveillement, la gratitude et l'enthousiasme et on risque de devenir des "routiniers de la grâce." Nous pouvons parler de Lui, et travailler pour lui mais vivre loin de son coeur qui est penché vers celui qui est blessé. Là est la tentation d'une sorte de spiritualité du mirage.

Il y a une seconde tentation, celle de tomber dans une foi programmée. Nous pouvons marcher avec le peuple de Dieu, mais nous avons déjà notre plan de marche, où tout rentre. Nous savons où aller et combien de temps y mettre. Tous doivent respecter nos rythmes et chaque inconvénient nous dérange. Nous risquons de devenir comme beaucoup de gens de l'Évangile qui perdent patience et rabrouent Bartimée. Peu avant, ils avaient rabroué les enfants, maintenant le mendiant aveugle, celui qui gêne où n'est pas à la hauteur est à exclure."

Devant cette réflexion du Pape, je regarde notre attitude devant les gêneurs d'aujourd'hui: les femmes qui veulent leur place dans l'Église, les chrétiens qui contestent nos rites et notre vocabulaire, les couples qui ne se marient pas à l'église ...

mercredi, 10 août 2016 00:20

Pensée spirituelle.

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Un ami sans humour, c'est comme un champagne sans bulle. Nadine Rothschild.

lundi, 01 août 2016 16:04

Vous avez dit: Signes?

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Nous étions cultivateurs et nous apprenions à lire les signes de la nature. Quand les chats devenaient excités, on sentait venir la tempête; quand les porcs se fabriquaient des nids dans leur litière, nous sentions venir la tempête. Le ciel nous donnait souvent des signes qui nous permettaient de prévoir la température.  Jésus nous dira dans l'évangile: vous savez lire les signes de la nature et vous ne lisez pas les signes des temps.

La société tant au Québec que dans le monde vit une crise de croissance, une mutation gigantesque et nous devons savoir lire ce que nous voyons. Comme nous y invite le Pape François, comprendre ce que signifie pour nous chrétiens la mutation de notre environnement. "C'est un travail que nous ne faisons pas: nous nous conformons, nous nous tranquillisons en disant:  J'ai appris que ... j'ai lu que ... les gens disent que ... Ainsi nous sommes tranquilles" et nous ne nous arrêtons pas à lire les signes de notre temps. En Église, nous disons: les gens ne croient plus à rien, personne ne veut s'engager à faire ce que nous faisons et nous sommes vieux, et rien ne se passe. Blaise Pascal écrivait: "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer au repos, dans une chambre." Comprendre ce qui se passe autour de nous, comprendre la soif qu'exprime nos frères et soeurs chrétiens d'aujourd'hui demande de savoir s'arrêter, prendre ses distances avec ce que l'on a appris et écouter la soif du monde qui nous entoure. Il ne s'agit pas de leur servir ce que nous voulons qu'ils mangent, mais ce qu'ils ont besoin de manger pour grandir dans la foi. C'est dans le silence, dans la contemplation du monde, la prière que nous nous convertirons à l'Évangile qui s'écrit aujourd'hui dans la foi. Je crois que nos contemporains nous demandent de ne plus répéter, mais de nous inspirer du passé pour traduire le présent en vue de l'avenir. 

samedi, 30 juillet 2016 14:18

Je médite

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"Il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune." Lc 2, 1-7. Un Christ sans toit. Le Père Guy Paiement avait écrit: Un Christ sans croix et ce matin je rencontre un Christ sans toit. Jésus se présente au monde sans foyer, sans toit, sans lieu où reposer sa tête. Il se présente dans la condition du plus faible de ses frères et soeurs. Comme l'émigrant d'aujourd'hui qui fuit la tempête  et part sans avenir.

La salle commune où chacun se trouve confortable, à la chaleur n'était pas un lieu convenable pour Jésus; trop confortable.  Aujourd'hui encore, Jésus frappe à la porte du monde à travers ces hommes et ces femmes qui doivent quitter leur pays. Beaucoup trouvent un toit mais trop meurent en route ou de faim. Chez nous dans notre prospère et catholique pays des familles vivent encore sans toit, sans foyer, des itinérants meurent de froid dehors sur la place publique.  Comment se fait-il que tant d'être humains meurent de faim pendant que nous jetons la nourriture à la tonne? Comment se fait-il que tant d'être humains gèlent dans des taudis sans plancher alors que tant d'autres se pavanent dans des chateaux? Jésus frappe à la porte du monde, à ma porte à travers le visage émacié du frère ou de la soeur qui a faim. Il frappe avec les doigts gelés de l'itinérant qui cherche un peu de chaleur. "Il n'y avait pas de place pour eux." Qu'en est-il aujourd'hui? Beaucoup de belles choses se font aujour'hui mais il faut continuer de lutter nous dit le Pape François.

vendredi, 29 juillet 2016 13:53

Avec ou au Milieu.

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L'évangéliste Luc nous propose un cheminement et je m'y suis arrêté un petit peu ce matin. Durant toute la vie terrestre de Jésus, Luc utilise le mot AVEC. Jésus est avec ses disciples, la foule, il enseigne, marche avec eux, Luc 13, 10; 12, 1ss; 9, 37. Les disciples peuvent le voir de leurs yeux, le toucher, discuter avec lui. Il est dans une relation de "communication".

Après la résurrection, Luc utilise l'expression "au milieu". Les apôtres étant rassemblés, Il est au milieu d'eux. Les disciples d'Emmaüs réalise soudain qu'il est au milieu d'eux à table. Jésus est passé à l'état de "communion". Jésus est là au milieu de nous. Luc 24, 38. Sa présence est le fruit d'une expérience spirituelle. Au lendemain de la résurrection, les disciples ont fait l'expérience que Jésus était en eux et non à côté d'eux. Nous ne pouvons pas contrôler ses venues.

Jésus ressuscité est donc au milieu, il est en nous. Dieu n'est pas à côté de nous mais en nous. Le lieu de notre expérience du ressuscité est donc notre quitidien. L'expérience du Christ ressuscité  se fait d'abord au creux de nos difficultés comme de nos joies. Le monde devant nous a changé, c'est au coeur de ces changements, de ces nouveautés, de ces essais réussis et ratés que le Seigneur nous attend et non dans nos chemins d'hier ou nos rites liturgiques. Comme pasteur, J'ai à m'asseoir au milieu du monde pour y faire l'expérience du ressuscité, l'adorer et faire un bout de chemin en sa compagnie. C'est l'expérience à vivre aussi avec tous nos parents et amis décédés. L'Évangile nous invite non a un changement de structures d'abord mais de mentalité.

Les chrétiens ont quitté massivement la pratique sacramentelle, ils ne sont plus attentifs à l'enseignement traditionnel de l'Église. Jésus ressuscité est là "au milieu"  de ce monde et nous invite à l'y rejoindre. Il est là en nous et nous invite à nous salir les mains, à mettre de la poussière sur nos pieds dans la vie de notre monde, dans les débats contemporains, et d'accompagner un monde assoiffé de vérité, de spiritualité, et de liberté. Jésus ressuscité nous invite à sortir du temple pour le rejoindre dans la Galilée de nos vies, c'est là que "nous le verrons." (Inspiré d'une conférence de Simon-Pierre Arnold, o.s.b.)

mercredi, 27 juillet 2016 14:42

Un piège

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Un clin d'oeil à l'Évangile de Jean 8, 1-12. Je médite avec intérêt les forces en présence. L'Évangile intitule l'événement:  la femme adultère. Pour moi là n'est pas la question. Il s'agit moins de l'adultère que du piège que la force du pouvoir tend à la force de l'amour et du respect des personnes. Cette opposition se vivait au temps de Jésus, elle se vit depuis et se vivra tant qu'il y aura du monde sur la terre. C'est l'opposition du pouvoir et du contrôle à la force de l'amour et de la vie. On a fait à la femme adultère une histoire qui n'est pas la sienne. L'attitude de Jésus dérange et le pouvoir religieux veut le piéger pour le condamner. C'est parfois ce que notre Pape François vit par moment. Il dérange le pouvoir religieux et on voudrait bien le mettre au pas.

Les messieurs du pouvoir religieux s'amène avec la dame et à partir de la loi, la condammne: elle doit être lapidée. Jésus s'abaisse au niveau de la dame et la relève en lui redonnant sa dignité de femme et d'enfant de Dieu. Dans le monde et dans les Églises cette opposition existe toujours comme dans la société. Nous le vivons aujourd'hui encore avec les changements de la société où l'Église au lieu de demeurer le levain dans la pâte s'élève au niveau des lois du permis et défendu. Ainsi un fossé se creuse constamment entre la vie et notre agir ecclésial. Trop souvent nos lois, nos coutumes nous détournent des personnes et des vrais problèmes. Comme Église, comme chrétiens nous devons nous inscrire en faux à cette attitude de pouvoir et developper l'attitude de Jésus.

L'attitude de Jésus nous invite à convertir notre position de la religion pour adopter celle de la spiritualité et des valeurs de la personne. Nous l'avons vécu avec le sacrement du pardon où l'accent est mis davantage sur l'aveu et non sur la célébration du pardon, nous le vivons avec les sacrements où l'accent est mis sur le rite, le contenant au détriment du contenu. Il ne s'agit pas de condamné, mais de réfléchir et nous laisser baigner par l'attitude du Christ. Nous sommes invités par l'Évangile sur la route de la conversion et de l'amour. Nous sommes invités à un retour à l'essentiel.

samedi, 23 juillet 2016 14:16

L'Université du Bon Dieu

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Ce matin, je m'arrête à la prière. C'est quoi prier? Autrefois nous avions la prière en famille le soir, et les prières terminées, mon père restait un bon moment en silence, la tête entre ses deux mains, appuyé sur le dos de sa chaise. C'était silence. Aujourd'hui je revois ces moments comme des instants de divin. Une fois les prières terminées, mon père priait.

J'ai découvert la prière pour moi à l'université du Bon Dieu. La nature a toujours eu un attrait spécial dans ma vie. Assis sur un coprs d'arbre mort, contemplons la nature. Il y a plusieurs essences d'arbres, chacune ont leur beauté et leur utilité: sapin, épiniette, bouleau, cèdre,  cormier etc ... jamais les uns ont livré la guerre aux autres. Chaque espèce rend hommage au Créateur selon ce qu'il est. Dans cette contemplation, j'ai appris le commandement du Seigneur: Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Le parterre devant la maison présente une variété de fleurs qui font la beauté du jardin. Quand je le regarde j'admire cette beauté. Quand Dieu regarde le monde, il voit son parterre de fleurs avec ses variétés. Les lfeurs rendent gloire à Dieu à partir de ce qu'elles sont et vivent dans l'harmonie les unes avec les autres.

Assis près d'un cours d'eau, nous contemplons la force de l'eau qui coule à travers des méandres très sinueux. L'eau, c'est fort. Si la rivière continue toujours de couler, c'est qu'une source l'alimente. La rivière se fit sur sa source et reste fidèle à la source. En moi aussi une source alimente ma vie. Dans la mesure où je reste fidèle à la source et que j'ai confiance en ma source, ma vie continuera d'avancer et de grandir comme le cours d'eau qui coule toujours vers un cours d'eau plus grand et plus profond.

Ceci me conduit à Jésus dans l'Évangile de Jean: "Ce n'est plus sur la monagne ni au temple que vous adorerez, mais en esprit et vérité." Jn 4, 21. La nature, l'oeuvre de Dieu est une école de vie, de prière, de contemplation. La prière est communion avec Dieu en nous. La prière est contemplation. Nous avons fait beaucoup de nombrilisme avec la prière. Remarquons la différence dans la façon de prier entre Abraham dans Gn 18, 20-32 et Jésus en Luc 11, 1-13. Abraham est au niveau des mots, des supplications, il veut faire changer Dieu d'idée. Alors que Jésus invite à une relation de communion avec un Père. Une chose est certaine, Dieu n'a pas de répondeur sur son téléphone. Quand on l'appelle, ce n'est jamais une boite vocale qui répond, mais Dieu lui-même. Ensemble, frères et soeurs chrétiens, apprenons la contemplation, la prière à l'école de l'université du bon Dieu. Et comme l'écrit  le Père Ringlet: "Entrez dans le jeu. Laissez-vous cajoler par la nature qui vous entoure, embrassez-la, qu'elle vous embrasse et que ce cloître devienne le lieu privilégié d'une grande tendresse."

jeudi, 21 juillet 2016 14:20

Le coeur brûlant

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Gilles Baudy, moine poète, pour expliquer le coeur brûlant sur le route d'Emmaüs, parle de remonter la mèche, comme on faisait hier avec nos lampes à l'huile. "A Emmaüs, tu étrennais tes pas tout neufs quand nous trainions les nôtres sur le chemin de la déroute. La nuit tombait, mais en nous tu remontais la mèche. (...) Dans une fraction de seconde, nos yeux s'ouvrirent sur une absence."

Remonter la mèche. Voila une image qui parle au coeur refroidit par le temps. Que de souvenirs remontent à la surface. Souvent ma mère disait: Monte un peu la mèche de la lampe pour jeter plus de lumière. Parfois aussi elle disait: Baisse la mèche tu vas noircir le globe. Il en est ainsi dans nos vies spirituelles. Quand la noirceur ou le doute s'installe nous avons besoin de remonter la mèche au contact de la Parole de Dieu, dans la prière ou encore avec un bon ami e. Parfois il arrive que la mèche est trop haute, le globe se noircit et la vie s'éteint. L'important est de doser au mieux la force de la lumière pour un éclairage approprié.  Méditons bien cet exemple du Christ accompagnant ses disciples et remontant la mèche de la foi -assez mais pas trop. Nos contemporains ont besoin de découvrir cette présence du Christ ressuscité en eux et que nous les aidions à remonter la mèche de la foi pour que leur coeur se réchauffe et qu'ils "s'ouvrent sur une absence."

vendredi, 10 juin 2016 16:49

Les vieux s'endorment.

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"Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment et ils dorment trop longtemps" écrivait Jacques Brel. En lisant ce mot, l'image de ma mère est montée. Elle s'est endormie un soir de novembre 1967 et dort depuis. Elle ne s'est jamais réveillée. Un autre souvenir m'est arrivé. Je travaillais à l'hopital de Gaspé comme préposé aux malades, il y a de cela 60 ans maintenant. Un soir, je préparais un vieillard pour la nuit. Je l'avais relevé dans mes bras pour bien disposé son lit et ses vêtements, le frictionné pour le rendre confortable. Doucement, sans me prévenir, dans mes bras, il a fait son dernier soupir. Il s'est endormi paisiblement  et ne s'est jamais réveillé. Je l'ai déposé doucement sur son oreiller en me disant: Comme ça semble bon mourir.

Hier, je regardais par ma fenêtre et une branche d'arbre cassée était retenue par d'autres branches un certain temps avant de tomber par terre. Je me disais: c'est cela mourrir. Avant de tomber dans l'oubli, d'autres branches nous retiennent et nous déposent doucement dans la VIE. Ce sont les soins paliatifs ou l'accompagnement de l'Envolée qui retiennent cette branche fragile avant de la laisser reposer sur le sol de la VIE. Inspirée de Christian Bobin.

Un chant d'action de grâce est monté en moi pour la Bonté Éternelle qui a semé tant de douceur et de tendresse dans le coeur de l'être humain. C'est cela aussi écouter battre le coeur de Dieu. 

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